Kaddish for Benjamin Barber

Yesterday, my dear, dear mentor, friend and inspiration, Benjamin Barber, passed away. 

Benjamin was this extraordinary author I put so high in my intellectual development that my whole bibliography portal was named after him

Benjamin was a star in the intellectual universe and a New Yorker at that. He had made himself a name and reputation with A Strong Democracy, his powerful book about Switzerland democratic system, but at the time, I wasn’t aware of it.

I discovered Ben back in the 1990s when I was battling with a PhD thesis on a very unknown theme back then in Europe, multiculturalism ….Reading his paper in Esprit (1) was thus a total illumination and when he came to Paris to give a lecture at the Canadian Consulate, I went to attend it. While I was reading with immense interest his freshly out of the print “Jihad vs McWorld” (2), I saw a gentleman smiling at me who asked me how I found this book. I started explaining then in my usual emphatic manner how this guy was a genius and how he had influenced my own research…then I stopped realizing I was talking to this very man. And the rest is history; he accepted to be my mentor on the final stages of my PhD, was the only one who really read it actually and although we kept in contact throughout the years whenever he came close to where I lived (believe me, I went sometimes to London just to meet him one afternoon and hop back to Switzerland!), it was really after 2008 that we renewed closer ties.

I attended his Interdependence Day Conferences in Istanbul, Berlin, LA, Dublin and Amsterdam…Finding there not only hope, solidarity, sheer and exciting intellectual stimulation but a group of friends who, like Ben, like me, understood how interdependent our whole world is.

Benjamin was always a Cassandra, announcing events which nobody believed until it became an evidence. The lack of democracy, the American failure in education(4), the dangerous use of modern technology to evil ends, the corrupt contemporary consumption (5) and more recently the emphasis to be placed on the only truly operational political unit in the world, Mayors, for which he founded a Global Parliament of Mayors exchanging good practices. Today, the whole world uses terms he coined, such as McWorld and Interdependence, and today our interdependent circle of friends is gathering around Leah, Rebecca, Cornelia and the whole Barber tribe to let them know we are all orphans of a fantastic mind.

Ben wasn’t just an intellectual, he was a man who worshiped art, was full of humour and had the sharpest mind to state clearly what he thought.

My friends who find me very direct at times should know I learnt this from the best source.

Unfortunately, this incredible fighting spirit has found on his path the most cruel and devilish enemy, cancer. He fought it bravely till the bitter end. I was meant to come and see him in May to contribute to his work in the best of my abilities…

All I can say tonight apart from my Kaddish to my dear Benjamin, is that I will cherish his last lines to me where he was stating that although cancer was a fight in its own, his fight had a more powerful and evil enemy, neofascist populism and one tool to tame it, the Global Parliament of Mayors. He passed away the day after Marine Le Pen was chosen by a quarter of the French electorate to be Emmanuel Macron’s contender in the French Presidential Elections. I consider it not only my mere duty, but my mission to fight with all my strength to support his just causes.

I leave you know, my friends, as my sorrow is too deep tonight, but you will find below and throughout my whole blog the true inspiration I got from Benjamin Barber. When I made a quick search to identify the posts I made about him, I discovered almost not a single post doesn’t quote him one way or another…

Al malay rachamim,
shochayn bam’romim,
ham-tzay m’nucha n’chona
al kanfay Hash’china,
b’ma-alot k’doshim ut-horim
k’zo-har haraki-a mazhirim,
et nishmat (Name of the Deceased)
she-halach l-olama,
ba-avur shenodvu tz’dakah
b’ad hazkarat nishmata.
B’Gan Ayden t’hay m’nuchata;
la-chayn Ba-al Harachamim
yas-tire-ha b’sayter k’nafav l’olamim,
v’yitz-ror bitz-ror hacha-yim et nishmatah, 

Ado-nay Hu na-chalatah, v’tanu-ach
b’shalom al mishkavah.

V’nomar: Amayn.
אֵל מָלֵא רַחֲמִים
שׁוֹכֵן בַּמְּרוֹמִים,
הַמְצֵא מְנוּחָה נְכוֹנָה
עַל כַּנְפֵי הַשְּׁכִינָה
בְּמַעֲלוֹת קְדוֹשִׁים וטְהוֹרִים
כְּזוֹהַר הָרָקִיעַ מַזְהִירִים
(נִשְׁמַת (פלוני בן פלוני
,שֶׁהָלַךְ לְעוֹלָמוֹ
בַּעֲבוּר שֶׁנָדְבוּ צְדָקָה
בְּעַד הַזְכָּרַת נִשְׁמָתוֹ
.בְּגַן עֵדֶן תְּהֵא מְנוּחָתוֹ
לָכֵן בַּעַל הָרַחֲמִים
,יַסְתִּירֵהוּ בְּסֵתֶר כְּנָפָיו לְעוֹלָמִים
,וְיִצְרֹר בִּצְרוֹר הַחַיִּים אֶת נִשְׁמָתוֹ
ה’ הוּא נַחֲלָתוֹ, וְיָנוּחַ
,בְּשָׁלוֹם עַל מִשְׁכָּבוֹ
וְנֹאמַר אָמֵן

source shiva.com

 

(1)Barber, Benjamin. 1995. Face à la Retribalisation du Monde. Esprit (Juin 1995):132-144.

132: L’AMERIQUE ET LA FRANCE, “république soeurs” partagent le besoin de réconcilier des sociétés multiculturelles et plurielles avec une idéologie civique de la démocratie qui implique l’intégration.
133:S’il est revendiqué en Amérique comme une propriété culturelle, le multiculturalisme hante aujourd’hui, tel un spectre, l’Europe et le monde. La political correctness, les préoccupations de race et de sexe, les controverses sur le “canon”, l’intérêt pour le multiculturalisme qui donne naissance à tous ces phénomènes, continent sans doute de susciter plus de discours aux Etats-Unis qu’ailleurs; mais la pertinence de ces débats pour les autres continents apparaît enfin et la possibilité de tirer des leçons de l’expérience américaine est reconnue.
Le fait (stupéfiant) est que moins de 10% des Etats actuels sont réellement homogènes, et que l’ethnie majoritaire représente plus des trois quarts de la population dans la moitié des Etats seulement. Le multiculturalisme est la règle, l’homogénéité l’exception.
134: la planète, qui s’unifie culturellement et commercialement, devient un monde dont les parties infranationales, ethniques, religieuses ou raciales, sont aujourd’hui beaucoup plus apparentes. Forcées à un incessant contact, les nations post-modernes ne peuvent tenir emprisonnées leur particularités.
137: Aux Etats-Unis, les politiques fondées sur l’identité (identity politics) servent à définir la moitié d’une personnalité double: on parle d’”Italien-Américain” ou d’”Africain-Américain”. Le préfixe (distinctif) définit l’assimilation de l’immigrand dans le suffixe (commun). Les seuls “Américains-Américains” sont les Indiens. Ainsi, être un Américain, c’est avoir une autre identité “avant” son identité américaine; avoir un trait d’union, c’est être véritablement américain”
Les Etats-Unis ont connu une guerre civile dans laquelle une grande partie du pays prétendait faire sécession. Une fois que celle-ci est commencée, il est difficile de l’arrêter. C’est pourquoi ddes méricains s’inquièetent de ce que la politique fondée sur l’identité aille trop loi, même dans notre culture assimilationiste.
139: Le marché capitaliste reste une sorte de porte de sortie(…)de “McMonde”: des forces économiques et écologiques qui exigent l’intégration et l’uniformité et qui hypnotisent le monde à coup de hard rock, d’ordinateurs surpuissants, de fast food, de MTV, Macintosh et MacDonald, enserrant les pays dans un réseau mondial commercialement homogène: un McMonde relié par la technologie, l’écologie, les communications et le commerce”. Le McMonde reste certainement le plus formidable rival du Jihad, et à terme peut même atténuer la force des tribalismes résurgents.
140: il y a toutes sortes de différences, il y a diverses versions du multiculturalisme, même en Amérique où, par exemple, les difficultés des descendants d’esclaves (les Africains-Américains) sont très différentes de celles des immigrants noirs des Caraïbes, qui réussissent bien mieux leur assimilation.
141: En Amérique, la séparation a toujours été une tactique à court terme à l’intérieur d’une stratégie à long terme d’intégration: on reconnaît la différence afin de renforcer le lien des différentes parties avec le tout et de faire la démonstration que l’idéologie du tout représente non pas l’hégémonie d’un groupe mais une possibilité d’inclusion authentique.

(2) Barber, Benjamin R. 1993. L’Excellence et l’Egalité: de l’Education en Amérique. Translated by Michelot, Vincent and Weil François. Edited by J. Heffer and F. Weil, Cultures Américaines. Paris: Belin.

7: Le multiculturalisme, la political correctness, les études consacrées aux minorités raciales et aux femmes dans les universités ainsi que les controverses sur le “canon”, occupent aux Etats-Unis le devant de la scène plus que nulle part ailleurs.
(les nations européennes) étaient des Etats-nations au sens où on l’entendait au XIXe siècle, avec une langue, une culture, une histoire et une relition commune. Elles sont aujourd’hui de plus en plus multiculturelles.
…l’expérience américaine du multiculturalisme, toujours contetée mais relativement réussie, mérite que les Europens lui consacrent quelque attention.
8: Qui plus est, l’interdépendance toujours plus importante en matière économique etde communications entre les différents pays du monde signifie que même les nations qui conservent une homogénéité interne doivent fonctionner dans un environnement global de plus en plus multicultur
9: les Américains ont conservé leur trait d’union, comme dans “Italo-Américain”,”Noir Américain”…
10: Aux Etats-Unis, les Noirs se demandent pourqoi ils devraient honorer une constitution républicaine qui les a condamnés à presque une siècle d’esclavage.
15: des millions d’immigrants votent chque année avec leurs pieds en venant habiter un pays où la moitié des électeurs ne se soucient guère de voter.
L’Amérique, qui passe à l’étranger pour un parangon de la démocratie, semble souvent gouvernée par l’apathie et l’intérêt particulier.
16: notre identité se forge dans une relations dialectique à autrui, et elle est partie intégrante de la famille, de la tribu ou de la communauté.
21:…hystérie collective développée par les médias à propos de la political correctness
22: la plupart des livres publiés sur ce nouvel épisode de la crise chronique de notre système éducatif ont choisi de scinder la démocratie et l’éducationlDasns leur élan conservateur et antidémocratique, leurs auteurs -Allan Bloom (theClosing of the American Mind), Roger Kimball (Tenured Radicals), John Siber (Strait Shooting), Charles J. Sykes (Profscam) et Dinesh D’Souza (Illiberal Education)- associent tous la crise de l’éducationau progreesisme, à l’existence de professeurs gauchistes (radicals) et à un souci d’égalité (entre les étudiants, les cultures et les modèles pédagogiques).
23: Tandis que les enfants européens vont à l’école 240 jours par an, les jeunes Américains, à quelques exception rès,. se satisfont de 180 jours.
24: Les enseignants restent l’un des groupes les moins respectés et les moins payés aux Etats-Unis.
25: mais le but des écoles publiques n’est pas de donner des titres à ceux qui sont éduqués, mais d’éduquer ceux qui n’ont pas de titres.
26: Dans America Revised, qui étudie l’histoire des manuels d’histoire, Frances Fitzgerald offre une étonnante analyse de la manière dont, à mesure que changeaient modes et idéologies, les images ont été remodelées. Bien avant que les Hispaniques et les Américians d’origine asiatique ne commencent à rivaliser avec les Indiens et les Noirs pourse faire une place dans l’hisoire américaine, des débats similaires ont opposé Anglais et Hollandias, puritans et libre-penseurs, fermiers et industriels, patrons et ouvriers, propritéaires d’esclaves et abolitionnistes, fédéralistes et anti-fédéralistes, américains “de souche” (c’est à dire arrivés l’an dernier) et “immigrants” (arrivés cette année), citadins et ruraux, unitaires et pluralistes, progressistes et conservateurs, et d’innombrables d’autres factions.
39: …manuels scolaires qui, d’une génération à l’autre, racontent des histoires différentes, voire contradictoires: “Nous ” sommes les Britanniques, transformés par l’Amérique. “Nous” sommes les puritains et les protestants qui luttons contre des vagues d’étrangers comparables à ceux que nous avons fuis dans l’Europe que nous avons laissés derrière nous, et qui sont catholiques, corrompus et insassimilables. “Nous ” sommes un cruset qui absorbe vague après vague de nouveaux venus originaires de culrtures étrangères et qui les assimile dans la culture américaine. “Nous ” somems une nation pluraliste d’immigrants, une riche tapisserie de différences multiculturelles qui ne se fondent pas mais contiennent et embrassent desmondes variés. “Nous ” sommes une mosaïque dont la structure commune est constituée de morceaux séparés dont le carctère distinctif est essentiel à l’ensemble. “Nous ” sommes la grande majorité américaine, ceux qui ne sont pas propriétaires, les esclaves, les ofpprimés, les femmes, ceux qui ne sont pas blancs, les fermiers, les ouvriers, tous ceux que l’Amérique a exploités davantage qu’elle ne les a libérés et qu’elle a davantage trahis que soutenus par sa constituion théoriquement démocratique. Laquelle de ces hsoitres es t la nôtre? Cela dépend de quelle histoire, de quelles histoires nousnous réclamons.
L’hétérogénéité américaine fait que l’histoire des Etats-Unis, avec le temps, devient nécessairement plurielle, au sens où chaque génération la réécrit et la confronte avec la réalité du pluralisme. Plus l’histoire est inclusive, plus sa trame est pluraliste.
41: D’un autre côté, si en réaction à cette orthodoxie à oeuillères, l’histoire américaine n’est conçue que comme l’histoire d’une agression impérialiste et d’un génoci et, ainsi que le veulent certains tenants d’un révisionnisme radical, comme une histoire dont le seul but est l’exclusion, notre identité présente abandonne toute possibilité d’idéalisme et de jsutice.
52: …culture entièrement trournée vers le présent”
53: l’histoire américaine n’a peut-être jamais été aussi controversée qu’aujourd’hui, mais elle a toujours été plus controversée que les élites ne l’auraient souhaité. La perspective multuculturelle n’a de nouveau que le nom.
54: l’Amérique a toujours été la tentive de peuples multiples de devenir un peuple, la recherche de l’unité dans la diversité et la pluralité.
L’idée puriste d’une nation anglo-saxonne, blanche et prostestante (WASP) ne fut jamais que l’espoir péremptoire d’une partie de la population immigrante de l’Amérique. Ironiquement, lle survit aujourd’hui, princialement à l’état de cible de critiques cyniques.
55: creuset ou patchwork ou? Nation unie ou tapisserie multiculturelle?Terre vierge ou nation indienne?Terre de l’esclavage ou terre des braves (note: référence à l’hymne américain)?
E pluribus unum , affirmons-nous avec vantardise, mais nous ne sommes ni unis ni vraiment à l’aise dans notre diversité.
56: Mais dans les faits, la logique de la politique américaine a pris la direction inverse: le unum arraché à la diversité redit possible la survie au long terme de pluribus.
Divisés par la foi, la race et le sexe, par les classes sociales et les origines ethniques, par la géographie et l’économie, les Américains n’ont de foi en commun que celle de la communauté, que celle du public.
58: les Américains d’orignie hispanique ou asiatique ont fait preuve de moins de scepticisme, mais les Noirs, le groupe d’immigrants le plus ancien et le seul à être venu aux Etats-Unis conre son gré, est le moins persuadé que “notre” histoire puisse jamais être “leur” histoire.
62: Americains à trait-d’union: Nous travaillons à l’oubli, mais nous n’y réussissons pas toujours. Michael Walter n’est qu’un des ceux qui,nombreux, affirment que notre culture “natinale” est en fin de compte plurielle et que, dans l’immédiat, les Américains garderont leur trait d’union.
63:il se trouve en effet que l’histoire de l’amerique doit expliquer une identite composite qui melange l’imagerie assimilationniste du creuset (melting pot) structurée autour d’un patriotisme constitutinnel, avec, à la fois, une identité monoculturelle enracinée dans le protestantisme anglo-saxon et une identité multiculturelle qui est pluraliste et contradictoire.
Etre américain, c’est être un tout petit peu schizophrène, comme le démontre cet importun trait d’union qui identifie les racine pré-américaines de tant d’américains.
Même aujourd’hui, l’intérêt pourle multiculturalisme est bien moindre chez les immigrants les plus récents originaires d’Amérique centrale ou du Vietnam que chez les minorités présentes depuis longtemps sur le sol américain.
91: Le concept de nation américaine en tant qu’autoconstituée est particulièrement problématique. L’histoire est loin d’être finie. Il suffit pour s’en convaincre de contempler (…)la triste histoire de la limitation de l’immigration entre 1924 et 1965 qui donna force de loi au sentiment ultra-nationaliste (nativist) qui était l’héritier de certaines tendances protestntes marginales du XIXe siècle tel le parti des Know-nothing (surnom du Parti Américain à l’époque ou il était encore une société secrète);
92…ou encore cette incapacité qui perdure pour les femmes et les Américains de couleur à arriver dans la pratique au rang économique et social que leur promet en théorie la citoyenneté.
96:La version contemporaine de ces questions est une reprise des débats des années 1960, mais aussi des années 1930, lorsque John Dewey et les avocats d’une éducation progressiste ouvrirent un débat fondamental sur le rôle de la liberté dans l’apprentissage du savoir.
98:Par exemple, bien que l’Ame désarmée exploite le sentiment réactionnaire qui flotte dans l’air du temps, c’est avant tout un livre qui raconte ce qui s’est passé à Cornell il y a vingt-cinq ans, lorsqu’Allan Bloom, alors jeune professeur de philosophie, vit avec horreur le monde réel de la race, des armes et du pouvoir empiéter sur son sanctuaire intellectuel.
(2)La génération qui, il y a vingt ans, défiait le corps professoral, est aujourd’hui le corps professoral, ou tout au moins, une partie influente de celui-ci. Les longs cheveux sont devenus gris, sont tombés ou ont été coupés, mais les idéaux qu’ils abritaient autrefois contienent à donner corps à des conférences de sociologie sur les cultures non-occidentales et à des séminaires de science politique qui explorent les idées de politique de l’environnement ou de révisonnisme dans la libération des femmes.
109:La political correctness est un terme inventé par des critiques conservateurs et des journalistes provocateurs pour dénier droit de cité à ceux qui s’inquiètent de la façon dont la parole peut refléter les relations de pouvoir. Il sert aussi à détourner l’attention des tristes réalités du racisme dans une société où les minorités sont très généralement privées de pouvoir, pour se placer plutôt sur le terrain de la disculpation d’une rhétorique absurde qui permet à une puissante majorité blanche (ou masculine ou hétérosexuelle ou chrétienne) de prétendre qu’elle est en fait le groupe menacé.
(2)Les conservateurs s’inquiètent des libertés que le département d’anglais de l’Université Yale prend avec la littérature, mais ils ne semblent pas remarquer que les départements d’anglais (tout comme ceux de philosophie, de littérature comparée, d’études noires ou féministes, où l’on trouve la minuscule minorité d’universitaires post-modernistes, féministes et non-blancs) sont presque toujours faibles et sous-financés en comparaison, par exemple, des départements d’informatique, de physique, d’économie ou de commerce; ou que Yale continue à produire des hommes blancs (et aussi quelques femmes) qui n’ont presque aucune difficulté à l’adapter à l’élite des professions américianes et à ses a priori culturels familiers; ou que la ville de New Haven (Connecticut), où se trouve Yale, a le plus haut taux de mortalité infantile des Etats-Unis et des rues dans lesquelles de jeunes Noirs s’entretuent régulièrement, assassinant aussi à l’occasion un étudiant blanc de Yale.
112: Mais la critique de la political correctness utilise de mauvais arguments qui pourraient eux-mêmes avoir des conséquences antidémocratiques. Elle met en effet les extrémistes révisionistes, qui cherchent à rendre la parole aux sans-pouvoir, dans le rôle de pollueurs de la neutralité et de l’impartialité.
123:C’est ce qu’ont si bien compris tous ceux qui appartiennent à cette gauche prétendument politically correct et multuculturelle qui refuse de croire q’une égalité formelle et une équité dans les procédures puisse jamais leur offrir une complète et substantielle égalité et une équité dans la réalité. Ils ne veulent pas être politically correct mais ils veulent corriger le déséquilibre politique de programmes universitaires soi-disant neutres. Ils voient des programmes traversés par des généralités et des universalités prétendues qui, en fait, ne contiennent que les écrits d’hommes anglo-américains et européens.
124: ntbp: Affirmative action: ensembles de mesures mises en place après l’adoption en 1964 par le Congrès de la loi sur les droits civiques et visant à favoriser, à qualification égale, l’embauche ou la promotion des minorités, par l’adhésion volontaire à des règles définies de concert avec les autorités judiciaires ou parfois par la mise en place de quotas. Cette pratique est violemment contestée parles milieux conservateurs qui en ont fait un cheval de bataille contre la gauche libérale.
152-153: Ainsi les Juifs en viennent-ils à penser qu’eux seuls peuvent comprendre l’Holocauste, les Noirs que les Blancs ne peuvent mettre en scène des films à thématiuqe noire, les Américains d’origine asiatique qu’un acteur occiental ne saurait jouer de façon crédible un personnage asiatique.
Dans cette vision étriquée, la difféence devient le seul insigne de l’identité et l’histoire commune de l’Amérique s’efface au profit d’une pléthore de contes particuliers de gens particuliers avec des histoires, des sexes, des races ou des préférences sexuelles particuliers.
153: Générateur dans le pays de scepticisme à l’égard de l’histoir emême de la nation et d’une fascination aveugle pour les cultures et les valeurs alternatives, l’hyperpluralisme laisse la génération qui va hériter des Etats-Unis à peine surnageant dans la diversité, la relativité culturelle et le doute corrosif, et p-153rivée de presque toute notion de communauté, ou encore de la valeur du besoin même de communauté.
165: Dans une société où personne ne lit, sauf si on l’y oblige, la b ataille de la cultrue -quelle qu’elle soit, est peut-être déjà percue. Quand la culture du ghetto et la culture des puissants sont toutews deux analsphabètes, quelle différence entre l’anglais « noir » et l’anglais « blanc ».
166:Une introduction à l’histoire américaine ou à la science politique devient un cauchemar pédagogique lorsque, dans un amphithéâtre de 400 étudiants, on compte 85 anciens élèves des écoles privées, 200 environ des écoles publiques )la plupart des villes et de leurs banlieues, mais quelques-uns de milieu rural), 40 adultes dont 15 personnes agées, et pratiquement 100 étudiants issus des minorités, dont la moitié arrivent avec des déficiences majeures dans leur formation mais un autre 20% représente le groupe arrvant largement en tête dans les tests, les Américains d’origine asiatique.
170: En d’autres termes, le multiculturalisme a des origines monoculturelles. En tant que société, l’Amérique est une tapisserie de peuples venus du monde entier, chacun avec la fierté de son histoire et ses racines culturelles. Il lui faut des programmes scolaires et universitaires à l’écoute de cette diversité et capables d’attirer des peuples marginalisés vers l’apprentissage du savoir. Mais, système constitutionnel offrant à ces peuples multiples un régime de tolérance démocratique, de pluralisme stable et de respect mutuel qui, dans la mesure où lidéal se raélise, peut protéger toutes les cultures qui le composent, l’Amérique possède une histoire culturelle propre, unique même.
175: De tous les conservateurs qui sont montés à l’assaut de la démocratie, Allan Bloom est celui qui puise au plus profond de la tradition philosophique pour étayer son argumentation. Aucun ouvrage équivalent n’a été aussi lu ou discuté en profondeur que l’Ame Désarmée . Bloom a fait veiller une Amérique soudain soucieuse des périls du relativisme et d’un postmodernisme agressif.
176: le terme de politically correct , ou PC, n’avait pas encore été inventé lorsque Bloom écrivit son libre, mais il n’est aucun des aspects les plus nocifs du concept qu’il n’ait anticipé.
(2)L’Ame Désarmée est le plus étonnant, le plus tentant, le plus subtil, le plus savant et le plus pervers des pamphlets, un exercice extraordinaire et ointu dans l’art du Mentir Noblement qui tente de persuader les Américains que la philosophie est supérieure à la vie ordinaire et que donc, l’enseignement universitaire devrait s’organiser autour del ‘édification du Petit Nombre qui incarne la philosophie plutôt qu’autour du Grand Nombre qui incarne la démocratie.
219: Un des compilateurs de doléances anti-jeunes les plus admirés, Dinesh D’Souza, l’auteur de Illiberal Education faisait partie de l’équipe d’agitateurs racistes de la Dartmouth Review, journal d’extrême droite financé par des capitaux extérieurs à l’université et donc participait à cette puérilité anarchique qu’il honnit aujourd’hui à des millions d’exemplaires.


(3) Barber, Benjamin R. 1996. Djihad vs McWorld. Translated by Michel, Valois. Paris: Desclée de Brouwer.

7: Le multiculturalisme, la political correctness, les études consa- crées aux minorités raciales et aux femmes dans les universités ainsi que les controverses sur le “canon”, occupent aux Etats-Unis le devant de la scène plus que nulle part ailleurs. (les nations européennes) étaient des Etats-nations au sens où on l’entendait au XIXe siècle, avec une langue, une culture, une his- toire et une religion commune. Elles sont aujourd’hui de plus en plus multi culturelles. …l’expérience américaine du multiculturalisme, toujours contestée mais relativement réussie, mérite que les Européens lui consacrent quelque attention. 8: Qui plus est, l’interdépendance toujours plus importante en matière économique etde communications entre les différents pays du monde signifie que même les nations qui conservent une homogénéité interne doivent fonctionner dans un environnement global de plus en plus multiculture 9: les Américains ont conservé leur trait d’union, comme dans “Italo- Américain”,”Noir Américain”… 10: Aux Etats-Unis, les Noirs se demandent pourqoi ils devraient honorer une constitution républicaine qui les a condamnés à presque une siècle d’esclavage. 15: des millions d’immigrants votent chque année avec leurs pieds en venant habiter un pays où la moitié des électeurs ne se soucient guère de voter. L’Amérique, qui passe à l’étranger pour un parangon de la démocratie, semble souvent gouvernée par l’apathie et l’intérêt particulier. 16: notre identité se forge dans une relations dialectique à autrui, et elle est partie intégrante de la famille, de la tribu ou de la communauté. 21:…hystérie collective développée par les médias à propos de la political correctness 22: la plupart des livres publiés sur ce nouvel épisode de la crise chronique de notre système éducatif ont choisi de scinder la démocratie et l’éducationlDasns leur élan conservateur et antidémo- cratique, leurs auteurs -Allan Bloom (theClosing of the American Mind), Roger Kimball (Tenured Radicals), John Siber (Strait Shooting), Charles J. Sykes (Profscam) et Dinesh D’Souza (Illiberal Education)- associent tous la crise de l’éducation au progressisme, à l’existence de professeurs gauchistes (radicals) et à un souci d’égalité (entre les étudiants, les cultures et les modèles pédagogiques). 23: Tandis que les enfants européens vont à l’école 240 jours par an, les jeunes Américains, à quelques exception près, se satisfont de 180 jours. 24: Les enseignants restent l’un des groupes les moins respectés et les moins payés aux Etats-Unis. 25: mais le but des écoles publiques n’est pas de donner des titres à ceux qui sont éduqués, mais d’éduquer ceux qui n’ont pas de titres. 26: Dans America Revised, qui étudie l’histoire des manuels d’histoire , Frances Fitzgerald offre une étonnante analyse de la manière dont, à mesure que changeaient modes et idéologies, les images ont été remodelées. Bien avant que les Hispaniques et les Américians d’origine asiatique ne commencent à rivaliser avec les Indiens et les Noirs pour se faire une place dans l’hisoire américaine, des débats similaires ont opposé Anglais et Hollandias, puritans et libre- penseurs, fermiers et industriels, patrons et ouvriers, propritéaires d’esclaves et abolitionnistes, fédéralistes et anti-fédéralistes, américains “de souche” (c’est à dire arrivés l’an dernier) et “immi grants” (arrivés cette année), citadins et ruraux, unitaires et pluralistes, progres- sistes et conservateurs, et d’innombrables d’autres factions. 39: …manuels scolaires qui, d’une génération à l’autre, racontent des histoires différentes, voire contradictoires: “Nous ” sommes les Britanniques, transformés par l’Amérique. “Nous” sommes les puritains et les protestants qui luttons contre des vagues d’étrangers comparables à ceux que nous avons fuis dans l’Europe que nous avons laissés derrière nous, et qui sont catholiques, corrompus et inassimilables. “Nous ” sommes un creuset qui absorbe vague après vague de nouveaux venus originaires de cultures étrangères et qui les assimile dans la culture américaine. “Nous ” sommes une nation pluraliste d’immigrants, une riche tapisserie de différences multiculturelles qui ne se fondent pas mais contiennent et embrassent des mondes variés. “Nous sommes une mosaïque dont la structure commune est constituée de morceaux séparés dont le caractère distinctif est essentiel à l’en- semble. “Nous ” sommes la grande majorité américaine, ceux qui ne sont pas propriétaires, les esclaves, les opprimés, les femmes, ceux qui ne sont pas blancs, les fermiers, les ouvriers, tous ceux que l’Amérique a exploités davantage qu’elle ne les a libérés et qu’elle a davantage trahis que soutenus par sa constitution théoriquement démocratique. Laquelle de ces histoires est la nôtre? Cela dépend de quelle histoire de quelles histoires nous nous réclamons. L’hétérogénéité américaine fait que l’histoire des Etats-Unis, avec le temps, devient nécessairement plurielle, au sens où chaque génération la réécrit et la confronte avec la réalité du pluralisme. Plus l’histoire est inclusive, plus sa trame est pluraliste. 41: D’un autre côté, si en réaction à cette orthodoxie à oeillères, l’histoire américaine n’est conçue que comme l’histoire d’une agression impérialiste et d’un génocide et, ainsi que le veulent certains tenants d’un révisionnisme radical, comme une histoire dont le seul but est l’exclusion, notre identité présente abandonne toute possibilité d’idéalisme et de justice.
52: …culture entièrement tournée vers le présent”
53: l’histoire américaine n’a peut-être jamais été aussi controversée qu’aujourd’hui, mais elle a toujours été plus controversée que les élites ne l’auraient souhaité. La perspective multuculturelle n’a de nouveau que le nom.54: l’Amérique a toujours été la tentive de peuples multiples de devenir un peuple, la recherche de l’unité dans la diversité et la pluralité.L’idée puriste d’une nation anglo-saxonne, blanche et prostestante (WASP) ne fut jamais que l’espoir péremptoire d’une partie de la popu- lation immigrante de l’Amérique. Ironiquement, lle survit aujourd’hui , princialement à l’état de cible de critiques cyniques.55: creuset ou patchwork ou? Nation unie ou tapisserie multicul- turelle? Terre vierge ou nation indienne?Terre de l’esclavage ou terre des braves (note: référence à l’hymne américain)?E pluribus unum , affirmons-nous avec vantardise, mais nous ne sommes ni unis ni vraiment à l’aise dans notre diversité.56: Mais dans les faits, la logique de la politique américaine a pris la direction inverse: le unum arraché à la diversité redit possible la survie au long terme de pluribus.Divisés par la foi, la race et le sexe, par les classes sociales et les origines ethniques, par la géographie et l’économie, les Améri- cains n’ont de foi en commun que celle de la communauté, que celle du public.58: les Américains d’orignie hispanique ou asiatique ont fait preuve de moins de scepticisme, mais les Noirs, le groupe d’immi- grants le plus ancien et le seul à être venu aux Etats-Unis contre son gré, est le moins persuadé que “notre” histoire puisse jamais être “leur” histoire.62: Americains à trait-d’union: Nous travaillons à l’oubli, mais nous n’y réussissons pas toujours. Michael Walter n’est qu’un des ceux qui, nombreux, affirment que notre culture “natinale” est en fin de compte plurielle et que, dans l’immédiat, les Américains garderont leur trait d’union.63:il se trouve en effet que l’histoire de l’amerique doit expliquer une identite composite qui melange l’imagerie assimilationniste du creuset (melting pot) structurée autour d’un patriotisme constitution- nel, avec, à la fois, une identité monoculturelle enracinée dans le protestantisme anglo-saxon et une identité multiculturelle qui est pluraliste et contradictoire.Etre américain, c’est être un tout petit peu schizophrène, comme le démontre cet importun trait d’union qui identifie les racine pré- américaines de tant d’américains.Même aujourd’hui, l’intérêt pourle multiculturalisme est bien moindre chez les immigrants les plus récents originaires d’Amérique centrale ou du Vietnam que chez les minorités présentes depuis longtemps sur le sol américain.91: Le concept de nation américaine en tant qu’autoconstituée est particulièrement problématique. L’histoire est loin d’être finie. Il suffit pour s’en convaincre de contempler (…)la triste histoire de la limitation de l’immigration entre 1924 et 1965 qui donna force de loi au sentiment ultra-nationaliste (nativist) qui était l’héritier de certaines tendances protestntes marginales du XIXe siècle tel le parti des Know-nothing (surnom du Parti Américain à l’époque ou il était encore une société secrète);92…ou encore cette incapacité qui perdure pour les femmes et les Américains de couleur à arriver dans la pratique au rang économique et social que leur promet en théorie la citoyenneté.96:La version contemporaine de ces questions est une reprise des débats des années 1960, mais aussi des années 1930, lorsque John Dewey et les avocats d’une éducation progressiste ouvrirent un débat fon- damental sur le rôle de la liberté dans l’apprentissage du savoir. 98:Par exemple, bien que l’Ame désarmée exploite le sentiment réaction- naire qui flotte dans l’air du temps, c’est avant tout un livre qui raconte ce qui s’est passé à Cornell il y a vingt-cinq ans, lorsqu’Allan Bloom, alors jeune professeur de philosophie, vit avec horreur le monde réel de la race, des armes et du pouvoir empiéter sur son sanctuaire intellectuel.(2)La génération qui, il y a vingt ans, défiait le corps professoral, est aujourd’hui le corps professoral, ou tout au moins, une partie influente de celui-ci. Les longs cheveux sont devenus gris, sont tombés ou ont été coupés, mais les idéaux qu’ils abritaient autrefois contienent à donner corps à des conférences de sociologie sur les cultures non-occidentales et à des séminaires de science politique qui explorent les idées de politique de l’environnement ou de révision- nisme dans la libération des femmes.109:La political correctness est un terme inventé par des critiques conservateurs et des journalistes provocateurs pour dénier droit de cité à ceux qui s’inquiètent de la façon dont la parole peut refléter les relations de pouvoir. Il sert aussi à détourner l’attention des tristes réalités du racisme dans une société où les minorités sont très généralement privées de pouvoir, pour se placer plutôt sur le terrain de la disculpation d’une rhétorique absurde qui permet à une puissante majorité blanche (ou masculine ou hétérosexuelle ou chrétienne) de prétendre qu’elle est en fait le groupe menacé.(2)Les conservateurs s’inquiètent des libertés que le département d’anglais de l’Université Yale prend avec la littérature, mais ils ne semblent pas remarquer que les départements d’anglais (tout comme ceux de philosophie, de littérature comparée, d’études noires ou féministes, où l’on trouve la minuscule minorité d’universitaires post-modernistes, féministes et non-blancs) sont presque toujours faibles et sous-financés en comparaison, par exemple, des départements d’informatique, de physique, d’économie ou de commerce; ou que Yale continue à produire des hommes blancs (et aussi quelques femmes) qui n’ont presque aucune difficulté à l’adapter à l’élite des professions américianes et à ses a priori culturels familiers; ou que la ville de New Haven (Connecticut), où se trouve Yale, a le plus haut taux de mortalité infantile des Etats-Unis et des rues dans lesquelles de jeunes Noirs s’entretuent régulièrement, assassinant aussi à l’occa- sion un étudiant blanc de Yale.112: Mais la critique de la political correctness utilise de mauvais arguments qui pourraient eux-mêmes avoir des conséquences antidémo- cratiques. Elle met en effet les extrémistes révisionistes, qui cherchent à rendre la parole aux sans-pouvoir, dans le rôle de pollueurs de la neutralité et de l’impartialité.123:C’est ce qu’ont si bien compris tous ceux qui appartiennent à cette gauche prétendument politically correct et multuculturelle qui refuse de croire q’une égalité formelle et une équité dans les procé- dures puisse jamais leur offrir une complète et substantielle égalité et une équité dans la réalité. Ils ne veulent pas être politically correct mais ils veulent corriger le déséquilibre politique de programmes universitaires soi-disant neutres. Ils voient des programmes traversés par des généralités et des universalités prétendues qui, en fait, ne contiennent que les écrits d’hommes anglo-américains et européens.124: ntbp: Affirmative action: ensembles de mesures mises en place après l’adoption en 1964 par le Congrès de la loi sur les droits civiques et visant à favoriser, à qualification égale, l’embauche ou la promotion des minorités, par l’adhésion volontaire à des règles définies de concert avec les autorités judiciaires ou parfois par la mise en place de quotas. Cette pratique est violemment contestée par les milieux conservateurs qui en ont fait un cheval de bataille contre la gauche libérale.152-153: Ainsi les Juifs en viennent-ils à penser qu’eux seuls peuvent comprendre l’Holocauste, les Noirs que les Blancs ne peuvent mettre en scène des films à thématiuqe noire, les Américains d’origine asiatique qu’un acteur occiental ne saurait jouer de façon crédible un personnage asiatique.Dans cette vision étriquée, la difféence devient le seul insigne de l’identité et l’histoire commune de l’Amérique s’efface au profit d’une pléthore de contes particuliers de gens particuliers avec des histoires, des sexes, des races ou des préférences sexuelles particu- liers.153: Générateur dans le pays de scepticisme à l’égard de l’histoir emême de la nation et d’une fascination aveugle pour les cultures et les valeurs alternatives, l’hyperpluralisme laisse la génération qui va hériter des Etats-Unis à peine surnageant dans la diversité, la relativité culturelle et le doute corrosif, et p-153rivée de presque toute notion de communauté, ou encore de la valeur du besoin même de communauté.165: Dans une société où personne ne lit, sauf si on l’y oblige, la b ataille de la cultrue -quelle qu’elle soit, est peut-être déjà percue. Quand la culture du ghetto et la culture des puissants sont toutews deux analsphabètes, quelle différence entre l’anglais « noir » et l’anglais « blanc ».166:Une introduction à l’histoire américaine ou à la science politique devient un cauchemar pédagogique lorsque, dans un amphithéâtre de 400 étudiants, on compte 85 anciens élèves des écoles privées, 200 environ des écoles publiques )la plupart des villes et de leurs ban- lieues, mais quelques-uns de milieu rural), 40 adultes dont 15 per- sonnes agées, et pratiquement 100 étudiants issus des minorités, dont la moitié arrivent avec des déficiences majeures dans leur formation mais un autre 20% représente le groupe arrvant largement en tête dans les tests, les Américains d’origine asiatique.170: En d’autres termes, le multiculturalisme a des origines monocul. turelles. En tant que société, l’Amérique est une tapisserie de peuples venus du monde entier, chacun avec la fierté de son histoire et ses racines culturelles. Il lui faut des programmes scolaires et universitaires à l’écoute de cette diversité et capables d’attirer des peuples marginalisés vers l’apprentissage du savoir. Mais, système constitutionnel offrant à ces peuples multiples un régime de tolérance démocratique, de pluralisme stable et de respect mutuel qui, dans la mesure où lidéal se raélise, peut protéger toutes les cul- tures qui le composent, l’Amérique possède une histoire culturelle propre, unique même.175: De tous les conservateurs qui sont montés à l’assaut de la démocratie, Allan Bloom est celui qui puise au plus profond de la tradition philosophique pour étayer son argumentation. Aucun ouvrage équivalent n’a été aussi lu ou discuté en profondeur que l’Ame Désarmée . Bloom a fait veiller une Amérique soudain soucieuse des périls du relativisme et d’un postmodernisme agressif.176: le terme de politically correct , ou PC, n’avait pas encore été inventé lorsque Bloom écrivit son libre, mais il n’est aucun des aspects les plus nocifs du concept qu’il n’ait anticipé.(2)L’Ame Désarmée est le plus étonnant, le plus tentant, le plus subtil, le plus savant et le plus pervers des pamphlets, un exercice extraordinaire et ointu dans l’art du Mentir Noblement qui tente de persuader les Américains que la philosophie est supérieure à la vie ordinaire et que donc, l’enseignement universitaire devrait s’organiser autour del ‘édification du Petit Nombre qui incarne la philosophie plutôt qu’autour du Grand Nombre qui incarne la démocratie.219: Un des compilateurs de doléances anti-jeunes les plus admirés, Dinesh D’Souza, l’auteur de Illiberal Education faisait partie de l’équipe d’agitateurs racistes de la Dartmouth Review, journal d’extrême droite financé par des capitaux extérieurs à l’université et donc participait à cette puérilité anarchique qu’il honnit aujourd’ hui à des millions d’exemplaires

(4) Barber, B. (2007). Consumed: How Markets Corrupt Children, Infantilize Adults and Swallow Citizens Whole, W.W. Norton and Company.

5: On the potency of adolescent culture, liberals and conservatives agree. Writes Robert J. Samuelson, a moderate liberal:”We live in an age when people increasingly refuse to act their age. The young (or many of them) yearn to be older, while the older (or many of them) yearn to be younger.
7: infantilization -not second childhood but enduring childishness – is much more than just a mesmeric metaphor. A new cultural ethos is being forged that is intimately associated with global consumerism. Those responsible for manufacturing and merchandizing goods for the global marketplace, those who are actually researching, teaching and practicing marketing and advertising today are aiming both to sell to a younger demographic and to imbue older consumers with the tastes of the young.
8: Meanwhile the young are big spenders way before they are even modest earners.
10: “Corrupt” and “inefficent” Third World governments are punished; the kids starve, fall ill, and die. In war and poverty, in natural disaster and man-made genocide, they are most often the first victims and the last to benefit from capitalism’s otherwise voracious appetite for consumers.
33: The misuse of normative terms like autonomy and empowerment to rationalize selling to children far too young to possess either liberty or judgment (the two key components of real choice or self-determiing power) is typical of an infantilist ethos that reinforces consumer market ideology by providing corporate predators with an altruistic ethic to rationalize selfish and patently immoral ends.
38-39: At the beginning of the sixteen century (…) two great waves of change swept across Europe. The first was protestantism: (…)cleansing spirit of ascetiscism in the face of a corrupt and worldly Catholic Church. The second was capitalism, (…) a new gospel of entrepreneurship and prosperity in the face of a stagnating feudal economy and a rigid mercantile ideology (…).
When (…) the Puritans sailed for America, they took with them this powerful cultural ideology manifesting the new ethos -this fresh and vibrant ethic capable of assuaging the yearning soul even as it succored the striving body.
41: Much of the pop cultural literature apes Puriasnism’s mood even as it debases its currency. It preaches sobriety (twelve-step programs) while encouraging indulgence (advertising and marketing), calls for temperance of character (conservative cultural critics), even as it molds behavior into a consumerist mold (conservative support for market capitalism.
42: In the new gospel of consumption, spending is holy, as saving was holy in the traditional gospel of investment.
65-66: WEBER’S RATIONAL CAPITALISM.
CALCULATING INVESTOR AND PRUDENT BOOKKEEPERS
Jacob “The Rich” Fugger: At the very moment in 1517 when Martin Luther was pinning his ninety-five theses on the doors of Wittenberg Cathedral, Jacob Fugger (“Jakob der Reich” or Jacob the Rich) was deploying a family forture that came to rival and then surpass that of the Medicis (who controlled the Renaissance supercity Florence) on the way to domeinging Europe from Rome and Madrid to London and Vienna, casting its shadow across the widening world as far as Chile, Peru, and the Orient.(…) Jacob Fugger was using his fortune to help the Papacy sell pardons -the Fuggerei, and institution conceived by Jacob in 1505 that survives into the modern days as both the oldest continuing settlement house in the world, and a landmark in the development of the idea of charitable activity as a responsibility of great wealth. “Gain, save, and give”, which was to become John Wesley’s Methoist gospel, seemed already to be permeating Jacob Fugger’s Catholic soul.
77: We can be glad Carnegie built libraries, glad that the Gateses are battling AIDS, but inequality will not end because billionaires give back some of the spoils of monopoly.
116: As the Protestant ethos once shaped a culture conducive to work and investment, the infantilist ethos today shapes a culture conducinve to laxity, shopping, and spending.
210: Still more recently, English paywrite Tom Stoppard, reflecting on middle Europe under the communitsts, has observed that it was far easier to feel free in composing samzdat works of protest against a communist regime than in composing uncontested works of dissidence in a free brougeois society where anything goes, praise or protest, as long as it earns a profit. Vàclav Havel, the Czech Republic’s theater guru cum president, has drawn similar conculsions based on his experience as poet and politician.
Yet a historically appropriate theory of liberal rights useful in freeing men from Tyranny is not so easily converted into a theory of civic participation useful in justifying democracy and grounding justice in societies hat have long been free, at least in the formal legal sense.
(…)
But nowadays, the idea that only private persons are free, and that only personal choices fo the kind consumers make count as autonomous turns out to be an assault not on tyranny but on democracy.
125: Tocqueville was worried about tyranny of the majority that could be associated with democracy, but hte psychological reality he captured beings with the fact that constraint itself is aimed not a tthe free body but the liberated consciousness. The modern typrant hopes to impede our aims, divert our purposes, and refurmulate our goals. He is not the democratic majority or the public good, he is the enforcer of consumer capitalism’s need to sell. His instrument is not the sate but the very market about whose vaunted liberty he boasts.
132:  In the arena of education (…), the defects of public schooling are thoughts to be remediated by the virtues of parental choice.(…)
What do we get? The incomplete satisfaction of those private wants through a fragmented system in which individuals secede from the public realm, undermining the public system to which we can subsribe in common. Of course no one really wants a country defined by deep educational injustice and the surrender of a public and civic pedagogy whose absence will ultimately impact even our own private choices. (…)Yet aggregating our private choices as educational consumers in fact yields an inegalitarian and highly segmented society in which the least advantaged are further disadvantaged as the wealthy retreat ever further from the public sector. As citizens, we would never consciously select such an outcome, but in practice what is good for “me”, the educational consumer, turns out to be a disaster for “us” as citzense and civic educators -and thus for me the denizen of an American commons (or what’s left of it).
135: We mutter our wan complaints about a violent and salacious pop culture, even as wecount its economic blessings and (with a wink) enjoy its enticing products.
145: Parks, schools, and other formerly public institutions find it difficult to withstand commercialization. (…) Park users may welcome the improvements, and write off the advertising as a necessary cost; but the cost is “necessary” only because private users refuse as citizens to pay and appropriate taxes (the way the French do, for example) to keep up the parks publicly.
166-167: Capitalism in its late consumer phase, preoccupied with selling goods to cusomers who may never need nor desire what is for sale, is well served neither by the forms of identity embodied in the Protestant ethos, nor by the cultural identity politics of the last forty years. Hence, consumerism has attached itself to a novel identity politics in which business itself plays a role in forging identities conducive to bying and selling. Identity here becomes a reflection of “lifestyles” that are closely associated with commercial brands and the products they label, as well as with attitutdes and behaviors linked to where we shop, how we buy, and what we eat, wear and consume.
167-168:the course of the 1970s and 1980s, these new commercial identities have been to some degree generationally defined by a succession of time periods with commercial signatures. The postwar baby-boomer generation was defined by the fecundity of its defining reproductivity, but in time it reappeared in a language that defined its critical relationship to culture and consumerism- the “spoiled” Sixties generation known variously as “hippies”, the “Woodstock generation”, and “flower children”. These earlier generational categories at least referred to cultural attitudes and behaviors or demographic facturs (the “counterculture”). The following generation went temporarily unnamed, but it was eventually dubbed Gen X, it found itself defined more by commerce than by culture. Pointing to those low-birthrate offspring of the 1960s who some called self-indulgent slackers, it actually defined a generation that in cultural historian Paul Fussell’s description wanted to “hop off the merry-go-round of status, money and social climbing” that had characterized the baby boomers of the previous generatin. Gen Y succeeded Gen X and was intended to portray a generation almost entirely in terms of consumption. (…). In Japan, GenXers have been called the “thumb generation” -because those under twenty-five are defined not by the “content of their character” but by their affinity for mobile text-messaging by thumb (…). In India, young entrepreneurs identify themselves as “Zippies” (…)
168-169: These evolving demographic caategories quickly found their advertising counterparts in explicitly commercial slogans such as “the Pepsi generation” or “the Wired generation”, or by association with strong lifestyle brands(…). Branding also comes via surrogate identity television shows such as Cheers (…); Sex and the City (…), The Sopranos (…) and Desperate Housewives.
213: In the first decade of the new millenium, consumers find themselves trapped in a cage of infantilization, reinforced by privatization and an identity politics -call it an identity antipolitics- of branding.
214: Consumers are not citzens, and when a system pretends that they are, peculiar and even perverse things happen to decision making and to democracy, as well as democracy’s commitment to diversity.
(…)
The Enlightenment had created workds of liberty, privacy and tolerance unknown to earlier societies. The new liberal ideologies that helped emancipate eighteenth-century men and women were oppositional (their targets were absolute monarchy and an authoritarian church).
216: The new culture industry, purveying the myth of what I have called consumer empowerment, claimed
That standards were based in the first place on consumer’s needs…(a)circle of manipulation and retroactive need in which the unity of the system grows ever stronger”(Adorno, T. W. and H. M. . (2002). Dialectic of Enlightenment. Stanford, Stanford UP. p. 121)
260-261: Changes will come from the inside out but also from the oustide in, much as a successful therapy does. It will require action by reengaged citizens as well as by resisting consumers. The restoration of a healthy pluralism in which human values are multiple and material consumption but one in a a cornucopia of human behaviors will in fact quite precisely require a social therapy that treats our defining civic schizophrenia -a civic therapy that restores the balance between private and public, giving our public civic selves renewed sovereignty over our private consumer selves and putting the fate of citizens ahead of the fate of market. This involves both a restoration of capitalism to its primary role as an efficient and productive way of meeting real economic needs, from supply (or push) back to demand (or pull), and a restoration of the democratic public as the sovereghn regulator of our plural life worlds -of which the marketplace is just one among equals.
261: (Forms of Resistance worth exploring) These dialectical reactions include three quite specifically cultural responses to consumerism that grow out of consumerism itself. I will discuss them under the rubrics cultural creolization, cultural carnivalization and cultural jamming. They include two market-side responses that pursue public goods in privatge market ways, namely the twin strategy of corporate citizenship and civic consumerism, discussed in the final chapter.

(5) Barber, B. (2010). America’s knowledge deficit. The Nation. New York. (see my own post)

Going into midterm Congressional elections that he knew wouldn’t turn out to his liking, President Obama complained that politics was tough because “facts and science and argument” do not “seem to be winning the day all the time.” He was echoing President Clinton and others who have complained that voters know more about football than political issues and, with their minds made up, can’t be “bothered with the facts.” In 2004 John Kerry voiced the same worry: “Facts, science, truth seem to be significantly absent from what we call our political dialogue.” In a New York Times “Week in Review” essay reminding us of these complaints the Sunday before the election, Peter Baker notes that many observers saw them as “elitist”—the seeming disdain of politicians for the intelligence of ordinary voters. But the real story is less about elitism or the new know-nothingism than about democracy and what I want to suggest is a novel and treacherous epistemological deficit. We already know too many Americans know rather too little. A recent Pew survey confirmed that the religious are often “profoundly ignorant about religion”—above all, their own. At least in the survey, one’s level of education was a predictor of knowledge. Not so in other domains. College students remain woefully ignorant about history and geography; year in and year out, many of my students cannot place the Civil War in the right century or Iraq on the right continent. And our beleaguered president knows all too well that 20 percent of his fellow citizens—up from 11 percent two years ago—insist he is a Muslim, and more than 25 percent doubt he was born in the United States. Not to mention all those Americans who believe 9/11 conspiracy theories (Bush did it! The CIA did it!) or that extraterrestrials hijack people (as of last year, a New England support group for abductees claimed a growing membership of 1,500). But it is not what Americans don’t know that is so pernicious to our democracy (they can always be educated); it is that they don’t know what knowing actually is. Standing in the background of Obama’s and Kerry’s complaints, as well as of our radical political polarization and the multiplication of candidates (some of whom won on November 2) making preposterous claims about witchcraft, stem cell research, headless bodies in the desert, climate change, creationism and Islam-as-inherently-evil, is this debilitating civic deficit.
We hear about the democratic deficit all the time, but it is the epistemological deficit that is putting democracy at risk. Epistemology signifies the “science of knowing” and expresses a civilizational conviction that truth, objectivity, science, fact and reason are fundamentally different from opinion, subjectivity, prejudice, feeling and irrationality. The science of knowing insists on the fundamental distinction made by the Greeks between episteme (true knowledge) and doxa (opinion or prejudice, a root of our word “orthodoxy”). The Greeks understood that there is a potent difference between knowledge claims rooted in reason, or in facts that reflect some version of a real or objective world, and the subjective opinions by which we advertise our personal prejudices. We may not always be able to agree on what counts as real knowledge rather than mere prejudice, but we can and must agree on the criteria by which the distinction is made. Indeed, our science, our society and our democratic culture depend on the distinction. Knowledge as episteme denotes claims that can be backed up by facts, good reasons and sound arguments. This doesn’t mean there is perfect truth, but it does mean there are good and bad arguments—claims that can be verified by empirical facts or rooted in logically demonstrable arguments and those that cannot be. Because democracy relies on words rather than force, reason rather than compulsion and an agreement about the value if not the substance of objectivity, it works only when we agree on the distinction between knowledge and opinion, between claims that can be verified by facts and validated by sound reasoning and subjective personal beliefs that, however deeply felt, are incapable of being corroborated or falsified. There are those who will say that democracy is simply government by the people, smart or dumb, knowledgeable or ignorant. But democracy is government by citizens, and citizenship is defined by education, deliberation, judgment and the capacity to find common ground. This is the difference between democracy as mob rule and democracy as deliberative civic engagement. Mob rule asks only for the expression of prejudice and subjective opinion. Democracy demands deliberative judgment. Yet far too many Americans, including not just many of the new Tea Party politicians but established leaders like former President George W. Bush, honestly think the difference between, say, evolution and creationism is merely a matter of opinion: you think man is descended from the apes; I think he is a creature made by God. Two competing belief systems, two forms of personal conviction equally salient. Tolerance, to Bush, means we respect both views and acknowledge their common creditability, because, after all, we both feel deeply about the matter—which means, in turn, we teach both views in our schools. * * * The trouble is that when we merely feel and opine, persuaded that there is no possible way our opinion can be controverted or challenged, having an opinion is the same as being “right.” Being right quickly comes to trump being creditable and provable, and we lose the core democratic faculty of admitting that we might be wrong, and that our views must be judged by some criterion other than how deeply we hold them. Our polarizedantidemocratic politics of personal prejudice is all about the certainty that we are right paired with the conviction that nothing can change our mind. Yet democracy is wholly contrary to such subjective certainty. To secure our liberty in a world of collectivity, we must remain endlessly sensitive to the possibility that we might be wrong. And hence to our reciprocal willingness to subject our opinions to corroboration—and to falsification. We teach evolution not because it is “true” in some absolute sense but because it is susceptible to falsification. Creationism is not, which is why evolution is science while creationism is subjective opinion—a fit candidate for belief but inappropriate to schooling. There are, of course, many issues that cannot be judged by empirical evidence or objective truth. The existence of God is one of them; the nature of justice is another. These are normative rather than empirical claims. But even in the realm of politics, where we lack empirical evidence and must argue normative opinions, there are good and bad arguments, claims that are more persuasive because they are more reasonable. The Greeks used to say “right opinion” (orthodoxia). Aristotle was especially alert to the need for a kind of practical wisdom in the political sphere, when episteme was not available. He called it phronesis and was at pains to distinguish it from mere opinion. Phronesis is not yet episteme or true knowledge but is more than mere prejudice and gives politics its relative objectivity and capacity for consensus. None of this means science is “absolutely true” or that belief is false. But what is true is that science is falsifiable and belief is not. When as an evolutionist I claim man is descended from apes and their historical/biological predecessors, I am claiming something that can be corroborated or falsified by reference to fossil records, genetic affinities, geology and other kinds of empirical data and testable hypotheses. When I claim God created man and then woman from a rib of man, there is no way to confirm or falsify the claim, no “evidence” that can counter what is a subjective belief. One claim invokes science and the possibility of rational agreement; the other, limited to incommensurable subjective beliefs, does not and may provoke violence and war. Since democracy requires that we agree (or disagree) about facts, policies and outcomes, we must have criteria by which we can rationally agree or disagree about such things. We need science not just to make sense of the world and subordinate it to our purposes but to sustain our freedom. If I claim there is no such thing as global warming (or man-made warming), I must be able to point to data and arguments that you can inspect and judge. I must be able to detach my arguments from my interests. The fact that I profit from oil sales, for example, is not a reason to argue that fossil-fuel use does not cause warming. Conversely, the fact that I benefit from alternative energy technology is not a reason to say warming is real. There must be evidence that is convincing to investors both in fossil fuel and in alternative energy. Yet what has happened to American democracy is that we have substituted opinion and prejudice for science and reason—or, worse still, no longer recognize the difference between them. Larry King can thus interview both bigger-than-life cosmologist Stephen Hawking and a psychic-for-hire who talks to the dead in a way that suggests there is nodifference in their methods. Ghost stories can appear on the History Channel next to World War II documentaries. And candidates can say just about anything impulse dictates, confident that their constituents will have neither an authoritative basis on which to judge nor any reason to think they need one. As Obama learned, many Americans are likely to associate a call for “proof”—for epistemological authority—with “elitism” and suggest that pushing “knowledge” is less a common way to put ourselves in the service of reason than someone’s private way of announcing his own supposed superiority. The great African-American author James Baldwin once said, “People who shut their eyes to reality simply invite their own destruction.” Many Americans seem to have turned reality itself into a set of television shows utterly detached from reality. Daniel Boorstin, a former Librarian of Congress, wrote, “We risk being the first people in history to have been able to make their illusions so vivid, so persuasive, so ‘realistic’ that they can live in them. We are the most illusioned people on earth.” The tyranny most corrosive to democracy is not the tyranny of money but the tyranny of illusion. As Chris Hedges says in his book Empire of Illusion, “A populace deprived of the ability to separate lies from truth, that has become hostage to the fictional semblance of reality put forth by pseudo-events, is no longer capable of sustaining a free society.” The November 2 elections were many things: a manifestation of anger and resentment, a tribute to citizen organization, a demonstration of protest politics, an invitation to polarization and a proof of the enduring role of money in politics. But they also offered distressing evidence of our emerging epistemological deficit—a long, destructive erosion of our Enlightenment faith in reason and reasoning and of our willingness to recognize that facts and good arguments must prevail if freedom is to survive. The elections sent a lot of politicians home, but the real loser was democracy.

Other references:

Barber, B. (2014). If Mayors Ruled the World: Dysfunctional Nations, Rising Cities, Yale University Press, New Haven and London.

Barber, B. (2009). Interdependence Day. Art, Religion, and the City in the Developing World of Interdependence, Istanbul.

Barber, B. (2010). Interdependence Day Report. SUSTAIN/Ability (in climate, culture and civil society), Berlin.
http://www.civworld.org/web/Benjamin_Barber_Berlin_Report.pdf

___ (2012). Interdependence Day. 10th Interdependence Day: Culture, Justice and the Arts in the Age of Interdependence, Los Angeles.

(hip hop and korean performances) reason for meeting in LA. Multilingual and remarkably diverse part of LA. Group belong to the Korean Church. We,, Interdpendent believe that we live in a neighbourhood if we want to survive politically.
Philadelphia, Rome, Paris, Casa, Mexico, Brussels, Istambul, Berlin and LA…
We are on the tragic site of the dispicable assassination of Robert Kennedy which has now become a site for education,
Through music and culture we can achieve a more egalitarian society.
The face of this nation looks much more like McArthur park than higher status parts of the cities.
Politicians are the toughest sell regarding interdependence while the rest of society (business, religious leaders, artists) understands and adopts it.
Our country will survive only if we live together!

Paul Shrade speech in the Coconut Grove. which was the night club of the then Ambassador Hotel. Each seat is in the care of a group of student. Tells about the School history. Now hosts 5 schools. We ought to be putting more money into education is his reply to the detractors complaing about the high costs of building this site.
John and Robert did so much building interdependence. This programme today should be supported.

Liz Levitt Hirsch: Ben is inspiring, community gathering place, exactly of what we are doing at the Levitt Pavilion. We bring culture from all over the world “all the world is on stage at McArthur Park” (LA Time). Music is the universal language. I am in alignment with the values of IDDay!
6 years ago, walking in this neighbourhood would have been just impossible. Unutilized forgotten places.

Aileen Adams: I’m here to provide an official welcome on behalf of the mayor who gasps interdependence. if we are going to create great solution, it is through interdependence. Such a tragic place is now a place for education for tomorrow’s leader.
McArthur provides a city treasure.
Interdence movement couldn’t have found a more diverse place 36% foreign born city, 2nd largest population after capitals for Mexican, Japanese, Korean, Philipino populations …we are a city where the world truly gets together.
Cyclovia is a great example of how you can learn from one another. We borrowed this idea from Bogota.
We export our Summer night lights in neighbourhood considered dangerous.
Personal statement: I have learned life’s most important lesson when I visited Rwanda and the program each one take one (adopting orphans), Women in politics, in peace keeping corps, in police in developing countries…here in LA we are about to have an all-male city council. We need to come together to deal with all the major issues. Education.

 

On my blog:

Dublin Interdependence Celebration and Forum

Interdependence Day Dublin 2013

Ben Barber’s paper on America’s Knowledge Deficit

Interdependence Day Notes (Istanbul)

Read Barber’s Consumed

About Obama’s victory

Other references :

Benjamin Barber.com

His opEds in The Guardian:

No country can democratize another 

Decades of eroded trust and democracy did the damage 

Yes Saif is a Gaddafi. But there is still a reformer inside.

This is NATO’s dirty war.

New York Times Obituary 

5 Comments

  1. Yes! Didn’t know him but sounds a Good Person and more so … Insightful … so sorry for your and the world’s loss. We grieve for such great people. We are left with so many of the other sort …

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    1. He was very special and much needed at a turning point of our history, yet the messages I received today give me hope that his mission can be carried out. It was a privilege knowing him and I am at the very initial steps of understanding I can no longer turn to his guidance and wisdom. C’est la vie…according to a very strange French saying…!

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  2. Chère Daphné, je ne peux qu’imaginer tes sentiments face à cette perte. Perte pour l’éclairage intellectuel qu’il apportait, pour l’amitié qui s’était nouée, pour le privilège de l’association des deux, ami et mentor. Je suis en pensées avec toi.
    Amitiés,
    Ingrid

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