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Last Update: November 7, 2012

The title of this page is inspired by member of my PhD jury and one of the very few french scholars interested in Australian multiculturalism….at the time!

Padilla, Amado M. et al. 1991. The English-Only Movement: Myths, Reality, and Implications for Psychology. American Psychology (Feb.):120.

Page, Clarence. 1989. African American or Black? It’s debatable”. Detroit Free Press, January 1, 1989, A1, A 12.

quoted Reverend Jackson:.”..just as we were called colored, but were not that…and then Negro, but not that…to be called Black is just as baseless…Black tells you about your skin color and what side of town you live on. African American evokes discussion of the world.”

Painchaud, G. 1993. L’enseignement des langues aux jeunes Québecois des communatués culturelles: Politiques et Programmes. Journal of the Canadian Association of Applied Linguistics (15):7-22.

Palmer, E (2007 ), Judicial Review, Socioeconomic Rights, and the Human Rights Act, (Oxford: Hart).

quoted by Morris, Lydia (2012 ), ‘Citizenship and Human Rights’, The British Journal of Sociology 2, 63 (1).

Parain, B. 1942. Recherches sur la Nature et les fonctions du Langage. Paris: Idées Gallimard.

Pardo, Carlos. 1997. CINQUANTENAIRE DU FESTIVAL DE CANNES. LE MONDE DIPLOMATIQUE (MAI): 26 et 27.

EN Europe, les films européens circulent difficilement. Ils n’ont, pour principal débouché, que le parc de
leurs salles nationales, dont les écrans sont accaparés par les productions d’Hollywood (1). La part de
marché de celles-ci n’a cessé de croître dans tous les pays de l’Union européenne, quelle que soit la qualité
des productions locales.

Pourtant, une étude (2) a révélé que l’Europe de l’Ouest est, depuis le début du siècle, la région la plus
prolifique en matière de production filmique, devant les Etats-Unis, l’Inde et l’Extrême-Orient. En 1995, par
exemple, l’Union européenne avait produit 550 films ; les Etats-Unis à peine 450. Et, pourtant, les seuls
films qui s’imposent aux quatre coins de la planète sont ceux d’Hollywood…

Ces longs-métrages savent jouer à merveille avec les pulsions primaires du spectateur. Hollywood “
impose une catharsis, constate Frédéric Sojcher (3), la violence, les effets spéciaux, le rythme étant
une manière de désangoisser, de résoudre par procuration les tensions métaphysiques qui nous
animent. Il est devenu ce que Serge Daney appelait un “cinéma de promoteurs”, un cinéma-concept
composé essentiellement d’effets spéciaux : on va voir les Martiens attaquer l’Amérique (Mars
Attacks) comme on va voir une tornade s’abattre sur une ville (Twister) “.

Toute tentative de cinéma différent, proposant un autre regard sur le monde avec un souci d’écriture
cinématographique originale, ne supporte pas la concurrence avec les mastodontes hollywoodiens, dont la
récente cérémonie de remise des Oscars a mis en évidence l’affligeante pauvreté esthétique (4). Par ailleurs,
les indispensables effets spéciaux – technologie dominée par l’Amérique – ainsi que les salaires
astronomiques des vedettes ont conduit à une augmentation vertigineuse des coûts de production,
impossibles à amortir sur le seul marché intérieur. Le coût moyen d’un ” film global “, à Hollywood, est de
quelque 40 millions de dollars (celui d’un film français, de 5 millions de dollars) (5).

Pour être rentable, chaque production doit être lancée à l’échelle planétaire comme un événement de masse,
avec des stratégies de publicité proprement guerrières. Un long- métrage joue sa carrière la première
semaine de son exploitation. La campagne publicitaire démarre six mois avant la sortie. Le coût de celle-ci
peut atteindre jusqu’à 25 millions de dollars. L’objectif ? Des recettes au moins deux fois supérieures au
budget de production. Comme les studios atteignent rarement ces résultats sur leur seul marché national, ils
se lancent férocement à la conquête des écrans de la planète.

Avec de telles méthodes, beaucoup de films américains réalisent plus de recettes à l’étranger qu’aux
Etats-Unis (6). Par exemple : Une journée en enfer totalise 253 millions de dollars à l’étranger et seulement
100 millions aux Etats- Unis ; Waterworld n’est pas parvenu à l’amortissement en Amérique (88 millions de
recettes) mais a réalisé 166 millions de dollars à l’étranger. L’acteur Sylvester Stallone, qui n’attire plus
vraiment les spectateurs américains, doit son récent cachet de 20 millions de dollars par film à ses succès
sur le marché extérieur (ses derniers longs-métrages ont fait, en moyenne, entre 30 et 50 millions de dollars
de recettes aux Etats-Unis, mais plus de 100 millions à l’étranger).

Six firmes ( majors) américaines se partagent le marché mondial de la distribution. Elles n’hésitent pas à
recourir au système de blockbooking : pour tout film à gros succès prévisible ( blockbuster), l’acheteur est
obligé de prendre une série d’autres films, souvent invendables à l’unité. Cela est dénoncé, en premier lieu,
par les cinéastes- créateurs américains eux-mêmes, héritiers des grands réalisateurs qui eux- mêmes ont
marqué l’histoire d’Hollywood.

Un continent sous tutelle culturelle

L’HÉGÉMONIE américaine maintient sous tutelle cinématographique le Vieux Continent. Elle bénéficie de
collaborateurs locaux devenus de véritables chevaux de Troie. En France, par exemple, dans le domaine de
la distribution en salles, deux des trois grands circuits (que l’Etat avait contribué à renforcer) sont liés à des
majors : Gaumont à Buena Vista (représentant des studios Disney) et UGC à Fox- Turner (7).

Ces deux géants distribuent désormais un nombre deux à trois fois plus important de films américains que
de films français. Toutes salles confondues, les longs- métrages d’outre-Atlantique disposent, en première
semaine d’exploitation, en France, d’une moyenne de 142 écrans, quand elle est de seulement 61 écrans
pour les films français…

Parmi les cinématographies européennes, la française passe pourtant pour l’enfant gâtée : une taxe prélevée
sur les recettes des salles (la TSA) est réinjectée dans la production pour sauvegarder la création filmique.
La réglementation oblige également les chaînes de télévision à participer à la coproduction des films. Mais
ce modèle français n’a malheureusement pas été adopté ailleurs.

Le cas du cinéma britannique est aussi cité en exemple dans un paysage européen passablement sinistré. La
fréquentation des salles, qui avait chuté de manière spectaculaire au Royaume-Uni au début des années 80,
a doublé depuis l’apparition des salles multiplexes (10 à 15 écrans). Et la production, grâce notamment à la
politique volontariste de la chaîne de télévision Channel Four, n’a cessé de progresser, passant de 24 films
en 1981 à 114 en 1996 (8). Mais ces chiffres sont un trompe-l’oeil. Les investissements dans les nouvelles
salles sont pour l’essentiel faits par les majors américaines soucieuses de reconquérir ce marché anglophone
” naturel “. 85 % des entrées sont réalisées par les films hollywoodiens et la moitié des films britanniques ne
connaissent aucune sortie en salle. Quant à la production, il est devenu difficile de distinguer les films
strictement britanniques des produits commandités par Hollywood.

Les multiplexes ont également fait remonter la fréquentation en Belgique, pays dont plus de 95 % des foyers
sont câblés. Mais, ici aussi, les nouvelles salles géantes ont favorisé l’augmentation de la part du film
américain, qui se situe à plus de 75 % (les productions belges n’atteignant pas 2 %). Grâce à un système
calqué sur l’avance sur recettes française, ce pays produit néanmoins une vingtaine de films par an.

En Allemagne, il n’existe aucune politique d’aide au cinéma à l’échelle de l’Etat fédéral ; les Länder sont seuls
maîtres. Une soixantaine de films (dont 25 % tournés en anglais !) sont produits par an. Le public, ici
encore, voit essentiellement des films américains, et aussi des comédies allemandes (la part du cinéma
national est passée de 9 % à 17 % en 1996).

En Italie, la prolifération des télévisions privées dès 1975 a fait s’effondrer la fréquentation des salles. Une
centaine de films sont produits chaque année, souvent avec des budgets dérisoires. La part de marché du
film italien atteint à peine 20 %, tandis que les films américains attirent plus de 75 % du public.

En Espagne, la distribution est totalement contrôlée par les majors hollywoodiennes ou par leurs filiales
locales. Les films espagnols (60 par an) totalisent 10 % des entrées, et ce parce que ce pays est le seul de
l’Union européenne à exiger des quotas dans ses salles. Le nouveau gouvernement conservateur de M. José
Maria Aznar a tenté récemment de supprimer ces quotas. Mais la mobilisation de cinéastes autour de Pedro
Almodovar l’a fait reculer.

Au total, la part de marché du film hollywoodien n’a cessé de croître en Europe. Elle était à peine de 59 %
en 1986 et dépasse aujourd’hui les 75 %… Et la situation va empirer, le Parlement européen ayant affaibli,
en novembre 1997, la directive ” Télévision sans frontières “.

Cet essai d’harmonisation des chaînes européennes, mis en place en 1989, préconisait, pour chaque Etat
membre, la diffusion, en proportion majoritaire, d’oeuvres européennes, ” chaque fois que cela est
réalisable “. Mais l’absentéisme de nombreux eurodéputés a empêché la suppression de cette mention lors
de la récente renégociation. Les quotas de diffusion, seule soupape de sûreté pour protéger l’industrie
audiovisuelle européenne, et principal enjeu de l’affrontement franco-américain lors des négociations du
GATT en 1995, ne sont plus respectés. Les cinéastes ont de quoi être inquiets, car les chaînes de télévision
sont devenues la principale source de financement du cinéma en Europe. On estime que la disparition de
ces quotas de diffusion rapportera à Hollywood une augmentation de bénéfices de l’ordre de 1 à 2 milliards
de dollars (9). Et menacera toutes les industries de l’audiovisuel qui assurent, sur le Vieux Continent, plus de
1 800 000 emplois…

La bataille pour l’exception culturelle n’a pourtant pas cessé depuis la fin des négociations du cycle de
l’Uruguay. Au sein de l’OCDE et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la France est quasiment
isolée. Seul, le Canada – soucieux de voir perdurer sa propre exception culturelle obtenue en 1993 lors de
l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) – et la Belgique soutiennent la France. Les Etats-Unis
n’ont pas hésité, de leur côté, à menacer de rétorsions commerciales les nouveaux pays membres de
l’OCDE, comme la Tchéquie ou la Hongrie, afin qu’ils renoncent à toute protection dans le secteur culturel
(10).

Simultanément, en France, une autre bataille se déroulait, celle du numérique. Elle opposait les deux
principaux bouquets (CanalSatellite et TPS) associés à des majors hollywoodiennes (chargées d’alimenter
en longs-métrages les programmes). CanalSatellite s’est allié à cinq studios : MCA/Universal, Disney,
Warner, Columbia et Fox. TPS, bouquet regroupant notamment TF 1, France Télévision et M 6, a tissé
des liens avec Paramount, MGM et MCA. On peut sérieusement s’interroger sur la place qui sera faite, sur
ces nouvelles chaînes, à la production française et européenne en dehors des films de catalogue (11),
d’autant que MCA prévoit la création d’une série de chaînes ” spécialement conçues pour le marché
français “.

Dans ce domaine de la consommation de films à domicile, on ne peut oublier le secteur de la vidéo,
également conquis par les studios américains, qui, tout comme pour la distribution en salles, ont su filialiser
des sociétés françaises, et au sein duquel la part du film français ne dépasse pas 10 %.

Les initiatives de Bruxelles en matière de soutien au cinéma, par l’intermédiaire du plan Média, n’ont
pourtant jamais manqué. Un système d’aide automatique vient d’être mis en place grâce au plan Média II.
Les distributeurs européens seront incités financièrement s’ils diffusent des films européens non produits ou
coproduits par leur pays. L’aide sera proportionnelle aux résultats et réinvestie pour la diffusion de tout
autre film correspondant au même cas de figure. Timide mesure, cette prime au succès bénéficie d’une
enveloppe d’à peine 5 millions d’écus (environ 32,5 millions de francs) et ne sera affectée à la distribution
qu’à titre d’expérience sur deux années. Pour se faire une idée de l’importance accordée au sein de l’Union
européenne à la culture, il faut savoir que Bruxelles a consacré à la politique audiovisuelle un budget de
l’ordre de 5 à 10 % du montant des subventions affectées aux planteurs de tabac !

Dans le contexte des grandes manoeuvres actuelles dans les industries culturelles (12), certains commissaires
européens, sensibles aux pressions des Etats-Unis, réclament une convergence de l’audiovisuel et des
télécommunications ; ils militent pour la disparition de toutes les réglementations qui, tant bien que mal,
protégeaient ce secteur (13).

Cette nouvelle menace constituera une petite ombre sur les joies festives de Cannes.

(1) Lire ” Le cinéma français étouffé par Hollywood “, Le Monde diplomatique, mai 1996.

(2) Screen Digest, 1995.
(3) Enseignant-chercheur à l’université Paris-I- Sorbonne, responsable de l’ouvrage collectif Cinéma européen et identités
culturelles, Ed. Université de Bruxelles, 1996.
(4) Cf. Le Monde, 26 mars 1997.
(5) 1 dollar = 5,6 F.
(6) Bon an, mal an, les films hollywoodiens réalisent 60 % de leurs recettes à l’étranger et 40 % sur le marché domestique.
(7) Anatole Dauman, ” Contre l’oppression d’Hollywood… “, Manière de voir, hors-série, mars 1997.
(8) Lire Gareth McFeely, ” Regards acides sur la société britannique “, Le Monde diplomatique, février 1997.
(9) René Bonnell, La Vingt-Cinquième Image, Gallimard, rééd. 1996.
(10) Le Monde, 19 juin 1996. Lire également Aline Pailler et Claude Michel, ” Un enjeu culturel “, in ” Liber “, supplément,
à Actes de la recherche en sciences sociales, mars-avril 1997.
(11) Canal a récemment acquis le monumental portefeuille de films d’UGC : quelque 5 000 titres.
(12) Lire Ignacio Ramonet, ” L’empire américain ” et ” Apocalypse médias “, Le Monde diplomatique, respectivement
février et avril 1997.
(13) Lire Serge Regourd, ” De l’identité du cinéma européen, de ses protections juridiques et de leur remise en cause “, “
Liber “, Paris, supplément à Actes de la recherche en sciences sociales, Paris, mars-avril 1997.

LE MONDE DIPLOMATIQUE – MAI 1997 – Pages 26 et 27

http://www.monde-diplomatique.fr/1997/05/PARDO/8151.html

TOUS DROITS RÉSERVÉS © 1999 Le Monde diplomatique.

___ 1998. 51e FESTIVAL DE CANNES :Marketing contre cinéma d’auteur. Le Monde Diplomatique (11 mai):28.

A notre ami Anatole Dauman, producteur indépendant, implacable adversaire de l’impérialisme
hollywoodien et de ses zélateurs français, décédé le 8 avril 1998.

Dans son autobiographie (1), le cinéaste américain John Huston évoque le singulier producteur David
Selznick et ses méthodes de travail. En 1947, pour la sortie de Duel au soleil, de King Vidor, Selznick,
« qui avait le génie de la publicité », se procura le nom de tous les barmen des Etats-Unis et leur fit
envoyer une carte postale, manuscrite, vantant l’oeuvre de Vidor et la sensualité de la comédienne
principale, Jennifer Jones. La carte était signée « Joe ». Huston raconte que chaque barman, à l’aide de
quelques clients, chercha qui pouvait bien être ce Joe, chacun en connaissant au moins deux ou trois.
Quelque temps plus tard, une campagne d’affichage montrait Jennifer Jones en tenue très sexy. Dans tous
les bars, on s’écria : « C’est le film dont nous a parlé Joe ! »

Enfin, toujours selon Huston, Selznick, doutant de la qualité du film, commanda trois fois plus de copies que
d’habitude et sortit le long-métrage simultanément dans tous les grands cinémas du pays, de façon à
encaisser le maximum de recettes avant que le public n’en vienne à bouder le film. Duel au soleil a ainsi
longtemps figuré parmi les dix plus grands succès du cinéma hollywoodien.

L’anecdote, si elle peut prêter à sourire avec le recul, se situe à une époque charnière de l’histoire du cinéma
(fin des années 40), celle qui précède l’absorption des majors par des conglomérats étrangers au monde du
cinéma. La diffusion simultanée de centaines de copies et l’hégémonie publicitaire sont devenues, depuis, la
norme.

En France, où l’on est fier, non sans raison, d’avoir su préserver une cinématographie vivante, ce modèle
s’est également imposé en matière d’exploitation cinématographique.

Pour accompagner la spirale inflationniste des films, il est devenu nécessaire de « communiquer » plus fort
que le concurrent. Dans un marché saturé par les films-événements, le seuil indispensable à une bonne
« lisibilité des produits », comme disent les vendeurs, ne cesse d’augmenter. En France, les
investissements publicitaires des distributeurs se sont élévés à 705 millions de francs en 1997, soit une
multiplication par 2,5 par rapport à 1992. Et l’on estime que ce chiffre dépassera les 800 millions en 1998
(2).

Tout est bon pour vendre un film. Argument principal : le nombre d’entrées réalisées aux Etats-Unis. Il se
crée alors une sorte de chantage à l’anormalité : ne pas aller voir cette oeuvre devenant synonyme
d’exclusion du groupe (3). Dans le cas de Titanic, c’est son coût de fabrication astronomique (200 millions
de dollars !) qui est devenu le principal argument de vente pour la Fox, entreprise appartenant au groupe
News Corporation, de M. Rupert Murdoch, dont les dizaines de quotidiens, magazines, stations de radio et
chaînes de télévision, à travers toute la planète, ont massivement soutenu le film.

La profusion de messages publicitaires crée une réelle confusion entre information et promotion. Pour le
lancement de Michael Kael contre la World News Company, une satire des médias, la radio Europe 2 a
organisé chaque dimanche, pendant cinq semaines, un rendez-vous de deux heures avec Moustic et
Michael Kael, créateurs de la parodie de CNN sur Canal Plus et personnages du film. Cette vraie-fausse
émission était annoncée dans la presse française la plus sérieuse au moyen du même type de pavés
d’info-publicité que ceux utilisés pour annoncer, par exemple, le « Club de la presse » d’Europe 1.

Une question divise hypocritement la profession en France : faut-il ou non autoriser, à la télévision, la
diffusion de spots publicitaires en faveur des films ? Un minimum d’honnêteté consisterait à reconnaître
l’envahissement, dans une bonne partie de la presse et sur de nombreuses chaînes de télévision, de
messages publi-rédactionnels sous la forme de reportages sur les lieux de tournage ou à travers la présence
d’acteurs venus « vendre » leur dernier film sur un plateau de télévision et nulle part ailleurs. Les majors
américaines ont d’ailleurs mis au point un press-kit, constitué de bandes annonces et d’entretiens avec les
comédiens principaux, que ne manquent pas de reproduire sans changer une virgule, les yeux fermés, les
journaux télévisés et les émissions consacrées à l’actualité du cinéma.

Multiplexes et gadgets

LE film est lui- même devenu une sorte d’espace publicitaire par le biais de l’utilisation, au cours de la
narration, d’objets et produits de marques bien précises. Cette méthode existe depuis la mainmise des
firmes multinationales sur Hollywood et l’utilisation des films comme support de promotion des produits
fabriqués par les autres filiales des groupes propriétaires. Le nec plus ultra en la matière réside dans le
mariage entre le placement de produits lors du tournage et le tie-in : promotion croisée entre la campagne
d’une marque, présente ou non dans le film, et celle du film lors de l’exploitation de celui-ci. Ray-Ban a ainsi
triplé les ventes du modèle de lunettes porté par les héros de Men in Black grâce à cette méthode. En
France, une demi-douzaine d’agences spécialisées dans ce genre de pratiques existent déjà.

Par ailleurs, alors que la fréquentation s’est réduite de moitié depuis les années 50, jamais les Etats-Unis
n’ont compté un nombre d’écrans aussi élevé, grâce aux multiplexes. Les firmes américaines ont aisément
exporté ce modèle d’établissement, comptant de nombreuses salles et des attractions diverses pour clients
assoiffés de nouveaux gadgets (4).

Les firmes américaines font la loi en Asie et en Europe, à l’exception de la France, où l’Etat, pour l’instant, a
réussi à protéger les « petits » circuits – Gaumont, Pathé et UGC (5), principaux opérateurs dans
l’Hexagone. Des rapports du CNC montrent que les multiplexes ne créent pas un nouveau public mais
rendent plus fidèles les occasionnels. Les multiplexes contribuent à gonfler le succès des blockbusters
(meilleures ventes) américains ou français. La survie des exploitants indépendants est menacée.

La construction de plus de 60 multiplexes est annoncée en France d’ici deux ans. Selon M. Jérôme
Seydoux, patron du groupe Chargeurs et de Pathé, principal opérateur, la France pourrait compter bientôt
100 à 120 multiplexes (6). Cette idée n’effraie pas le CNC, qui envisage une fréquentation de 200 millions
de spectateurs.

Pour alimenter leurs nombreux écrans, les nouveaux exploitants ont besoin de films à large audience et
fortement médiatisés. Aux Etats-Unis, il n’est pas rare de voir un distributeur de blockbusters prélever
jusqu’à 90 % des recettes aux guichets les deux premières semaines. Le distributeur a tout intérêt à
concentrer la carrière d’un film sur un minimum de temps et un maximum de salles.

En France, l’exploitant et le distributeur se confondent en raison de l’oligopole des circuits ; et les villes de
province ont chamboulé l’exploitation en obligeant les distributeurs à accroître le nombre de copies mises
sur le marché. Depuis 1994 (7), le nombre de films distribués avec plus de 200 copies a augmenté de
84 % ! Celui des films sortis avec plus de 500 copies a été multiplié par 10 ! Les gros distributeurs
adoptent une stratégie publicitaire consistant à occuper le maximum d’espaces tandis que les distributeurs
indépendants doivent se contenter des rares brèches du système.

Cette logique de commercialisation des films fait tomber les records. Record du film enregistrant le meilleur
« premier jour d’exploitation » en France pour Men in Black, avec 357 622 spectateurs le 6 août 1997 et
552 copies ! Score pulvérisé par la sortie des Couloirs du temps (la suite des Visiteurs), le 11 février
1998, avec 423 691 entrées et 600 copies. Ce film bat également le record d’entrées enregistrées en une
semaine (détenu depuis l’année dernière par Le Monde perdu, suite de Jurassic Park), avec 2 655 916
spectateurs.

Record encore pour Titanic, qui fait voler en éclats le score de La Grande Vadrouille (17 millions
d’entrées), et que l’on croyait inaccessible à l’époque des Visiteurs (14 millions d’entrées), en 1993. Tous
ces records, fortement médiatisés à leur tour et appelés à être battus le mois suivant, ne sauraient cacher
l’extrême pauvreté de l’offre que l’on peut observer à l’affiche des salles.

Si les films américains réalisaient 33 % de leurs recettes à l’étranger en 1982, ce taux atteint 55 % en 1997
et devrait être de 80 % d’ici à l’an 2000. Selon l’observatoire de la diffusion, trois fois plus de films
américains bénéficient en France de sorties massives. Un long-métrage hollywoodien dispose, en moyenne,
de deux fois plus d’écrans qu’un film français. Les sorties d’oeuvres françaises indépendantes étant
fréquemment limitées à une poignée de salles.

La part de marché du film français retrouve, en 1997, son taux le plus faible de ces dernières années : 34 %
- en comptabilisant les 7,6 millions d’entrées réalisées par Le Cinquième élément, tourné en anglais avec
des acteurs américains, et vendu internationalement comme un produit hollywoodien (8).

Bien entendu, un film à gros budget, distribué massivement et à l’aide d’une campagne publicitaire de très
grande ampleur, ne saurait, en France, être une garantie de succès. En 1997, nombre de films avec ce type
de configuration ont connu des échecs retentissants et n’ont pas amorti leur coût ( Un amour de sorcière,
Arlette, Rien ne va plus, Marquise, Les Soeurs soleil, XXL, Le Cousin, etc.).

A l’inverse, des petits films aussi différents que Marius et Jeannette, La vérité si je mens, Western ou
encore Les Randonneurs ont trouvé leur public. Malgré cela, rien ne semble pouvoir stopper cette folle
machine d’étouffement de la création. Rien, sauf peut-être les citoyens-spectateurs qui pourraient bien se
lasser un jour d’être considérés comme des atomes écervelés.

CARLOS PARDO.
[Cinéma] [Publicité] [Multinationales]

(1) John Huston par John Huston, Pygmalion, Paris, 1982.
(2) Le Film français, 6 mars 1998.
(3) Lire François Brune, Le Bonheur conforme, Gallimard, Paris, 1985.
(4) Lire Carlos Pardo, « Multiplexes, opération danger » (deux articles) in Cahiers du cinéma, juin et juillet-août 1997.
(5) Cf. Anatole Dauman, « Lettre aux majors d’Hollywood et à leurs zélateurs français », Le Monde diplomatique,
décembre 1995.
(6) Le Film français, op. cit.
(7) En France, les deux premiers multiplexes datent de 1993 et il s’en construit depuis, en moyenne, un par mois.
(8) Ce qui n’a pas empêché Luc Besson de recevoir le César du meilleur réalisateur et ce film d’être, le plus sérieusement du
monde, qualifié de « modèle à suivre » pour que le cinéma français « gagne des parts de marché à l’étranger ».

LE MONDE DIPLOMATIQUE – MAI 1998 – Page 28

http://www.monde-diplomatique.fr/1998/05/PARDO/10497.html

TOUS DROITS RÉSERVÉS © 1999 Le Monde diplomatique.

___. 1999. 52e FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE CANNES: Le cinéma, apanage de quelques nations. Le Monde Diplomatique (11 mai).

La sélection officielle du Festival de Cannes – dont la 52e édition
se tient du 12 au 23 mai – se résumera, une fois de plus, à
l’affrontement entre les deux derniers pôles de création
cinématographique que sont la France et les Etats-Unis. Certes,
l’Italie, l’Iran (1) – et surtout la Chine avec deux films – y sont
représentés. Mais, sur les trente films sélectionnés, quatorze sont
produits ou coproduits par la France et onze par les Etats-Unis.
Ainsi, le film mexicain adapté d’un roman du prix Nobel Gabriel
Garcia Marquez (2) n’a pu voir le jour qu’à travers une
coproduction internationale entre le Mexique, l’Espagne et la
France ; le film israélien a un producteur français (3), de même
que le film espagnol (4), le film belge (5), le film géorgien (6),
le film russe (7)ou encore le film portugais (8). Des producteurs
français ont même permis à des films américains de se faire (9)…

Les films (franco-) africains sont au nombre de deux mais, s’ils
sont bien en sélection officielle, ils sont relégués à la section
« Un certain regard » qui les prive de compétition pour la Palme
d’Or. Quant aux deux films anglais, ils ont été rendus possibles
grâce à des studios hollywoodiens (10)… Certes, on trouve dans
les sélections parallèles un film turc, un yougoslave, un
australien ou un canadien. Mais, on le voit, le successeur de Theo
Angelopoulos – dont le film était coproduit par la France (11) – a
peu de chances de ne pas être français ou américain. Ce phénomène
en entraîne obligatoirement un autre, celui de ne compter, parmi
ces trente films, que deux premiers films, le gros de la sélection
étant composée d’auteurs confirmés (Almodovar, Lynch, Carax,
Ripstein, Jarmush, Iosseliani, Mikhalkov, Howard, Bellochio,
Egoyan, Kitano, Sayles, Sokourov, Herzog, Ruiz, ou encore le
vétéran Manoel de Oliveira qui, à plus de 90 ans, vient à Cannes
pour la dixième fois).

Perversion du système des coproductions internationales : seuls les
cinéastes reconnus trouvent des subsides à l’étranger. Le cinéaste
en herbe, qu’il soit européen, africain, asiatique ou
latino-américain, semble n’avoir d’autre choix que celui de tourner
avec des bouts de ficelle, les économies nationales sinistrées
étant équitablement répandues sur tous les continents.

Cannes n’est que le reflet de ce clivage économique qu’un pays
comme la France, par un système d’aides complexe mais menacé de
toutes parts (12), parvient encore à masquer quelque peu. Depuis
quelques années, la vitrine des images mondiales est surtout
devenue l’occasion pour les grandes firmes internationales de
revaloriser leur image… de marque. Pas une affiche, pas un
entretien, pas une photographie, réception ou fête qui ne soit
soumise au parrainage d’une marque. Les 4 000 journalistes et les
quelque 100 000 « touristes cinématographiques » qui passeront
cette année sur la Croisette ne pourront échapper au matraquage
publicitaire. Selon les estimations de la Banque de France, les
retombées économiques s’élèvent à plus de 600 millions de
francs (13) ! L’apport de ces firmes représentant environ un tiers
du budget de la manifestation, la venue de Canal Plus, L’Oréal,
Mercedes, Renault ou Ray-Ban est, pour les organisateurs, aussi
importante que celle de tel réalisateur ou de telle comédienne.
Cannes est plus que jamais un grand marché où l’on vend, entre
autres « produits », des films. Le plus difficile, en somme, sera
de se concentrer sur le cinéma.

(1) Assemblage de trois courts métrages réalisés par des cinéastes
différents.
(2) Pas de lettre pour le colonel de Arturo Ripstein.
(3) Kadoch de Amos Gitai.
(4) Tout sur ma mère de Pedro Almodovar.
(5) Rosetta de Luc et Jean-Pierre Dardenne.
(6) Adieu, plancher des vaches de Otar Iosseliani.
(7) Le Barbier de Sibérie de Nikita Mikhalkov.
(8) La lettre de Manoel de Oliveira, tout de même produit par Paolo
Branco, le plus français des producteurs lusitaniens, installé à
Paris depuis une vingtaine d’années.
(9) Ghost dog de Jim Jarmush, Une histoire vraie de David Lynch et
Dogma de Kevin Smith.
(10) Wonderland de Michael Winterbottom et Un mari idéal de Oliver
Parker.
(11) L’éternité et un jour.
(12) Lire Christian de Brie, « L’AMI nouveau va arriver », Le Monde
diplomatique, mai 1999.
(13) Cf. Le Film français, n°2772/73, 7 mai 1999.

Parekh, Bhikhu. 1995. The Rushdie Affair: Research Agenda for Political Philosophy. In The Rights of Minority Cultures, edited by W. Kymlicka. Oxford: Oxford University Press.

___(1997), ‘‘Equality in a multicultural society’, in J. Franklin (ed.), Equality (London: Institute for Public Policy Research).
___Parekh, Biku (1999), ‘What is multiculturalism?’ MULTICULTURALISM, a symposium on democracy in culturally diverse societies (Delhi).

The early 1970s marked the emergence of the multicultural movement at first in Canada and Australia and then in the U.S.A., U.K., Germany and elsewhere. It has now begun to dominate the political agenda of even France, the strongest bastion of the nation state, which takes no official note of its citizens’ ethnicity, culture and religion and does not record these in its decennial census. Since the multicultural movement sprang up unplanned in many different political contexts, attracted a diverse cluster of groups, and has so far failed to throw up a coherent philosophical statement of its central principles, it lacks a clear focus and identity. I would therefore like to begin by clarifying what it means and stands for, and then briefly highlight some of the problems facing a multicultural society.

Multiculturalism is best understood neither as a political doctrine with a programmatic content nor a philosophical school with a distinct theory of man’s place in the world but as a perspective on or a way of viewing human life. Its central insights are three, each of which is sometimes misinterpreted by its advocates and needs to be carefully reformulated if it is to carry conviction. First, human beings are culturally embedded in the sense that they grow up and live within a culturally structured world and organize their lives and social relations in terms of a culturally derived system of meaning and significance.

This does not mean that they are determined by their culture in the sense of being unable to rise above its categories of thought and critically evaluate its values and system of meaning, but rather that they are deeply shaped by it, can overcome some but not all of its influences, and necessarily view the world from within a culture, be it the one they have inherited and uncritically accepted or reflectively revised or, in rare cases, one they have consciously adopted.

Second, different cultures represent different systems of meaning and visions of the good life. Since each realises a limited range of human capacities and emotions and grasps only a part of the totality of human existence, it needs other cultures to help it understand itself better, expand its intellectual and moral horizon, stretch its imagination, save it from narcissism to guard it against the obvious temptation to absolutise itself, and so on. This does not mean that one cannot lead a good life within one’s own culture, but rather that, other things being equal, one’s way of life is likely to be richer if one also enjoys access to others, and that a culturally self-contained life is virtually impossible for most human beings in the modern, mobile and interdependent world.

Nor does it mean that all cultures are equally rich and deserve equal respect, that each of them is good for its members, or that they cannot be compared and critically assessed. All it means is that no culture is wholly worthless, that it deserves at least some respect because of what it means to its members and the creative energy it displays, that no culture is perfect and has a right to impose itself on others, and that cultures are best changed from within.

Third, every culture is internally plural and reflects a continuing conversation between its different traditions and strands of thought. This does not mean that it is devoid of coherence and identity, but that its identity is plural, fluid and open. Cultures grow out of conscious and unconscious interactions with each other, define their identity in terms of what they take to be their significant other, and are at least partially multicultural in their origins and constitution. Each carries bits of the other within itself and is never wholly sui generis. This does not mean that it has no powers of self-determination and inner impulses, but rather that it is porous and subject to external influences which it assimilates in its now autonomous ways.

A culture’s relation to itself shapes and is in turn shaped by its relation to others, and their internal and external pluralities presuppose and reinforce each other. A culture cannot appreciate the value of others unless it appreciates the plurality within it; the converse is just as true. Closed cultures cannot and do not wish or need to talk to each other. Since each defines its identity in terms of its differences from others or what it is not, it feels threatened by them and seeks to safeguard its integrity by resisting their influences and even avoiding all contacts with them. A culture cannot be at ease with differences outside it unless it is at ease with its own internal differences. A dialogue between cultures requires that each should be willing to open itself up to the influence of and learn from others, and this presupposes that it is self-critical and willing and able to engage in a dialogue with itself.

What I might call a multiculturalist perspective is composed of the creative interplay of these three important and complementary insights – namely the cultural embeddedness of human beings, the inescapability and desirability of cultural plurality, and the plural and multicultural constitution of each culture. When we view the world from its vantage point, our attitudes to ourselves and others undergo profound changes. All claims that a particular institution or way of thinking or living is perfect, the best, or necessitated by human nature itself appear incoherent and even bizarre, for it goes against our well-considered conviction that all ways of thought and life are inherently limited and cannot embody the full range of the richness, complexity and grandeur of human existence.

We instinctively suspect attempts to homogenize a culture and impose a single identity on it, for we are acutely aware that every culture is internally plural and differentiated. And we remain equally sceptical of all attempts to present it as one whose origins lie within itself, as self-generating and sui generis, for we feel persuaded that all cultures are born out of interaction with and absorb the influences of others and are shaped by wider economic, political and other forces. This undercuts the very basis of Afrocentrism, Eurocentrism, Indocentrism, Sinocentrism and other kinds of centrisms, all of which isolate the history of the culture concerned from that of others and credit its achievements to its own genius.

From a multiculturalist perspective, no political doctrine or ideology can represent the full truth of human life. Each of them – be it liberalism, conservatism, socialism or nationalism – is embedded in a particular culture, represents a particular vision of the good life, and is necessarily narrow and partial. Liberalism, for example, is an inspiring political doctrine stressing such great values as human dignity, autonomy, liberty, critical thought and equality. However, they can be defined in several different ways, of which the liberal is only one and not always the most coherent.

And it also ignores or marginalizes such other great values as human solidarity, community, a sense of rootedness, selflessness, deep and self-effacing humility and contentment. Since it grasps only some aspects of the immensely complex human existence and misses out too much of what gives value to life, liberalism, socialism or for that matter any other political doctrine cannot provide the sole basis of the good society. Political doctrines are ways of structuring political life and do not offer a comprehensive philosophy of life. And even so far as political life is concerned, they need to be interpreted and defined in the light of the wider culture and the unique history and political circumstances of the community concerned.

From a multiculturalist perspective the good society cherishes the diversity of and encourages a creative dialogue between its different cultures and their moral visions. Such a society not only respects its members’ rights to their culture and increases their range of choices but also cultivates their powers of self-criticism, self-determination, imagination, intellectual and moral sympathy, and contributes to their development and well-being.

If some groups in it wish to lead self-contained lives and avoid interaction with others, it should respect their choices so long as they meet the consensually derived basic conditions of the good life. A multicultural society should not repeat the mistake of its monocultural counterpart by requiring that all its communities should become multicultural. Indeed, it is precisely because it cherishes cultural plurality that it accommodates those that do not share its dominant cultural ethos.

A multicultural society cannot be stable and last long without developing a common sense of belonging among its citizens. The sense of belonging cannot be ethnic and based on shared cultural, ethnic and other characteristics, for a multicultural society is too diverse for that, but must be political and based on a shared commitment to the political community. Its members do not directly belong to each other as in an ethnic group but through their mediating membership of a shared community, and they are committed to each other because they are all in their own different ways committed to a common historical community. They do and should matter to each other because they are bonded together by the ties of common interest and attachment. This is why, although they might personally loathe some of their fellow-members or find their lifestyles, views and values unacceptable, their mutual commitment and concern as members of a shared community remain unaffected.

The commitment to a political community is highly complex in nature and easily misunderstood. It does not involve commitment to common goals, for members of a community might deeply disagree about these, nor to a common view of its history which they may read very differently, nor to its form of government about which they might entertain very different views, nor to its dominant cultural ethos which some might strongly disapprove of. The commitment to the political community involves commitment to its continuing existence and well-being, and implies that one cares enough for it not to harm its interests and undermine its integrity. It is a matter of degree and could take such forms as a quiet concern for its well-being, deep attachment, affection, and intense love.

While different citizens would develop different emotions towards their community, what is necessary to sustain it and can legitimately be expected of them is a basic commitment to its integrity and well-being, what one might call patriotism or political loyalty. Guided by such loyalty, they might criticise their form of government, institutions, policies, values, ethos and dominant self understanding in the strongest possible terms if they think that these harm its survival and well-being. Their criticisms need not arouse unease or provoke charges of disloyalty so long as their basic commitment to the community is not in doubt. Patriotism is not the monopoly of the conservatives, and the socialists, the radicals and the communists can be loyal to their community just as much as and even more than they are.

Commitment or belonging is reciprocal in nature. A citizen cannot be committed to her political community unless it is also committed to her, and she cannot belong to it unless it accepts her as one of it. The political community therefore cannot expect its members to develop a sense of belonging to it unless it in turn belongs to them. It must, therefore, value and cherish them all equally and reflect this in its structure, policies, conduct of public affairs, self-understanding and self-definition. This involves granting them equal rights of citizenship, a decent standard of living, and the opportunity to develop themselves and participate in and make their respective contributions to its collective life.

In a multicultural society different communities have different needs, and some might be structurally disadvantaged or lack the skill and the confidence to participate in the mainstream society and avail of its opportunities. Both justice and the need to foster a common sense of belonging then require such measures as group-differentiated rights, culturally differentiated applications of laws and policies, state support for minority institutions, and a judicious programme of affirmative action.

Although equal citizenship is essential to fostering a common sense of belonging, it is not enough. Citizenship is about status and rights; belonging is about acceptance, feeling welcome, a sense of identification. The two do not necessarily coincide. One might enjoy all the rights of citizenship but feel that one does not quite belong to the community and is a relative outsider, as do some groups of African-Americans in the United States, Afro-Caribbeans and Asians in Britain, Arabs in France and Israel, and Muslims and, until recently, Sikhs in India.

This feeling of being fully a citizen and yet an outsider is difficult to analyse and explain, but it can be deep and real and seriously damage the quality of one’s citizenship as well as one’s sense of commitment to the political community. It is caused by, among other things, the manner in which the wider society defines itself, the demeaning ways in which the rest of its members talk about these groups, and the dismissive or patronizing ways in which they treat them. Although members of these groups are in principle free to participate in its public life, they often stay away for fear of rejection and ridicule or out of a deep sense of alienation.

When the dominant culture defines the minorities in a demeaning way and systematically reinforces it by all the institutional and other means at its disposal, they consciously or unconsciously internalize the negative self-image, lack self-esteem, and feel alienated from the mainstream society. As Charles Taylor correctly observes, social recognition is central to the individual’s identity and self-worth and misrecognition can gravely damage both. This raises the question as to how the demeaned minorities can secure recognition, and here Taylor’s analysis falters. He seems to take the rather naive liberal view that the dominant group can be rationally persuaded to change its view of them by intellectual arguments and moral appeals. This is to misunderstand the dynamics of the process of recognition.

Misrecognition has both a cultural and a material basis. The American Whites, for example, take a demeaning view of Blacks partly under the influence of the racist culture, partly because this helps them justify the prevailing system of domination, and partly because the deeply disadvantaged Blacks do sometimes exhibit some of the features that confirm White stereotypes. Misrecognition, therefore, can only be countered by undertaking a rigorous critique of the dominant culture and radically restructuring the prevailing inequalities of economic and political power.

Since the dominant group generally welcomes neither, recognition is not given willingly as a gift or an act of grace. It needs to be fought for and involves a cultural and political contestation and sometimes even violence as Hegel stressed in his analysis of the dialectic of recognition and which Taylor’s sanitized version of it ignores. The Muslim protests in Britain in the aftermath of the publication of Salman Rushdie’s The Satanic Verses were a good example of this. The increasingly Hindu orientation of India’s political culture and national self-understanding, with its consequent marginalisation of the minority communities, has understandably led the latter in recent years to mobilise themselves and press for their adequate political recognition. The wisdom of a multicultural society consists in its ability to anticipate, minimize and manage such demands.

Multicultural societies in their current form are new to our age and throw up theoretical and political problems that have no parallel in history. The political theories, institutions, vocabulary, virtues and skill that we have developed in the course of consolidating and conducting the affairs of a culturally homogeneous state during the past three centuries are of limited help, and sometimes even a positive handicap, in dealing with multicultural societies. The latter need to find ways of reconciling the legitimate demands of unity and diversity, of achieving political unity without cultural uniformity, and cultivating among its citizens both a common sense of belonging and a willingness to respect and cherish deep cultural differences.

This is a formidable theoretical and political task and no multicultural society has so far succeeded in tackling it. The erstwhile Soviet Union and Yugoslavia lacked the requisite imagination and wisdom and met their doom. Even such affluent, stable and politically mature democracies as the U.S.A. and the U.K. and France have so far had only a limited success, and show signs of strong moral and emotional disorientation in the face of increasing minority demands for recognition and equality. Thanks to the wisdom of its founding fathers, and the judicious balance between unity and diversity embodied in the Indian Constitution, India has managed to persist for five decades as a territorially intact and moderately successful polity.

The political context in which the Constitution was drafted has however altered considerably. The Constitution presupposed a much higher rate of economic growth and a much greater degree of equitable distribution of resources among the diverse communities than has proved to be the case. It took full account of religious and a rather limited account of cultural diversity, but none of ethnic self assertion. Assuming, paradoxically, that India had minorities but not a majority, it sought to nurture the former’s cultural self-expression but not the latter’s and allowed the minorities to act as collective agents while ignoring the real and fraught possibility of the majority becoming integrated and acting as a collective subject.

It also assumed a culturally neutral and socially transcendental state, able to ensure political impartiality, and did not anticipate that a determined majority might culturally monopolise the state and use it to enforce a narrow vision of India. Now that these and other possibilities have materialized, we need to undertake a radical reconsideration of some of the constitutive principles of the Indian state, and find a historically more sensitive and realistic way of evolving political unity out of the newly emergent forms of diversity. There is little sign that we have even begun to grasp the enormity of the problem facing us, let alone explore ways of tackling it.

— (2009), ‘Interdependence Day: Keynote address’, in Benjamin Barber (ed.), Art, Religion, and the City in the Developing World of Interdependence (Istanbul).

We are interdependent.
3 main issues:
1) Prosperity depends on other countries prosperity;
2) Climate Change;
3) Moral and cultural interdependence
Multiculturalism is not absolutely true or correct if it doesn’t dialogue with other civilisation and cultures.
Ethics and politics of solidarity
Barber’s point with the IDDay concept was to build up a network and movement recognizing interdependence…what are the specific forms for that interdependence?

Religion: Matters to lots of people whether we believe or not. It’s a shaper of civilisation, an integral part of it! It leads to conflicts when it’s centered on its own perspective and it can create unity when it deals with a transcendental humanity, a common human brotherhood.
One major question: why should religion (THE finder of THE revelation) dialogue with another religion holding the same standpoint…except in the perspective of proselytism. In fact, the transcendental principle is only partly reflected in each religion. We need bothe inter and intra religious dialogue;
Development: has increasingly been equated with economic prosperity. Social, moral development have been set apart and should be included into the notion of development, not only economy. We should be focused, not on GDP or GNP but on a well-being index (how can we cash on it?). A normative sense of development should include all aspects of humanity.
Women: Almost all religions have been patriarcal. Yet all of them have given, built into them, the recognition of women. Nevertheless, discrimination exists!
How can we exploit fully emancipation sources of our civilization. There cannot be a unique definition of full gender equality.Cannot apply worldwide.

CONCLUSION: How do you recognize difference? Women are asked to pay a heavy price by being asked to be men as well as women!
open question for this conference: Self-chosen difference and equality!

Parry, Geraint. (1991(1985)), ‘Paths to citizenship’, in Ursula Vogel and Michael Moran (ed.), The frontiers of citizenship (New York: St Martin’s Press).

Pascal-Moussellard, Olivier. 2000. Melting Poste: Les Télévisions ethniques aux Etats-Unis. Télérama, 19 avril, 82-86.
Paton, Alan. Cry, the beloved country.

Mini-channels ou grands réseaux, aux Etats-Unis, plus de 600 chaînes s’adressent aux minorités distillang infos pratiques et nouvelles du pays en VO. Est-ce vraiment bon pour l’intégration ?

San Francisco, 23 mars 2000, Angelina Wong, jeune reporter à KTSF, une chaîne câblée multiethnique, entre au pas de course dans un restaurant de Chinatown. Au menu: la remise d’un prix honorifique par une organisation bouddhiste internationale., Interviews en cantonais (…) et voilà Mme Wong repartie pour le siège de la police de San Francisco

Paton, Alan (1948), Cry, the beloved country.

Uncle Tom’s Cabin equivallent in South Africa

Payne, Richard. 1998. Getting Beyond Race: The Changing American Culture, Westview Press. Boulder, Colorado: HarperCollins Publishers, Inc.

Preface xi
Acknowledgments xv
1 Strategies for Getting Beyond Race: Reframing the Problem 1
Seeing Race 2
From Racial Identitiy Politics to Inclusion 5
The Dangers of Victimology 8
Reframing the Problem 9
From Race to Universal Virtues 13
Embracing Positive American Values 16
Focusing on Success, Not Failure, 17
Encouraging a Bottom–Up Approach to Race Relations 21
Builidng Coalitions based on Common Interests 22
Negotiating Differences 25
Builing Trust and Social Capital 28
2 Inventing Race: The Social and Scientific Construction of Reality 31
Common Origins 31
The Social Construction of Race 33
Economic Interests and the Construction of Race 37
Racial Classification: Strengthening the Boundaries 41
Race, Science and Intelligence 44
Race as Magic, Myth and Totem 49
3 The Changing American Culture: Challenges to Race 53
The Concept of Culture 53
Race and American Culture 55
The Myth of Separate Black and White Cultures 55
Multiculturalism: A Two-Edged Sword 59
The Family as an Agent of Change 61
Interpersoanl Contacts 64
Fraternizing at College 67
The Media and Cultural Change 70
Religion and Cultural Change 72
Sports: A unifying Force 75
Generational Replacment and Demographic Change 77
4 The Military: model of Success in Race Relations 81-106
5 Promoting Equal Opportunity and Treatment 107
Toward a Color-Blind Society 107
Definitions and Public Perceptions of Qual Opportunity 110
Testing, Merit, and Qualifications 112
Background to Affirmative Action 115
Arguments for Affirmative Action 118
Arguments against Affirmative Action 124
Possible Solutions 127
6 Immigration and Travelling Abroad: Undermining the Concept of Race 131-152
7 Interracial Relationships and the One-Drop Rule 153-174
8 Transratia Adoption: Building Bridges that Transcent Race 175-192
CONCLUSION: Getting Beyond Race 193-200
NOTES 201
SELECTED BIBLIOGRAPHY 223
INDEX 233

PBS. 1999. Alaskan Native Brotherhood, a documentary.
5:00 a.m. on Dec. 9, 1999

ANB (Alaskan Native Brotherhood)
only english speakers accepted
Louis Paul, Peter Simson, William Paul (warrior)
Historian: Steve Haycox
Newspaper: Alaskan Fisherman

PDI. Nouveau terme apparu en S.Africa: Previously Deprived Individuals

Pear, Robert. 1992. New Look at the U.S. in 2050: Bigger, Older and Less White. New York Times, 4 décembre, 1,10, sec.A.

Peillon, Vincent (2011), ‘Discours à la conférence de JCall à Paris’, in JCall (ed.), (Paris).

La signature de JCall pas évidente pour une homme politique français très attaché aux principes de la république car reconnaissance dans l’espace public français d’une appartenance. Moment de préoccupation forte, initiative utile à la paix, à la compréhension de la réflexion des juifs d’Israel qui ont besoin de soutien et de la diaspora. Il exprime très nettement ses réserves quant aux principes (travaille à la Commission des Affaires Etrangères) de s’attacher seulement à un camp.
Il ne faut pas que cette initiative de progressistes puisse, à un moment donné où on a évoqué l’Iran, le Liban, que nous ne recherchons pas une position équilibrée et que nous ne recherchons pas dans la négociation la position qui doit être celle d’Israel si Israel veut la paix.
Il rappelle l’actualité chargée du point de vue européen. Au mois de septembre (2011) a décision possible de reconnaitre la palestine dans le cadre de l’ONU, occupe esprits et commentaires. “Je veux soutenir devant vous ce matin que cette question n’est pas la question essentielle du moment du point de vue politique et diplomatique.
Ce que nous souhaitons, c’est que la Communauté internationale (avec l’Europe, bien sûr), a un rôle à jouer, les Etats-Unis c’est l’évidence…
L’Europe et les Etats-Unis unis, c’est l’objectif que nous devons fixer si nous voulons la paix. Or nous sommes divisés parce que lorsque nous souhaitons la paix, nous savons qu’elle suppose la reconnaissance par les deux parties, la construction par les deux parties d’un compromis et d’une position.
Méfions-nous en politique des positions et des postures. un certains nombre de responsables Palestiniens s’inquiètent de cette initiative si elle suscite un espoir qui le lendemain s’éteint en étant incapable d’accoucher des fruits du rogres de la reconnaissance et de la paix. Par contre un événement fondamental s’est produit. Sous les auspices de l’Egypte, nous avons assisté, peut-être pas une réconciliation, mais des retrouvailles du Fatah et du Hamas. Une chance pour la paix. La situation aujourd’hui, si le Hamas, étant donné l’évolution en Syrie et ses propres difficultés à Gaza est entré dans la logique des discussions que nous attendions et qu’Israel attendait depuis si longtemps, c’est parce qu’il est affaibli. Cela donne un interlocuteur en face d’Israel. Or c’est la division des palestiniens qui a constitué pendant des années le principal obstacle à la paix au Moyen-Orient. Cette réunion est une chance pour la paix. L’Europe, unie dans sa reconnaissance de ce pas en avant, doit faire tout ce qu’elle peut pour faire bouger la position des Américains et du Gouvenrment de Netanyaou. En Israel également opportunité. Personne, y compris le Fatah, ne propose de négocier avec le Hamas. Derrière ce genre d’attittude, il pourrait n’y avoir qu’une tactique, Mais nous nous souvenons de la formule Begin, la paix ne se fait pas avec ses amis mais avec ses ennemis. Il y a une opportunité pour une avancée forte avant septembre pour un retour à la négociation et pour la paix. L’Europe, pour une fois, en dehors des aides matérielles innombrables, se mobilise diplomatiquement, c’est une bonne chose. Nous pouvons espérer que la rencontre de septembre amènera les Palestiniens inquiets et les autres partenaires.
Nous sommes sans naiveté mais c’est le moment que nous avons choisi. Il y a un an, c’était la position des préalables et Israel n’en voulait pas. Maintenant, c’est Israel qui demande comme préalable l’union des deux parties. Conférence de Paris, bonne initiative, reprise ar l’Union Européenne. La reconciliation des Palestiniens est pour nous, Juifs, et pour Israel, une véritable chance pour la paix.

____Sommes nous encore un peuple politique? (2011) (France Culture, 04.06.2011 – 09:10 ).

e me réjouis si quelqu’un me trouve optimiste, Alain Finkielkraut, c’est une bonne nouvelle. je suis parti de cette constatation très différente. J’étais invité au centenaire des commémoration de la naissance de Merlau-Ponty et j’avais été surpris de voir la génération des jeunes chercheurs coupés de la quesion fondamentale sur nazisme et de l’antisémitisme. Cela m’a marqué car toute la tradition à laquelle j’appartient vient d’une relation étroite entre une forme de rationalité et de la polis (vie en commun). Le philosophe est engagé au milieu des hommes et il interroge. Le lien constitutif de ce que nous appelons Le Politique (qui fait les grandes émergences de l’histoire) avec la société est en train de se briser. Cette indifférence entre la cité et ceux qui réfléchissent. Les débats sont dominés par l’émotion, par l’instantanéité, par l’absence de rapport critique entre les paroles et les actes.
Vous avez parlé de l’émotion, or le mot clef de l’année est l’indignation. “Indignez-vous” dit Stéphane Hessel.
L’indignation est devenue un engagement politique. D’ après Patrice Gueniffey, c’est de l’ordre du totalitarisme, donc du post-politique.
C’est une régression. Certes il faut savoir dire non et on peut être profondément atteint de compassion au sens de Léon Blum. Mais comment fait-on ensuite. La politique est faite d’émotion et d’indignation, On nous indigne en permanence. Il y a des maitres en indignation (Sarkozy, Le Pen). Cela conduit à désigner des boucs émissaires. Critique du stalinisme. La vérité de la révolution française est qu’elle est inachevée. Elle portait en germe la réflexion de ces grands libéraux des Raymond Aron et autres. Sur les libertés, la place de l’intelligence.
Merleau-Ponty n’est pas un grand libéral lui rétorque AF. Il l’a revendiqué, dit Peillon. Même dans Humanisme et Terreur, il introduit l’hypothèse qu’il y a dejà un déraillement de l’histoire. La guerre a eu lieu est pour moi un texte fondamental.
Guenifey indique que 68 est la sortie du Politique.L’idée que les français se sont assagis a pu apparaitre à la suite des effondrements du communisme est en fait un affaissement.
1968, j’en ai une lecture un peu différente. La préoccupation des révolutionnaires démocrates est quel esprit public construire. En bonne partie contre l’esprit catolique que la difficulté française n’a pas construit un pouvoir spirituel rationel qui correpondrait à un état démocratique. Laicité et écoles construites en compensation d’ailleurs. La France revient à de mauvaises humeurs qui sont en elles. La raison a peu de place dans cette vie nationale. Articulation du politique et du religieux.
AF se demande si on ne pourrait pas s’intituler sommes-nous encore un peuple? L’immigration massive a commencé à la fin du XIXème siècle pour atteindre des proportions énormes à l’heure actuelle.Une mauvaise passion, une francophobie, une injure, sale français, indique l’urgence d’un débat sur ce que nous sommes. Quelles sont les traditions fondatrices de notre civilisation. Ce débat, très mal lancé, a tourné court, mais une occasion n’a pas été saisie sous prétexte qu’il s’agissait d’une passion mauvaise. La conversation civique risque d’en être paralysée. Peillon, vous avez dit que ce débat est ignoble. VP indique qu’il a été le premier à l’appeler de ses voeux dans nombre de ses ouvrages. Je préfère patriote à nationaliste. Lorsqu’on présente ce débat qui est absolument indispensable, Un peuple c’est un corps et une ame. Nous, intellectuels et professeurs, avons la charge de dire qui nous sommes et les valeurs que nous partageons. Mésusage du terme d’identité nationale. Ecole et volonté de rationalité, de clarté au coeur du débat. Mais les conditions dans lesquelles il devait se dérouler étaient inacceptables. J’ai parlé d’idiot utile. C’est pour moi la question essentielle et j’ai imposé ce thème dans le PS.
Lorsque vous dites qu’il est commun de dire sale français, je suis en désaccord. Il s’agit d’une minorité. Ces jeunes ont une plus haute idée de la France en général. Je suis parlementaire européen et la nation française, elle compte. Notre fiscalité, notre système sociale, nos aides sociales sont nationales. Donc la nation elle existe et elle ne disparaitra pas. Identité nationale et immigration: la conjonction de coordination restreint l’interrogation et le débat. A part sous Vichy, nous avons d’autres références. Guénissey répond, vous avez raison, le débat est sur identité nationale et islam.
Est-il possible de regarder la réalité en face demande AF. Il évoque l’ouvrage Fractures francaise sur le séparatisme culturel. Quelque chose a changé car nous sommes sans cesse renvoyés à la référence de Vichy. Séparatisme géographique, culturel, banlieues de plus en plus homogènes. On n’ose pas le penser de peur de rentrer dans l’engrenage du racisme et de la xénophobie.
Les problèmes sont réels, reconnait VP, mais comment résoudre cette situation que nous avons contribué à créer. J’ai été professeur à Nanterre, dans les ZEP, nous étions obligés de changer le prénoms des jeunes filles pour leur trouver des stage. Il faut dire cette vérité et ne pas la tolérer. C’est la responsabilité propre du politique. Qu’est-ce que c’est que ces quartiers, qu’est-ce que c’est que cette incapacité des professeurs? Il faut que la nation trouve un nouveau contrat avec l’école. La question de l’autorité est fondamentale et l’école doit la retrouver. Télépoubelle et mauvais exemples au plus haut niveau doivent changer.
Guenissey: abidcation du politique de gouverner remplacée par de vieux modèles (laicité…) qui ne correspondent plus à la société telle qu’elle est. Il faut faire avec, la société a évolué.
L’autorité du prof est mise en cause par la passion égalitaire, dit AF. Je sais que dans le programme socialiste, on voudrait supprimer les notes dans ce qu’êlles ont d’humiliant. Nous devons dévendre une certaine idée de l’école, non pas à coup de budget mais à coup
VP trouve ce débat passionnant mais réfute l’absence de note. la nature de l’évaluation, purement somative, est à remettre en cause, sur les temps scolaires (manque de jours enseingés) et sur le mêtier d’enseignant. On ne supprime pas les notes, ca n’est pas vrai. La laicité me semble être un principe d’organisation démocratique. Pourquoi la passion d’égalité qui bloquerait la société.? Cf Durkheim sur la bienveillance fondatrice de l’autorité.
Guenissey: relation prof-parent d’élève s’est délitée.
VP: on peut s’inspirer du passé, mais ce n’est pas que les élèves qui ont changé, mais c’est aussi les profs. Il faut reconnaître que c’est un sacerdoce. J’ai été surpris parfois du manque de dévouement lors des mes fréquentes visites à de nombreuses écoles, de la part de certains professeurs.

— (2011), Eloge du Politique: Une introduction au XXIème siècle (Paris: Seuil).

Aux grandes réponses traditionnelles relatives au sens de notre modernité ? la mort de Dieu, la mort de l’homme ? dont il réfute la pertinence, Vincent Peillon substitue une autre piste de lecture. Ce qui se joue dans notre temps, c’est la mort du politique. Réduite à l’économie, à la morale, ou à la seule communication, la politique n’est-elle pas devenue elle-même “antipolitique” ?

Mais qu’est-ce que le politique dont il s’agit ici ? Nos traditions démocratiques se sont construites autour d’une alliance entre philosophie et politique, un mode d’organisation de la Cité et un type de rationalité critique. Socrate apostrophant les puissants ? hommes d’argent, de pouvoir ou de verbe ? illustre le fondement de cette histoire. Celle-ci s’est déployée à travers l’humanisme civique de la Renaissance, les Lumières et la Révolution, la fondation de la troisième République, toujours dans la lutte et l’affrontement avec ceux qui veulent exercer le pouvoir, prétendent posséder la vérité et se prennent pour des dieux.

Nourri d’une méditation continue des œuvres des philosophes classiques et modernes, particulièrement de Merleau-Ponty, mais aussi d’une expérience d’homme politique, Vincent Peillon propose de renouer les liens du politique à l’action et à la vérité, de la philosophie à la Cité, qui seuls pourraient permettre, en un temps où la démocratie est fragilisée, un autre avenir que de ténèbres.

-4e de couverture-

Pelouas, Anne. 1998. Victoire en demi-teinte pour le Parti québécois de Lucien Bouchard. Le Monde, Mercredi 2 décembre 1998.

Un “chef” pour la province
Fin octobre, Lucien Bouchard affirmait que la campagne pour les élections du 30 novembre serait le
” combat politique ” le plus important de sa vie. Présidant le Parti québécois depuis janvier 1996, à la
faveur de la démission de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard avait accédé automatiquement au
poste de premier ministre du Québec. Homme de conviction, ne manquant pas de panache,
communicateur hors pair, Lucien Bouchard – qui aura soixante ans dans quelques jours – jouit depuis
des années d’un grand charisme personnel dans l’opinion publique québécoise.
Une vraie victoire pour gouverner le Québec, mais un mandat affaibli pour le mener à
l’indépendance : c’est le sens qu’on peut donner aux résultats des élections générales
organisées, lundi 30 novembre, dans la province.

En votant massivement pour les candidats-députés du Parti québécois (PQ) – qui remporte 75
sièges contre 48 pour le Parti libéral du Québec (PLQ) -, la population a surtout dit ” oui ” à
Lucien Bouchard, chef du PQ et premier ministre du Québec depuis 1996, pour qu’il puisse
poursuivre l’action gouvernementale entamée par le PQ en 1994.

A ce titre, le vote donne pleine autorité à Lucien Bouchard pour parachever le redressement
des finances publiques et dégager bientôt, selon ses espoirs, des surplus qui seront affectés,
d’une part, à un allègement du fardeau fiscal, et, d’autre part, à de nouvelles dépenses dans
les domaines de la santé et de l’éducation.

Comme il s’y est engagé, le chef péquiste devra, à cet égard, corriger le tir d’une réforme du
système de santé qui a connu de sérieux ratés ces derniers mois. Le ” oui ” des Québécois au
PQ inclut aussi un ” oui ” à un gouvernement provincial fort vis-à-vis d’Ottawa, capable sans
tarder de récupérer certains pouvoirs et budgets du gouvernement fédéral, en s’alliant autant
que possible aux autres provinces du Canada anglais.

En matière de relations entre Québec et Ottawa, la population de la province a clairement
exprimé par son vote qu’elle faisait davantage confiance à Lucien Bouchard qu’au libéral Jean
Charest pour défendre les intérêts du Québec au sein de la fédération canadienne.

Bien gouverner la province et agir fermement vis-à-vis d’Ottawa : le mandat du Parti québécois
s’arrête cependant là, selon les suffrages exprimés lors de l’élection.

Car en accordant 43,6 % de leurs voix au Parti libéral québécois, et seulement 42,9 % au Parti
québécois, la population semble donner au fédéraliste Jean Charest une victoire ” morale “, et
limiter d’autant la marge de manoeuvre de M. Bouchard pour organiser à brève échéance un
référendum sur la souveraineté. Franchir la barre des 45 %, disait-on dans son entourage,
était l’une des ” conditions gagnantes “, que Lucien Bouchard s’était fixées.

Lucien Bouchard a pris acte du message, soulignant qu’il aurait du ” pain sur la planche ” en
tant que chef du gouvernement. Il a ajouté qu’il entendait ” contrer toutes nouvelles intrusions “
du gouvernement fédéral dans les programmes que le Québec veut lui-même gérer et que,
pour le reste, il espère, fort de ces résultats, que le peuple québécois gagne en ” confiance “
pour aller de l’avant dans la ” poursuite de son destin “.

Pendakur, R. 1990. Speaking in Tongues: Heritage Language Maintenance and Transfer in Canada. Ottawa: Secretary of State, Multiculturalism and Citizenship Sector.

Peplow. 1958. History of Arizona. New York: Lewis Historical Publishing.

cité par Crawford, J. (1992). Language Loyalties: A Sourcebook on the Official English Controversy. Chicago, University of Chicago Press.

Peres, Shimon (2012), ‘Welcome remarks by video’, J Street: Making History (Washington D.C.).

Peace you have to build, not to negotiate
There is no other solution than the two state solution.

Perrot, Michel. 1986. Les moyens de communication publique chez les Inuits: Etude antropologique du développement de la radio et de la télévision au Groenland, au Canada et en Alaska, Anthropologie, Bordeaux 3.

Pfänder, Stefan and Dermarkar, Cynthia (2011), ‘Le français au Caire: Une (première) étude micro-écologique’, paper given at Langues en contact: le français à travers le monde, Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg, 16-18 septembre 2011.

cf. le français cosmopolite. Témoignages de la dynamique langagière dans l’espace urbain du caire. Berlin, Berliner Wissenschaftferlag cf. http://www.ciel-f.org

stratégie des locuteurs
reprise à

approche micro-écologique de ya3ni (approche micro-éco: discours situé en fonction des loctuteurs qui parle, avec qui, rapports entre locuteurs, types d’activité conversation à table ou réunion de travail et sujets et stratégies à l’intérieur du discours)

distinction de fonction: en début d’un tour ou reformulation, correspond à donc ou alors.
alternance codique (lorsqu’il y a passage de français à l’arabe) alors, donc
au milieu d’un tour, marquant une hésitation
en fin de tour, pour atténuer une proposition

polyvalence: 1) cela veut dire en arabe verbe 3ème pers. sg pres définition
donc/alors turn taking
donc/euh turn maintenance
pour ainsi dire
pas trop, pas tellement en réponse à la question ça va

cf. étude sur so et ça fait chez Neumann-Holzschuh 2008 : 480

ressources françaises et arabes présentes constamment. ya3ni (difficultés à exprimer quelque chose de complexe ou dangereux) masalan, yalla (allez)
fonction before form (donc_ euh)
turn taking machinery
strategies de re-formulation
structuration du discours
code-switching

Phillips, Anne (1993), Democracy and difference (Philadelphia: Pennsylvania State University).

— (1994), ‘ Dealing with difference: a politics of ideas or a politics of presence? ‘ Constellations’ 1(1), 74-91.
— (1995), The Politics of Presence: Issues in Democracy and Group Representation (Oxford: Oxford University Press).

Picard, Georges. 1999. Petit traité à l’usage de ceux qui ventent toujours avoir raison. Paris: José Corti.

39: Qui Parle? (…)40: Aujourd’hui, la démagogie permet de décliner avec avantage les malheurs de notre existence. “Moi qui n’ai pas eu la chance de faire des études…” est un sésame efficace devant une assemblée d’intellectuels diplomés. Si vous vous proclamez SDF ou séropositif, vous serez écouté par n’importe quel public avec une bienveillance à laquelle la richesse et la santé ne sauraient prétendre (toute pitié facile mise à part, on ne voit pas en quoi le mlaheur, en tant que tel, donnerait raison. Être chomeur éclaire sur la misère sociale, pas sur la façon d’y remédier). Il est vrai que, dans nos sociétés démocratiques, rares sont les citoyens qui ne cultivent pas la mauvaise conscience de ne pas être ce qu’ils (41) ne sont pas, dès lors qu’il font partie du monde majoritaire. Si vous appartenez à une minorité forcément exploitée, minorité linguistique, religieuse, sexuelle, culturelle, sociale, physique, etc., vous serez tenté de transformer votre destin en argument. Ce n’est pas loyal mais c’est humain, et surtout, efficace dans un débat où dire la vérité importe moins que parler vrai.

Pierson, John. 1996. Spike, Mike, Slackers, and Dykes: A guided Tour across a decade of Independant American Cinema. London: Faber.

Pisani, Edgar. 1996. La Crainte de la Mondialisation: affronter la déréglemenation économique. Le Monde Diplomatique (janvier 1996).

Pendant des générations, et dans beaucoup de paxs, les citoyens ont été formés à l’idée qu’il existait une correspondance exacte entre Etat, nation, territoire, patrie, langue et cultrue. La Frqance est l’archétype de l’Etat nation, jacobine de surcroît. L’Etat-nation a réalisé dans sa spendeur sa passion de l’être et du faire, Etat étant l’outil et le maître de la nation-creuset. Dans le domaine de l’analyse politique, on constate une réelle confusion entre l’être et le faire, un imbhroglio où l’on ne distinque plus entre l’Etat-être, l’Etat-faire, la nation-faire, la nation-être, qui se trouvent confondus dans les m’emes structures institutionnelles. Nous sommes en présence d’un système d’organisation globalisant. Faut-il en changer ? Et si nous choisissons d’en chabnger, envisageons-nous qu’il se dépouille pour ne garder que les fonction de faire? Envisageons-nous de donner une place, dans nos institutions, aux communautés, aux lieux d’être ensemble ? Est-ce que, côté du concept de citoyenneté (faire), peut apparaître un concept d’appartenance culturelle (être)?
La planète -sous la houlette américaine et avec la participation active de tous ceux qui, à la Commission de Bruxelles et ailleurs, oeuvrent à la création d’une zone de libre-échange euro-atlantique sous l’appllation moins voyange d’ »asgenda transatlantique »- a commencer d’entrer dans un désordre suicidaire

Platt, Polly. 1998. French or Foe. 2nd ed. Cincinnati, Ohio: C.J. Krehbiel Company.

Despite the vituperation of Mark Twain and a few others beloved of Americans, the French are the U.S.’s oldest and only historically loyal ally: Like lots of friends, we have our differences from time to time: But Americans should remember that it was the French treasury, and experienced French naval and army leaders, that made the difference between the colonists’ winning ‘or losing’ their war against Great Britain .

Platt, Bill. 1992. The Confusing State of Minority Language Rights. In Language Loyalties: A Sourcebook on the Official English Controversy, edited by J. Crawford. Chicago: University of Chicago Press.

The notion that there is a constitutionally protect right to express onself or receive communications in a  language other than English is supported by federal court decisions in several contexts

Ploquin, Françoise. 2005. Esprit de Famille. Le Monde Diplomatique (Janvier 2005):23.

On éprouve un sentiment de malaise quand un Français utilise l’anglais pour demander un renseignement dans une rue de Florence, de Séville ou de Coimbra, sans parler de Montevideo ou de Porto Alegre. Ou quand un hispanophone ou un lusophone agissent de la même manière à Paris. Cette attitude ignore la parenté entre les langues de l’Europe du Sud (et donc de l’Amérique latine) issues du latin. Entre les langues romanes – français, italien, espagnol, catalan, portugais, roumain –, l’intercompréhension est non seulement souhaitable, mais elle est possible et rapide à acquérir. L’intercompréhension, c’est le fait de comprendre des langues sans les parler : chacun parle ou écrit dans sa langue, et comprend ou lit celle de l’autre. Cette démarche, qui ne nécessite aucune connaissance préalable du latin, est de nature à souder un ensemble de pays appartenant à la même famille de langues, et qui ont des intérêts et des cultures proches.

Pour un locuteur de langue romane, les autres langues de la famille sont plus immédiatement transparentes que les autres. Il en va de même pour les locuteurs de la famille des langues slaves – russe, polonais, tchèque, serbo-croate et bulgare – et pour ceux de la famille des langues germaniques – anglais, allemand et néerlandais. Cette notion de famille de langues, les Scandinaves l’ont bien comprise, et depuis longtemps : un Danois, un Norvégien et un Suédois se comprennent en parlant chacun sa langue. L’habitude de s’appuyer sur les ressemblances (à utiliser de préférence quand on s’exprime) et l’étude des différences systématiques (à connaître, pour qu’elles ne perturbent pas la compréhension) permettent aux Scandinaves de communiquer aisément entre eux, et ainsi d’exister en tant que communauté. Voilà près d’un siècle que, dans chacun de ces trois pays, on enseigne à l’école les bases de la grammaire des langues des deux autres.

Au cours de la dernière décennie, d’intéressantes recherches ont été menées sur l’apprentissage à l’intercompréhension des langues romanes. Dans le cadre du programme européen Lingua, deux projets menés en liaison avec des équipes des autres pays de langues latines d’Europe ont permis nombre d’observations et d’expérimentations : Galatea, sous la responsabilité de Mme Louise Dabène (université Stendhal-Grenoble-III), et Eurom4, sous la direction de Mme Claire Blanche-Benveniste (université de Provence – Aix-Marseille). Du matériel a été produit, qui demanderait aujourd’hui à être actualisé et développé. Des émules passionnés continuent le travail à Rome, à Barcelone, à Reims.

L’université danoise d’Aarhus, forte de l’expérience scandinave, a montré que les mêmes résultats peuvent être atteints dans le groupe des langues latines. En Argentine, une forte colonie italienne pousse à l’apprentissage des langues du Cône sud. A la University of British Columbia (UBC) de Vancouver, le département de français, en perte de vitesse, s’est refait une santé en proposant l’initiation aux langues romanes… Les travaux menés avec des équipes d’étudiants volontaires, mais non spécialistes (Eurom4), montrent qu’en soixante heures un locuteur d’une langue romane parvient à lire et à comprendre des textes dans trois autres langues (livre, encyclopédie, article de presse). Pour la majorité des sujets, il faut cependant un peu plus de temps pour parvenir à une bonne maîtrise de la compréhension de l’oral (conversation, film, radio et télévision).

La diffusion de telles méthodes dans le système éducatif bute sur un obstacle de taille : elles n’ont pas droit de cité dans la définition des politiques officielles d’enseignement des langues, et donc dans la formation des professeurs. Préparés à n’enseigner qu’une langue étrangère, convaincus que leur mission est de la transmettre à leurs élèves dans son intégralité, les maîtres ne peuvent que rechigner à l’enseignement, à leurs yeux réducteur, d’une compétence partielle. Pour vaincre ces résistances, et dans le cadre d’une nouvelle politique, les formations devraient prendre en compte non plus une langue, mais une famille de langues. Un professeur maîtrisant plusieurs langues aurait une vision plus juste de chacune d’entre elles, et la tolérance aurait de grandes chances de remplacer l’exigence de perfection : l’intercompréhension fait en effet largement appel aux vertus de l’à peu près, qui permet d’avancer, et à la débrouillardise.

Tous les spécialistes savent que l’acquisition d’une langue étrangère dans sa totalité reste une entreprise difficile et de longue haleine, et que le bilinguisme réel est un mythe, sauf chez des personnes plongées dès leur enfance dans un univers bilingue, ou ayant passé une partie de leur vie dans un pays dont elles ont assimilé la langue. Dans la technique de l’intercompréhension, chacune des parties étant à l’écoute de l’autre, la production en langue étrangère devient inutile. La partie la plus difficile de l’apprentissage, celle qui met en branle les mécanismes les plus complexes, se trouve ainsi supprimée. Le gain en temps et en efforts est considérable.

Repenser l’apprentissage par familles de langues aurait de multiples avantages. Sur le plan individuel, sentiment d’égalité et confort sont partagés : aucun n’abdique sa langue pour adopter celle de l’autre. L’attention n’est mobilisée que dans les phases d’écoute et, de ce fait, la fatigue est réduite. Chaque locuteur peut ainsi s’exprimer de façon précise et nuancée. Et, au niveau politique, tant européen qu’international, cet apprentissage engagerait une dynamique de multipolarité et de démocratie linguistiques face à l’hyperpuissance et à la langue unique.

Pons, Xavier. 1994. A sheltered land. St. Leonards: Allen & Unwin.

Pons, Xavier. 1994. Stamp Duty. Cambridge: British Australian Studies Association.
Pons, Xavier. 1996. Le Multiculturalisme en Australie: Au-delà de Babel. Paris et Montréal: L’Harmattan (INC).
Pons, Xavier. 1997. A word from the EASA President. The European Association for Studies on Australia Newsletter (16):2.

The last twelve months have proved most interesting for Australia-watchers. From the political ans social points of view, the Coalitions’s decisive win in the March election heralded significant changes, though whether they would make Australia a better place remained unclear. There have been worrisome developments, such as the Pauline Hanson debate and the recists incidents to which it led. While the received wisdom is that Australia has whole-heartedly embraced multiculturalism and is fully aware of its benefits, it became sadly evedient that the traditional reservations about immigration and the no less tradtional fear of Asians are alive and well. The vaunted tolerance and harmoy of Australian society suddenly appeared a little shaky. It is unfortunate that racism should remain such a high profile in Australi, especially in respect of the Aborigines. The High Court’s decision in the Wik case has also resulted in increased tensions betwen blacks and whites, with the former suspecting the latter of wanig to tamper witht e Native Title Act. Reconciliation, it is clear, will not be easily achieved.

Pons, Xavier. 2000. L’Australie: Entre Occident et Orient. Paris: La Documentation Française.

Poplack, Shana, and Sali Tagiamonte. 1994. Marking the plural in the African American diaspora. American Speech (69):227-59.
___, and Sali Tagliamonte. 1991. African American English in the diaspora: Evidence from old-line Nova Scotians. Language Variation and Change (3):301-339.

quoted by Rickford in Rickford, J. R. (1998). The Creole Origins of African-American Vernacular English: Evidence from Copula Absence. African-American English: Structure, History and Use. S. S. Mufwene, J. R. Rickford, G. Bailey and B. John. London, Routledge: 154-200.
Reprint from original artical in Language Variation and Change 1: 47-89

___, and Sali Tagliamonte. 1991. There’s no tense like the present: Verbal -s inflection in early Black English. In The emergence of Black English in the diaspora: Text and Commentary, edited by G. Bailey, N. Maynor and P. Cukor-Avila. Amsterdam and Philadelphia: John Benjamins.

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Portes, Alejandro, and Rubén Rumbaut. 1990. Immigrant America. Berkeley: University of California.

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Portes, Jacques. 1994. Le Canada et le Québec au XXème siècle, Histoire Contemporaine. Paris: Armand Colin.

Post, Robert, and Michael Rogin, eds. 1998. Race and Representation: Affirmative Action. New York: Zone Books.

Post, Washington. 2002. Islam’s death wish. International Heral Tribune (Washington Post), 05.04.2002, 6.

Islamic nations held a conference in Malaysia this week in an effort to refute the connection between the Muslim world and terrorism. Sadlly, they managed to accomplish the opposite. Despite appeals form the Malaysian and Bosnian representatives, the 57 assembled states adopted a resolution that specifically rejected the idea that Palestinian “resistance” to Israel has anything to do with terrorism.
As the Muslim governments would have it, the Palestinian who killed himself and 26 Israeli civilians who were sitting down to a Passover Seder in an Israeli coastal city last week was not practicing terrorism; neither were those who organized and dispatched dozens of other young people to kill themselves and scores of innocent Israelis in recent months. In effect, the Islamic conference santioned not only terrorism but also suicide as legitimate political instruments. Though the governments were right in describing Islam as a peaceful relition, they were terribly wrong about themselves. It is hard to imagine any other grouping of the world’s nations that could reach such a self-destructive and morally repugnant conclusion. The refusal of Muslim states, particularly those in the Arab Middle East, to separate themselves from the suitcide bombers demonstrates the magnitude of the challenge faced by the United States in combating international terrorism. Arab governments say they reject the Sept. 11 attacks against the United States and support the campaign against Al Qaeda. But they are unwilling to renounce either terroirsm itself or the extremist Islamic ideology that underlies it. On the contrary, their schools and media help feed the terrorist cause with anti-Western and anti-Semitic incitement, and their governements often help pay for it with donations to radical Islamic groups.
Even now, Arab states are subsidizing the families of Palestinian suicide bombers, rewarding them for their actis of savagery and thereb y encouraging others to follow them.
Muslim spokesmen protest that terrorism is not easily defined; one purpose of this week’s conference -which was not achieved- was to come up with an Islamic definition. It’s true, of course, that some governments seek to discredit conventional military rebel momvement by labeling them as terrorist; it is also true that terrorism is sometimes employed in the name of legitimate causes. And yet it should not be
hard to agree that a person who detonates himself in a pizza parlor or a discotheque filled with children, praying scrap metal and nails in an effort to kill and maim as many of them as possible, has done something evil that can only discredit and damage whatever cause he hopes to advance. That Muslim govenrments cannot agree on this is shameful evidence of their own moral and political corruption.
It is also a sign of dangerous obtuseness. Anyone following the destructive Israeli offensive against Palestian towns in theWest Bank – the Muslim govenements, of course, were shrill about Israel’s “state terrorism”- can see how deeply terrorism has damaged the Palestinian national cause. For most of the 1990s, Israeli hard-liners like Ariel Sharon railed ineffectually against the Oslo process, which aimed at ending the Israeli occupation of the West Bank and Gaza and and granting the Palestinians a state. Relatively few Isralis supported them, and the United States ignored them. Now, thanks to the suicide bombers and the terrible choice of Yasser Arafat, the Palestinian leader to tolerate them -and maybe even aid them- Sharon is Israel’s prime minister and has won both a domestic nadate and U.S. tolerance for his ambition to destroy the authority, along with any chance of a viable Palestinian state in a forseeable future. The Palestinian national cuase will never cover -nor should it- until its leadership is willing to break definitively with the bombers. And Muslim states that support such sickeining carnage will risk not just stigma but also their own eventual self-destruction.

Poutignat, Philippe, and Jocelyne Streiff-Fenart. 1995. Théories de l’ethnicité. 1ère ed. Vol. 1, Le sociologue. Paris: Presses Universitaires de France.

comprend également la traduction de l’ouvrage de Fredrik Barth, Les Groupes Ethniques et leurs frontières

Power, Carla. 2005. Not the Queen’s English: Non-native English-speakers now outnumber native ones 3 to 1. And it’s changing the way we communicate. Newsweek, 7 mars, 46-59.

46: (…) The professors back in Cabmridge, Englsand, would no doubt question the (Indian English language ) schools’ pedagogy. There are few books or tapes. Their teachers pronounce “we” as “ve” and “primary” as “primmry”. (…)English learning industry which is India alone is $100 million per-year business. From Caracas to Karachi, parents keen for their children to achieve are forking over tuition for English-language schools. China’s English fever -elevated to epidemic proportion by the country’s recent accesion to the World Trade Organization and the coming 2008 Olympics – even has its own Mandarin term, Yingwen re. And governments from Tunisia to Turnkey are pushing English, recognizing that along with computers and mass migration, the language is the turbine engine of globalization. As one 12-year-old self-taught English speaker from China’s southwestern Sichuan province says: “If you can’t speak English, it’s like you’re deaf and dumb”. Linguistically speaking, it’s a whole new world. Non-native speakers of English now outnumber native speakers 3 to 1, according to English-language expert David Crystal. (…)

Preston, Travis, et al. (2012), ‘Interdependence of the Movies and on the Stage’, paper given at 10th Interdependence Day: Culture, Justice and the Arts in the Age of Interdependence, Los Angeles, September 8th, 2012.

Jonathan introductory remarks:
Runs media lab. Worked for Bob Dylan and Martin Scorcese.
As Marcuse said, the artist should think of the way that could be
To me, the notion of everything should be free is economic nonsense. It already killed the music business and will kill the tv. All what would be left is dancing cats or singing dogs. If this is all you want, it’s not my case.
I’m not positve we are all that way from Huxley’s world.
Having a million followers isn’t that cool. An artist with real vision counts. Dylan had a singular vision, once political but in any case unique. What are we going to do with the internet? Is this a world where the artist can survive? Great creative moment come when creators are in proximity, physical proximity, not internet proximity.

Preston:
We have artist representatives on this panel, allowing to engage a different conversation. Choreographer and dancer,
Professor of law and accomplished musician, founding member of human resources
Film
Cultural attaché of Mexican consulate but also filmaker and producer.
Travis: practicing artist and academic.
Focus on the importance of cultural discourse and the practice of the artist. Soft power: pathways of intercommunication, imagination can create anarchic critique of existing social structure, vs, hard power dichotomy
How does panelist practice encompass interdependence?

Alejandro: WWII, US film industry was making propaganda film, open window for Mexican culture to showcase their films and became the focus for latin american artists. In LA, mexican films were shown. Other important moment: Chino and two other amigos other film made 16 nominations for the Academic Awards. They integrated interdependence notion.

Shlain, Tiffany: Films is the most interdependent art, especially with technology. Incredibly exciting times making films with people I’ll never meet. The studio system is obsolete, now we are connected. Today, there’s a million more channels to produce films so I disagree.

Leah: followed Ben’s ideas from democracy to states independence to now interdependence. I am by my being an interdependent. As a dancer, I like the idea of soft and hard power. As a dancer, I realized I had passed my sale by date. If I wasn’t going to perform anymore, I couldn’t go on teaching nor do anything else. I felt not engaged in the world. I was jealous and felt that lack in my life. Films brought me back. There are a lot of visionary film makers who are not trying to sell me something but are asking me to be a witness to the world.

Kathleen: immigrants rights. Binary path social justice advocate and musician. I kept them separate until recently. 15 years I went into the labour trafficking and forced later. Human resources is located in Chinatown. Focusing on performance arts. Walmart in Chinatown was considered a threat and her group joined the fight.

Prevost-Paradol. 1868. La France Nouvelle. 4th ed. Paris: Michel Lévy Frères.

(de l’Académie Française)
10: Ce n’est qu’avec le temps que l’idée de justice se fait jour et enseigne aux hommes qu’en dépit de leur inégalité naturelle, acquise ou supposée par la loi, il doit subsister entre eux une certaine égalité de droits e de devoirs.
L’état aristocratique est le début naturel des société, et si l’on était tenté de voir dans les Etats-Unis une exception à cette règle parce que la société y a été dès le début complétement démocratique, il suffirait d’observer que ctte société n’était nullement une société commençante, mais, au contraire, un rameau vigoureux détaché d’une société plus ancienne, et qui s’esn étati précisément détaché parce qu’il tendait vers l’état démocratique, impossible alors à conquérir dans la mère patrie.
11: Aujourd’hui encore et sous nos yeux, l’Angleterre donne naissance sur le contient australien à des sociétés purement démocratiques (…). Mais les sociétés australiennes ne sont pas plus des sociétés nouvelles que la société des Etats-Unis n’était nouvelle à l’époque où elle s’est fondée. Ces diverses sociétés ne sont que des fractions de la société anglaise, qui suivaient jusqu’alors la route commune et auxquelles un chemin détourné a donné tout à coup une prodigieuse avance sur la mère patrie.
397: Deux puissances rivales, mais qui n’en font qu’une au point de vue de la race, de la langue, des moeurs et des lois, l’Angleterre et les Etats-Unis, dominent, l’Europe exceptée, sur tout le reste de cette planète, ou pour mieux dire, elles y existent seules (…)
398-399: Comment ne pas nous rappeler, devant un tel spectacle, qu’on pouvait se demander jadis si notre race et notre langue ne l’emporteraient pas sur toutes les autres et si ce n’était pas la forme française que la civilisation européenne emprunterait pour envahir le reste du monde? Toutes les chances étaient de notre c’ôté. C’était la France qui, par le Canada et la Louisiane, commençait à étreindre l’Amérique du nord; l’Inde nou paraissait livére et, sans des fautes que la liberté politique aurait époargnées à nos pères, la langue et le sang de la France occuperaient probablement aujourd’hui sur notre globel la place qu’on irrévocablement conquise la langue et le sang de l’Angleterre: car le destin a prononcé et deux parties du monde au moins, l’Amérique et l’Océanie, appartiennent sans retour à la race anglo-saxonne. Aujourd’hui même, un livre écrit en anglais est lu par infiniment plus d’êtres humains que s’il était écrit dans notre langue, et c’est en anglais que le navigateur est salué sur presque tous les points abordables du globe.
399-400: Mais cet aswcendant actuel de la race anglo-saxonne hors de l’Europe n’est qu’une faible image de ce que nous réserve un prochain avenir. (…) De toute façon, le continent américain est destiné, dans toute son étendue, à la race anglo-saxonne, et, en tenant compte de l’accroissement de vitesse qui est si remarquable dans les évnénements humains, il est peu probable qu’il s’écoule plus d’un siècle à un siècle et demi avant que ce grand changement soit accompli.
400: Il n’est pas moins certain que l’Océanie appartient sans retour aux maîtres anglo-saxons de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, et de ce côté encore la marche des événements sera bien rapide. La découverte de l’or a sans doute contribué au prompt accroissement de la population anglaise en Australie; mais l’immigration ne s’est point ralentie depuis que la production de la laine a pris le pas sur la produiction de l’or. L’agriculture aura bientôt son tour et la charrue disputera le sol aux pâturages; enfin l’industrie et la marine ne tarderont pas à paraître, car les Australiens se lasseront bien vite de vendre à l’état burt des produits qu’ils peuvent manufacturer et transporter eux-mêmes.
401: A vrai dire, la seule vue de la carte suffit pour nous raconter le magnifique avenir qui attend les nouveaux Etats de l ‘Australie. Non seulement la colonisation du reste de l’Océanie sera leur oeuvre ( … «Etats-Unis de l’Australie »); mais on peut prévoir, en outre, que la Chine, dont ils sont plus près quaucune nation civilisée, le reconnaîtra tôt ou tard pour maîtres. Les Etats-Unis semblent avoir un grand avenir en Orient le jour où leurs côtes du Pacifique seront en pleine activité (…). Mais l’Australie peut gagner les Etats-Unis de vitesse et, en tout cas, elle disputera un jour aux Etats-Unis la domination commerciale et politique de l’extrême Orient; car la geographie a ses lois, et lorsque deux nations egalement civilisées sont en rivalité pour l’exploitation commerciale ou la domination politique d’un point quelconque du globle, c’est la plus voisine qui, enfin de compte, a le plus dd chances pour l’emportée. La chine sera donc, selon toute probabilité pour l’Australie, ce que l’Inde a été pour l’ANlgeterre; et si l’Angleterre s’éclipsait un jour, il n’est pas moins probable que son empire de l’inde tomberait encore aux mains de l’australie (…).
402-403: que ce soient les Etats-Unis ou l’Australie qui l’emportent un jour dans les mers de la chine, de l’inde et du Japon, que l’Angleterre y conserve longtemps encore son empire ou qu’elle y cède le pas aux deux jeunes rivales sorties de son propre sein, nos enfants n’en sont pas moins assurés de voir la race anglo-saxonne maîtresse de l’Océanie comme de l’Amérique et de toutes les parties de l’extrême Orient qui peuvent être dominées, exploitées ou influencées par la possession de la mer. Qunad les choses en seront à ce point (et c’est beaucoup que de dire qu’il faudra pour cela deux siècles), pourra-t-on éviter de confesser, d’un bout à l’autre du globek que le monde est anglo-saxon ? Ni la Russie, ni l’Allemagne-Unie (…)ne peuvent prétendre entraver ce cours de choses ni empêcher ce dénoùment relativement prochain de la longue rivalité des races européennes pour la collonisation et la domination dultérieure de notre planète.
Le monde ne sera pas plus russe ou allemand qu’il ne sera français, hélas! ou espagnol.
404: car on peut dire que depuis que la grande navigation a livré le globe entier aux entreprises des races européennes, trois peuples ont été comme essayés tour à tour par le destin pour être investis du premeir rôle dans l’avenir du genre humain, en propageant partout leur langue et leur sang par le moyen de colonies durables (…). On aruati pu croire au XVIè siècle que la civilisation espagnole se répandrait sur tout e la terre (…); nous avons ete essayes a notre tour et la Louisiane et le Canada en ont gardé le mélancolique témoignage. Enfin est venue l’Angleterre par laquelle ce grand ouvrage s’est définitivement accompli

Prott, Lyndel V. 1988. Cultural Rights as People’s Rights in International Law. In The Rights of Peoples, edited by J. Crawford. Oxford: Clarendon Press.

94:Le mot “culture” a plusieurs significations dont deux concernant les droits des Peuples, tout d’abord le sens traditionnel de hautes réalisations intellectuelles humaines, musique, philosophie, littérature, art et travaux architecturaux, techniques et rituels telle que la conçoivent les antrhopologues, constitue “la totalité du saoir et des partqiues, tant intellectuelles que matérielles, d’un groupe donné de la société et – à un certain point- de la société elle-même en tant que telle”.
Lorsque l’on parle des droits culturels, l’acception de ce terme n’est pas claire.
97: The concept of “cultural identity” is difficult for precisely the same reason as the concept of “people” is difficult: it is hard to think of any satisfactory definition of “people” which would not use some form of cultural criteria. The world abounds in disagreements between groups as to how a culture or “subculture” is to be classified; whether it needs special protection, whether it should be discouraged as a local (and perhaps less valuable) aberration of the pervasive culture, whether it should be given special assistnce to develop further.
Yet the assertion of cultural idetity across natinal frontiers has been a most potent and disturbing political argument (witness that these so-called “cultural rights” have the most part been left unexplained and undeveloped.
The right of a people to its won cultural, artistic and historiacla wealth was first mentioned in the Algiers Declaration of 1976. The date, and the use of the word “wealth” rather than heritage, suggests that the drafters were not particularly concerned with intangibles such as language, traditions or rituals but had in mind cultural property(…such as…) the restituion of cultural objects takne from their places of origin, especially in colonial times, and now located in Europe or America.
Although cultural rights relating to education, religious tradition, and language have been studied in relatin to minority groups, little attention has so far been paid to the protection of the archeological heritage in this context. It seems more likely that the formulation of a people’s right to its artistic and historical wealth was intended, not to relate primarily to sites, but to shore up the demand for restitution of movable cultural property.
Cases such as this may be quite spectacular. Consider the case of the collection of Central Aboriginals artifacts, recording of songs, rituals, and folklore made by the archeologist Strehlow from the 1930s on. According to his records, he was entrusted with much of this information, some of it secret, by the elders of the Aranda tribe at the time when they saw their culture under great threat from encroaching Westernizatin and were fearful of a lack of serious interest of their own younger tribal members. Te collection passed with Strehlow’s death into the hands of his widow, and in 1984 was reported to have been taken out of the country in defiance of an Australian export prohibition. The collection (popularly called the crown jewels of Asutralian archeology) was subsequently reported to have been returned to Australia after negotiations. An asserition of a “people’s right” to its won artistic and ultural heritage in this kid of context might be more in the manner of an assertion of some permanent right to decide on its location, or even an assertion of the primacy of a spiritual/cultural claim over a commercial one.
There may also be cases where a minority group within a STATES SEEKS RESTITUION OF MOVABLE CULTURAL PROPERTY OR CONTROL OVER ITS MOVEMENT WITHIN THE sTATES. fOR EXAMPLE, A SIGnifican claim being meade within Australia is the claim to prevent the movement of Aboriginal material away from its traditional owners, or the community which has the closest association with it. Such claims were originally considered at the time of the passing of the Aboriginal and Torres Straight Islander Heritage (Interim protection) Act 1984 (Commonwhealth) but no agreement was reached.

Primor, Adar (2012), ‘Israel, a red spot in a word of Democratic Blue’, Haaretz, 8 november 2012.

International polls show that while Obama was favored as the leader of the free world, citizens of only two countries supported Romney’s candidacy: Israel and Pakistan

In November of 2008, at the peak of Obama-mania in the United States and across the world, some claimed that the election of the first African-merican president i the history of the U.S. signaled the beginning of the 21st century.
Those holding this vew on Wednesday could have argued that his re-election proves their thesis: Obama is far from being considered “an accident of history”. He proved that he’s not perfect and not clean of mistakes. The Nobel Prize, which was granted to him before he even warmed his seat at the White House was a bad joke. But enter his second term, and with it a chance for desired correction.
On Wednesday, the vast majority of the so-called “world” was relieved. A Pew Research Center poll conducted in 20 countries showed that most of the survewyed wanted Obama to say at the White House. A Gallup Poll said citizens of 31 out of 32 surveyed countries favored Obama over his rival (81% vs 19%). A similar picture was described by a BBC poll (…).
The globe, so it seems, is colored in Democratic-blue. It has only two Republican-red spots: One of them is Israel, the other…Pakistan
(…)The world seeks to forget the era of George W. Bush, which devided the global map into good and bad, “thos with us” and “those against us” (…)
Listening to Mitt Romney, the world heard (the promise to) restore America’s past superpower glory (label Russians as great Satan and place China on the axis of evil ) and when he left it be understood that he intends to solve the problems of the Muslim world by the use of force.
The world listened, absorbed the information, and requested: Four more years for Obama. But id so with reservation. Before being re-elected, the world waved Obama with a yellow warning card. (…) The 2008 messiah was revealed as merely a human politician.
“Yes we can?” Not always as it turns out.
(…) If there is one foreign policy failure during Obama’s first term that commentators like to repeat over and over, it would be the conflict of the milldle east. If there exists an issue that all eyes are still gazing at with great hope-it would be the Israeli-Palestinian peace process. As far as the world is concerned, Obama’s victory will not be complete if this issue is not promoted. Only then will it be possible to argue that the 21st century indeed began.

Pucket, Newbell Niles. 1975. Black Names in America. Boston: G.K. Hall.

Puppo, Alberto. 2002. Les langues entre traditions et droit: de la traduction radicale au verbalisme interculturel. Droit et Cultures 344:21-31.

21:S’il est vrai que le droit est un phénomène linguistique, il est encore moins contestable que la langue est un phénomène social. Les rapports entre le droit et les langues ne peuvent donc alors être appréhendés qu’à partir d’un contexte social, à partir d’une communauté dotée de langage.
25: Le concept d’ethnie a été longtemps négligé par les sciences sociales françaises

Pütz, Martin, ed. 1997. Language Choices.

This volume is about various aspects of the theory and application of language contact and language conflict phenomena seen
from an interdisciplinary perspective. The focus is on the linguistic, social, psychological, and educational issues (conditions,
constraints, and consequences) involved in the status and use of languages in multilingual settings. The book is divided into four
sections dealing with the following areas: Theoretical issues: This section addresses key issues such as the nature of the
concepts of language maintenance, language loyalty and language identity, language shift, language loss and language death. It
includes the search for model of the often contradictory theoretical issues involved in language contact.
Language policy and language planning: This section examines the various language policies carried out by official agencies and
focuses on the two basic options available to a multilingual nation: assimilation or pluralism.
Attitudes towards languages: The section is geared towards research into determinants of language attitudes, the methods for
the measurements of attitudes, as well as the relationship between language policy and attitude change.
Codeswitching and language choice: The linguistic, social, psychological, and anthropological implications of using two different
codes will be examined from different perspectives. Relevant research topics include: the situational uses of code-switching,
linguistic and social constraints on codeswitching, and code-switching vs. borrowing. A further research paradigm deals with
the search for relativized constraints, resulting from the interaction of universal principles and aspects particular to each
codeswitching situation.
Contributions by: Peter Mühlhäusler; Florian Coulmas; Gabriele Sommer; Manfred Görlach; Abderrahman el Aissati; Ulrike
Jessner; Robert Philipson and Tove Skutnabb-Kangas; Ulrich Ammon; Roland Willemyns; Helma Pasch; Herman Batibo;
Mathias Brenzinger; Brian Harlech-Jones; Eugene H. Casad; Annick de Houwer and Wolfgang Wölck; Sonja Weil and
Hansjakob Schneider; Helga Bister-Broosen; Rebecca Ehret; Carol Pfaff; Pieter Muysken; Rosalie Finlayson and Sarah
Slabbert.

Puyalte, Francis. 2001. Tsiganes: Une délinquance qui désarme l’Etat. Le Figaro, 10 septembre 2001, 1 & 12.

1: Délinquance: un rapport accablant pour les Tsiganes
Leur image dans l’opinion n’était déjà pas très flatteuse. Les Tsiganes sont, de très longue date, volon tiers associés aux “voleurs de poules”, “vole et campe où Dieu t’appelle” dit d’ailleurs l’un des chants de route de ceux qu’on appelle les “gens du voyage”. La réalité est bien plus sévère encore.
Un rapport encore confidentiel d’un officier de police, le capitaine Philippe Pichon, révèle l’ampleur des crimes et délits commis par les populations nomades issues de plusieurs groupes (Manouches, Gitans, Yéniche, Rom…) qui représenteraient en France, de 280000 à 350000 personnes réparties à part sensiblement égale entre nomaeds, sédentaires et semi-sédentaires.
Parmi les 147 000 occupants d’habitations mobiles (…) officiellement recensées en France, un tiers aurait été condamné comme auteur, coauteur ou complices de délits ou de crimes souligne l’auteur du rapport qui paraîtra le mois prochain sous le titre Voyage en Tsiganie, royaume des incertitudes (La Documentation Française). Il ajoute, qu’au total, “dans les villes de plus de 50 000 habitants, les nomades commettraient trente fois plus d’infractions contre les personnes et cinq fois plus contre les biens que les délinquants locaux”.
Cette enquête de terrain met aussi l’accent sur les sérieux obstacles à l’intégration économique de ces populations itinérantes -accentuées par d’évidents stéréotypes négatifs. Soulignant les grandes difficultés de l’Etat à lutter contre cette délinquance itinérante, le rapport relève enfin que la nouvelle législation sur les gens du voyage de juillet 2000 est à plus d’un titre exemplaire des difficultés à tradure en actes une volonté politique d’0accueillir, d’insérer et d’intégrer.
12: INTEGRATION: Le rapport encore confidentiel d’un officier de police révèle l’ampleur des crimes et délits commis par les “gens du voyage”
TSIGANES: UNE DELINQUANCE QUI DESARME L’ETAT
(…) Ceux que l’on surnomme volontiers Romanichels ou Bohémiens viennent du pays de nulle part et vont on ne sait où. Pour Lanza del Vasto, ce sont les fils du Vent, le peuple de l’éternelle errance, Verge noire des Saintes-Maries-de-la-Mer, guitares, prédicateurs, alléluia….Des images d’Epinal qui ont un envers: la multitudes de crimes et délis commis et les craines inspireées dans la population par (…) les gens du voyage.
Aujourd’hui, c’est toujours par le biais des problèmes de stgationnement, de conflits avec le voisinage d’hygieène, de contrôle ou d’expulsion que les gens du voyage sont appréhendés de façon ethniquement réductrice”. Ainsi commence en douceur le rapport détonnant de Philippe Pichon.
En préambule, l’auteur relève le cercle vicieux créé par le stationnement anarchique des nomades: exaspération des poopulations, impuissance des maires, remise en cause du droit d’aller et venir. (…) la marginalité sociale qui provoque l’enfermement de cette communauté dans des stéréotypes négatifs reposant sur l’ignorance de son histoire et bâtis autour d’elle, et, depuis des siècles, sur des politiques publiques qui ont visé à sa disparition “physique”.
Si les problèmes dee la non.scolarisation des enfants et de ‘assistance financière et sociale sont largement développés, le chapitre sur la délinquance itinérante reste le plus copieux du rapport. L’officier de police note que le problème a été suffisamment grave et identifiable en France pour qu’une cellule interministérielle, la Cildi (Cellule interministérielle de liaison sur la délinquance itinérante) soit mise en place.
UNE LOI INAPPLICABLE
L’article 28 de la loi du 31 1990, dite “Loi Besson” fait obligation aux communes de plus de 5 000 habitzants de mettre à disposition des “gens du voyage” des aires d’accueil aménagées (eau courante, sanitaires, électrivité). Selon le rapport Pichon, un quart seulement des 1738 communes de France ayant plus de 5000 habitants ont réalisé une aire soit 450 aires pour quelques 5000 places qui s’ajoutent au 5 000 déjà existantes pour des beoins estimés à 30 000 places réservées à environ 140 000 personnes). En réponse à cette carence, la nouvele loi du 5 juillet 2000 aménage la précédente sur plusierus points et prévoit de donner aux préfets la possibilité de sanctionner les communes récalcitrantes.
ENVIRON 350 000 PERSONNES EN FRANCE
Le terme de tsigane recouvre en réalité cinq grands groupes: les Manouches (français), les Gitans d’origine espagnole, les Rom d’Europe Centrale, les Yéliches d’Europe du Nord et les Gitans de Yougoslavie. Dans son rapport, le capitaine Pichon situe actuellement leur nombre en France à une fourchette allant de 280 000 350 000 pour dix millions sur l’ensemble de l’Europe géographique. (…) La quasi-totalité de ces personnes est de nationalité française et se répartit, selon les uns en 70 000 itinérants, 65 000 semi-sédentaires et 105 000 sédentaires et, selon les autres, en trois parties sensiblement égales.
CF.A TOULOUSE, LES FILS DU VENT SE SEDENTARISENT (Cécilia GABIZON)

2 Responses to “Bibliography (P) like Pons”


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