Une conférence s’est tenue à Beit Gil le 8 juin 2015. 

A la fin du mois de juin, les grandes puissances et l’Iran devraient signer un accord sur les programmes nucléaires iraniens.

Afin de mieux saisir la portée de cet accord, JCall et Beit Gil ont  invité Marc Lefèvre, physicien franco-israélien et Consultant international en sécurité nucléaire

  
La Conférence visait à apporter un éclairage aux préoccupations suivantes:

  • le risque d’une bombe nucléaire iranienne;
  • le conflit autour du nucléaire iranien vu par les peuples israéliens et iraniens:
  • Iran et Israël dans le contexte ;géopolitique du Proche-Orient;
  • Israël et l’affrontement entre Sunnites et Chiites;
  • la politique d’Hassan Rohani par rapport à celle d’Hachemi Rafsandjani

La soirée était animée par René Schwok,  

 professeur associé au Global Studies Institute.

Voici quelques notes très personnelles sur ce que j’en ai retenu 


Programme nucléaire iranien

Des l’époque du Shah, affirmation que les énergies fossiles doivent pérenniser d’autres sources d’énergie 
Nucléaire cher à construire mais bon marché à exploiter cf pays du golfe, Vietnam
Horizon 2003 23 centrales planifiées sous le Shah (Atom 4 place)
2 réacteurs en collaboration avec. Siemens et en 77 entrée de l’Iran dans eurodif (enrichissement civil d’uranium) 10%
Ayatollah crise, profits eurodif gelés 
Tentatives de coopération avec Argentine 
2015 1 réacteur civil de 23 MW avec russes

Situation en dent de scie (arrêt, reprise etc…
2008 4000 centrifugeuses 
19000 aujourd’hui (6-7 bombes)
“Personnellement je considère la menace iranienne comme israélien pas académique” 
Tout le cycle complet est prêt (mines, installations de conversions Uranium 235 seul fissile), installations d’usines d’enrichissement et centres de recherches.
Les mollahs aux buts plus ou moins avouables s’appuient sur consensus national pour poursuivre leur politique qui n’est pas dénuée de visées militaires.

Accord cadre

Pré-accord cadre en 2013
Le seuil critique de 20% (le plus complexe…après ça, on arrive très vite à l’arme nucléaire) d’enrichissement atteint mais cet accord permettrait de ne pas aller au delà.

Avril 2015: accord plus complet qu’anticipé. A surpris les commentateurs 
3,7%
Stock ramené à 300
2ème installation gelée 
On passe de 19000 centrifugeuses (10000 en activité) à 5000
Aujourd’hui il faudrait 3 mois pour faire quelques bombes et avec cet accord on passe à un an
Pourtant le problème n’est pas dans l’enrichissement de l’uranium en réalité. En effet, la filière la plus dangereuse est celle du plutonium (239) contrairement à ce qu’affirme Bibi 3kgs suffisent 

Pour ça il faut des réacteurs de recherche. 
C’est là que réside le danger est (c’est ce qu’ont fait les nord-coréens et les irakiens,idem syriens…. Sous entendu les israéliens également )
Clauses de surveillance et sanctions (traductions divergences): le diable est dans le détail…

Interprétations et conclusions
On ne peut écarter la menace directe qu’un groupe de mollahs fanatisés pourrait faire peser sur la région mais un accord même naïf est préférable à pas d’accord… Il faut savoir cultiver une certaine ambiguïté productive mais veiller à un danger toujours possible!

Dans le monde de mon enfance où blocs “soviétique” et “démocratique” s’opposaient dans un équilibre plus ou moins stable, on aurait pu se dire en entendant ce remarquable orateur qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter dans l’immédiat… Seulement à ce monde dichotomique et relativement cartésien a succédé un monde de grenouilles de bénitiers de toutes obédiences n’ayant pas de vision à long terme.

L’Iran, dont Lefèvre laisse entendre  qu’il est derrière les attentats de Paris (rue de Rennes) et Buenos Aires – ce qui explique la fermeté du Quai d’Orsay sur les conditions de l’Accord- ISIS, l’Arabie Saoudite… Étrange allié d’Israel, le Hamas, le Hezbollah… Autant de pions et d’épines dans le pied d’Israel qui sait ISIS à ses portes en Syrie. Qui peut être réaliste et optimiste? En tout cas l’attaque nucléaire n’est pas un jeu de mollah et en tout cas plus complexe à réaliser qu’il n’y parait si on en juge à l’aune du virus informatique qui a invalidé les données nucléaires iraniennes des deux dernières années😉