cosmopolitanism

a blog on English and cultures in a cosmopolitan world

Bibliography (H) like Hagège and Hornsby


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Last update: December 1st 2012

I might indeed think that Hagège is a terrible creep, arrogant, self-sufficient…I still can’t deny that his participation to the French literary program Apostrophe back when he was young and still relatively human literally changed my life: here was someone who was living for languages when I thought I was a weirdo….

So as a tribute to the little girl I was back then, here is my H bibliography, but I now discovered the delightful multiculturalist and specialist of celtic languages Michael Hornsby, a founding member of the Socioliguists on Facebook group, so he deserves the tribute and between the two academics, the balance is made between too much and too little ego;-))

Habel, Jeannette. 1999. ZONES FRANCHES ET RIDEAU DE FER : Entre le Mexique et les Etats-Unis, plus qu’une frontière. Le Monde Diplomatique:16 et 17.

SUR la « Frontera », l’espace économique où résident environ 8 millions d’habitants, s’étend le
grand marché du monde en pleine expansion industrielle, celui de ces métropoles jumelles
binationales, prototypes d’une économie globalisée. Côté mexicain, l’exploitation des travailleurs y
est la règle, dans les usines de sous- traitance ou « maquiladoras ». Des masses d’immigrés de
l’intérieur y débarquent, qui se retrouvent pris au piège et n’auront, une fois constatée l’extrême
précarité de leurs conditions de vie, qu’une seule solution : passer la frontière. Mais, si les biens
et produits financiers circulent librement, des moyens importants sont mis en oeuvre par le
gouvernement des Etats-Unis pour enrayer le passage des hommes.
Par JANETTE HABEL

De San Diego (Etats-Unis) à Tijuana (Mexique), le trolley rouge met quarante-cinq minutes jusqu’au point
de passage frontalier. Les noms espagnols des arrêts (Chula Vista, San Isidro, El Cajon, Morena, Linda
Vista) rappellent qu’au XIXe siècle ce territoire fut mexicain. Aux pelouses bien entretenues des 70 terrains
de golf de San Diego succèdent les rues sales de Tijuana, encombrées de vendeurs ambulants qui harcèlent
les touristes. La zone urbaine est continue. A peine descendu du trolley, un bus mexicain vous amène au
centre-ville sans même vérifier vos documents. Les formalités sont réduites au minimum. Mais au retour,
pour peu que les papiers ne soient pas en règle, la douane américaine ne plaisante pas.

Depuis les années 70, la frontière nord du Mexique connaît des transformations spectaculaires. La
croissance démographique a transformé des petites villes en métropoles urbaines. La population de Tijuana
est passée de 65 000 habitants, en 1950, à 1,3 million aujourd’hui, une croissance supérieure à celle de sa
soeur jumelle (et américaine), San Diego.

Le territoire frontalier attire, car il est devenu l’un des principaux pôles industriels du pays. Depuis 1965,
mais encore plus depuis la ratification de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) (1), de
nombreuses multinationales américaines, japonaises et coréennes se sont installées « en grappes » dans les
parcs industriels du nord du Mexique. De 1970 à 1975, la production a augmenté de 4,9 % par an en
moyenne, puis de 12 % la décennie suivante. Sa croissance actuelle est d’environ 11 %. Les maquiladoras
(2) sont à l’origine de cet essor. Plus d’un million de personnes travaillent dans cette industrie d’assemblage,
installée le long de la frontière, qui bénéficie d’un régime fiscal particulier pour l’exportation et permet des
coûts de fabrication jusqu’à dix fois inférieurs à ceux des Etats-Unis. En 1998, ces usines ont exporté des
marchandises pour une valeur de 55 milliards de dollars.

L’activité productive est dynamique. Il y avait 719 maquiladoras recensées en 1996 dans 25 parcs
industriels. A Tijuana, surnommée « Tivijuana » pour sa spécialisation dans les téléviseurs, Samsung, Sony,
Hyundai, Sanyo embauchent. La région agit comme un véritable aimant pour les déshérités du Mexique et
d’Amérique centrale (lire, ci-dessous, l’article de Marie-Agnès Combesque). Poussés par le chômage et
les bas salaires, les habitants des Etats les plus pauvres fournissent les plus gros contingents de travailleurs
migrants ; 35 à 40 % sont des indigènes.

Ce réservoir de force de travail bon marché à la recherche des « migradollars » envoyés aux familles est
fonctionnel. Il permet de déconnecter l’évolution de la productivité et des rémunérations : 450 à 675 pesos
(de 300 à 450 francs environ) pour dix heures de travail par jour et une semaine de six jours (3). Grâce au
taux très élevé de rotation de la main-d’oeuvre (jeune, féminine et migrante), les salaires n’augmentent pas,
ce à quoi contribue le corporatisme des syndicats officiels mexicains, dont les cadres imposent par la
contrainte la gestion clientéliste de bonnes relations dans l’entreprise. La flexibilité du travail est plus grande
ici que dans le reste du pays. Le plus souvent, la vie syndicale est absente dans les ateliers et l’existence de
conventions collectives est ignorée. Lorsque des travailleurs protestent, la répression est brutale, entraînant
des licenciements massifs, la fermeture et le transfert d’usines vers des territoires plus coopératifs.

Les ressources en capital et l’ampleur du marché américain conditionnent l’économie mexicaine, dont la
subordination au dollar est croissante. Le chercheur mexicain Ramon Eduardo Ruiz (4) conteste les
affirmations des partisans de la théorie du développement d’un nouveau modèle, celui de la frontière nord,
selon lesquelles le développement de la zone frontalière permet d’intégrer des secteurs modernes et arriérés
dans une économie binationale. Les maquiladoras sont une enclave industrielle souvent extérieure à
l’économie locale, tributaire des liens internationaux – en 1998, 97,3 % des intrants étaient importés (5) –
même si la compétitivité de l’économie régionale bénéficie de la flexibilité et de la malléabilité de la force de
travail.

Mais l’abondance de main-d’oeuvre bon marché n’est pas un avantage comparatif équivalent à l’afflux des
capitaux, de la technologie et du pouvoir d’achat du grand marché américain. Prétendre qu’il s’agirait là d’un
bénéfice réciproque et d’une interdépendance fructueuse n’est qu’un mythe. Pour Ruiz, « la réalité de la
frontière nord, c’est la dépendance, une dépendance structurelle », à l’opposé d’un développement
durable. Loin d’être l’amorce d’une restructuration productive dessinant les contours d’une nouvelle relation
Nord-Sud comme l’affirment les économistes néolibéraux de Mexico, il s’agit d’une insertion internationale
fondée sur la compétitivité du sous-développement (6), sur l’asymétrie entre l’économie la plus puissante du
monde et celle d’un pays semi-industrialisé. L’absence de normes et de réglementation a des effets
désintégrateurs, dont le coût social est incalculable.

Ainsi, l’intégration transfrontalière aggrave l’ampleur des dégâts écologiques. Si les usines mexicaines ne se
privent pas de déverser leurs eaux usées infectées de bactéries et de virus dans les égouts californiens, les
firmes américaines renvoient vers le sud trente fois plus de déchets toxiques (7), en dépit des régulations de
l’Alena. L’usine Samsung à Tijuana consomme à elle seule 5 % de l’approvisionnement annuel en eau,
provoquant une pénurie urbaine chronique. A Ciudad Juarez-El Paso, la pollution atmosphérique couvre les
deux villes d’un épais brouillard. Les problèmes sont tels que des infrastructures binationales de traitement
des eaux usées et d’analyse de la qualité de l’air commencent à être mises en place.

A la détérioration des conditions de vie s’ajoutent la contrebande, la délinquance et l’insécurité. Des réseaux
transfrontaliers organisent le trafic de drogue et la prostitution. En effet, si les villes frontalières ont depuis
longtemps leurs maisons closes et leurs réseaux de proxénètes dans cette « zone de tolérance », la violence
et le crime y ont pris des formes nouvelles (8).

Les cartels présents à Tijuana et à Ciudad Juarez, les deux centres les plus importants, contrôlent les
exportations de drogue vers les Etats-Unis. A Tijuana, les narcos auraient été responsables de 600
meurtres en 1997. D’après le journal local Zeta (9), la guerre entre le Cartel de Tijuana dirigé par les frères
Arellano Felix et la mafia de Sinaloa avait déjà provoqué plus de 300 assassinats, en juillet 1999, en
Basse-Californie. Car ce gouvernement invisible tend à se transnationaliser. Les deux groupes se disputent
férocement le contrôle de la route côtière. C’est à Tijuana que fut assassiné, le 23 mars 1994, Luis Donaldo
Colosio, le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) à l’élection présidentielle mexicaine, et les
mercenaires du Cartel Felix Arellano qui assassinèrent le cardinal Posadas Ocampo à Guadalajara avaient
été recrutés dans des gangs qui sévissent à San Diego (Etats-Unis). Les policiers des Etats concernés,
commente Zeta, n’enquêtent pas sur les meurtres, soit par crainte des représailles, soit parce qu’ils sont
complices.

De part et d’autre de la linea (la ligne : frontière juridique), pourtant, les gouvernements renforcent les
effectifs militaires. Car si, dans le monde de l’Alena, les marchandises (et la pollution) circulent librement – à
cinq kilomètres à peine des postes de contrôle douaniers de San Diego- Tijuana, des embouteillages de
camions rutilants transportant des marchandises passent la frontière sans problème -, il n’en est pas de
même des hommes. L’urbanisation accélérée et anarchique de la région s’étend sur un plateau au relief
accidenté jusqu’au bord du Pacifique. Là, le mur métallique d’environ trois mètres de haut qui longe
désormais partiellement la frontière et sépare les villes jumelles s’enfonce dans l’océan tel un nouveau rideau
de fer.

Depuis l’approbation, en 1996, d’une loi sur l’émigration illégale et la responsabilité des émigrants, les sans-
papiers entrés illégalement aux Etats-Unis sont passibles d’amendes ou de peines de prison. En février de
cette année 1996, le gouvernement américain a décidé de recruter 1 000 agents supplémentaires chaque
année, pour atteindre 10 000 hommes destinés à protéger la frontière. Le budget du Service d’immigration
et de naturalisation (SIN) fut alors porté à 2 600 millions de dollars, une augmentation de 72 % par rapport
au budget trouvé par M. Clinton en 1993 en accédant au pouvoir.

Depuis sa mise en place, l’opération « Gatekeeper » (« Operacion Guardian » en espagnol) a provoqué un
« bouclage » sans précédent et militarisé la frontière. Les jeeps des borders patrols se relaient jour et nuit,
les hélicoptères survolent la côte. Avec l’aide du Pentagone, des détecteurs sismiques ont été installés qui
permettent de déceler les moindres mouvements. Un jeune Mexicain, qui a réussi son passage après cinq
tentatives infructueuses, raconte comment, grâce à des caméras à infrarouges, des informaticiens traquent
les émigrants sur leur écran comme dans un jeu vidéo. Ces informations sont transmises à des policiers sur
le terrain, équipés de radios et leur permettent de localiser les clandestins.

Cette militarisation n’a pas interrompu le flot migratoire. Certes, le nombre de clandestins passant la
frontière en Californie a diminué de façon spectaculaire : de 531 689 émigrants illégaux appréhendés à San
Diego en 1993, on est passé à 166 151 pour les huit premiers mois de l999 (10). On n’en évalue pas moins
à plus d’un demi-million le nombre de personnes rentrées illégalement aux Etats-Unis en 1998 (11). Cette
même année, les Etats-Unis ont rapatrié 20 000 mineurs mexicains entrés clandestinement sur leur territoire.

Si les candidats au départ sont toujours aussi nombreux, c’est à cause de la structure du marché du travail
mexicain : un déficit d’un million d’emplois chaque année (12). L’Alena a été plus bénéfique pour les
Etats-Unis que pour le Mexique ; ses effets destructeurs sur l’économie paysanne expliquent en grande
partie l’ampleur des migrations des campagnes mexicaines vers les Etats-Unis. « Pour les nouvelles
générations, le marché de l’emploi n’a jamais été aussi sombre depuis des décennies », constate le sous-
secrétaire au travail de Mexico (13). D’après la Banque du Mexique, les millions de Mexicains poussés par
la pauvreté à s’exiler et résidant légalement ou illégalement, définitivement ou temporairement aux
Etats-Unis, envoient chaque année près de 5,5 milliards de dollars pour atténuer le dénuement des leurs,
demeurés au pays. Ces transferts équivalaient en 1997 à 4,5 % de l’ensemble des revenus de l’exportation
et à près de 55 % du chiffre d’affaires des maquiladoras (14).

Cet attrait – forcé – de l’eldorado américain fait la prospérité d’un syndicat d’un nouveau genre, le Coyote
Inc. L’organisation de la contrebande des clandestins grâce aux services payants des coyotes ou polleros,
réseaux de passeurs transfrontaliers, est devenue un négoce presque aussi rentable que le trafic de drogue.
Pour 650 dollars par personne, payables à l’arrivée (tarif minimum de part et d’autre de la frontière), on
passe en un jour, à ses risques et périls. Mais de Mexico City à Phoenix (Arizona) il en coûte 1 200 dollars,
12 000 pour un tarif collectif de groupe (dix au minimum). Sans parler des guides sans scrupules qui
rançonnent les fugitifs pour 1 500 ou 2 000 dollars avant de les abandonner dans la nature où ils sont
traqués et souvent maltraités par les patrouilles militaires.Pour éviter les contrôles, pour contourner le mur
métallique érigé dans les principales villes frontalières, les émigrants, prenant tous les risques, cherchent à
traverser en passant par les régions montagneuses ou désertiques. En 1998, un groupe de 10 personnes est
mort de soif dans le désert, à l’est de San Diego. Parfois les patrouilles frontalières tirent : 89 fugitifs ont été
tués ou blessés par balles en 1998 (15). Côté mexicain, sur le Pacifique, un immense panneau blanc fixé sur
la barde de fer recense la liste des morts depuis 1995. Plus de 400 victimes sont mortes de faim, de soif ou
d’épuisement. La plus jeune a quinze ans, la plus âgée quarante.
(1) Entré en vigueur le 1er janvier 1994, l’Alena (Nafta en anglais) réunit le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.
(2) Les maquiladoras ou maquilas désignent des usines de sous-traitance, filiales de multinationales, qui peuvent
profiter de coûts salariaux très bas, de l’exemption des frais douaniers et de la proximité des Etats-Unis vers lesquels la
production est ensuite exportée. Lire Maurice Lemoine, « Les travailleurs centraméricains otages des maquilas », Le
Monde diplomatique, mars 1998.
(3) El Pais, Madrid, 8 août 1999.
(4) Ramon Eduardo Ruiz, « Capitalismo global y la frontera norte », Dialectica, no 32, Université autonome de Puebla,
1999.
(5) Latin American Mexico & Nafta Report, Londres, 13 avril 1999.
(6) « Competitividad del subdesarrollo y flexibilidad del trabajo en el norte de Mexico », in Las regiones ante la
globalizacion, Hélène Rivière d’Arc, Ilan Bizberg, Jaimo Marquès Pereira, Carlos Alba, Cemca-Orstom, El Colegio de
Mexico, 1998.
(7) Mike Davis, « Magical Urbanism », New Left Review, Londres, mars-avril 1999.
(8) Près de 194 femmes ont été assassinées après avoir été violées et torturées dans la région de Ciudad Juarez ; 80 %
sont des jeunes filles de 14 à 17 ans qui travaillaient dans les maquiladoras. Pour justifier son inaction, la propagande
gouvernementale tente de présenter ces jeunes comme des prostituées liées au narcotrafic.
(9) Zeta, hebdomadaire de Tijuana, 16 juillet 1999.
(10) Newsweek, New York, 30 août 1999.
(11) El Pais, 14 août 1999.
(12) Considérée comme « heureusement » terminée, issue qui provoque les commentaires enthousiastes des milieux
financiers, la crise économique mexicaine avait entraîné en son temps la perte d’un million d’emplois après la désastreuse
dévaluation du peso en décembre 1994.
(13) El Excelsior, Mexico, 16 juillet 1999.
(14) El Pais, 4 janvier 1999.
(15) Latin American Mexico & Nafta Report, Londres, 12 janvier 1999.

LE MONDE DIPLOMATIQUE – DÉCEMBRE 1999 – Pages 16 et 17

Habermas, Jurgen (1998), Inclusion of the Other (Cambridge: Polity Press).

— (2001), The Post-national Constellation (Cambridge: Polity Press).

Haeri, Niloofar (2002). “Book Review of  Owens, J., Ed. (2000). Contributions to the Sociology of Language.” Anthropological linguistics: 299-302.

In the introduction, Owens discusses a number of problems that arise in defining a minority language. Demography=major consideration. Criteria: “self-categorization, common descent, distinctive linguistics, cultural or historical traits relatied to language, social organization of the interaction of language groups in such a fashion that the group becomes placed in a minority position” (p.2), as well as “prestige” which is “measured in terms of institutional support which a language receives, choice of langage in inter-commmunal exchanges, and various other factors” (p.3). Using the opposition “minority” vs “dominant”, Owens compares a number of languages (…) and attemps to find a suitable analytical framework rather than a rigid typology for understanding minority languages situations. This particular opposition is illuminating in the case of Classical and vernacular (or “dialectal”) Arabic.Classical Arabic is both a dominant and a minority language. It is dominant because it is the official language of all Arab states -the medium of bureaucracy, education, and writing in general. And it is a minority language because a minortiy is provicient in its use as literacy statistics indicate for all Arab countries (UNDP (2002). The Arab Human Development Report 2002: Creating Opportunities for Future Generations. New York, United Nations Development Programme, Regional  Bureau for Arab States.). At the same time, there is no group of Arabs who speak Classical Arabic as a mother tongue; and in this sense, it might be misleading to define the language as a minority language because the term generally implies that it is the mother tongue of a minority group. In all Arab countries, a form of vernacular arabic is the mother tongue of the citizens (e.g. Algerian, Lebanese, Jordanian, Egyptian, and so on). Yet these vernaculars are not “dominant” in that they enjoy little institutional support. Given the demographic and “functional” distribution of Classical and vernacular forms of Arabic, Owens expands the notion of minority language to include cases of “minority languages withought a linguistic minority” (p.4), such as Classical Arabic. Louis Boumans and Dominique Caubet provide a detailed and comparative linguistic analysis of both Algerian-French and Moroccan-Dutch code-switching. Their data are fascinating, particularly the examples based on the perofmances of Algerian comedian Mohamed Fellag, who code-switches between Algerian Arabic, Berber, and French. One major finding of this articule is that both Algerian-French and Moroccan-Dutch code switching show “assymetry” in that “in each, the matrix language is generally provided by Arabic….Dutch and French provinding content words inserted in Arabic matrices”(p. 166). (…)Utz Maas argues that contact between Moroccan Arabic and Berber has been so intense and lengthy (with many bilingual speakers) that many of their structurs are converging to a point where we may be witnessing  the emergence of a “new language” (p. 383).(…) different roles played by Arabic in different regions (…) the comparison between Nigeria, Algeria, and other African countries, on the one hand, and Turkey and Iran, on the other, is highly informative. In Nigeria, Arabic is greatly valued because of its links to Islam (…) Nigerians do not seem to desire expanding the role of Arabic into other domains. In Algeria on the other hand, Classical  Arabic is at one and the same time the language of religion, a major symbol of the anti-colonial nationalism movment, the official language of the post-colonial state, and a language that is percieved as genealogically related to Algerian Arabic. Hence, while in both cases Classical Arabic is a minority language, there are major differences in its respective roles in the culture and politics of the two countries. In “Arabic as a Tool for Expressing Jewish and Romani Ethnic Identity” Paul Wexler introduces the term “Islamic languages” which he defines as “non-Arabic languages spoken by Muslims” (p. 65)(…). In a footnote, it is explained that the term is “patterned on the term ‘Jewish languages'”.  (…) Speakers of Persian, Turkish, Bahasa Indonesian, and so on, do not perceive of their languages as “Islamic” or as attached to any particular religion. Historically, Persian long predates the conquest of Persia by the Muslim armies. (…) In fact one of the central defining characteritics of languages that are mother tongues is that they are not exclusively attached to any particular religion. This can be contrasted with sacred and classical languages that do have direct and primary links to religion.(…)assertion made by Owens (p. 35) that although Cassical Arabic is the language of a holy book, to call Classicval Arabic “holy” or “sacred” is a misrepresentation. As Owens seems to imply, this may be a misrepresentation of early Muslim schoars’ views. In my own (=Niloofar Haeri) fieldwork in Egypt (1987-88, 1995-96, I found that the majority of the people I spoke with did express the view that the language is muqaddasa, sacred. (…)the view is not limited to lower-class or uneducated groups.(…)profound implications for the workings of religion and politics in the Arab world,A number of the language situations discussed (…) concern hightly sensitive and politicized settings (…) Berber in the Maghreb and Arabic in Israel. The article on Arabic as a minority language in Israel offers a wealth of statistical details but fails to provide the reader with an overall picture of the life of Arabic in that country. Rafael Talmon’s article is the most overtly political of all (…) the author expresses his personal view insted of offering an analysis of their relevance. A number of times, it is mentioned that there were outbreaks of “hostility against the Jewish population in Palestine” (pp. 201, 209), . while even in its wars, Israel’s attitude is described as “responsible and well-balanced” (p. 204). Such biases should have been edited out of this article because they do not serve the purpose of the volume.Notwithstanding these disagreements, this volume is a welcome contribution to Arabic studies and to the literature on minority languages.

Arabic as a Minority Language
Ed. by Owens, Jonathan
2000 | eBook | RRP Euro [D] 134.95 / for USA, Canada, Mexico US$ 184.00. *
ISBN 978-3-11-080545-1
Series: Contributions to the Sociology of Language [CSL] 83
Delivery time is about 10 weeks from the order date
Also available in Hardcover: ISBN 978-3-11-016578-4 | RRP € 128.00 / *US$ 179.00

____ (2003), Sacred Language, Ordinary People: Dilemmas of Culture and Politics in Egypt (New York: Palgrave).

in the bibliography of Haeri, N. (2002). “Book Review of  Owens, J., Ed. (2000). Contributions to the Sociology of Language.” Anthropological linguistics: 299-302.article envoyé par Raoudha Kammoun, de l’Université de Tunis. L’auteure enseigne à la John Hopkins University.

Hagège, Claude. 1987. Le Français et les Siècles. Paris: Editions Odile Jacob.

___1992. Le Souffle de la Langue: Voies et destins des Parlers d’Europe. Paris: Editions Odile Jacob.

p. 13: En Europe, la revendication opiniaâtre d’une reconnaissance est une attitude courante chez les utilisateurs d’idiomes dépourvus de statut officiel. Les langues sont, comme on le verra. les étendards des peuples opprimés.
Du point de vue strictement linguistique, rien d’interne à une langue ne la prédestine à dvenir moyen de communicaiton internatin, ni, inversement, ne lui interdit de lêtre un jour. La beauté, la clarté, notamment, ne sont pas, malgré ce qu’on croit parfois, des préalables à ce destin.

___1996. L’Enfant aux deux Langues. Paris: Editions Odile Jacob.

Si l’on en croit des auteurs sérieux, il n’existe quasiment pas de pays où le bilinguisme ne soit pas présent, et le nombre des individus bilingues doit être évalué comme égal à la moitié, environ , de la population totale du globe (Grosjean 1982). C’est pourquoi mon projet est de montrer par quels moyens l’Euorope, qui n’est pas encore le continent où l’on trouve le plus de bilingues, peut multiplier le nombre de ces derniers. L’enjeu d’une telle entreprise c’est la construction européenne elle-même. Car l’effaceemnt des frontières et l’accroissement de la mobilité des Européens rendront de plus en plus nécessaire la connaissance des langues d’autres pays que celui de chaque individu.
Le biliknguisme ne requiert pas de facultés cérébrales ni de processuss mentaux spécifiques qui ne s’observeraient pas chez les unilingues.
On a constaté depuis longtemps que les bilingues possèdent gnéralement une malléabilité et une souplesse cognitives supérieures à celles des unilingues. Ainsi, la souplesse cognitive des bilingues est non une aptitude innée, mais un pouvoirde ranchir avec aisance les frontières quedresse entre les hommes la différence des langues.
Il s’agit dans tout le présent ouvrage, du bilinguisme individuel, et non du bilinguisme d’Etat. Ce dernier est celui de payys qui ne sont officiellement bilingues ou plurilingues que dans la mesure où plusieurs régions ou collectivités s’y différencient entre elles par la langue.
Je parlerai ici de plurilinguisme pour désigner la coexistence d’une pluralité de langues dans un espace géographique ou politique donné (Truchot, 1994).
Par souci de larté, j’utilierai en général ici la notion de langue maternelle, qui, dans un usage courant, évoque à peu près le même contenu pour tous. Elle ignore, il est vrai les réalités des sociétés occendentales où la mère n’et plus tojours celle qui, attachée au foyer, transmet seule la langue. Je me servirai donc aussi à l’ccasion de certines notions qui lui sont préférées, comme celles de langues premère, ou autochtone, ou familiale.
En France, l’intérêt pour le bilinguisme est un phénomène récent
(présentation du plan)
A travers tous ces jalons, c’est une entreprise de démythification du bilinguisme que le livre s’efforce de conduire méthodiquement. él’urgence d’une telle entreprise est particulièrement claire en France. Casr s’il est vrai que l’ouverture aux langues de l’altérité y est de plus en plus perçue, ajourd’hui comme profitable au français, la tradition unilingue et l’illusion qu’elle produit d’une poussance incontestée ont forgé des mentalités dont la patine est assez épaisse por résister encore,(…).Au surplus, les Français se sont persuadés qu’ils sont “peu doués pourles langues”.
Mais la défense du français n’est pas seule en cause. Le bilinguisme généralisé est l’avenir de l’Europe. Pour les cultures européennes,m il est même, probablemetn, la clef de la survie.
T1 Première partie: Les bLocages de l’adulte et les grâces de l’enfant.
Chap.I: Les ressources enfantines, trésor inépuisable.
§Le nourisson, oreille avide.
Si l’enfance est bien la période de la vie où les potentialités sont les plus riches et les plus variées, elle n’est qu’une période.Il convient, en conséquence, d’exploiter sans tarder les ressources immenses qu’elle recèle.
L’étonnante précocité auditive de l’enfant:
On a observé que l’enfant distingue dès sa naisssance la voix de sa mère.
Dans la mesure où le mouvement de tête que l’on note chez l’enfant (agé de quelques jours) lui sert à localiser la souce, on peut en dédouire qu’il possède de manière innée une organisation assez perfectionnée des centres auditifs, puisqu’il est capable de convertir en termes spatiaux les indices de distance temporelle et d’intensité acoustique qu’enregistrent ses deux oreilles.
Les étapes se succèdent ensuite à un rythme saisissant. Dès le milieu de la deuxième semaine de vie, on voit apparaître l’aptitude à distinguer la voix humaine de toutes les autres émissions sonores.
Vers la quatrième semaine, le nourisson peut distinguer certaines consonnes ainsi que certaines voyelles si elle sont présentées en opposition avec d’autres consones et d’autres voyelles. Et c’et au début de son troième mois qu’il commence à développer une sensibilité aux inflexions de la voix humaine qui correspodent à un contenu sémantique interprétable.
Enfin, vers le quatrième mois, l’enfant a acquis la capacité de distinguer entre les voix masculines et féninines (Petit 1992)
Entre l’inné et l’acquis: la division des tâches:
L’apprentissage de la langue maternelle et les aptitudes de l’enfant.
Chaque langue ne sélectionne qu’une portion, très variable, des oppositions phoniques que l’apareil articulatoire de l’homme peut produire et que son oreille eut percevoir. Le nombre de sons que l’enfant est ainsi capable de discriminer étant supérieur à celui que présentent les productions lingustiqes de son entourage, on peut considérer comme innée cette aptitude. On peut comprendre également que l’apprentissage de la langue maternelle au cours du développement de l’enfant n’exploitera qu’une partie des potentialités inscrites dans son code génétique.
hérédité et environnement
De ce qui précède, il faut déduire que les tâches d’apprentissage de la langue se répartissent entre deux champs:
(a) celui des composantes transmises par hérédité et appartenant à des champs sensorimoteurs préprogrammés qui(…) définissent le comportement linguistique de l’enfant (Cellerier 1979)
(b) les éléments de l’environnement (…) qui procurent une expérience externe du monde physique.
Dans le cas qui nous occupe ici, les virtualités auxquelles rien ne répond dans la langue maternelle (parce qu’elle ne contient pas certains sons que l’enfant serait cependant capable de percevoir) s’évanouissent très vite, ce qui est précisément (..) le défin principal de l’enseignement bilingue.
imiter l’entourage
(cite le cas des enfants sauvages: “même découverts dans leur adolescence et soumis alors à un processus de civilisation, ils ne parviennent pas à maîtriser la langue).
L’environnement humain, indispensable à l’enfant pour l’apprentissage de son idiome maternelle, l’est à plus forte raison quand il s’agit d’éducation bilingue. Pour apprenre une laangue, l’enfant imite les humains qui l’entourent.La mimesis est une donnée de base de l’anthropologie.
Les gestes, l’adulte et l’enfant
La prononciation ne peut s’acquérir à tout age de manière acceptable. Ainsi, le linguiste R. Jakobson était un remarquable polyglotte, mais on disait aussi de lui qu’il parlait russe en 10 langues. Pour être limitees à l’appareil qui s’étend des lvres au larynx (…), les articulations des ons qui constituent la face phonique des langues humaines n’en sont pas moins des conduites gestuelles. Elles appartiennent à la culture d’une communauté tout comme les autres gestes(…).
Le développement auditif est beaucoup plus rapide que l’acquisition des sons.
On constate (Querleau et Renard 1981) que le nouveau-né, quand sont émises des sonorités identituqes à celles qu’il a reçues pendant son existence intra-utérine, y est particulièrement sensible. La rapidité de (…) développement (de l’ouïe) est donc bien un fait remarquable. A cette rapidité s’oppose nettenment la lenteur qui caractérise l’élaboration du système phonatoire (Petit 1992). Et c’est cette précocité de l’audition, autant que sa richesse d’ouverture aux sons les plus vaiés, qu’il convent d’exploiter dans l’éducation bilingue.
§Le seuil fatidique de la onzième année
Faute d’être sollicitées, les synapses tendent à se stabiliser
Il se produit assez tôt une perte rapide de ces richesses héréditaires. En effet, s’il est vrai que les aptitudes inscrites dans son code génétique sont très vastes, il est vrai, néanmoins, que la pression du milieu est très puissante. On constate que dans la période située entre six et dix à douze mois , les capacités distinctives de l’enfant commencent à décroître (entraînant une sclérose des synapses)
LA PRESSION DU MILIEU: 4 aspects:
1- La période critique
(sclérose des synapses: )Il s’agit seulement d’une mise en veilleuse de capacités fonctionnelles non sollicitées(…) raison pour laquelle la récession observée n’est pas irréversible. Pendant longtemps les enfants correctement instruits dans une deuxième langue demeurent capables d’y acquérir une compétence comparable à celle des locuteurs nés dans la langue. La période critique se situe entre sept mois et dix ans, age au-delà duquel ce déclin, encore largement réversible jusque-là cesse de l’être.
Il faut cependant rappeler encore que ce seuil critique de la 11 ème année concerne surtout l’apprentissage de la phonétique. Dans les domaines autres que celui des sons, une langue étrangère peut être fort bien aprise à l’âge adulte.
2- L’oreille nationale et l’articulation
l’audition détermine-t-elle la phonation?
L’aptitude à la distinction phonologique, liée à une audition tout à fait normale, n’a pas pour coséquence nécessaire la capacité d’articuler exactemetn ce qui est perçu même chez le jeune enfant en période d’apprentissage (cf. effet fis de Berko et Brown 1960).
3- les mélodies du nourisson et les contraintes du filtre.
C’est à partir du neuvième mois, après la période du babil, située généralement entre la 25ème et la 40ème semaine, que l’enfant fait apparître les premièresproductions que l’on peut considérer comme linguistiques.Mais si les émlodies qu’il commence à roucouler vers la fin de son deuxième mois et qui pourraient être celles d’une langue à tons (i.e. chinois, vietnamien, thaï, langues bantoues etc.), ne trouvent aucun écho autour de lui car on n’y parle pas de langue de ce type, alors son aptitude à apprendre le chinois, par exemple, amorcera un processus d’atrophie. Le bébé français, comme tout bébé européen, est donc un sinophone en puissance (…).
Au-delà de 10 ou 11 ans, la fossilisation des aptitudes on stimulées n’est gruère réversible. En effet, vers cet age, l’oreille, jusque-là organe normale d’audition, devient nationale (Dalgalian 1980): au lieu de traiter lde la même façon la totalité des sons perçus (…) fonctionne en fait comme un filtre n’ouvrant passage qu’à ceux que la langue maternelle connaît, sous une forme identique ou analogue.L’oreille nationale n’est pas une exclusivité française. Le même phénomène existe chez tous les unilingues du monde à partir de 11 ans (…) mais les difficultés du francophone qui n’a pas bénéficié d’une éducation bilingue précoce sont accrues par le profil phonétique particulier de la langue française.
4- l’écran de la puberté et la crainte de l’erreur.
Au delà de la période critique, on risque de se heurter à (…) la butée pubertaire.(Selinker 1969). Seuil au-delà duquel les adolescents, durant quelques années cruciales, deviennent demons en moins avides d’apprendre. Dès lors, le goùt enfantin pourles manipulations verbales se trouve fortment réduit. L’alllègre spontanéité est reyée par une obsession de l’image sociale que l’on donne à voir.
Il demeure vrai que l’enfant jouit du don de pouvoir avant d’être initié ausavoir.La conclusion suit de soi: si l’on n’entreprend pas d’exploiter très tôt les ressouces enfantines (…), on ne se donne pas les moyens d’un apprntissage bilingue efficace.

Hakem, Tewfik. 2000. Henri Dikongué, n’oublie jamais. Télérama, 18 oct. 2000, 92.

Quand il a surgi en 1995, on ne donnait pas cher de sa peau. Un Africain de France qui déboule avec un disque bricolé et une guitarre sèche, quand tout le monde ne jure que par la techno pour sauver l’Afrique? Trop décallé… Pourtant, la voix veloutée de ce camerounais exilé nous a touchés, et son premier album, Wa, fut notre meilleur refuge pour fuir les atroces remix de Mory Kanté!
Après l’arrivée massive des musiciens dans C ‘est la Vie, son deuxième album (1997), il tente aujourd’hui avec eux un périlleux 50/50 (racine/modernité): N’oublie Jamais est un album mi-acoustique, mi éléectrique, qui consacre Dikongué comme le chanter “worldisé” le plus supportable du moment.
Produit avec des moyens qui se font entendre, cet album arrangé par le bassiste Mbappé réussit à garder intacte la petite touche fraîche de l’univers mélidique de Dikongué. Quitte à ajouter quelques touches latino dans la rumba africaine, queles effets d’écho ici et là, des coeurs et des cordes un peu systématiquement, et à inviter Manu Dibango (…), Henri Dikongué peut réussir encore de belles échappées. On craque pour un long moment affriolant avec un piano délicat et petit accordéon hanté: Ongele, douce balade en douala et en français, mélancolique et prenante. Qui ouvre magiquement la manne des doux souvenirs.

Hall, Edward, T. 1979. Au-delà de la Culture: Editions du Seuil.

Hall, Stuart, Dorothy Hobson, Andrew Lowe, and Willis Paul, eds. 1990. Culture, Media, Language. 6ème ed: Unwin Hyman in association with the Centre for Contemporary Cultural Studies, University of Birmigham.

16: Cultural Studies, in its institutinal manifestaton, was the result of such a break in the 1960s. But the field in which this intervention was made had been initially charted in the 1950s. This earlier founding moment is bet specified in therms of the originating texts, the orginial “curriculum” o fthe field -Hoggart’s The Uses of Literacy (Hoggart, R. (1958). The Uses of Literacy. London, Penguin Books.), Raymond William’s Culture and Society and The Long Revolution, E.P. Thompson’s critique of the latter work and the “example” of related questions, worked in a more historical mode, in The Making of the English Working Class (Thompson, E. P. (1968). The Making of the English Working Class. London, Penguin.; Williams, R. (1961). Culture and Society. London, Penguin.; Williams, R. (1965). The Long Revolution. London, Penguin.) . These were not textbooks for the inauguration of a new discipline: though they were the results of disciplined intellectual work of a high order. They were responses of different kinds to adecisive historical conjecture. They brought disciplined thought to bear on the undestanding of their own times. They were far from neutral or scholarly: they were cltural interventions in their own right. They addressed the long-term shifts taking place in British society and culture within the framework of a long, retrospective, historical glance.
17: These issues were b eing widely debated at the time.They formed, for example, a constitutive part of the agenda of the early “New Left”, withwich many of the contributors identified above had been associated. They set the terms of the post-war “cultural debate” which, with many changes of emphasis, continues today. They also defined the space in which Cultural Studies emerged, defined its objectives and its agenda. From its inception, then, Cultural Studies was an “engaged” set of disciplines, addressing awkward but relevant issues about contemporary society and culture, often without benefit of that scholarly detachment or distance which the passage of time alone sometimes confers on other fields of study,
20: All these works, then, implied a radical break with previous conceptualizations. They inflected the term “culture” away form its traditional moorings, getting behind the inert sense of “period” which sustained the text/context distincion, moving the argument into the wider field of social practies and historical processes. It was difficult, at first, to give these breaks a precise location in any single disciplinary field. They appeared to be distinctive precisely in the way in which they broke across and cut between the disciplinary empires. They were, for the moment, defined as “sociological” in a loose sense -without, of course, being “proper” sociology.
73: Historically, ethnographic work has arisen from an awareness of the benefits of personal participation in, and communication with, and integral involved with a characteristic way of life or cultural form. Developed intensively to tackle the problems of studying “alien” cultures, ethnographic studies have come to be used more and more as ta tool of maistream sociological investigation. A reawakened interest in verstehen, subjective meanings and sociological phenomenology after the breakdown of the dominance of structural-functionalism has accompanied a growing interest in methods capable of delivering qualitative knowledge of social relations, with all the rich distincions and tones of linving societies.
177: It has often been argued that questions of language are central to Cultrual Studies, that all cultural phenomena include some linguistic component and that processes of linguistic perception are involved in cultural analysis. Yet the study of language as such has frequently been marginalized, both in empirical research and in the Centre’s theoretical concerns.

Halliday, M.A.L., Gibbons J., Nicholas H. 1987. Learning, Keeping and Using Language, Selected Papers. Paper read at 8th World Congress of Applied Linguistics, at Sydney.

Hannerz, Ulf. 2005. Geocultural scenarios. Paper read at 37th International Institute of Sociology Conference: Sociology and Cultural Sciences, at Folket Hus, Kongresshallen Q.

other Presenters:
Peter Wagner, European University Institute, Italy, In time and Space: on the Possibility of a Cultural Theory of Modernity
Commentator Margaret Archer, University of Warwick, UK

Culture and political power. Matter of borders between units and flows.
Emergent new borders. Hard-soft power (Paul Kennedy), question of perspective. Japanese less concerned with Islam and more with China.
Geoculture is a genre.

Hannum, Hurst (1989), ‘The limits of sovereignty and majority rule: minorities, indigenous peoples, and right to autonomy’, in Ellen Lutz, Hannum Hurst, and Kathryn Burke (eds.), New directions in human rights. (Philadelphia: University of Pennsylvania,).

Hardin, Russel. 1995. One for all: the logic of group conflict. Princeton: Princeton University Press.

notes de Raymond Boudon: “incontestable apport à la fois à la philosophie et à la sociologie politiques, sur un sujet, celui de l’identié culturelle, sur lequel domine une littérature souvent indigente conceptuellement

Hardjono, Ratih. 1993. White Tribe of Asia: an Indonesian View of Australia. Clayton VIC: Monash University & Hyland House.

Hardt, Michael, and Thomas Dumm. 2000. Sovereignty, Multitudes, Absolute Democracy: A discussion between Michael Hardt and Thomas Dumm about Hardt and Negri’s Empire. Cambridge: Harvard University Press.

Thomas Dumm: Perhaps it is partly of your collaborative process that Empire doesn’t dwell so much in the realm of negative critique. Instead, it appears as both a critical history of the present and a vision for the future. But whereas other recent interventions in theory seem to fucus on one side of the problem of politics, perhaps too reductively we could call this the problem associated with techniques of normalizatin -say, Habermas’s theory of communicative action, Derrida’s deconstruction, Froucault’s genealogy of disciplinary society and governmentality, and even Deleuze and Guattari’s nomadology- you and Negri seem to focus your most important critical energies and constructive efforts into understanding and providing ways of resisting sovereignty as it migrates from the nation-state and to its newest networks.(…) Why do you think sovereignty is now appearing as such a central problem for political theory?
Michael Hardt: I assume that the renewed interest in the concept of sovereignty in the field of political theory is related in part to the analyses of the autonomy of the political that first focused on the work of Hannah Arendt and more recently on that of Carl Schmitt. Sovereignty does identify what is distinctive about the pollitical or, at least, about the nature of rule and resistance. Antother reason for icreased interest today on the concept of sovereignty, not only among political theorists, is the decline of the sovereighnty of nation-states. It is quite clear that in the various processes of globalization the locus of sovereighnty has shifted away form the nation-state, at leaset in part, but it is not so easy to identify its new locus, if indeed it can be located at all. Furhtermore, and this is the much more interesting question, perhaps the nature itself of sovereignty, theorized by authors from Bdin and Hobbes to Schmidt, to what we call an imperial sovereignty. The form of modern sovereighnty can be characterized schematically by the dialectic of inside and outside (think of Schmitt’s friend/ennemy distinction as its basic unit if you like). Imperial sovereignty, in constrast, operates on a network model and functions through hybrid identities and difference of degrees.

Our perspective, of course, is against sovereighnty in all its forms: imperial sovereighty, the nation-state, even the “popular” forms of sovereignty that arose from modernity . Absolute democracy is incompatible with sovereignty. But in order to challenge sovereignty and pose an alternative to it, one must understand first its contemporary form. Resistances to old, outdated forms of rule often tend not only to be ineffective against the present form but contribute to its functionning.

T.D: In that regard, my sense is that you both recognize the power of Giorgio Agamben’s argument in Homo Sacer concerning the extraordinary violence of sovereignty at the end of modernity and yet you seek to overcome what may (not too injustly) be thought of as a terrifying passivity that his position could result in.

M.H: Our argument in Empire does not share some central concerns with Agamben’s Homo Sacer, particularly surrounding the notions of sovereignty and biopower. Agamben brilliantly elaborates a conception of modern sovereignty based on Carl Schmitt’s notion of the decision on the exception and the state of emergency, in which the modern functionning of rule becomes a permanent state of exception. He then links this conception to the figure of the banned or excluded person back as far as ancient Roman law with his usual spectacural eruditin. The pinnacle and full realization of modern sovereignty and grounds the rule of law. My hesitation with this view is that by posing the extreme case of the concentration camp as the heart of sovereignty it tends to obscure the daily violence of modern sovereignty in all its forms. It implies, in other words, that if we could do away with the camps then all the violence of sovereignty would also disappear.

The most significant difference between our projects, though, is that Agamben dwells on modern sovereignty whereas we claim that modern sovereignty. Imperial sovereignty has nothing to do with the concentration camp. It no longer takes the form of a dialectic between Self and Other and dows not function thought any such absolute exclusion, but rules rather through mechanisms of differential inclusion, making hierarchies of hybrid identities. This description may not immediately give you the same sense of horror that you get from Auschwitz and the Nazi Lager, but imperial sovereignty is certainly just as brutal as modern sovereignty was, and it has its own subtle and not so subtle horrors.

MH: It is not a matter of convincing anyone to oppose sovereignty. It is natural to refuse authority and the refusal of authroity is going on every day at all levels of society. And all of the various forms of modern and contemporary liberatory politics are at base a refusal of servitude, a refusal to accept as natural our subordination to rulers. I see the opposition to sovereignty as a way to name the generality of all these activities.

T.D. : Your resistance to all forms of sovereignty is certain to provoke some very strong responses, I would think especially among post-colonial thinkers who still see in the nation-state a way of advancing a progressive agenda. You and Negri are very appreiciative of this position in Empire, yet you also urge people not to “harbor any nostalgia for the powers of the nation-state or to resurrect any politics that celebrates the nation” (p. 336)

M.H.: Antaî-colonial and post colonial thinkers have certainly not been united in their political reviewuations of the nation-state (…) but these were all tactical matters. The only locical and honest argument for the nation-state in these contexts is as a defense weapon against more powerful foreign forces, such as colonialilst armies or transnational capital. The state itself, however, is at its base an apparatus of domination; it establishes a ruling authority that stands separate from and above society. The question is not should the state be destroyed in order to establish a democratic society but when is the right time to do so.

T.D.: But some post-colonial theorist -here I am thinking of Homi Bhabha’s essay “The Postcolonial and the Postmodern” – might argue that the question of the nation-state is not a tactical one, but a cultural one, in the deepest possible sense. For Bhabha, the emergence of a post-colonial episteme may offer up a hybrid subjectivity that might allow us to evade the fate of the normalized subject. How would you respond to this argument?

M.H.: First of all, nation is the wrong concept to use to name cultural heritage, identity and community in this case.There may exist nations without states, but every nation contains within itselfthe dream of a state. I sometimes think that Benedict Anderson’s motto should be reversed: the nation sometimes seems to be the only form in which we can imagine community. And that is only testament to our poverty of imagination. Nation, of course, is a specific form of community, one that is inevitably charactereized by exclusion of others, internal hierarchy, and ultimately sovereign authority.

More important for our argument in Empire, however, is the question of hybridity. Homi Bhabha’s work is rich and complex, but many readers come away from it with the impression that hybridity iteslf is liberatory because it defies the binaries through which power functions: white/black, male/female, and so forth. We claim, however, that imperial sovereignty is not threatened in the least by hybrid subjectivities. In fact, Empire rules precisely through a kind of politics of difference manageing hybrid identities in flexible herarchies. Fom this perspective, then, a politics of hybridity may have been effective against the now defunct modern form of sovereignty but it is powerless against the current imperial form.

Harles, John. 1994. Politics in the Lifeboat: Immigrants and the American Democratic Order. Boulder: Westview Press.

cité par Kymlicka dans ma traduction de novembre 2000

Harms, L. T. (2010). Opening Address. “Language, Law and the Multilingual State” 12th International Conference of the International Academy of Linguistic Law Bloemfontein, Free State University.

Presenter is the Deputy President of the South African Supreme Court of Appeal
Language tends to divide any plurilingual society. Law is supposed to mend that gap.
My father’s language is German
My mother’s language is English
my favoured language is Africaans
The Court language used to be french.
Africaans as a language of Law is in retreat
I doubt whether any subsaharan language is taught at University level and has legal terms, except Africaans.
1994; 11 official languages
Compromises hardly satisfy and unrealistic compromises fail.
1947: Case of Africaans University and Ministry of Education: argued in Africaans. Judgement in English
No legal status for indigenous languages.
Since Independence, all court proceedings are in English

Harrison, B, and L Marmen. 1994. Les Langues au Canada. Ottawa: Statistique Canada.

Hartman, Donniel (2012), ‘Plenary Session: The Future of Pro-Israel’.

a Jew at core is about trying to aspire.Mediocrity and Jewish denomination are contradictory. Essence of aspiration of zionism: what do I have to do tomorrow. Any great value comes with a price of hardship. In Israel we all paid the price, yet I can’t think of a better place to raise my family. Catch in a song Dayenu. If we were serious about it it should stop at the first line! My deepest love is about what Israel can be. How to define a jewish homeland and define our reality. We are the first jews of choice. We are the first jews who have a choice not to be a jew. They don’t hate us enough. They don’t remind me who I am if I don’t want to be who I am. Judaism of mediocrity is a catastrophy. Earn that love, Israel. We need to learn to conduct a new conversation about jewish values: not what’s wrong with them but how I take responsibility? How do we built a home land for jewish people in a crappy neighbourhood. What do we stand for? You can’t be a sovereign people without power. Power is an essential feature of human being. In our tradition, protecting oneself is one of the highest responsibilities that one has. It’s much nicer being the heroic one who dies for others.  Let’s take the greatest dier in history. Eleazar ben Yehuda…but we forgot him because love of others starts with ourselves. Self defense is a moral obligation. In Massada we say never again because it’s not our path, we choose to live. We long for the day we won’t need to use Power and at what moment should I choose death rather than using power? Conversation to unite jews worldwide to build a new jewish country.Our problem isn’t a poverty of resources but a poverty of vision. It’s difficult to be aspirational in our neighbourhood.We don’t agree on what these aspirations are. We disagree with people with whom we fundamentally agree. If you disagree you build your own synagogue. But with Israel, we are stuck together, what can we say, build your own country? I can’t walk away from you! Cabalistic principle: if god is the infinite, don’t look for anybody else. we’ll need to contract to live with the person we disagree with. Contract our language which we don’t villify. (“God contrated godself to create the man”) for a deeper jewish life and a better Israel

Hartney, Michael. 1995. Some Confusions Concerning Collective Rights. In The Rights of Minority Cultures, edited by W. Kymlicka. Oxford: Oxford University Press.

Hartz, Louis. 1955. The Liberal Tradition in America. New York: Harcourt, Brace and Company.

3: The analysis which this book contains is based on what might be called the storybook truth about American history: that America was settled by men who fled from the feudal and clerical oppressions of the Old World. If there is anything in this veiw, as old as the national folklore itself, then the outstanding thing about the American community in Western history ought to be the non-existence of those oppressions, or since the reactina gainst them was in the boradest sense liberal, that the American Community is a liberal community. We are confronted (…) with a kind of inverted Trotskyite law of combined development, America skipping the feudal stage of history as Russia presumably skipped the liberal stage.
4:(…) there are aspects of our original life in the Puritan colonies and the South which hardly fit in its meaning. But these are the liabilities of any large genralization, danger points but not insuperable barriers.
5: Now that a whole series of alien cultures have crashed in upon the American world, shattering the peaceful landscape of Bancroft and Beard, the old non sequitur simply will not do.(…)
One of the central characteristics of a nonffeudal society is that it lacks a genuine revolutionalry tradition, the tradition which in Europe has been linked with the Puritan and French revolutions: that it is “born free” as Tocquevlle said.
6:(…)Marx went wrong in his historical analysis, attributing as he did the emergence of the socialist ideology to th objective movement of economic forces. Actually socialism is largely an ideological phenomenon, arising out of the principles of class and the revolutionalry liberal revold against them which the old European order insprired. It is not accidental that America which has uniquely lacked a feudal tradition has uniquely lacked also a socialist tradition.
20-21: Technically we are actually dealing with two factors: the absence of feudalism and the presence of the liberal idea. The escape from the old European order could be accompanied by other ideas, as for instance the Chartist concept which had some effect in the settlement of Australia (what is needed here is a comparative study of new societies which will put alongside the European institutions left behind the positive cultural concepts brought to the various frontier settings. There are an infinite variety of combinations possible, and an infinite variety of results . Veblen, in a sentence he never followed up, caught some of the significance of this problem when he said that “it was the fortune of the American people to ahve taken their point of departure from the European situation when the system of Natural Liberty was still +”obvious and simple” while other colonial enterprises “have had their institutional point of departure blurred with a scattering of the hldovers that were brought in agiani by the reurn wave of reaction in Europe, as well as by these later-come stirrings of radical discontent that have questioned the eternal fitness of the system of Natural liberty itsefl” What Veblen taught, ed. W. Mitchel (NY, 1947), pp. 368-69
22:(…)in Canada where feudalism was originally imported and in Russia, historians have revolted against the Turner approach.
38: Symbols of a world revolution, the Americans were not in truth world revolutionaries.
39: The fact that the Americans did not share the crusading spirit of the French and the Russians, as we have seen, is already some sort of confirmation of this, for that spirit was directly related to the”civil religion” of Europe and is quite unthinkable without it.
48: Actually, the form of America’s traditionalism was one thing, its content quite another. Colonial history had not been the slow, glacial record of development that Bonald and Maistre loved to talk about. On the contray, sinc ethe first sailing of the Mayflower, it had been a story of new beginnings, daring enterprises, and explicitly stated principes – it breathed, in other wrods, the sprit of Bentham himself. The result was that the traditionalism of the Americans, like a pure freak of logic, often bore amazing markes of antihistorical rationalism.
49: (in America), Condorcet (…) nwproudly welcomed them into the fraternity of the illuminated. American constitutionalism, he said, “had not grown, but was planned”
303: In an age when not only Europe but Asia is involved in American diplomacy the blindspots of “Americanism” pose a peculiarly complicated problem, and in an age when the Communist threat is of a long-range type the irrational inward passsion of “Americanis” is as grave a threat to domestic freedom as any we have ever faced. This is the ironic end product of a of a Second WW orignially fought against fascism. of a historic phase which began in the late “thirties simply with an argument over isolationism.
309: pharase conclusion: Can a people “born free” ever understand peoples elsewhere that have to become so? Can it ever understand itself? Therse were the questions which appeared at the beginning of this book: inevitably also they are the questions which appear at the end”

___ed. 1964. The Founding of New Societies. San Diego-New York-London: Harcourt, Brace Jovanovich.

3: The analysis which this book contains is based on what might be called the storybook truth about American history: that America was settled by men who fled from the feudal and clerical oppressions of the Old World. If there is anything in this veiw, as old as the national folklore itself, then the outstanding thing about the American community in Western history ought to be the non-existence of those oppressions, or since the reactina gainst them was in the boradest sense liberal, that the American Community is a liberal community. We are confronted (…) with a kind of inverted Trotskyite law of combined development, America skipping the feudal stage of history as Russia presumably skipped the liberal stage.
4:(…) there are aspects of our original life in the Puritan colonies and the South which hardly fit in its meaning. But these are the liabilities of any large genralization, danger points but not insuperable barriers.
5: Now that a whole series of alien cultures have crashed in upon the American world, shattering the peaceful landscape of Bancroft and Beard, the old non sequitur simply will not do.(…)
One of the central characteristics of a nonffeudal society is that it lacks a genuine revolutionalry tradition, the tradition which in Europe has been linked with the Puritan and French revolutions: that it is “born free” as Tocquevlle said.
6:(…)Marx went wrong in his historical analysis, attributing as he did the emergence of the socialist ideology to th objective movement of economic forces. Actually socialism is largely an ideological phenomenon, arising out of the principles of class and the revolutionalry liberal revold against them which the old European order insprired. It is not accidental that America which has uniquely lacked a feudal tradition has uniquely lacked also a socialist tradition.
20-21: Technically we are actually dealing with two factors: the absence of feudalism and the presence of the liberal idea. The escape from the old European order could be accompanied by other ideas, as for instance the Chartist concept which had some effect in the settlement of Australia (what is needed here is a comparative study of new societies which will put alongside the European institutions left behind the positive cultural concepts brought to the various frontier settings. There are an infinite variety of combinations possible, and an infinite variety of results . Veblen, in a sentence he never followed up, caught some of the significance of this problem when he said that “it was the fortune of the American people to ahve taken their point of departure from the European situation when the system of Natural Liberty was still +”obvious and simple” while other colonial enterprises “have had their institutional point of departure blurred with a scattering of the hldovers that were brought in agiani by the reurn wave of reaction in Europe, as well as by these later-come stirrings of radical discontent that have questioned the eternal fitness of the system of Natural liberty itsefl” What Veblen taught, ed. W. Mitchel (NY, 1947), pp. 368-69
22:(…)in Canada where feudalism was originally imported and in Russia, historians have revolted against the Turner approach.
38: Symbols of a world revolution, the Americans were not in truth world revolutionaries.
39: The fact that the Americans did not share the crusading spirit of the French and the Russians, as we have seen, is already some sort of confirmation of this, for that spirit was directly related to the”civil religion” of Europe and is quite unthinkable without it.
48: Actually, the form of America’s traditionalism was one thing, its content quite another. Colonial history had not been the slow, glacial record of development that Bonald and Maistre loved to talk about. On the contray, sinc ethe first sailing of the Mayflower, it had been a story of new beginnings, daring enterprises, and explicitly stated principes – it breathed, in other wrods, the sprit of Bentham himself. The result was that the traditionalism of the Americans, like a pure freak of logic, often bore amazing markes of antihistorical rationalism.
49: (in America), Condorcet (…) nwproudly welcomed them into the fraternity of the illuminated. American constitutionalism, he said, “had not grown, but was planned”
303: In an age when not only Europe but Asia is involved in American diplomacy the blindspots of “Americanism” pose a peculiarly complicated problem, and in an age when the Communist threat is of a long-range type the irrational inward passsion of “Americanis” is as grave a threat to domestic freedom as any we have ever faced. This is the ironic end product of a of a Second WW orignially fought against fascism. of a historic phase which began in the late “thirties simply with an argument over isolationism.
309: pharase conclusion: Can a people “born free” ever understand peoples elsewhere that have to become so? Can it ever understand itself? Therse were the questions which appeared at the beginning of this book: inevitably also they are the questions which appear at the end”

Hasan. 1994. L’Algérie et son destin. Croyants ou citoyens. Alger: Médias Associés.

cité par Benrabah, M. (2004). Language and Politics in Algeria. Nationalism and Ethnic Politics, 10, 59-78.

Haugen, Einar. 1953. The Norwegian language in America. Philadelphia: University of Pennsylvania Press.

c’est là qu’il parle de Babel inversée.

___1972. The Ecology of Language: Essays by Einar Haugen. Stanford, CA: Stanford University Press.

Hayakawa, S.I. 1985. One Nation…Indivisible? The English Language Amendment. Washington D.C.: Washington Institute for Values in Public Policy.

For the first time in our history, our nation is faced with the possibility of the kind of linguistic division that has torn apart Canada in the recent years.

Hayden, Tom, et al. (2012), ‘Interdependence, Culture and Social Justice’, paper given at 10th Interdependence Day: Culture, Justice and the Arts in the Age of Interdependence Panel, Los Angeles, September 8th, 2012.

Ben (Barber) is the holy ghost or the agent of the holy ghost behind this event. Teacher, activist and above all journalist. Observer and draws lessons. Movement vs Machiavellian Order. I try to look at social movements and machiavelian order. The prince is an advice about how to stay in power. That’s what politicians, bankers do everyday. Social movements= handful of people inspired to take action against all odds. Moral injuy: Concrete issue, the Machiavelian order has failed to deliver, We are an arena of reform as an outcome of past centuries. Reform: everyting I love about this country is in that space. The outcome of every revolutionary movement is reform allowing for three items: institutional opening, empowerment, tangible benefits, Any alternative to reform will be worse.
The machiavellian counter movmeent would be backlash, cooptation and containing memory.
Machiavellian timeline:
repression or Accommodation counter-movement weakens reform
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HEGEMONY REFORM MEMORY
Political, Economic, Cultural Concessions cooptation, Amnesia

Movement timeline

March to Mainstream gradual demobilization
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MARGINS REFORM MEMORY
Majority achieved, Movement wins Preservation of Memory
Achievements these past 15 years were along these lines. We should teach the next generation the alternative to liberalism. We thought we had it tough in our youth but you, young people are facing climate change which could see litterally the end of the world.

Connie Rice: three generations on this panel.
How do we transport these notions of refom and social justice.

Osagyefo
We should remember NWA, Niggers with attitude…hip hop gathering “who polices the police+ in London 20 days prior to rebellion. What does it feel for the fourth estate to be groundeded by people who litterally sleep outside democracy.
There must be some ideology attached on what we believe in the role of governement including control of public ressource, to have real ideologically thought out conversation. Emphasis on joy!

Betsy McKinney: interdependence is a concept nurturing women. Women also represent all other divisions of society. Their ability to empower themselves is the story, and not expecting things to happen by themselves.

School boy noticed: Economic boundaries, Gender boundaries, Age boundaries. Deplores that his fellow students don’t fill that room. We have to think beyond.

Schrade, Tom: Yale Youngster strike etc….I’m movement oriented. Social justice: we had to build the middle class and we were able to build action committees in order to understand questions of poverty and discrimination. Robert Kennedy, with whom I worked in the 60s. When his brother was the President, it was a turning point for all of us. The Cuba crisis built the interdependence idea that Pres. Ken had about the world. He fought with the idea that we had to team up . with the USSR rather than striking with the military. After the Cuba crisis Ken negotiated with Krutchev to ban nuclear testing etc.
ID question started with Kennedy and went on. This question of ID upon nations is key
We are beginning to build neighbourhood organisations here. One piece of unfinished business: part of RK’s legacy was to find out who killed his brother. “Open the archives”. They still aren’t fully open. We have proof that beyond the shadow of a doubt that there was a second gun and shot man. Case put before the Attorney general. We are on the verge of re-opening that case. School and finding the culprit are still on my agenda. cf. JFK the unspeakable

Hayward, Victoria, and Edith S. Watson. 1922. Romantic Canada. Toronto.

Head, Brian W. 1983. State and Economy in Australia. Melbourne: Oxford University Press.

Henderson, Willie, Tony Dudley-Evans, and Roger Backhouse, eds. 1993. Economics and Language. London: Routledge.

Heine, Bernd (2011), ‘Accounting for some structual characteristics of French-Based creoles.Internal vs external motivations’, paper given at Langues en contact: le français à travers le monde, Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg, 16-18 septembre 2011.

Fringes of the french diaspora
reconstructive and diachronic perspective

French: George s’est pendu
Morisien: Zorz fin pandi li (pronoun)/limen (intensifier strategy/so lekor (noun: le corps)
Maurician expressed ever

Main strategies to develop reflexive markers
intensifiers serve mainly to evoke alteratives to the focus they refer to, in particular:
to present an unexpected participant
to present a participant in adittion to the expected one
to exclude other participants
to express a contrast

Noun strategy, cf. Efik (Benue-Congo, Niger-Congo; Essien 1974: 11, 14) nexample they have killed themselves, literally they have killed their head

In africa, noun strategies: use the noun for body to express the reflexive form (head, soul, skin, head…) also depend on geography
Pronoun strategy, common in french, german: li pra li pur a orator (li:se), mwe blese mwe (southern Haitian), tayo: ma defan mwa paska la ule, 3d person pronoun strategy

intensifier strategy (même)
ambiguity is very common because of the genesis: cf. haitian: Jan, pale ak li (John speak with he, not clear if he speaks to himself or someone else)

alternative strategy: noun strategy (physical development) vs pronoun strategy (intellectual, social and physical development)

relexification cf. Claire Lefebvre, 1998, Creole genesis and the acquisition of grammar: the case of Haitian Creole, Cambridge, Cambridge University Press): form of language interference in which a language (pidgin, creole) takes the great majority of its lexicon from a superstrate or target while its grammar comes from the substrate or source language.
He doesn’t agree: cf Evidence against this hypothesis which he develops into three points

Speakers rely on the grammatical resources available in their own langaugge to design new grammatical cateegories, using universally available cognitive strategies.

Early creole speakers developped French, their dominant second language, into new (French)) varieties via “basilectalization” (S. Mufwene)
A common process in their development is the loss of grammatical categories
One of the casualties was the loss of the French se-reflexive
creole speakers designed new expression for reflexivity
modern french-based creole exhibit the whole range of strategies suggest that the genesis of new relfexive forms took place ealier.

Language contact’s role in the evolution of French-based creoles: was centrally involved when African slaves acquired French as a second language, and whe in subsequent generations of speakers it became their first language
Once this process of creolization was cloncluded, language contact appears to have been of secondary import.

Seeming paradox: creole reflexisve are the product of the same conceptual forces that shape them in on-creole. On the other hand, they exhibit some properties that somehow set them off from reflexives found elsewhere in the world. eg absence of verbal reflexive, frequent occurence of pronoun based strategy, vast range of ambiguity between reflexive and noun strategy forms.

cf. Heine, Bernd 2000. Polysemy involving reflexive and reciprocal markers in African languages in Frajzyngier, Zygmunt and Traci S. Curl (eds) typological studies in language, 40, Amsterdam, Philadelphia, Benjamins

+tANIA tkUTEVA 2005, lANGAUGE CONTAT AND GRAMMATICAL CHANGE Cambridge UP
+2006 THE CHANGING LANGUAGES OF eUROPE. oXFORD up
cOMMENTS BY MUFWENE: we still need to investigate about what happened in French since the XVI-XVII century, cf Les francais populaires. When something close to the standard variant exist in the language contact situation , when did the pronominal reflexive in standard french or at least when did it become widespread? 1200 and 1600 maybe (answer)

cf. Charlemagne Sprachwelt;-))

Q: French interlanguages and french-based creole: is really creolization a form a second language acquisition A: it may be a matter of the extent to the exposure to the second language. cf. Mufwene 2010 on second language acquisition.

Ralph Ludwig: tracks back to old french.


[ Heinrich Heine ]

image: http://dicocitations.lemonde.fr/images/citationlienpermanent.png

Heinrich Heine a dit – Citations




Là où l’on brûle les livres, on finit par brûler les hommes.


 Heine,Heinrich, Almansor In Heinrich Heine a dit – Citations

Ce n’était qu’un début. Là où on brûle des livres, on finit par brûler des hommes.

Almansor, Heinrich Heine, éd. Düsseldorfer Heine-Ausgabe, 1823, p. 16, vers 243 – (de) 

Dort wo man Bücher verbrennt, verbrennt man auch am Ende Menschen. 

[ Heinrich Heine ]


Read more at 

Heller-Roazen, Daniel , et al. (2007.), Echolalies. Essai sur l’oubli des langues (« Librairie du XXIe siècle »: Seuil ).

– Liens :

* « Comment les livres passent les frontières », les 6 et 7 novembre derniers à l’INHA, organisé par la Société européenne des auteurs en partenariat avec la Vie des idées. François Ost participait à la discussion intitulée « Qu’est-ce que traduire », le 7 novembre à 9h30, avec Julia Kristeva, Bruno Latour et Peter Sloterdijk.

* Société européenne des auteurs

– Sur le Plurilinguisme en Europe :

* Café babel, le magazine européen

* Transeuropéenne, pour un espace public transeuropéen

* Voir aussi l’entretien avec S. Friedländer et P.-E. Dauzat dans La vie des idées.

Documents joints

*
Le multilinguisme est un humanisme (PDF – 194.9 ko)
par Leyla Dakhli

Notes

[1] Umberto Eco, La recherche de la langue parfaite dans la culture européenne, Seuil « Faire l’Europe », 1994

[2] Daniel Heller-Roazen, Echolalies. Essai sur l’oubli des langues, Seuil « Librairie du XXIe siècle », 2007.

[3] Ost a recours ici aux travaux de Marcel Détienne, Comparer l’incomparable, Seuil « Libairie du XXIe siècle », 2000.

[4] Dont il est bon de signaler ici la réédition du commentaire par Antoine Berman sous le titre L’Âge de la traduction. « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin, un commentaire, PU Vincennes, 2008.

[5] Un récent ouvrage donne un écho fictionnel à cette formule. Cf. Camille de Toledo, Le Hêtre et le Bouleau. Essai sur la tristesse européenne, Seuil « Librairie du XXIe siècle », 2009. Cf. notamment, p. 171, la dernière partie « L’utopie linguistique ou la pédagogie du vertige ».

Henning, J. (2010). Keynote Address: the Company’s act. “Language, Law and the Multilingual State” 12th International Conference of the International Academy of Linguistic Law Bloemfontein, Free State University.

Henry, F , Tator C., W. Mattis, and Rees T. 1995. The Colour of Democracy, Racism in Canadian Society. Toronto: Harcourt Brace.

Héraud, Guy. 1993. L’Europe des Ethnies. Paris: Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence.
Heritage, Statistics Canada and Canadian. 1999. Les langues au Canada: Recensement de 1996: , published in New Canadian Perspectives Series, aimed at providing a general portrait of the linguistic situation in Canada.

9- Le sens premier de “nation” (latin: natio, de nasci: naître) renvoie à l’origine commune des groupes ethniques; puis les familles s’étant élargies et mêlées, l’élément héréditiare à cédé le pas à la référence linguistique; car toute société territoriale as besoin du lien du language pour les nécessités de la vie courante.(…)Tel était donc le premier sens du mot “nation”: le groupe linguisitque qui, dès qu’apparaît un minimum de conscience collective, peut être aussi dénommé “communauté linguistique”.

Brohy, C. & K. Herberts (2010). symposium “Language policies and language surveys in bilingual municipalities”. Bilingualism and the city: measuring the quality of linguistic cohabitation in two bilingual towns in switzerland AND finish bilingualism like Heinz Ketchup – at least  57 varieties!).  12th International Conference of the International Academy of Linguistic Law: “Language, Law and the Multilingual State”. Bloemfontein: Free State University.

Heritage, Statistics Canada and Canadian (1999), ‘Les langues au Canada: Recensement de 1996’, (, published in New Canadian Perspectives Series, aimed at providing a general portrait of the linguistic situation in Canada.).

cf. also Canada, Statistique (2012), ‘Les langues immigrantes au Canada’.

Languages in Canada

1996 Census

The publication Languages in Canada: l996 Census is a collaborative effort
between Statistics Canada and Canadian Heritage, published in New Canadian
Perspectives Series, aimed at providing a general portrait of the linguistic
situation in Canada.

How has language evolved in Canada since 1951? What factors determine the size
of language groups and the tendency of languages to grow or decline? These are
two main questions this study on language seeks to answer. The publication
examines the change in the size and distribution of the English and French
populations as well as the growth and decline of various non-official language
populations between 1951 and 1996. It also looks at the increase in the number
and percentage of Canadians who speak both official languages as well as the
increase in those who speak neither English nor French.

The publication Languages in Canada: 1996 Census (CH3-2-8/1999) is available
free of charge at Canadian Heritage (819-994-2224; will eventually be available
on Internet: http://www.pch.gc.ca/offlangoff/perspectives/index.htm).
Les langues au Canada

Recensement de 1996

L’ouvrage Les langues au Canada: Recensement de 1996, publié dans la série
Nouvelles perspectives canadiennes, est issu d’une collaboration entre
Statistique Canada et Patrimoine canadien visant à brosser un tableau d’ensemble
de la situation linguistique au Canada.

Comment la situation linguistique du Canada a-t-elle évolué depuis 1951? Quels
sont les facteurs qui déterminent la taille des groupes linguistiques au Canada
et la tendance des langues à croître ou à décliner? Voilà deux des principales
questions auxquelles l’étude sur les langues au Canada tente de trouver réponse.
Ainsi, l’ouvrage porte sur l’évolution de la taille et de la répartition des
populations de langues anglaise et française, ainsi que sur la croissance et la
diminution des populations de langue non officielle entre 1951 et 1996. Il porte
également sur la progression du nombre de Canadiens qui parlent les deux langues
officielles, et traite d’un autre important sujet,celui de l’augmentation du
nombre de Canadiens ne parlant ni le français ni l’anglais.

L’ouvrage Les langues au Canada: Recensement de 1996 (n o CH3-2-8/1999) est
disponible gratuitement auprès de la DGPALO, Patrimoine canadien, au numéro
(819) 994-2224 (l’ouvrage sera éventuellement disponible à l’adresse Internet :
http://www.pch.gc.ca/offlangoff/perspectives/index.htm).

Hernández , José Esteban and Maldonado, Rubén Armando (2012), ‘Reducción de /-s/ final de sílaba entre transmigrantes salvadoreños en el sur de Texas’, Lengua y migración / Language and Migration, 4 (2).

Communicated by Maria Sancho, a SLonFB member, in November 2012. Other papers in this issue:
1. Caravedo, Rocío and Klee, Carol A. (2012), ‘Migración y contacto en Lima: el pretérito perfecto en las cláusulas narrativas’, Lengua y migración / Language and Migration, 4 (2).
2. “Linguistic identity and the study of Emigrant Letters: Irish English in the making” – Carolina P. Amador-Moreno y Kevin McCafferty
4. “La migración sefardí en la Amazonia brasileña: lengua hakitía e identidad” – Carlos Cernadas Carrera
5. Reseña: Francisco Lorenzo, Fernando Trujillo y José Manuel Vez, Educación bilingüe. Integración de contenidos y segundas lenguas – Olga Cruz Moya

Hernandez-Chavez, E. 1994. Language policy in the United States: a history of cultural genocide. In Linguistic Human Rights: Overcoming Linguistic Discrimination, edited by T. Skuttnab-Kangas and R. Phillipson. Berlin-New York: Mouton de Gruyter.

Hertzler, Joyce. 1953. Toward a sociology of language. Social Forces (32):109-19.

Hessel, S. (2011). Indignez-vous, Indigène Editions.
See also the February 28th, 2011 post

J’aime beaucoup le nom de cette nouvelle collection, empruntée “aux Omahas, un peuple indien des plaines d’Amérique du Nord, rattaché à la famille des Sioux.

9: C’est à Jean Moulin que nous devons, dans le cadre de ce Conseil (Nationale de la Resistance), la réunion de toutes les composantes de la France occupée.(…)De ces principes et de ces valeurs, nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin. Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers: pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette socété où les médias sont entre les mains des nantis, toutes choses que nous aurions refusé de cautionner si nous avions été les véritables héritiers du Conseil National de la résistance.
10: l’intérêt général doit primer sur l’intérêt particulier, le juste partage des richesses créées par le monde du travail primer sur le pouvoir de l’argent. Une véritable démocratie a besoin d’une presse indépendante (…) or c’est bien ce qui est aujourd’hui en danger. La résistance en apelait à “”la possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction la plus développée” sans discrimination; or les réformes proposées en 2008 vont à l’encontre de ce projet.
11: L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important (…)Le motif de base de la Résistance était l’indignation.Nous, vétérans des mouvements de résistance (…), nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l’héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons: prenez le relais, indignez-vous!
12: L’actuelle dictature internationale des marchés financiers (…) menace la paix et la démocratie.Quand quelque chose vous indigne comme j’ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint ce courant de l’histoire (..). Et ce courant va vers plus de justice, plus de liberté mais pas cette liberté incontrôlée du renard dans le poulailler.(…) si, aujourd’hui comme alors, une minorité active se dresse, cela suffira, nous aurons le levain pour que la pâte lève.Pour nous, résister c’était ne pas paccepter l’occupation allemande, la défaite.(…) Puis la guerre d’Algérie. Il fallait que l’Algérie deviennen indépendante, c’était évident.
13: (…) même s’il fallait garder une oreille ouverte vers le communisme pour contrebalancer le capitalisme américain, la nécessité de s’opposer à cette forme insupportable de totalitarisme (=stalinisme) s’est imposée comme une évidence. Ma longue vie m’a donné une succession de raisons de s’indigner. Ces raisons sont nées moins d’une émotion que d’une volonté d’engagement. (…). Sartre nous a appris à nous dire: “vous êtes responsables en tant qu’individus.”. C’était un message libertaire.L’hégélianisme intreprète la longue histoire de l’humanité comme ayant un sens: c’est la liberté de l’homme progressant par étape. L’histoire est faite de chocs successsifs(…)L’histoire des sociétés progresse et au bout, (…), nous avons l’Etat démocratique dans sa forme idéale.
14: Titre: l’indifférence: la pire des attitudes (note de DRM: tout dépend ce que l’on appelle indifférence, moi je suis pour s’il s’agit de ne pas s’immiscer dans la vie privée et les croyances d’autrui….hurler sa différence est une faute de goût!).C’est vrai, les raisons de s’indiguer peuvent paraître aujourd’hui moins nettes ou le monde trop complexe.C’est un vaste monde, dont nous sentons bien qu’il est interdépendant (l’emphase est de moi, DRM). Nous vivons dans une interconnectivité comme jamais encore il n’en a existé.La prie des attitudes est l’indifférence, dire “je n’y peux rien, je me débrouille”. En vous comportant ainsi vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain.(Hessel énumère les deux grands défis: réduire la fracture entre pauvres et riches et)…
15: ……2- Les droits de l’homme et l’état de la planète. J’ai eu la chance après la libération d’être associé à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme (…). Je ne saurais oublier dans son élaboration, le rôle de René Cassin, commissaire national à la Justice et à l’Education du gouvernement de la France libre, à Londres, en 1941, qui fut prix Nobel de la paix en 1968, ni celui de Pierre Menès France au sein du Conseil économique et social.C’est à René Cassin que nous devons le terme de droits “universels” et non “internationaux” comme le proposaient nos amis anglo-saxons.C’est une manière de déjouer l’argument de pleine souveraineté qu’un  Etat peut faire valoir alors qu’il se libre à des crimes contre l’humanité sur son sol. (…). Cette déclaration universelle doit beaucoup à la révulsion universelle envers le nazisme, le fascisme, le totalitarisme, et même, par notre présence, à l’esprit de la résistance.
16: Il cite ensuite les articles 15 (tout individu a droit à une nationalité) et 22 (toute personne, en tant que membre dela société a le droit à la sécurité sociale; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.Il est évident que pour être efficace aujourd’hui, il faut agir en réseau, profiter de tous les moyens modernes de communication.
17: Titre: Mon indignation à propos de la PalestineAujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la Bande de Gaza, la Cisjordanie. Ce conflit est la source même d’une indignation. (…)rapport Richard Goldstone (…) dans lequel ce juge sud-africain, juif, qui se dit même sioniste, accuse l’armée israélienne d’avoir commis des “actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité” pendant son opération “Plomb durci”(…).(Ma femme et moi) avons visité les camps de réfugiés palestiniens mis en place dès 1948 par(…) l’UNRWA, où plus de trois millions de Palestiniens chassés de leurs terres par Israël attendent un retour de plus en plus problématique. Quant à Gaza, c’est une prison à ciel ouvert pour un million et demi de palestiniens.
18: Que des Juifs puissent perpétrer eux-mêmes des crimes de guerre, c’est insupportable. Je pense bien évidemment que le terrorisme est inacceptable, mais il faut reconnaître que lorsque l’on est occupé avec des moyens militaires infiniment supérieurs aux vôtres, la réaction populaire ne peut pas être que non-violente.Est-ce que ça sert le Hamas d’envoyer des rockets sur la ville de Sdérot? La réponse est non.(…)le terrorisme est une forme d’exaspération. Et (…) cette exaspéraiton est un terme négatif. Il ne faudrait pas ex-aspérer, il faudrait es-pérer. L’exaspération est un déni de l’espoir.
19: Chapitre sur la La non-violenceJe suis convaincu que l’avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes.On ne peut pas souenir les terroristes comme Sartre l’a fait(…) pendant la guerre d’Algérie, ou lors de l’attentat des jeux de Munich, en 1972, commis contre des athlètes israéliens.
20: Le message d’un Mandela, d’un Martin Luther King trouve toute sa pertience dans un monde qui a dépassé la confrontation des idéologies et le totalistarisme conquérant.(…)Pour y parvenir, il faut se fonder sur les droits, dont la violation, quel qu’en soit l’auteur, doit provoquer notre indigation. Il n’y a pas à transiger sur ces droits.(…)chaque vendredi les citoyens de Bil’id vont, sans jeter de pierres, sans utiliser la force, jusqu’au mur contre lequel ils protestent. Les autorités israéliennes ont qualifié cette marche de “terrorisme non-violent”. Pass mal….Il faut être israélien pour qualifier de terroriste la non-violence.
21: Mais ils reste vrai que d’important ont été faits depuis 1948: la décolonisation, la fin de l’apartheid, la destruction de l’empire soviétique, la chute du Mur de Berlin. Par contre, les dix premières années du XXIème siècle ont été une période de recul.Il cite “le 11 saeptembre et les conséquences désastreuses qu’en ont tirées les Etats-Unis. (notamment en Irak…). Nous avons eu cette crise économique, mais nous n’en avons pas davantage initié une nouvelle politique de développement. (…) le sommet de Copenhague contre le réchauffement climatique n’a pas permis d’engager une véritable politique pour la préservation de la planète. Nous sommes à un seuil, entre les horreurs de la première décennies et les possibilité des décennies suivantes. Mais il faut espérer, if faut toujours espérer.
22: (…) à l’occasion du soixantière anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance, nous disions le 8 mars 2004, nous les vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre (…) que certes “le nazisme est vaincu (…) Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.(…)Aussi appelons-nous toujours à “une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne propose comme horizon pour notre jeunesse que la consommation demasse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous”

Heyck, Denis Lynn Daly, ed. 1994. Barrios and Borderlands: cultures of Latinos and Latinas in the United States. London-New York: Routledge.

Higham, John. 1992. Crusade for Americanization. In Language Loyalties: A source-book on the Official English Controversy, edited by J. Crawford. Chicago: The University of Chicago Press.

___1994. Strangers in the Land: Nativism and Nationalism. In From Different Shores: Perspectives On Race And Ethnicity In America, edited by R. Takaki. Oxford: Oxford University Press.

Himmelsbach, Adam (2012), ‘Standing Up at an Early Age: Views on Gay Rights of Ravens’ Ayanbadejo Are Rooted in Upbringing’, New York Times, 15 september 2012, sec. Sport p. B12.

In recent weeks, Baltimore Ravens linebacker Brendon Ayanbadejo has been praised in many quarters for supporting the legalization of same-sex marriage.Supporters of gay marriage rallied around Ayanbadejo; the Ravens and others in pro football backed him; and Ellen DeGeneres exchanged glowing messages with him on Twitter.

For Ayanbadejo, 36, it was a comforting shift from 2009, when he became one of the first athletes from a major American professional sports team to speak out in support of same-sex marriage. That year, he found gay slurs directed at him on Internet message boards. In the Ravens’ locker room, players made crude remarks and asked him when he would reveal his homosexuality, he said.

“If I was walking by, and they wanted to be immature and make comments, I’d keep walking,” said Ayanbadejo, who has a 1-year-old son and a 6-year-old daughter with his longtime girlfriend. “If they wanted to be real men and have conversations, I would have, but no one did.”

If those players had heard Ayanbadejo’s story, they would have learned how his views were shaped. His father is Nigerian, and his mother is Irish-American, and he was given the first name Oladele, which translates to “wealth follows me home.” But for much of his childhood, that did not ring true.

Ayanbadejo’s parents separated when he was 3, and his mother, Rita, took him and his older brother Obafemi from Nigeria to a two-bedroom apartment in a drug-infested housing project in Chicago.

Ayanbadejo looked forward to the first day of each month, when Rita would come home with milk, cheese and cereal she had purchased with food stamps. They ate Thanksgiving dinners at the Boys & Girls Club, and their Christmas gifts came from local charities.

“The good part about living there was you were around every kind of person you could imagine,” Ayanbadejo said. “Differences didn’t matter, because we all had struggles.”

When Ayanbadejo was 10, his family moved to Santa Cruz, Calif., where they lived in the campus apartment of a family friend who attended the University of California-Santa Cruz.

Ayanbadejo began going by his middle name, Brendon, to fit in. He starred for Santa Cruz High School’s football team, but he was also active in theater, rode a skateboard and befriended many openly gay students. He had been accepted as a biracial boy from a Chicago housing project, so he accepted everyone else’s differences, too, he said.
Ayanbadejo became a standout linebacker at U.C.L.A. and was involved in social causes. When some Los Angeles-area schools cut their arts budgets, Ayanbadejo and some friends began teaching theater at elementary schools three days a week.

In 1998, after California Proposition 209, which barred the state from discriminating on the basis of race, sex or ethnicity, went into effect, Ayanbadejo worked to publicize the diminished number of minority students at U.C.L.A.

“They were basically saying, ‘If you’re an athlete at U.C.L.A., it’s O.K. to be black,’ ” Ayanbadejo said. “It’s a state school, and I felt like it had an obligation to represent its demographics.”

In 2007, Ayanbadejo and the former Bruins point guard Baron Davis formed an organization focused on diversity in higher education.

“At U.C.L.A., everyone knew Brendon was different,” said his longtime friend Michael Skolnik, the political director for the hip-hop mogul Russell Simmons. “Everyone knew the football field was not his ultimate destination.”
During the 2008 presidential race, Ayanbadejo said, he grew frustrated that Barack Obama did not openly support same-sex marriage. So in April 2009 he wrote a blog post published by The Huffington Post with the headline “Same Sex Marriages: What’s the Big Deal?”

“When it comes to identifying professional athletes who can help, it’s not easy,” said Brian Ellner, a supporter of same-sex marriage who has worked with Ayanbadejo on a referendum in Maryland to uphold the state’s same-sex marriage law. “And Brendon originally did it without being contacted by anyone.”

Gay rights groups reached out to Ayanbadejo. He filmed public-service announcements, took part in photo shoots and donated Ravens tickets to fund-raisers.

“It’s an extraordinarily tough issue for an African-American pro athlete to take on publicly, and he’s done it with such grace,” Skolnik said.

Ayanbadejo does not trumpet his views in the locker room. He speaks out only when he hears a teammate utter a gay slur. But he is not afraid to share his thoughts.

“In an environment like an N.F.L. locker room, I think it’s extremely commendable to have the courage to stand up for something like this,” said Domonique Foxworth, who is president of the N.F.L. Players Association and who was Ayanbadejo’s teammate on the Ravens. “A lot of guys know these views are out there, and they may not be as strong as Brendon and may not be able to accept the ridicule they may receive.”

Since Ayanbadejo first spoke out in 2009, it has become more common for professional athletes to support gay rights. The N.B.A. All-Star Steve Nash, the former Pro Bowler Michael Strahan and the hockey player Sean Avery are among those who have publicly supported same-sex marriage.

When the critical letter from the Maryland delegate, Emmett C. Burns Jr., became public in late August, Ayanbadejo said, he felt widespread support in the world of football for the first time. Minnesota Vikings punter Chris Kluwe wrote a scathing response to Burns, the Ravens publicly sided with Ayanbadejo, and there were no jokes in the Baltimore locker room, he said.

“A bunch of my teammates were men about it, and they had real, honest conversations with me,” Ayanbadejo said. “That had never happened before.”

A version of this article appeared in print on September 15, 2012, on page D1 of the New York edition with the headline: Standing Up at an Early Age.

Hoffman, C. 1991. An Introduction to Bilingualism. London and New York: Longman.

Hoggart, Richard. 1958. The Uses of Literacy. London: Penguin Books.

Hogue, Ilyse (2012), ‘Plenary Session on the Future of Pro-Israel: Address’, J Street: Making History (Washington, D.C.).

Contributor, The Nation, Former Political and Communications Director, MoveOn.org
Conservative family. I never told them about my feelings about Israel because I don’t want to hurt them. But I love Israel. and because I love it, the range is getting smaller. Places I used to go to, we are retracting.I can’t help but notice that hope seems to be retreating. I can’t be silent anymore. We cannot continue with the status quo and we have to open an honest conversation. In a room like this it’s easy to feel we are a majority, but what when I go back. I’m the future of pro-Israel and I invite to join me and come out!

Holliger, David A. 2004. Choix ou Assignation d’Identité. In L’identité. Paris: Editions La Decouverte.

(…)Il faut examiner les quatre dimensions qu’implique le débat sur l’identité collective aujourd’hui dans ce pays.
Selon la première, élémentaire, l’identité d’un individu est établie selon son appartenance la plus profonde à un groupe. La deuxième suppose que les groupes les plus importants sont les groupes ethnoraciaux, c’est à dire définis par des traits biologiques tels que la couleur de la peau ou la forme du visage. La troisième postule que cette identité ethnoraciale est monolitique, autrement dit qu’on n’appartient qu’à un groupe de ce type et un seul. La quatrième enfin procède du fait que l’identité noire est particulière. La minimiser, c’est marquer des distances moralement suspectes à l’égard d’un groupe stigmatisé.

Holloway, Joseph E., and Winifred K. Vass. 1993. The African Heritage of American English. Bloomington and Indianapolis: Indiana University Press.

This book includes africanisms in the Gullah dialect, Africanisms in American names, and workds borrowed from African languages found in Standard and non-Standard American English. While we have relied heavily on word lists compiled by Turner, Puckett, Dalby, Vass, and others, this book des not duplicate their works. Instead, it seeks to correct the mistaken assumpion that only West Africans had a linguistic influence on African-American culture by showing that both West and Central African languages contributed to the diversity of Africanisms found in American English

Hollis, Rosemary (2012), ‘No friend of democratization: Europe’s role in the genesis of the ‘Arab Spring”, International Affairs, 88 (1), 81-94.

Holmes, John W. 1981. Life with Uncle: The Canadian-American Relationship. Toronto: University of Toronto Press.

“This  book reflects the vew that Canada, its closeness to the United States notewithstanding, has a function of the sckill with which it handles its relationship with the United States. It has mostly been advanced by diplomatic historians, political scientists and former practitioners of the foreign policy black arts.”(Smith, Allan. Canada, An American Nation? Essays on Continentalism, Identity and the Canadian Frame of Mind. Montreal &Kingston: McGill-Queen’s University Press, 1994.)

Homberger, Nancy H (2012), ‘”Until I became a professional, I was not conciously indigenous” One intercultural bilingual educator’s trajectory in Indigenous language revitalization’, paper given at Languages in the City, Berlin, 21-24 August, 2012.

Self explanatory title. They see the daily use of quechua as complementary activities, vitalization of the language. Taking part to traditional rituals to mother earth. meeting other indigenous languages specialists. These meeting their conversations about their indigeneity, their interculturality. They are constructing a conscious indigenous identity. Continuing questioning ‘How Indigenous are you’  is a daily practice. Regarding their attitude towards Spanish being a bit extreme. “Spanish can defend itself whereas we have to defend Quechua”

Honneth, A (1995), The Struggle for Recognition (Cambridge: Polity Press).

quoted by Morris, Lydia (2012 ), ‘Citizenship and Human Rights’, The British Journal of Sociology 2, 63 (1).

Hope, A.D. 1972. Australia. In The Penguin Book of Australian Verse, edited by H. Heseltine. London: Penguin Books.

Hornsby, Michael and Wicherkiewicz, Tomasz (2010), ‘Languages in Contact 2010: A Book of Abstracts ‘, in Piotr P. Chruszczewski and Zdzisław Wąsik (eds.), (Philological School in Higher Education, Wrolaw (Poland).

Hornsby, Michael and Tomasz , Wicherkiewicz (2012), ‘Etre ou ne pas être (une minorité)? Le kachoube en Pologne’, Droit et Culture.

Le kachoube en Pologne
Introduction
Il y a vingt ans, les membres appartenant à tout type de minorité en Pologne avaient des scrupules à évoquer leur différence en public. Cette tendance s’est inversée comme en témoigne la Loi relative aux minorités nationales et ethniques et à la langue régionale de 2005 qui mentionne l’existence de treize groupes (linguistiques) minoritaires en Pologne . On observe également certains autres groupes qui commencent à revendiquer leur statut de minorités (par exemple les Silésiens et les Wilmowiciens). Ce qui nous a interpellés ici est la décision du gouvernement polonais d’accorder un traitement particulier à l’un de ces groupes. Il s’agit des Kachoubes dont la langue a été déclarée régionale plutôt que minoritaire, même si la différence ne réside en réalité que dans le montant des subventions gouvernementales qui leur sont accordées.
Le présent article entend explorer le raisonnement qui a sous-tendu la désignation du Kachoube, langue Slave occidentale parlée dans le port Gdańsk et le nord-ouest, sud-ouest de la Pologne et, comme langue regionale, alors que d’autres langues moins répandues on été désignées comme « minoritaires » dans le texte de loi mentionné plus haut. Notre étude est fondée sur le concept central d’idéologie langagière qui permet de justifier la hiérarchisation de ces langues. Les différentes dénominations utilisées ont, en effet, un impact non négligeable sur la perception générale de ces langues, tant à l’intérieur de ces communautés de langues régionales/minoritaires que dans le public polonais au sens large.

Figure 1: Carte du territoire des Kachoubes en Kachoubie
http://www.eurominority.eu/version/fra/maps-other.asp (dernier accès le 7 juillet 2011)

Les langues Minoritaires et régionales en Pologne: survol général.
Dans le cas du kachoube, il est clair que le gouvernement polonais a adopté une position territoriale fondée sur le concept de la Kachoubie en tant que région. Ainsi, la Loi relative aux minorités nationales et ethniques et à la langue régionale de 2005 a permis l’entrée du Kachoube dans la législation polonaise en tant que langue régionale officielle dans ce pays – – Art. 19 parag. 2. ‘la langue kachoube sera une langue régionale selon les termes de la Loi (…)’; avec une introduction explicative dans le paragraphe 1 reprenant l’Article 1 de la Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires: ‘Au sens de la présente Loi et en accord avec la Charte européenne (…) “par langue régionale” on entend une langue qui est (1) pratiquée traditionnellement sur un territoire d’un Etat par des ressortissants de cet Etat qui constituent un groupe numériquement inférieur au reste de la population de l’Etat et (2) different de la (des) langue(s) officielle(s) de cet Etat’ .
La loi de 2005 a également reconnu neuf minorités nationales : biélorusse, tchèque, lithuanienne, allemande, arménienne, russe, slovaques, ukrainienne, juive (Article 2, paragraph 2), en les définissant comme ‘groupes de citoyens polonais qui remplissent ensemble les conditions suivantes: 1. Sont en infériorité numérique par rapport au reste de la population polonaise; 2. Diffèrent de manière significative du reste des citoyens polonais par leur langue, leur culture ou leurs traditions. 3. S’efforcent de préserver leur langue, culture ou tradition; 4. Sont conscient de leur propre communauté historique nationale et sont favorables à son expression et à sa protection; 5.Ont des racines ancestrales sur le présent territoire de la République de Pologne depuis au moins un siècle; 6. S’identifient en tant que nation organisée dans leur propre état ’ (Article 2 paragraphe 1).
En outre, quatre groupes ont bénéficié du statut de minorité ethnique. Il s’agit des Karaïtes, Lemkos (Rusnaks), Roms et Tatars (Article 2 paragraph 4); leur définition (Article 2 paragraphe 3) reprend les points 1 à 5 de l’article précédent avec une formulation différente au point 6, à savoir que le groupe ‘ne s’identifie pas en tant que nation organisée dans son propre Etat’. Cette division terminologique artificielle entre minorités « nationales » et « ethniques », sans réelle distinction entre les droits octroyés par la loi aux deux types de minorités a suscité une controverse importante et des critiques de la part des juristes. Elle explique les réserves à l’égard du concept même de ‘ langue régionale’. Il convient d’insister sur le fait que, virtuellement, toutes les régulations stipulées par la Loi (y compris les droits linguistiques) se réfèrent de manière et de degré similaires aux trois groupes ¬– minorités nationales et ethniques et ‘personnes utilisant leur langue régionale’.

L’identité kachoube
Il existe un précédent tristement célèbre à la référence à l’aspect identitaire des kachoubophones en Pologne. Le kachoube a été la cible privilégiée du gouvernement communiste d’après-guerre en 1945 et la déligitimisation de sa langue a été jusqu’à l’interdiction d’utiliser le terme de langue pour se référer au concept de Kachoubianité en polonais: kaszubszczyzna/en kachoube: kaszëbizna), pour désigner ses locuteurs et défenseurs ainsi que tandis que la langue elle-même était considérée comme mode d’expression kachoube (en Polonais mowa kaszubska/ en kachoube: kaszëbskô mòwa) (Mercator 2004) (Nestor, Hickey 2009: 97-98). Cette stratégie a si bien fonctionné qu’il y a encore de nos jours beaucoup de polonais convaincus que le kachoube est en fait un dialecte (Nestor, Hickey 2009: 116):
Cette idée de kachoubianité (plutôt que d’identité linguistique kachoube) est encore vivace. Durant les 16 années qui viennent de s’écouler, je reconnais qu’il y a, certes, eu un changement significatif. Il y a dix-sept ans, personne n’aurait parlé du kachoube comme d’une langue (…)[A l’heure actuelle] nous sommes Polonais mais avons une double identité : nous nous sentons de nationalité polonaise mais nous considérons comme nous sommes aussi des Kachoubes en tant que groupe ethnique et nous avons notre propre langue. (Pryczkowski, 4 July 2006) (Nestor, Hickey 2009: 104).
Notez que c’est l’ethnicité qui est mise en avant, plutôt que l’identité (‘nous sommes … des Kachoubes en tant que groupe ethnique et nous avons notre propre langue’). On pourrait fort bien imaginer amputer cette phrase de sa dernière partie sans que cela fasse une grande différence pour le sentiment d’identité populaire kachoube.

La principale organisation de promotion de la langue kachoube, la Zrzeszenie Kaszubsko-Pomorskie, dans sa planification stratégique de 2006, donne également la priorité au besoin de prendre en considération la gêne occasionnée par la stigmatisation encourageant le changement linguistique. Elle le fait en encourageant le sentiment de fierté d’appartenir au groupe ethnique kachoube et en célébrant sa différence. Il est intéressant d’observer qu’elle justifie cette façon de procéder de la sorte au détriment des compétences linguistiques (ZK-P 2006: 21), sous prétexte que le fait de se considérer et d’être kachoube ne saurait être considéré comme hors de portée d’un locuteur incapable de s’exprimer en Kachoube. Ainsi, cette organisation paraît suggérer que, bien que le renversement linguistique en faveur du kachoube soit souhaitable, la force et la rapidité de ce retournement va dépendre de la promotion d’une identité ethnico-régionale et d’un sens d’appartenance non seulement à la langue mais à la région et à la communauté (ZK-P 2006: 21).

La politique linguistique de l’Etat et le statut du Kachoube
Les transformations de l’appareil d’Etat depuis 1989 ont entrainé un changement immédiat dans la politique gouvernementale envers les questions de minorités avec le large soutien de la société avide, comme en témoignent les débats publics à divers niveaux et l’intérêt phénoménal pour les questions d’ethnicité et de minorités. Le Parlement, à peine élu (sous sa nouvelle forme bi-camérale) en 1990, a mis sur pied un Comité spécial pour les Minorités Nationales et Ethniques, dont la tâche principale fut de préparer un texte de loi permettant de normaliser la situation et la politique concernant les citoyens ethniquement non-polonais. Les préparations, cependant, furent interrompues à de nombreuses reprises au point qu’il a fallu plus de 15 ans avant que la nouvelle Loi entre en vigueur en 2005-6.
Cependant même si les dispositions réglementaires concernant le statut et la position des langues minoritaires (et régionales) en étaient encore à un stage préliminaire, un changement vital dans la politique linguistique gouvernmentale au plus haut niveau fut prononcé dès 1997 dans la Constitution de la République Polonaise qui contenait deux articles ayant directement trait aux droits des minorités.

‘Art.27 – La langue polonaise est la langue officielle de la République de Pologne. Cette disposition ne porte pas atteinte aux droits des minorités nationales tels que prévus par les traités ratifiés.
Art.35 – 1. La République de Pologne garantit aux citoyens polonais appartenant à des minorités nationales et ethniques la liberté de conserver et de développer leur propre langue, de conserver leurs coutumes et traditions et de développer leur propre culture.
2. Les minorités nationales et ethniques ont le droit de créer leurs propres institutions éducatives, culturelles ou religieuses et de participer à la prise de décisions dans le domaine de leur identité culturelle.
La Loi sur la Langue Polonaise de 1999 a permis d’introduire la langue minoritaire comme langue supplémentaire dans les régions comprenant ‘une partie appréciable de population non-polonaise, où les langues minoritaires peuvent être utilisées dans des noms de lieux bilingues, dans les noms personnels et dans l’administration locale’. Cette réglementation était censée être étendue et détaillée dans la Loi sur les minorités nationales et ethniques, puis s’est à nouveau retrouvée à l’état de projet.
La Loi sur la diffusion radiophonique et télévisuelle de 1992 contenait l’obligation générale de répondre aux besoins des minorités ethniques dans les médias publics.
La Loi sur le système éducatif de 1991 a donné aux élèves le droit de conserver leur identité nationale, ethnique, religieuse et linguistique, en particulier celui de suivre des cours dans ou à propos de leur langue maternelle ainsi que sur leur histoire et leur culture spécifique. En 1992, elle fut suivie d’un Décret du Ministre de l’Education Nationale et des Sports sur les conditions et méthodes permettant aux élèves appartenant à des minorités nationales et à des groupes ethniques de préserver leur identité nationale, ethnique, linguistique ou religieuse. Ce décret fut amendé en 2002 – la nouvelle moûture fut cependant considérée par les organisations de minorités comme moins progressistes, par exemple il n’y figurait plus de provisions pour l’éducation pré-scolaire de et en langue minoritaire, l’enseignement en langue maternelle à l’école pour les minorités n’était plus obligatoire et plusieurs directives (par exemple sur l’enseignement de l’histoire géographie) contenant l’expression ‘pays d’origine’ qui pouvaient indiquer le caractère d’immigrants pour les groupes en question.
La plupart des réglementations citées ici faisaient explicitement ou implicitement référence à des minorités nationales et ethniques. Le concept de minorité, même s’il fut très fréquemment utilisé dans les législations antérieures à 2005, n’était jamais défini précisément et demeurait ambigu, malgré le fait que la plupart des autorités à tous les niveaux avait adopté une approche inclusive et que les réglementations étaient appliquées à toutes les minorités reconnues ainsi qu’aux langues minoritaires, y compris le kachoube.
A la même époque, une discussion s’est ensuivie –tant au niveau national qu’au sein des organisations kachoubes- sur la manière dont les Kachoubes en tant que communauté et leur langue devraient être officiellement classifiés et à quel point il était nécessaire qu’ils puissent exercer leurs droits en tant que minorités, y compris leurs droits linguistiques.
Sous la férule communistes, les Kachoubes étaient mentionnés comme “groupe ethnographique“. Sous cette dénomination se retrouvaient les groupes régionaux composant la nation polonaise tels que les Kachoubes, Silésiens, Gorals (montagnards), Mazuriens et Warmiens, Kurpies etc…qui se distinguaient par des spécificités dans leur culture (populaire) et étaient plus fréquemment utilisés par des ethnologues et par des organisations régionales que par l’Administration. En termes de classification linguistique officielle, les “groupes ethnographiques“ étaient associés à des dialectes (kachoube, silésien) ou même à des variétés dialectales polonaise (podhale, zips ou les variantes oraves du dialecte de la Petite Pologne ou du mazurien, le warmien et des variétés kurpiennes du dialecte mazovien). Après la Seconde Guerre Mondiale, quand les ‘Territoires ‘ dits ‘Restitués’ furent incorporés à l’Etat polonais, le terme spécifique d’’Autochtones “ fut forgé pour désigner des groupes régionaux de nationalité soit-disant polonaise et qui –en tant que citoyens allemands- avaient peuplé ces régions avant la guerre, y compris les kachoubes (et poméraniens), les silésiens, les mazuriens et les warmiens.
La situation des Kachoubes en tant que groupe régional, ethnographique ou ‘autochtone’ entre 1945 et 1989 a oscillé entre la discrimination avérée et le regain de sentiment régional (Obracht-Prondzyński 2002). En termes de planification linguistique, le recours au kachoube s’est trouvé cantonné aux domaines du folklore et de la littérature populaire. La moindre tentative de recourir au ‘dialecte’ en cours de polonais se trouvait sévèrement réprimée. Le débat sur le maintien et la standardisation du kachoube a persisté malgré tout et malgré l’absence de référence explicite, a constitué l’un des principaux domaines de recherche de l’association ZK-P. Dans les années 70 et 80 on a posé les jalons du développement du kachoube moderne (littéraire) standardisé notamment les grandes lignes d’une grammaire kachoube (Breza and Treder 1975 ), les principes d’une orthographe kachoube (Breza and Treder 1981) et de dictionnaires bilingues (kachoube-polonais) Bien que marginalisé, et en tant que tel perçu principalement d’un point de vue folklorique, le Kachoube n’a pas subi le destin de désintégration (socio)linguistique typique d’autres dialectes qu’ils soient régionaux ou sous-dialectes en Pologne (hormis le Podhale et le Silésien, cf. Hentschel 2003).
Le concept de ‘minorité (nationale)’ a fait son entrée dans le discours public dans le sillage des transformations politiques et sociales de 1989 pour être rapidement associé à la seule notion de minorité allemande. Le kachoube et ses représentants, ont immédiatement fait le choix de ne jamais utiliser ou se référer au terme de ‘minorité’ dans quelque contexte kachoube que ce soit. Donc le concept jusque là réservé aux spécialistes de ‘groupe ethnique (minoritaire) reservé aux ethnologues polonais depuis les années 80, a fait son chemin dans les media et dans l’usage grand public, ainsi que dans le vocabulaire politico-légal. Ceci est manifeste dans le titre du Comité parlementaire pour les minorités nationales et ethniques ou dans celui de la Loi sur les minorités nationales et ethniques précédemment citée…L’adjectif ‘ethnique’ fut utilisé par les activistes et au sein du mouvement kachoube avec autant d’enthousiasme que le terme encore plus répandu de ‘régional’. C’est cependant ce dernier terme qui a recueilli le plus de faveur dans le contexte de la réorganisation planifiée du gouvernement local initiée en 1999 – la réforme de décentralisation et de régionalisation qui comprenait l’ensemble du territoire ethnolinguistique de la Kachoubie – la nouvelle province de Poméranie (województwo pomorskie; les tentatives de la désigner sous la dénomination de Province ‘Kachoubie-Poméranie’ s’étant révélées vaines jusqu’à présent ).
Comme nous l’avons mentionné plus haut, les autorités n’ont pas exclu le kachoube des législations concernant les langues minoritaires adoptées dans les années 90 et 2000 comme en témoigne, par exemple, le Décret du Ministre de l’Education Nationale et des Sports sur les conditions et méthodes permettant aux élèves appartenant à des minorités natinales et ethniques de préserver leur identité nationale, ethnique, linguistique ou religieuse, texte fondamental pour jeter les bases de l’enseignement du Kachoube dans les écoles de Poméranie, ou encore la Convention Cadre pour la Protection des Minorités Nationales signée en 1995 par la Pologne et ratifiée en 2000. La Convention est, entrée en vigueur en Avril 2001 et elle comprenait plusieurs clauses concernant les minorités nationales, notamment une référence spécifique aux Kachoubes, en tant que groupe ethnique de la Province de Poméranie, qui conservaient leurs traditions régionales et utilisaient une langue différentes du Polonais, dont le nombre était estimé entre 350.000 et 500.000. Les dispositions de la Convention s’exerçaient envers ce groupe y compris dans le domaine des ‘droits linguistiques’. Les rapports de surveillance concernant l’application de la Convention furent publiés en 2002 et 2007. Dans ce dernier rapport cependant, on trouvait la référence au nombre 52.665 personnes ‘utilisant la langue régionale dans un usage domestique’ . Ce chiffre de plus de 52.000 personnes est la conséquence directe de deux événements importants:
– Le Recensement National de la Population de 2002 (dont les résultats furent publiés en 2003); et
– La Loi sur les minorités nationales et ethniques et sur les langues régionales de 2005 approuvée par le Parlement Polonais en janvier 2005.
Le Recensement de 2002 fut le premier depuis celui de 1931 à inclure des questions concernant la nationalité et la langue déclarée des personnes interrogées. Bien que des préparations pour le Recensement, sa méthodologie et son organisation, de même que l’ensemble du processus ait suscité un tollé général de critiques et d’objections de la part des groupes et institutions minoritaires (Kamusella 2009: 637), ces résultats engageaient les autorités tout autant que les dispositions subséquentes de la Loi sur les minorités nationales et ethniques et sur la langue régionale. Les deux questions du Recensements étaient les suivantes and ethnic minorities and the regional language. The Census included two questions:
i. D’après vous, quelle est votre nationalité?
ii. Quelle langue utilisez-vous le plus à la maison?
Selon le Recensement, 444.590 citoyens polonais appartiennent à une minorité nationale – un chiffre qui s’écarte considérablement des estimations antérieures faites par des universitaires et des associations de minorités. Il était très difficile de répondre de manière impartiale à la question de la nationalité ou du groupe ethnique de telle ou telle personne. 770.000 participants n’ont déclaré aucune nationalité.
Le cas des Kachoubes, avec un chiffre d’environ cinq mille personnes se déclarant de nationalité kachoube (ce que l’on nomme ailleurs dans cet article l’option nationale kachoube) mérite des recherches complémentaires, particulièrement pour établir une comparaison avec les résultats du prochain recensement national de la population prévu en 2012.
Nonobstant les réserves émises à propos des indications du recensement et de sa méthodologie, le chiffre de 52.665 personnes parlant kachoube dans un contexte familial est le premier chiffre fiable obtenu depuis les débuts de la recherche entreprise sur les kachoubes et leur langue. Les chiffres antérieurs cités par diverses sources variaient autour des 70.000 d’après les statistiques prussiennes (dans les années 1900) jusqu’à atteindre les 500.000 dans l’Encyclopédie polonaise (dans les années 2000). On trouve également un registre complet de chiffres relatifs à la population kachoube dans Porębska (2006: 56). Il nous parait également utile de rappeler les résultats statistiquement probants obtenus par des projets de recherche sociologique suivants :
– Dans les années 1980 (Latoszek 1990) – 332.044 Kachoubes et 184.117 binationaux ;
– Dans les années 1990 (Synak 2001) – entre 250 et 300.000;
– Dans les années 2000 (Mordawski 2005) – 390.509 Kachoubes et 176.228 binationaux.

C’est pourquoi les chiffres obtenus lors du recensement de 2002 ont dû surprendre nombre d’analystes et de chercheurs, mais surtout les activistes et organisations minoritaires. Dans ce cas, à nouveau, une analyse grandeur nature des aspects quantitatifs de l’usage du Kachoube devront probablement attendre le prochain recensement de 2012 lorsque la méthodologie de l’enquête et sa réalisation ne souleveront plus autant de suspicion de la part des sociologues, hommes polititiques, activistes régionaux voire des personnes interrogées elles-mêmes.
.
Comme nous l’avons indiqué plus avant, les résultats du recensement de 2002 se sont avérés avoir des liens avec, ou avoir réellement des conséquences sur, le plan juridique pour certaines stipulations de la loi la plus récemment adoptée, celle sur les minorités ethniques ou nationales et sur les langues régionales, par les deux chambres du Parlement polonais de janvier 2005. La Loi a intégré le kachoube au système juridique en tant que langue régionale officiellement reconnue -Art. 19 paragraphe 2. ‘Le kachoube sera une langue régionale selon les termes de la loi(…)’; avec une introduction explicative dans le paragraphe 1 reprise de l’article premier de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires : ‘Au sens de la présente Loi et en accord avec la Charte européenne (…) “par langue régionale” on entend une langue qui est (1) pratiquée traditionnellement sur un territoire d’un Etat par des ressortissants de cet Etat qui constituent un groupe numériquement inférieur au reste de la population de l’Etat et (2) différent de la (des) langue(s) officielle(s) de cet Etat’. De toute évidence, les rédacteurs de la Loi n’ont pas cité l’article en question de la Charte verbatim – celle-ci utilise seulement le terme ‘langue(s) régionale(s) ou minoritaire(s)’ tant dans ce passage que dans la suite du texte, sans établir aucune distinction entre les deux types de langues concernées. Ainsi, un usage selectif et qu’on pourrait qualifier de manipulateur de la Charte pour limiter le kachoube au statut régional indique une nette inclination pour un sens territorial de la langue, ce que nous entendons explorer plus avant dans cet article.
La Loi de 2005 était censée inclure également des dispositions fort détaillées concernant la présence du kachoube (en tant que langue régionale au même titre que toutes les langues nationales ou ethniques officiellement reconnues) dans la vie publique :
L’article 20 explique et détaille ce dernier: ‘1. Le droit des personnes utilisant la langue mentionnée dans l’article 19, à étudier ou être enseigné dans cette langue, sera appliqué en accord avec les principes et procédures stipulés dans la loi mentionnée sous 17; 2. Les autorités publiques prendront toutes les mesures nécessaires afin d’assurer le soutien de l’activité visant à préserver et développer la langue mentionnée dans l’art19. Les dispositions de l’art. 18 parag. 2, 3 et 5 seront applicables en conséquence. 3. Les mesures mentionnés sous l’alinéa 2 pourront comprendre des moyens financiers transférés du budget d’un département d’un gouvernement local à des organisations ou institutions réalisant des tâches aux fin de préserver et développer la langue mentionnée à l’art. 19’; et enfin Art. 19 parag. 2: ‘(…) l’art. 7-15 sera en conséquence applicable, dans la mesure où ‘un nombre de résidents de la municipalité’, comme mentionné sour l’art.14, seront considérés comme un nombre de personnes utilisant les langues régionales établi par le résultat du dernier recensement national’.
L’article 17 déjà mentionné légifère sur les droits en matière d’éducation: ‘La jouissance du droit des personnes appartenant à la minorité d’apprendre ou d’être instruites dans la langue minoritaire, tout comme le droit de ces personnes à une éducation en histoire et culture minoritaire seront appliqués selon les principes et procédures stipulés dans la Loi de 1991 sur le système éducatif.’
Les citations extraites des alinéas de l’art. 18 concernent les obligations pour les autorités publiques de prendre les mesure financières appropriées afin de soutenir [sous forme de subventions] les activités visant à protéger, maintenir et développer l’identité culturelle des minorités, y compris: 2. (…) (3) la publication de livres, revues, périodiques et brochures dans les langues minoritaires ou en polonais sous forme imprimée ou par l’usage d’autre type de techniques audiovisuelles d’enregistrement ; (4) subventionner des programmes de télé- et radiodiffusion créés à l’intention des minorités ; (…); (7) la gestion de bibliothèques et de documentation concernant la vie culturelle et artistique des minorités ; (8) l’éducation de l’enfance et de la jeunesse dans des formes diverses’.
Incontestablement, les changements les plus innovateurs en matière de langues minoritaires en Pologne résultent des amendements votés par le Sénat afin de garantir le droit des minorités à utiliser leurs langues en fonction « auxiliaire/d’appoint » dans celles des municipalités (gminy) où au moins 20% des habitants ont déclaré une affiliation à une minorité –c’est là que les autorités ont fait un usage clair et concret des résultats du recensement de la population de 2002, sans avoir averti au préalable les personnes interrogées des conséquences sur le plan légal de leurs déclarations. La Loi contient également une disposition contradictoire à cet égard. Il s’agit de l’article 4, parag. 2: ‘Personne ne sera obligé, à moins d’y être contraint par la loi, de révéler des informations sur son appartenance à une minorité, origine, langue minoritaire ou religion.’
Ainsi, selon l’art. 9,:
‘1. Il sera également possible d’utiliser, avec les autorités municipales, la langue minoritaire en plus de la langue officielle. 2. Une autre langue pourra être utilisée exclusivement dans celles des municipalités où le nombre de résidents minoritaires, dont la langue est utilisée comme auxiliaire, par au moins 20% du nombre total de résidents de la municipalité en question, et qui ont été dûment inscrits dans le Registre officiel des Municipalités (…), où une langue auxiliaire est utilisée. 3. La possibilité d’utiliser une langue auxiliaire signifiera que les personnes appartenant à une minorité (…), auront le droit de: 1) faire une demande auprès des autorités municipales dans la langue supplémentaire, sous forme écrite ou verbale; 2) obenir qu’il soit répondu à sa requête spécifique dans la langue complémentaire, sous forme écrite ou orale.’;
Et enfin l’article 14, décisif : ‘Le nombre de résidents des municipalités appartenant à une minorité (…) sera établi comme chiffre officiel sur la base du résultat du recensement le plus récent’.
Les résultats du recensement de 2002 ont permis d’identifier 51 municipalités, où plus de 20% des habitants déclaraient appartenir à une nationalité minoritaire (dans le cas des Kachoubes, le pourcentage de personne affirmant utiliser la langue fut décisif) : dans 37 d’entre elles – l’allemand (dans les provinces d’Opole et de Silésie) pour 12, le bielorusse et le lithuanien (dans la Province de Podlasie), et dix municipalités – kachoube : Przodkowo (Przedkòwò – 49 %), Sulęczyno (Sëlëczëno – 48.6 %), Stężyca (Stãżëca – 43.2 %), Sierakowice (Serakòjce – 39.9 %), Somonino (Somònino – 30.8 %), Chmielno (Chmielno – 34.8 %), Linia (Lëniô – 35.5 %), Szemud (Szëmôłd – 26.3 %), Parchowo (Parchòwò – 22.3 %), Puck (Pùck – 30.9 %). Dans pratiquement toutes les municipalités en question de Kachoubie, des préparations ont déjà été mises en place pour permettre l’introduction du kachoube sur une base complementaire comme stipulé par la loi.
L’article 12 a également permis un autre changement important dans le paysage linguistique polonais grâce aux dispositions:
‘1. Il sera possible d’utiliser des références toponymiques traditionnelles complémentaires, en plus des: 1) noms d’endroits ou d’objets physiographiques officiels; 2) noms de rues –établis en polonais, compatibles avec des dispositions séparées,
2. Des noms additionnels (…) seront utilisés uniquement sur les territoires des municipalités inscrites dans le Registre officiel des municipalités où les noms sont utilisés dans la langue minoritaire respective (…). Les inscriptions dans le Registre seront faites (…) sur demande du Conseil municipal (…),
5. les noms additionels (…) seront placés après le nom polonais et ne seront pas utilisés isolément; 6. L’établissement d’un nom supplémentaire dans une langue minoritaire donnée sera placé en fonction des règles orthographiques du nom en question. 7. Un nom additionnel de lieu ou d’objet physiographique sera établi dans la mesure où: 1) le nombre de résidents d’une municipalité appartenant à une minorité est d’au moins 20% du total des résidents de ladite municipalité ou, dans le cas d’un endroit peu habité, dans des consultations (…) dans lesquelles plus de la moitié des résidents ayant pris part à la consultation ont approuvé l’établissement d’une toponymie dans la langue minoritaire en plus de la langue officielle; 2) l’inscription au conseil municipal a été approuvée par le Comité sur la Toponymie et les Objets Physiographiques (…). 8. Les dispositions applicables de la Loi (…) s’étendront aux (…) noms de rues additionnels dans la langue minoritaire.’
L’art. 15 définissait les obligations financières lors de l’application des articles 9 et 12: ‘1. Les coûts induits par l’introduction et le recours à une langue soutenue sur le teritoire d’une municipalité et les coûts relatifs à l’ajout de noms supplémentaires (…) seront supportés par le budget municipal(…) 2. Les coûts inhérent aux changements des panneaux d’information en conséquence de l’adoption de noms additionnels pour des endroits ou objets physiographiques en langue minoritaire seront prélevés sur le budget de l’Etat’.
En dépit de problèmes financiers lors de l’application de ces dernières dispositions, de plus en plus de villages dans les municipalités concernés sont à présent identifiables par leurs panneaux d’information bilingues. Initialement, un de ces panneaux routiers portant le nom officiel bilingue fut posé à Szymbark/Szimbark durant l’été 2008; Pourtant des noms de routes, publicités ou même plaques indiquant des noms de rues bilingues officieux étaient déjà apparus en Kachoubie depuis des années. Les maires et activistes Kachoubes laissent entendre que la majeure partie de la Kachoubie pourrait disposer de toponymie bilingue en vertu des référendums mentionné sous l’article 12 parag. 7.
L’étape finale vers l’adoption d’une politique nouvelle (post-transformationnelle) envers les langues régionales et minoritaires fut la ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires du Conseil de l’Europe. Après l’avoir signée en 2003 et au terme de longs débats et controverses, la Pologne a ratifié la Charte en tant que 24ème Etat-Membre. Selon la déclaration incluse dans l’effet de ratification déposé à Strasbourg :
‘La République de Pologne déclare qu’elle appliquera la Charte conformément à la Loi sur les minorités nationales et ethniques et sur la langue régionale datée du 6 janvier 2005. La République de Pologne déclare, conformément à l’article 3 paragraphe 1, de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires que, au sens de la Charte , les langues des minorités en république de Pologne sont les suivantes : le biélorusse, le tchèque, l’hébreu, le yiddish, le karaïm, le kachoube, le lithuanien, le lemk, l’allemand, l’arménien, le romani, le russe, le slovaque, le tatar et l’ukrainien. La langue régionale est la langue kachoube. Les langues des minorités nationales sont le biélorusse, le tchèque, l’hébreu, le yiddish, le lithuanien, l’allemand, l’arménien, le russe, le slovaque et l’ukrainien. Les langues des minorités ethniques sont le karaïm, le lemk, le romani et le tatar. Les langues non territoriales sont l’hébreu, le yiddish, le karaïm, l’arménien et le romani’.
Une classification aussi détaillée des langues « nationales » ou langues des minorités ethniques » a constitué une surprise inédite dans les pratiques jusque là observées lors des ratifications de la Charte. Là encore le kachoube fut officiellement mentionné comme « langue régionale » .
Une autre surprise provint du choix opéré par le Ministère polonais de l’intérieur et de l’administration dans les dispositions énumérées ainsi que par la déclaration que toutes seraient applicables pour toutes les langues énumérées, en évidente contradiction avec l’esprit de la Charte selon laquelle des obligations différentes devraient être adoptées selon les langues fortes ou faibles et sans établir de différence entre la Partie II (obligations générales) la Partie III (disposition détaillées) de la Convention. Soit,
‘La République de Pologne déclare, conformément à l’article 2 paragraphe 2 de la Charte, que les dispositions suivantes de la Partie III de la Charte seront appliquées pour les langues énumérées ci-dessus:
Article 8 (Education) – paragraphe 1 a (i), b (i), c (i), d (iii), e (ii), g, h, i et Paragraphe 2;
Article 9 (Autorités Judiciaires) – Paragraphe 2 a;
Article 10 (Autorités administratives et Services publics) – Paragraphe 2 b, g, and Paragraphe 5;
Article 11 ( Media) – Paragraphe 1 a (ii), (iii), b (ii), c (ii), d, e (i), f (ii), g ; Paragraphe 2 et 3;
Article 12 (Activités et lieux culturels) – Paragraphe 1 a, b, c, d, e, f, g ; Paragraphe 2 et 3;
Article 13 (Vie économique et sociale) – Paragraphe 1 b, c, d, et Paragraphe 2 b;
Article 14 (échanges transfrontaliers) – alinéas a, b’.
Il parait remarquable de voir une si “généreuse” sélection de dispositions dans le domaine de l’éducation et des médias, apparemment irréalisable à la lumière des conditions actuelles dans ces domaines, au regard de la sélection opérée dans d’autres domaines, notamment celui des autorités administratives et de la vie sociale ainsi que des autorités judicières qui semble assez peu modeste.
Par exemple, la sélection des dispositions dans le domaine de l’éducation revient à dire que:
‘En matière d’enseignement, les Parties s’engagent, en ce qui concerne le territoire sur lequel ces langues sont pratiquées, selon la situation de chacune de ces langues et sans préjudice de l’enseignement de la (des) langue(s) officielle(s) de l’Etat:
– à prévoir une éducation préscolaire assurée dans les langues régionales ou minoritaires concernées;(…)
– à prévoir un enseignement primaire assuré dans les langues régionales ou minoritaires concernées;
– à prévoir un enseignement secondaire assuré dans les langues régionales ou minoritaires concernées ;
– à prévoir, dans le cadre de l’éducation technique et professionnelle, l’enseignement des langues régionales ou minoritaires concernées en tant que partie intégrante du curriculum (…)
– à prévoir un enseignement universitaire et d’autres formes d’enseignement supérieur dans les langues régionales ou minoritaires; (…)
– à prendre des dispositions pour assurer l’enseignement de l’histoire et de la culture dont la langue régionale ou minoritaire est l’expression;
– A assurer la formation initiale et permanente des enseignants nécessaire à la mise en œuvre de ceux des paragraphes a à g acceptés par le Signataire;
Tous les engagements ci-dessus doivent être mis en application, notamment dans le cas du kachoube (tout comme pour des communautés linguistiques tels que karaims ou tatars dont aucun locuteur n’a été dénombré dans le Recensement de 2002)
Pour le kachoube, les obligations sélectionnées par l’Etat polonais sont certes d’autant plus généreuses que les lois nationales en vigueur jusqu’alors inapplicables en pratique. Le premier rapport explicatif sur l’application de la nouvelle Convention a récemment été soumis au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe à Strasbourg .
Le concept de ‘langue régionale’
Comme nous l’avons décrit plus haut, le terme de ‘langue régionale’ désignant le kachoube fut utilisé pour la première fois dans le document de travail de ce qui allait devenir la Loi de 2005 sur les minorités nationales et ethniques et la langue régionale.
Le premier précédent à une utilisation cohérente du terme régional en rapport avec une langue dite collatérale fut établi par les législateurs allemands lors de la ratification de la Charte vis-à-vis des langues des minoritaires en Allemagne (Minderheitensprachen: à savoir le danois, le sorabe ou le frison) et du Niederdeutsch (bas allemand) en tant que Regionalsprache (langue régionale)
Ce précédent allemand fut le premier à mettre en lumière le problème légal de tels ethnolectes (en Europe) qui luttent pour un promotion officielle du statut de dialecte – perçu comme injuste et flou d’un point de vue ethnolinguistique– à celui de langue distincte, ce qui relève des domaines politique, historique et terminologique.
Les langues classées comme ‘régionales’ partagent en général certaines caractéristiques relevées dans les critères de ce que les sociolinguistes français nomment les langues collatérales (Eloy 2004) ou Ausbausprachen dans la typologie de Heinz Kloss (Kloss 1967). Ces caractéristiques sont les suivantes:
– Relation génétiquement étroite avec la langue correspondante majoritaire de l’Etat; les régiolectes sont souvent considérés comme étant « simplement » des dialectes de la langue majoritaire/de l’état;
– Processus historique commun assez long, particulièrement sur un plan socio-politique, de la langue régionale et de son corrolaire majoritaire.
– Absence ou sentiment partiel de différence nationale entre les groupes de locuteurs ; cependant forte identification régionale et/ou ethnique avec l’élément principal du sentiment ethnique identitaire/régional;
– Notable différenciation dialectale avec les régiolectes, souvent classés comme groupes dialectaux ou complexes L;
– Absence d’un standard uniforme littéraire, d’une norme littéraire définie ou alors standard encore in statu nascendi;
– Présence d’une littérature dialectale/régionale riche, souvent de tradition ancienne;
– Prestige social comparativement inférieur du régiolecte, souvent inférieur à ce qu’il était par le passé;
– Sous-développement des méthodes de planification linguistique concernant son statut;
– Opposition à l’intérieur du groupe à la perception ou le traitement officiel en tant que groupe minoritaire accompagné d’une résistance paradoxale au fait d’être considéré comme un groupe minoritaire; et identité viscérale nationale et/ou identité linguistique spécifique (Wicherkiewicz 2003; Coluzzi 2007: 24-5).
Les cas du kachoube et du bas-allemand en Allemage attestent qu’en dépit d’évidentes controverses terminologiques et méthodologiques, la nouvelle qualité des législations nationales et internationales a certainement contribué à améliorer le statut et le prestige sociale de leurs communautés linguistiques respectives.
Analyse sociolinguistique de cette démarche.
De toute évidence, les kachoubophones sont considérés de manière distincte des autres citoyens polonais qui emploient ou dont la communauté a traditionnellement employé une langue moins répandue. Ceci n’a pour conséquence aucun statut privilégié se traduisant par un accroissement de subventions ou soutien gouvernemental – en dépit de la distinction opérée dans la Loi de 2005 entre langues régionales et langues minoritaires, qui ont dans les deux cas un accès identique à la manne financière. Cependant, d’un point de vue ideologique, il nous semblent que le traitement séparé du kachoube comme langue régionale privilégie en quelque sorte la langue (et ses locuteurs) dans l’esprit national –nous suggérons que cela provient du fait que les kachoubes et leur langue ne sont pas originaires d’ailleurs ni ne sont en relation avec des entités extérieures à la Pologne, contrairement aux autres langues ‘minoritaires’ de Pologne. Les Kachoubes sont en quelque sorte ‘plus polonais que les Polonais’ au point qu’ ’Il n’y pas de Kachoubie sans Pologne ni de Pologne sans Kachoubie’’ selon le slogan forgé par Hieronim Jarosz Derdowski (1852-1902), l’un des écrivains les plus prolifiques de la littérature kachoube ou encore “tout ce qui est kachoube est polonais ” , le slogan électoral du mouvement des jeunes kachoubes d’Aleksander Majkowski (Obracht-Prondzyński and Wicherkiewicz 2010, à paraître).
Ce que nous observons ici est une division des différentes communautés de langues moins répandues en deux camps fondés sur deux idéologies langagières concurrentes. Si nous interprètons le concept anthropologique d’ideologie linguistique en tant que « système culturel de compréhension des relations sociales et linguistiques, avec leur charge d’intérêts moraux et politiques » (Irvine 1989: 255), il est dès lors possible de comprendre qu’un tel système peut sembler influencer l’attitude des gens et déterminer leurs actions envers les langues moins répandues à des niveaux multiples. Ces deux idéologies fondées sur l’écologie ont été identifiées par McRae (1975) et Myhill (1999), le premier en associant la langue avec l’identité individuelle et le second avec un territoire distinct. Myhill (1999: 34) les nomme l’idéologie langue-et- -l’identité et l’idologie langue-et–territoire. Myhill (1999) justifie le caractère conflictuel inhérent entre ces deux types d’idéologies qui effectivement tendent à s’opposer l’une à l’autre. Le plus souvent, ces idéologies font appel à des notions matérielles en terme d’avantages ou d’inconvénients pratiques à maintenir, étendre ou revitaliser en pratique les langues minoritaires et peuvent souvent être sous-jacentes aux controverses parfois virulentes qu’engendrent ces types d’interventions linguistiques.
L’idéologie langue-et-identité part du principe que ‘la langue est plus ou moins l’identité (ethnoculturelle), ou au moins la partie essentielle de l’identité’ (Myhill, 1999: 37). Les identités linguistiques sont reflétées dans une approche écologique, quasi spirituelle puisque, d’après les plus prolifiques et fervents défenseurs de cette idéologie, ‘la langue maternelle est elle-même un reflet de l’âme’ un reflet de l’âme si ce n’est pas la manifestation même de l’âme’ (Fishman 1989: 276; italique provenant de la version originale). A contrario, l’idéologie fondée sur le territoire qui se concentre sur la relation historique entre une langue et une région donnée, tend à privilégier une langue démographiquement en difficulté en la rendant ‘dominante dans une zone géographique spécifique’ (Myhill 1999: 38). Ainsi, dans le contexte polonais, les langues dites minoritaires sont traitées dans un cadre fondé sur le principe d’identité, alors que le kachoube prend ses racines dans un cadre qui privilégie le principe de territorialité.
Dans son enquête de 2006, au cours de laquelle 760 personnes furent interrogées, Porębska note des signes évident de changement linguistiques et d’identité hybride ainsi que des pratiques langagières ‘mixtes’ parmi les kachoubes interrogés.
Tableau 1: langue maternelle déclarée par les personnes interrogées (Porębska 2006)
Langue maternelle (% arrondis)
Kachoube 10
Les deux [kachoube et polonais] 51
Polonais 39

Tableau 2: identité kachoube (Porębska 2006)
%
Kachoube 19
Plus kachoube que polonaise 6
Plus polonaise que kachoube 20
Polonaise 10
Autres options ou sans opinion 45

Tableau 3: Langues acquises avant la scolarisation (Porębska 2006)
Première langue acquise ( % arrondis)
Kachoube 21
Kachoube et polonais 18
Polonais 60
Allemand 1

Tableau 4: langues parlées en famille (Porębska 2006)
Family language (in round %)
Kachoube 15
Plus kachoube que polonais 10
Kachoube et polonais 38
Plus polonais que kachoube 18
Polonais 20

De telles chiffres indiquent la capacité linguistique inexistante en kachoube, ou une capacité limitée à utiliser la langue sans conséquence sur le sentiment de kachubianité qui manifeste un ancrage territorial ou patrimonial de l’identité.
D’autres facteurs sociolinguistiques furent également pris en considération par Porębska sur une échelle graduée de 1 à 5, comprenant, par exemple.:
Tableau 5: Usage du kachoube par les membres de la famille de la personne interrogée
De 1 – ‘jamais’ à 5 – ‘toujours’
Usage du kachoube par les membres de la famille de la personne interrogée (moyenne)
Grand-parents 4.16
Père 3.60
Mère 3.47
Conjoint(e) 3.44
Moi-même 2.97
Frères et soeurs 2.73
Enfants 2.45
(arrières)petits-enfants 2.00

Tableau Six: Usage du kachoube en dehors du cadre familial
de 1 – ‘polonais’ à 5 – ‘kachoube’
Langue utilisée dans des situations officielles ou semi-officielles (moyenne)
Avec les voisins 2.59
Avec la famille 2.53
Avec les amis 2.19
Lors de réunions de village 2.12
Lors de fêtes 1.84
Avec des collègues au bureau/à l’école 1.78
Avec des supérieurs hiérarchiques au travail 1.63
Avec le curé 1.49
Pendant les cours 1.43
Avec l’enseignant 1.39

Ces données fournissent une indication sur a) le transfert linguistique intergénérationnel vers le polonais au détriment du kachoube et b) le faible recours au kachoube dans des registres plus élevés et dans des domaines formels. Une recherche plus détaillée devra être effectuée afin d’établir si les récentes initiatives en matière de planification linguistique ont été efficaces pour compenser cette tendance.
Dispositions pour le kachoube
Le kachoube est soutenu financièrement par différents canaux. Le Conseil de la langue kachoube (Radzëzna Kaszëbsczégò Jãzëka), fondé en Octobre 2006 travaille en priorité dans le domaine de la planification linguistique, à savoir le corpus, le statut, l’aménagement en matière de technologie et d’acquisition avec une attention plus particulière sur cette dernière en se concentrant sur les questions emblématiques telles que : la phraséologie du kachoube standard littéraire, les contructions syntaxiques favorites, les formes ambigues d’inflexion et d’orthographe ; les prénoms kachoubes ; le recours au dictionnaire normatif kachoube, la compilation de dictionnaires en ligne pour le kachoube, l’enseignement de programmes en kachoube, la terminologie scolaire en matière de théorie littéraire, de mathématiques, de géographie, de chimie, d’enseignement de la diversité linguistique, de la terminologie médiatique, l’utilisation du kachoube dans la sphère publique et dans les transactions juridiques, etc. Ce sont précisément ces planificateurs linguistiques et universitaires de l’Université de Gdańsk (Dantzig) qui considèrent que la forme littéraire unifiée et standardisée (lëterackô kaszëbizna) (Treder 2002: 102-103) est la principale (pour ne pas dire l’unique) forme de kachoube qui devraient être maintenue et soutenue par et dans l’éducation, l’administration, les institutions culturelles et l’Eglise. De fait, une idéologie vient s’allier à celle de la territorialité et entre en jeu ici, il s’agit de celle de la standardisation. Alors que le principe de territorialité cherche à confiner une langue dans un espace géographie donné, le principe de standardisation linguistique cherche à la l’enfermer dans un ensemble de normes déterminées. Les deux approches font sens, bien sûr, puisque l’absence de toute norme efficace en matière d’aménagement linguistique avant 1989 a pour conséquence une réelle urgence à trouver des solutions si l’on veut que le kachoube survive en tant que moyen de communication verbale au XXIème siècle. D’où l’établissement d’un cadre reconnu pour le kachoube afin de le préserver. Cela étant établi, il n’en demeure pas moins que cela exclue de facto les kachoubophones qui ne se trouve pas sur le territoire « correct » ou qui n’utilisent pas une forme « correcte » (standardisée) de cette langue au risque de s’aliéner ces locuteurs qui n’ont pas appris le kachoube dans un cadre scolaire.
Le principe de territorialité est également applicable dans la disposition concernant l’enseignement du kachoube et dans l’administration. Les débuts de l’enseignement du kachoube après les transformations démocratiques de 1989 se sont concentrés sur le lycée kachoube ouvert en 1991 à Brusy dans le sud de la Kachoubie, ainsi que dans l’école primaire de Głodnica à proximité de Linia. Après l’ouverture de ces deux établissements, l’enseignement du kachoube s’est répandu, en particulier dans les écoles primaires et au collège. En 2003, 4.780 élèves dans 81 écoles apprenaient le kachoube. A la fin de 2005, 5.196 élèves suivaient des cours de kachoube dans une centaine d’école primaires, 1.345 dans 27 collèges, et 261 élèves dans 3 lycées. Selon les estimations les plus récentes, le nombre d’élèves et d’adolescents ayant suivi des cours de kachoube quelle qu’en soit la forme atteignait presque les 10.000. Depuis 2006, le kachoube peut également être officiellement utilisé comme langue régionale dans l’administration –lorsque la Loi sur les minorités nationales et ethniques et la langue régionale est entrée en vigueur avec des amendements garantissant le droit d’utiliser les langues minoritaires et régionales comme « auxiliaires/soutien » dans les municipalités (gminy), où au moins 20% des habitants déclaraient appartenir à une minorité. Les résultats du Recensement de 2002 révèlent l’existence de 10 municipalités répondant à ce critère en ce qui concerne le kachoube: Przodkowo (Przedkòwò – 49%), Sulęczyno (Sëlëczëno – 48.6%), Stężyca (Stãżëca – 43.2 %), Sierakowice (Serakòjce – 39.9 %), Somonino (Somònino – 30.8 %), Chmielno (Chmielno – 34.8 %), Linia (Lëniô – 35.5 %), Szemud (Szëmôłd – 26.3 %), Parchowo (Parchòwò – 22.3 %) et Puck (Pùck – 30.9 %). Dans pratiquement toutes le municipalités de Kachoubie répondant à ce critère, les préparations vont bon train

Il est intéressant de noter que, dans le case de Stężyca/Stäżëca, seuls 43.2% se sont déclaré d’ascendance kachoube dans le recensement de 2002, alors que, d’après Mordawski (2005: 56), il s’agissait de l’un des trois districts de la région kachoubophone traditionnelle dont les locuteurs de kachoube utilisent cette langue de manière habituelle et dont le nombre excède 50% de la population.

Figure deux: coeur des zones traditionnelles kachoubophones (Mordawski 2005: 56)
Cela pourrait indiquer un certain degré de contestation dans ce que signifie le fait d’avoir une identité kachoube, dans au moins une localité (et peut-être également une autre approche méthodologique parmi les agents de recensement). Cette contestation peut également fonctionner à contrario dans le cas de Szymbark/Szimbark, où les autorités municipales ont délibérément décidé d’ériger une signalétique bilingue, alors même qu’ils n’y étaient pas obligés, moins de 20% de leurs administrés s’étant identifiés comme étant Kachoubes.
Le Rapport du Gouvernment polonais au Secrétaire général du Conseil de l’Europe en application de la Charte Européenne sur les langues régionales ou minoritaires a été esquissé par le Ministère de l’intérieur et de l’administration en mai 2010. Malheureusement on ne trouve dans ce premier jet aucune information sur l’application des dispositions de la Charte. Celui-ci semble se concentrer en réalité sur la Loi de 2005 au détriment de la Charte elle-même.
Parmi les actions soutenues par l’Etat polonais au regard du kachoube, le Ministère prévoit 330.000 złoty polonais (PLN) en faveur d’un projet de rédaction et de publication d’un dictionnaire étymologique kachoube (Boryś, Popowska-Taborska, 1994-2006), donc antérieur à la ratification de la Charte par la Pologne ), et les subventions suivantes:
47.215.061 PLN (€ 11.803.765 ) en faveur des écoles proposant un enseignement du kachoube (en 2009),
334.995 PLN (€ 83, 749) (en 2008) et 200.000 (€ 50,000) PLN (en 2009) pour la rédaction et la publication de manuels kachoubes,
16.624 PLN (€ 4, 156) (en 2008) à “d’autres fins d’enseignement”.
Le projet de rapport contient également une évaluation chiffrée détaillée à propos de l’enseignement du kachoube à l’intérieur du système scolaire dans la province de Poméranie:
Tableau 7: Cours de kachoube en Pomeranie 2008-2010
Année scolaire 2008/2009 Année scolaire 2009/2010
Nombre Elèves Nombre Elèves
Jardins d’enfants 20 189 20 136
Ecoles primières 163 6986 182 8182
Collèges (gimnazjum) 46 1151 52 1257
Lycée (liceum) 4 142 5 201
Ecoles professionnelles 0 0 0 0
Groupes interscolaires – 50 – –
Total 233 8518 259 9776

Aussi impressionnants que soient ces chiffres, l’application strictes du principe de territorialité dans ces deux cas tend à limiter l’accès à ces services pour les kachoubophones ne résidant pas sur les municipalités en question.
En guise de conclusion: Quelle est l’efficacité d’une approche territoriale pour l’aménagement linguistique du kachoube?
Nous avons vu que seules dix municipalités pouvaient se prévaloir des dispositions pour la langue kachoube en tant que langue auxiliaire sur la base du recensement de 2002. Ils sera intéressant d’observer si ces chiffres progressent de manière significative dans le prochain recensement (2011) du fait de la conscience accrue de l’importance des possibilités de subventions accordées à de telles municipalités. Les dispositions en faveur des kachoubophones et leur implantation géographiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Kachoubie proprement dite, se trouvent entravées par le principe de territorialité. Le nombre de 20% de personnes dans toute municipalité se déclarant Kachoube (sans lien d’ailleurs avec leur capacité linguistique à s’exprimer en kachoube) constituant la condition pour l’obtention de l’application des dispositions linguistiques peut également sembler arbitraire – pourquoi pas 10% ou 70%?
En réalité, nous comprenons parfaitement le manque d’enthousiasme des planificateurs linguistiques et des autorités gouvernementales à adopter une approche qui mettrait l’accent sur des indices fondés sur l’identité, étant donné l’attitude des autorités communistes par le passé à l’égard des langues régionales et minoritaires en Pologne. Cette approche, en effet, minimisait l’aspect linguistique de l’identité de ces communautés, et, dans le cas du kachoube, la réduisait à un sens d’identité régionale au point de parler de ‘kachoubianité’ plutôt que de « kachoubophones » (Nestor, Hickey 2009). Il semble qu’une réflexion sur le principe d’identité kachoube serait préférable à son rejet total en faveur d’une approche territoriale si l’on veut avancer dans le sens d’un aménagement linguistique efficace dans le futur. Une approche plus souple de la définition du « sentiment d’appartenance kachoube » qui engloberait les kachoubophones résidant à l’extérieur des 10 municipalités mentionées, donc de la Kachoubie en tant que telle, permettrait d’impliquer un nombre plus important de personnes dans le projet de revitalisation actuel. De plus, une conception plus élastique de ‘qui est kachoube’ permettrait aux personnes aux ascendances mixtes –voire sans aucune ascendance kachoube- de prendre part effectivement à la revitalisation de cette langue. En tout cas, le fait de brouiller les frontières ethniques et identitaires, associé à l’usage de langues minoritaires et régionales est, d’après certains exégètes, très lié au processus de globalisation qui affecte la(les) langue/s tout en poussant les communautés de langues vers ‘une pratique communicative uniformisée ‘ (Heller 2002: 8) mais avec le ‘sceau manifeste de l’hybridité’ (Heller 2000: 10). Considérer cette ‘hybridité’ comme une force et une occasion à saisir plutôt que comme une faiblesse pourrait en fait avoir des conséquences bénéfiques pour les communautés linguistiques qui subissent une baisse démographique ainsi qu’une limitation des domaines dans lesquels leur langue est encore utilisée.
Cependant les planificateurs linguistiques ont le droit de pêcher par excès de prudence lorsqu’ils promeuvent une identité kachoube qui ne soit pas nécessairement liée au fait de parler le kachoube ni à l’attachement, fut-il symbolique à cette langue. Le fait que le ZK-P privilégie la fierté identitaire régionale et ethnique pourrait s’avérer contreproductif si les Kachoubes ne ressentaient plus le besoin de conserver leur langue en tant que partie intégrante de leur identité, à la manière de la grande majorité des Irlandais qui ne ressentent pas le besoin de parler courramment l’Irlandais pour éprouver la conscience de leur identité nationale. Etant donné la tendance actuelle pour beaucoup de langues minoritaires à cesser d’être utilisées de manière régulière, il serait regrettable pour la diversité linguistique en Pologne si tous les efforts fournis pour préserver et étendre l’usage de la langue kachoube ne parvenaient pas empêcher qu’elle ne sombre dans une extinction de son usage au XXIème siècle.
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___ (2012), ‘Geographical shifts and linguistic changes: ‘new’ or ‘urban, speakers of minority languages’, paper given at Languages in the City, Berlin, 21-24 August, 2012.

Particularly focusing on welsh, breton and yiddish.

Cf. Sasse, 1992 about speech behaviour (external setting, speaech behaviour and structural consequences.

t1) traditional ML minority langauges: a geographical approach
Heartland of speech community.
cf. Irish Gaeltacht in Ireland: three maps showing how the territory is increasingly recessing.
in Wales, centering on the concept of Y fro Gymraeg (welsh speaking WALES). also recessing

2) shifts over the course of the 20th century: geographica>identity based speakers. (‘new’ speakers)
we fully support to restore and poularise welsih in other parts of wales. and we also support the welsh culture of those regions which is expressed through the medium of English or other languages. but we believe that the survival of th yfrogymareg is indispensable to the survival and development of walles in the rest of Cymru and as a national angage and to the survival of cyru as a nation 8replanacer cymrag and cymru pour wales.
use of breton in urban centres (cf. neo-bretonnant and nouveau gaelic) in scotalnd
http://www.diwanbreizh.org
immersion shools: in Brest, St Brieuc, Rennes, Nantes and Paris. Always traditional cities for Bretons. Motivation is much more identity based, even when they come from outside britany.
http://www.bbc.co.uk/voices/multilingual/welsh.shtml more speakers in cities than rural areas.
shift in “Yiddishland”
Non territorial language cf. Hickey and Newman’s quotations, ask Mike.
Still spoken in Hassidim communities. Gap between the hassidic and secular speakers.

on ne dirait pas que tu as apris dans les livres
Parfois les écoliers Diwan aussi, on apprend le brezhoneg, tourjous l’èaccent sur la dernière sillabe comme en français et pas l’accent sur la sillabe penultière comme en breton
Ma mère cquand elle parlait francais elle parlait comme ca
c’est juste l’accent, après les mot c’est à preu près les mêmes. C’est juste l’acceent qui est iffierent. cf. Hornsyb 2010

in yiddish semi-speakers trying to acquire the language.
?OUR TEACHERS SPEAK ABSOLUTELY CORRECTLY, MORE CORRENCT THAN i DO, BUT IT HASN’T GOT THE TEYM, IT HASN’T GOT THE TASTE

New speakers features in welsh sho problemns with the ficative for example.

A territorial approach makes sense in the following cases:
langauge associated with a specific area supports the use of the minority langauge as a community langauge.
a ML still used as a community langauge provides a geographically identifiable area where there is a demographic concentratoin of native speakers
in the yiddish, these areas have changed over the past 70 years but they are still identifable and provde demigrahic density
With a core of speakers, learners are provided with an incentive to acquire th langauge.

cf. Christine James, first woman archdruid.
Reraming the ocus of language initiatives by making the MLcommunity

Horton, John, and José Caldéron. 1992. Language Struggles in a Changing California Community. In Language Loyalties: A source-book on the Official English Controversy, edited by J. Crawford. Chicago: The University of Chicago Press.

Durant les années 80, près de 6 millions d’immigrants et de réfugiés, venant d’Asie et d’Amérique latine pour la majeure partie, entrèrent aux Etats-Unis légalement et un nombre impossible à déterminer entra de façon illégale. Leur première destination fut la Californie. En 1983, sa population née à l’étranger était déjà évaluée à près de 20% .

____ (ed.), (1993), Liberalism, multiculturalism and toleration. (New York: St Martin’s Press).

Howard, John. 1997. CHURCHES AND THE NATIVE TITLE DEBATE: e-mail.

In recent days there have been suggestions that I do not believe that church figures should participate in the debate about amendments to the Native Title Act.

Such suggestions are completely wrong.

I have deep respect for the role of churches in Australian society.
Personally, I have strongly identified in recent times with expressions of church opinions on such important social issues as euthanasia, domestic violence and excessive gambling.

I have always defended the right of church figures to speak out on issues they choose beyond those of a strictly religious kind.

At the National Anglican Conference in February of this year I explicitly encouraged church leaders to participate in debate on important national issues.

However, the right to speak freely on a broad range of issues carries with it the obligation to speak in an informed, objective and constructive manner.

It also involves the right of others in the community to freely criticise the views of church figures if they do not accord with the facts, or display undue bias.

Importantly, there is an obligation on those church figures who do enter the debate not to allow the impression to be created that they speak on behalf of all adherents to their particular church or denomination.

The truth is that some of the remarks of church figures in the native title debate, particularly those suggesting racial motives on the part of the government, have given deep offence to many active churchgoers throughout Australia.

The Native Title Amendment Bill represents a fair compromise, achieved by the government after months of negotiations with interested parties, including aboriginal people and Torres Strait Islanders.

Many claims made by church figures about the Bill have been totally wrong.

It is not racially discriminatory. It does not purport to extinguish the common law rights of indigenous Australians. Those who oppose our changes to the right to negotiate process should remember that is not a common law right. It is a procedural right created by the Keating government in its Native Title Act

If the Bill is passed, it will still be possible for aboriginal people and Torres Strait Islanders to make native title claims over almost 80% of the land mass of Australia.

At present, indigenous people who represent about 2% of the population, own or control around 15% of Australia’s land mass. Additionally, there are currently native title claims over approximately 45% of the land mass of Australia.

Additionally, under the Keating government’s Native Title Act, Australian taxpayers are providing $1.3 billion to the Indigenous Land Fund to enable indigenous people who cannot make native title claims to purchase freehold or leasehold land.

Like any other Australians, of course, individual indigenous people can purchase freehold land.

In these circumstances, it is difficult to conceive the factual basis on which church figures and indeed others have variously attacked my government’s legislation as being racist, discriminatory or immoral.

My government remains strongly committed to the reconciliation process.
We have clearly identified the removal of the profound disadvantage of indigenous people in the areas of health, education, housing and employment as the foremost priority in the reconciliation process.

The attempt made by many to portray native title issues as as the only element of reconciliation is both dishonest and neglectful of the true needs of indigenous people.

20 November 1997

___1997. Declaration: e.mail.

ust as nations are no longer able to maintain a separateness in an increasingly globalised world (…)
The Supermarket to Asia Council is a great example of industry and government working together, in this case towards the common goal of increasing the Australian share of the Asian food market. The Council
brings industry and government leaders together to provide the leadership and drive necessary to achieve success for Australian food products in export markets. The target the Council has set, incidentally, is for
export growth to accelerate so that by the year 2001 there will be $16 billion a year in value of Australian food exports to Asia. This could create an extra 10,000 jobs in the agri-food industry.

Connected with the initiative, the Australian Quarantine Inspection Service and the Australian Customs Service are, in consultation with industry, developing a streamlined export clearance procedure to save businesses time and effort in obtaining export clearance.

In the international sphere too, the public service is working to support co-operative ventures.

Australia’s relationship with China is one of our most important bilateral relationships. China’s modernisation will be one of the forces which defines the shape of the twenty-first century. Australia is well placed to
play a key role in assisting that development, particularly as a provider of energy and raw materials but also as a supplier of technology and skills.

When I visited China in March I offered to make available to the Chinese government Australia’s very considerable public sector experience and expertise. Australia has much to offer the region in terms of developing public sector infrastructure in areas such as social security and taxation.
Officials are currently exploring the scope for closer cooperation between Australia and China on these issues.

There is another area of partnership that I would like to announce today and about which I am very enthusiastic. It relates to improved links between Australian businesses and the community sector.

The community sector comprises a large number of non-profit organisations engaged in a broad range of activities including welfare service delivery, sporting and cultural pursuits. These organisations typically rely heavily on volunteer assistance, and each year around 2.5 million Australians participate in voluntary work.

Many of these organisations have special insights and capacities to resolve social problems, and can provide a vital integrating force between different sectors of society.

While governments have an on-going role in facilitating the community sector’s work, including financial support, the business sector also has a role to play.

Consultations indicate a strong interest by business to become more involved. At present only a small proportion of the non-profit sector’s funding is derived from corporate Australia.

As a result, the government has decided on the following approaches to promote closer partnerships:
· I will convene a round table of business and community leaders early next year to develop specific strategies to improve business and community sector partnerships. The round table will also consider the need for a broader consultative process; · from 1998, I will present Prime Ministerial awards in recognition of
business and individual philanthropy; and · the Minister for Family Services, Warwick Smith, will examine other ways of improving recognition of business and individual philanthropic activities, to educating Australians about philanthropy, and enhancing links between the business and community sectors.

I believe there is great scope for further development of co-operative activities across sectors, institutions and the community generally. As the Clerk of the Privy Council and Secretary to Cabinet in Canada said
recently in her annual report to the Canadian Prime Minister, “Partnership arrangements recognize that government does not need to “do it all” for the public interest to be well served”.

Howe, Stephen. 1998. Afrocentrism: Mythical Pasts and Imagined Homes. London and New York: Verso.

Hryniuk, Stella, ed. 1992. Twenty Years of Multiculturalism: Successes and Failures. Winnipeg: St John’s College Press.

Huayhua, Margarita (2012), ‘Hierarchical relations among Women in the Southern Andes’, paper given at Languages in the City, Berlin, 21-24 August, 2012.

Margarita Huayhua
Rutgers University
Hierarchical Relations among Women in the Southern Andes [Slide 1]

In the Andean countries, many studies link Quechua or Aymara language with so-called “Indians” and Spanish with so-called “criollos.” If Indians learn and speak Spanish they are labeled “cholos” or “mestizos.” This way of linking ethnicity to language is connected to an old idea, which is that under the pressure of “modernization,” ethnicity is a gradient phenomenon, in which Native people become modern by assimilation to the Euro-Westernized style of life practiced by elites. This assimilationist framework implies that Native people, for example, those who speak Quechua natively, need to change from their “backward” forms of life to modern ones, in which the inevitable outcome is mestizaje or, as the anthropologist Helen Safa translated the word, “whitening.” One key feature of such whitening is the substitution of Quechua with Spanish, because Quechua is associated with stereotypes of dirtiness, stupidity, backwardness and inability to have good judgment.
The very idea of linguistic mestizaje or whitening reinforces the idea that if Quechua speaking people become fluent in Spanish they will no longer be discriminated against. In reality, even if they become fluent in Spanish, native Quechua speakers are discriminated and identified as inferiors.
In this paper I will talk about stereotypes produce through media and language use in everyday interactions among bilingual and monolingual speakers of Quechua and Spanish in the Peruvian Southern Andes.

[Slide 2]

For example, female Quechua speakers are depicted in the media as unable to produce the Spanish five vowel system, thus speaking a highly accented Spanish.
In the Peruvian TV show “La paisana Jacinta” a Quechua-speaking woman is depicted, first, as unable to make the distinction between the /i/ and /e/, and the /o/ and /u/ Spanish vowels; second, as wearing ugly mismatched clothes; third, as having a dirty face; and fourth, as incapable of learning anything.

[Slide 3]
I argue that this stereotypical depiction is part of the Peruvian imagery of female Quechua speakers, that is, the stereotype of lacking intelligence, dirtiness and ugliness is also created and re-created in daily interactions among women in a minivan service, clinic service, and in Quechua-speaking households in the village of Uqhururu, near the city of Cuzco.

[Slide 4 Cuzco city. 5 village]
But there is a particular difference: while the media stereotype circulates unchallenged across the Peruvian country, the stereotype produced in face-to-face interactions is challenged.
For the reproduction of stereotypes in these settings, access to the Spanish and Quechua languages is key. Let me illustrate how the stereotype of lacking intelligence is produced in the minivan service.
To travel to the village of Uqhururu, passengers can count on only two minivans. The usual passengers in these minivans are employees of institutions located in the village (teachers, medical practitioners, and workers of the municipality)—along with some villagers. From here on I refer to non-villagers as “agents,” since all are positioned vis-à-vis the villagers through specific government institutions.
One morning in April 2010, one of the minivans is overcrowded.

[Slide 6]
Two women board the second minivan. One of them grasps the seat backrest in the second row where two agents are seated. They stare at her with hostility and one of them yells,
24 A5: ¡Allinta sayay doñita ñit’imuwashanki ! ¡Por qué no van en vuestro carro! Esta gente
25 no hace caso, nos incomodan.
26 V6: Manan mamitay tupayamuykichu, sayakullashanin. Manaya huq karu kanchu,
27 lliwpis wihakuytaqa munanchismi, riki?

Translation
A5: You are crushing me, stand properly! Why don’t you travel in your assigned car. These nasty people do not obey, they are making us uncomfortable.
V6: My beloved mother I am not touching you, I am only standing. There is no other car. We all want to travel, right?

The word doñita, the diminutive inflection of the Spanish doña, address the villager as a child. [D]oñita is linked to nit’imuwashanki (see line 24)

[Slide 7],
an expression that asserts that the agent is being crushed, although nobody has touched her. After this utterance in Quechua, the next utterance is in Spanish, which claims that both women should have caught the first car, the one allocated for villagers. The agent’s last utterance (in line 25), no hace caso, nos incomodan portrays the villager and her companion, first as troublemakers incapable of obeying and understanding. And second, it depicts these women as having no consideration for entitled passengers’ space and comfort, making them uneasy by boarding the minivan.
In her response, the villager addresses her interlocutor as mamitay (‘my beloved mother’) to show respect, and acknowledges the agent’s social standing. Then she points out that she has not touched the agent by saying: Mana-n tupa-ya-mu-yki-chu (see line 26). Rather, she is standing: sayakushallanin, which should not bother or cause any trouble. The villager’s closing statement, lliwpis wihakuyta munanchismi riki (in line 27), makes the point that everyone needs to travel—they do not travel to cause trouble or be harassed by other passengers,
regardless of their social position. In view of this response, the agent and her companion both look at each other, move closer together, and frown in disapproval of the woman’s behavior.
The Quechua speaker looks briefly at the agents, resting her gaze on the window and uttering nothing further. The van reaches Uqhururu. Both female villagers get off on the main road.
Let’s examine an interaction from the village clinic.

[Slide 8]
An agent in the examining room is filling out the patients’ registry book. A patient comes in and sits facing the agent. The agent asks:
41 A3: Niway este- imawan CUIDAkunki qan (.) ah (?)
42 P3: Mana siñurita kuyrakuymanchu
43 A3: Por qué (?) Otro wawa kanqa
44 P3: Umayman siñurita atakawan

Translation
A: Tell me this-/ what [contraceptive method] will you use (.) ah?
P: Ms. I won’t use any method
A: Why (?) You will have another baby [reviewing a sheet in the medical record]
P: It gives me terrible headaches

Ignoring the patient’s headaches, the agent asserts in both Spanish and Quechua that the patient does not want to take care of herself. The patient becomes silent while the agent, combining Quechua and Spanish adds:
67 A3: …mana wawata aqna animal hinachu kanan (.) solo waka (.) oveja tawa (.)chunka (.) pisqa (.) COMUNlla (.) qan humano kanki igual nuqa hina ¿no cierto?

Translation
A3: …babies cannot come into being like an animal (.) only cows, sheep [have] four, five, ten offspring without any care (.) you are human like me, right?

The agent’s utterance reveals a stereotype about the patient. The patient is portrayed as an animal, a judgment that is even more severe in Quechua than it would be in Spanish or English. Animal hinachu [Slide 9 highlighted with red]
denotes that women who deliver more than three children are like animals. Resembling cows or sheep, they are not human. “Animal”—uywa in Quechua—attributes irrational behavior to those who refuse to use contraception in contrast to those who do, thus showing that one example of rational behavior is having a “proper” number of children.
The racialization of the woman may reach even the privacy of Quechua-speaking households. [Slide 10]
Let me show how with a last example. The municipality of which Uqhururu is part has an explicit policy of “modernizing” the village of Uqhururu by introducing urban domestic disciplines. The municipality sends an agent to visit each household to make sure that it is complying. Sasiku, the host (H), receives the agent (A4) on a patio, who pulls out a form, saying:
79 A4: Mamita visita ah (.) visita domiciliara ña yachankichisña riki?

Translation
A4: Little mama visit (.) house visit; you are familiar with this already, right?

The visitor warns the host that the visit is to assess whether her household meets the municipal guidelines for “house hygiene,” by checking the organization of household utensils, and kitchen and bathroom hygiene.
The Spanish dimininutive mamita [SLIDE 11, highlighted with red], alludes to the assumed lower position of the host who has to fulfill the agent’s demands. The demand is reinforced by visita ah and visita domiciliara [highlighted with purple]; these phrases convey that the inspection is rightful. To avoid any doubts, the agent, switching to Quechua, highlights that everybody in the village knows the program of “house visit.”
They go to the kitchen; there the agent pulls aside a plastic curtain covering a wooden shelving to check mugs, plates, forks, and spoons. After inspecting a mug and touching the plates, she says, muy bien, aqna kanan (‘very good, it must to be like that’). The agent asks questions about water cleanliness and personal hygiene. The host answers quickly with yes or no. The agent goes on to inspect the hygiene of the bathroom. She returns and fills out the form, saying,
80 A4: No deben de echar tierra al baño. Mana allpa kanachu!
81 H4: Mana, mana

Translation
A4: You shouldn’t put soil in the bathroom, there shouldn’t be soil.
H4: No, no.

The agent scolds the host about the bathroom cleanliness first in Spanish and then in Quechua. [SLIDE 12]
She uses Quechua to make sure that the addressee “understands” the rules of cleanliness. The supervision is invasive and it violates the host’s intimate life and the household’s sovereignty in the name of “hygiene habits.” In this interaction the woman is portrayed as having dirty practices that needs to be changed, which will happen through the municipal agent’s biweekly surveillance.
Across the settings, Quechua-speaking women are stereotyped as unable to obey and understand (e.g., in the van service), lacking intelligence (e.g., in the clinic) or being dirty (e.g., in their own households). Although these stereotyping are contested, in most cases, such stereotypes refract television stereotypical representations of Quechua-speaking woman: lacking intelligence, dirtiness and ugliness. The reproduction of the stereotypes in the media and in everyday interactions place female Quechua speakers in a subordinated position in relation to those who primarily have access to Spanish. Such stereotypes help to perpetuate the imagery of the so called Indians as ignorant in need of patronization, and by the same token, they help to maintain and justify the oppression of indigenous people. The circulation of these stereotypes helps to undermine any legitimate claim that indigenous people stand for against the state policies (e.g., mining, agribusiness, and water management).
In these interactions Quechua combines with Spanish in at least four different ways. First, Quechua utterances are followed by Spanish utterances as in line 24. [Slide 13]
Second, Spanish words are inflected by Quechua suffixes as in line 67. Third, Quechua phrases incorporate Spanish lexicon as in line 67. And fourth, a set of Quechua phrases are used after a Spanish utterance to reinforce what has been said in Spanish as in line 79 and 80.
Quechua coming from the mouths of its native speakers is dismissed, as in line 26 and 27.
[Slide 14]
The patterns of mixing Quechua and Spanish reinforce the hierarchical relations between Quechua and Spanish that are informed by racist ideologies. These interactions inform the distinctions made among women, stereotyping as irrational and “lacking hygienic” habits those who have no access to the language of power. Linguistic mestizaje or whitening is not a way station in a pattern of linguistic assimilation. Rather, it informs the nature of social dominance; at the same time such patterns are determined by the local social dominance in the southern Andes.
I have illustrated how Quechua becomes instrumental in reproducing hierarchical relations among women (and, I might add, men), in everyday interactions. In these interactions Quechua-speaking women are discriminated against and subordinated as social inferiors. The standard stories of linguistic assimilation and mestizaje, on the one hand, and the persistence of Quechua on the other, disguise a much bleaker story in which even interactions among bilinguals index and reproduce patterns of social discrimination and subordination.

Hudson, R.A. 1980. Sociolinguistics. Cambridge: Cambridge University Press.

Hüning, Matthias (2012), ‘Opening Remarks’, paper given at Languages in the City, Berlin, 21-24 August, 2012.

Superdiversity: new development which has been taken along as a major theme of this conference. Dialectology, language change, not necessarily reflected in SL but part of this meeting.

Hunter, James Davison. 1995. Culture Wars: the struggle to define America. 1995: BasicBooks.

Huntington, Samuel (1994), ‘Le choc des civilisations’, Commentaires, 66 (été 1994).

Hyatt, Harry, ed. 1970-78. Hoodoo-Conjuraton-Witchcraft-Rootwork. Vol. 5. Hannibal, MO: Western Publishing Inc.

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Hyltenstam, K., and Viverg A., eds. 1993. Progression and Regression in Language: Sociocultural, Neuropsychological and linguistic Perspectives. Cambridge: Cambridge University Press.

Hymes, Dell. 1974. Foundations in Sociolinguistics: An Ethnographic Approach. Philadelphia,: University of Pennsylvania Press.

Sociolinguistics merits out attention just insofar as it siganls an effort to change the practice of linguisitcs and other disciplines, because their present practice perpetuates a fragmented , incomplete understanding of humanity. Sociolinguisics, so conceived, is an attempt to rethink received categories and assumptions as to the bases of linguistic work, and as to the place of language in human life.
the 3 fundamentals of sociolinguistics:
there is a part of organization of communicative conduct in a community, whose understanding requires a corresponding, new mode of description of language
recognition of this mode of organiszation leads one to recognize that the sutdy of language is a multidisciplinary field towhich ordinary linguistics is indispensable, but to which other disciplines sucha s sociology, social anthropology, education, lolkore and poetics are indispensable a swell
study of this mode of organization leads one to reconsider the bases of lingistics itelf.
One cannot take linguistic form, a given code, or even speech itelf as a limiting frame of reference. One must take as context a community or network of persons, investigating its communicative activities a s awhole, so hat any use of channel and code takes its place a spart fo the resources upon which the members draw.
Diversity of speech presents itself as a problem in many sectors of life, education, national development, transcultural communication. It has been signled out as the hallmark of sociolinguisics.
Bilingual or bidialectal phenomena have been the main focus of the interest hat has been shown in sociolinguistics.
Bilingualism par excellence (e.g. French and English in Canada, Welsh and English in North Wales, Russian and French amon prerevolutionalry Russian nobility) is a salient, specal case of the general phenomenon of linguisitc repertoire. No normal person, and no normal community is limited to a single style of speech, to an uncahbging monotrony that would preclude indication of respect, insolence, mock seriousness, humor, role distance, and intimacy by switchingfrom one mode of speech to another.
Given the universality of linguitic repeortoires, and of choices among the forms of speech they comprise, nit is not necessary that the forms be distinct languages. Relationships of socal intimac or of socal distance may be signaled by switching between distinc languages (Spanaish /Guarani in Paragua), between vaireties of a single language (standard German/dialect) r between pronouns within a sigle variety (German Du/Sie). Segregation of religious activity may be marked linguistically by a variety of whose general unintelligibility depends on being of foreign provenence (e,g, Latin, Arabic, Hebrew) , on being a derived variety of the common language (Zuni) or on being a manifestation not identifiable at all (some glossolalia). Conversely, shift between varieteis may mark a shift betwen distinc spheres of activity (e.g. Standard Norweegian/Hemnes dialect) or the formal status of takd within a single integral activity (latin in Cambridge University degree ceremony).
Until recently, linguistics and sociology seemed miles apart in the United Staqtes. Structural linguistics was conceived as a dicsciplin whcich concened itself little with society.
32.[What is needed, then, is a general theory and body of knowledge within wich diversity of speech, repertoires, ways of speaking, and choosing among them find a natural place. Such a therory and body of knowledge are only now beginning to be built in a sustgained way. It is not necessary to think of sociolinguistics as a novel discipline. If linguistics comes to accept fully the sociocultural dimentiosn, socal science the linguistic dimentions , , of their subject matters and theoretical bases, “sociolinguistics” will simply identify a mode of research in adjacent sectors of each. Linguistics, the discipline central to the study of speech, has been occupied almost wholly with developing analysis of the strucutre of language as a referential code.
In order to develop models, or theroies, of the interaction of language and social life, there must be adequate descriptions of that interaction, and such descriptions call for an approach that partly links, but partly cuts acrorss, partly builds between the ordinary parctices of the disciplines to answer new questions and give familiar questions a novel focus. Such work is t6he essence of what may be called the ethnography (and ethnology) of speaking and communication, as an approach within the general field of sociolinguisitcs].
34. If the task of language classification is taken to be to place languages in terms of their commun features and differences, and if we consider the task from the standpoint of similarities, then four classifications are required. Languages are classified according to feaceatures descended from a common ancestor (genetic classification), features diffused within a common area (areal classification), features manifesting a common structure or structures, iresspective of origin or area (typological classification), and features of common use or social role soch as koine, stanfdard language, pidgin etc.
47. Speech community is a necessary, primary concept in that, if taken seriously, it postualtes the unit of description as a social rather than linguistic entity. One starts with a social group and considers the entire organization of linguistic means within it, rather than start with some one partial, named organization of linguistics called a “language”.
The first confusion is between the notions of a speech community and a language. Bloomfield (1933), Chomsky (1965) and others have in effect reduced the notion of speech community to that of a language, by equating the tow. The result is to hmake “speech community” itself a redundant concept, haning no part to play in research, beyond honoring its definitional foundations with its nominal presence.
48. This first and worst confusion is essentially a confusion between a linguistic entity and a functional role, between an object defined for purposes of linguistic inquiry and various attributes of the counterpart of that object in social life. (this) basic confusion (…) manifests itself with regard to three attributes frequently associated with a « language », having to do with provenance of content, intelligibility and use.
84. Mixed terms lingking linguistics withthe social sciences, especially anghropology, are an old story. One can trace the use of “ethnographic philology” and philological ethnology”, “linguistic anthropology” adn the like from at least the middle of the 19th century.. Until the second world war such terms were usually pharases-coodinate (“linguistcs and ethnology”), genitive (“sociology of language”), and adjectival (“sociological linguistics”). Only since World war II have one-word terms come to prominence (…) ethnolignuistcs, psycholinguistics, sociolinguistcs.

___1987. Foreword. In Language in the USA, edited by C. A. Ferguson and S. Brice Heath. Cambridge: Cambridge University Press.

v. The United States is a more interesting country than it sometimes lets itelf admit. One does not have to go to India or New Guinea for diversity of language. To be sure, it may sometimes seem that there are only two kinds of language in the United States, good English and bad.
Yet within range of the broadcast in such remarks are made may be households where there is knowledge of Spanish, Yiddish, Chinese, Korean, Vietnamese, Italian, German, Haitian, Ukrainian, Hebrew, and more.

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