Lyon terrienne et fluviale…chaleureuse et amicale!

Mon Cœur de Lyon
1987-2017…30 ans que j’associe Lyon au procès Barbie auquel j’ai assisté de bout en bout et où je faisais pompeusement office d’attachée de presse d’un Alain Finkielkraut qui connaissait infiniment mieux que moi les journalistes présents!

Cela dit, ces journalistes sont très vite devenus mes familiers durant ces débats terriblement impressionnants pour la très jeune femme qui découvrait un univers professionnel qui la conduirait à Kofi Annan un quart de siècle plus tard mais retrouvait alors sa France après 2 ans en Suisse et un au Canada*.

Je me souviens fort bien de Sorj Chalendon, de Ladislas de Hotos, de Paul Lefebvre qui me fit découvrir les bouchons lyonnais mais surtout Jacques Zanetta et Michel Floquet mes grands copains….et les fantômes du fascinant et sulfureux Jacques Vergés et de son ignoble client, les plaidoiries de Mes Lombard, Klarsfeld et Jakubowicz…

Je me souviens également de Bernard Henri Lévy arrivant systématiquement 5 mn après tout le monde pour qu’on le regarde, flanqué d’un autre journaliste, Maurice Szafran…

On se retrouvait après les dépositions bouleversantes et peinions à retrouver nos mots tant était encore intense l’écho des mots prononcés par une Geneviève Antonioz-De Gaulle ou un enfant d’Izieu dans ce vieux Palais de Justice..

Justice … il était temps de la rendre en rééquilibrant ces souvenirs par ceux plus hédonistes d’un très court mais intense week-end dans une ville méconnaissable et encore en travaux.

Le Musée des Confluences méritait sans aucun doute une visite, magnifique écrin humain entre Rhône et Saône rendant enfin justice (encore) aux collections du Musée de l’Homme enrichi des trésors lyonnais et d’acquisitions autochtones remarquables

La Création du Monde, Manasie Akpaliapik
Mermaid 1, Mattiusi Lyaituk
Jacko Kadluk
comme un pont entre l’aube de notre humanité et ce que nous espérons bien ne pas être son crépuscule. Composé d’un socle, d’un cristal et d’un nuage, ce vaisseau des confluences a pour vocation de rétablir le dialogue des différentes sciences à l’écoute de notre spécificité humaine dans tous ses liens avec sa spiritualité, sa génétique ou sa culture. Ses Origines, sa place parmi les Espèces, ses Sociétés ou son aspirations aux Éternités, c’est au pluriel que le Musée accorde en autant d’Espaces les multiples particularités humaines, plaisir de l’œil, provocation à l’intelligence de l’Autre soi-même…

Sa collection permanente, mise en scène avec goût éveille nos consciences avec des choix esthétiques révélateurs de la place de l’art au sein de la science, tandis que ses expositions temporaires qui semblent se jouer de la notion espace-temps, nous invitent en ce moment à éprouver l’infinité de l’Antarctique 

En 2015, dix ans après La Marche de l’empereur, le réalisateur Luc Jacquet, accompagné des photographes Vincent Munier et Laurent Ballesta, conduit une expédition unique au monde. La rencontre entre les équipes de l’expédition et le musée donne lieu à une exposition sensible et inédite, véritable ode à la biodiversité polaire et à sa protection. (Musée des Confluences)

Autant dire que la proche Suisse Romande est étroitement associée à la démarche de sa consœur rhodanienne!

Quant à l’autre exposition, quel pied, elle met aux votres une réflexion sur une pièce indispensable de notre habillement et garantit que tout le monde trouvera chaussure au sien, parfois au prix de tortures chinoises dont le seul récit suffit à nous hérisser d’effroi! 

Qu’elles soient sandales, bottes, mocassins, babouches ou bien d’autres, d’ici ou d’ailleurs, d’hier, d’aujourd’hui et à venir, les chaussures sont intimement liées aux histoires humaines. Il n’est donc pas étonnant qu’elles nous soient si proches, que l’on en ait conscience ou pas. Elles agissent comme témoins de divers modes de vie, comme objets de désirs, et marquent souvent une appartenance à un groupe. Sous le regard de qui sait les déchiffrer, elles révèlent codes et symboles. Ces multiples facettes nous confortent ainsi dans l’idée qu’il n’y a rien d’anodin dans les chaussures que nous choisissons de porter. Au cœur de l’exposition, vous serez amené à vous questionner sur vos propres chaussures et sur ce qu’elles racontent de vous. 

Cela m’a rappelé l’extraordinaire impression laissée par l’artiste israélienne Sigalit Laudau sur des chaussures couvertes du sel de la Mer Morte s’enfonçant dans un lac glacé d’Europe de l’Est!

Toujours est-il qu’après ces hautes considérations, il était temps de passer à table et d’avouer que si la nouvelle cuisine est une “envolée des saveurs” comme le disait Bernard Loiseau, la très très traditionnelle et terrienne cuisine de Paul Bocuse conserve, telle un Musée,ces saveurs si françaises, si terriennes

Escalope de foie gras poêlée sauce passion (credit Thomas Mayo)
Volaille de Bresse en vessie Mère Fillioux Escalope de foie gras poêlée sauce passion (credit Thomas Mayo)
Filet de Sole Fernand Point Escalope de foie gras poêlée sauce passion (credit Thomas Mayo)
voire “terroiristes” d’une France intemporelle qui ne cède que sur les vessies dans lesquelles sont pochées les volailles de Bresse qui sont celle de veaux et non plus de porc…concession qui de toute évidence doit plus à la religion qu’à la correction politique! Allez-y, ne fut-ce que pour l’invraisemblable Soupe aux Truffes Noires VGE
credit Thomas Mayo
qui vaut toutes les saveurs du monde… et pour le Paris-Brest simplement extraordinaire!

Mais si le propre du genre humain est bien dans son appétit à accommoder la nourriture bien au-delà de la seule notion de satiété et à y retrouver bien autre chose que du goût, il réside aussi dans son appétence à socialiser avec d’autres au-delà de ses appartenances…et le Lyonnais mieux que tout autre vous ouvre son amitié et vous livre sans réserve ses petits tuyaux de grand gastronome!

Merci à Thomas pour son idée géniale d’aller à l’Auberge du Pont de Collonge (et ses photos hereafter), à Anita pour l’avoir réalisée, au merveilleux Maître D’ de chez Bocuse pour nous avoir mises sur la route des marchés d’exception**, à Denise, notre hôtesse d’Airbnb pour nous avoir mis sur celle de La médiévale Ile Barbe et de la patisserie Jocteur et enfin au charmant jeune homme, voisin de notre table chez Merle qui m’a aidée à choisir un bon resto traditionnel (chez Pierre et Martine 5, rue Ferrachat), la Brasserie d’Abel (Sous la voûte d’Ainay) qui sert la meilleure viande, qui m’assure que je fus bien inspirée en allant chercher mes fromages chez la Mère Richard, qui me conseille la charcuterie du Traiteur Montaland (notamment son boudin blanc) rue Franklin (2e) et qui ne jure que par les pâtisseries des Halles Bocuse

Mais ce qu’il me reste surtout à visiter, c’est le Couvent de la Tourette!!! Merci Marie-France!

Si ce petit billet ne vous réconcilie pas avec Lyon, je ne peux plus rien pour vous et vous conseille d’aller vous …faire cuire un œuf!

La Cuisine de Paul Bocuse com’era, dov’era depuis 52 ans !
20 000 bouteilles de l’Auberge de Collonges

*j’ai tenu des carnets de ce Procès…un jour viendra peut-être où je les publierai …

** Les Halles de Lyon (Halles Bocuse), Marché de la Croix-Rousse et Marché du quai St Antoine (Célestins)

One thought on “Lyon terrienne et fluviale…chaleureuse et amicale!

  1. eh bien… le moins que l’on puisse dire c’est que ça donne faim (de nourritures terrestres évidemment, mais également d’aller y re-faire un tour car en effet il y a eu kk changements plus qu’intéressants) !

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