Chroniques Covid Chronicles Day 40

40 est un nombre symboliquement important dans notre culture. J’ai demandé à mon papa de se plonger dans sa signification juive mais vous livre en attendant cet article en guise d’amuser-bouche : omniprésence du nombre 40 dans nos vies .

40 jours a duré le déluge du temps de Noé
Notre patriarche Isaac s’est marié à 40 ans
Les enfants d’Israël ont mangé de la « manne » pendant 40 ans d’errance dans le désert du Sinaï
Moise Notre Maître a passé 40 jours sur le Mont Sinaï pour recevoir les tables de la Loi
Pour recevoir les 2ème Tables, Moise a passé 40 jours et 40 nuits à supplier l’Eternel de pardonner la faute du veau d’or
Après la victoire des enfants d’Israël sur l’ennemi Sisra sous la conduite de la Juge Déborah, il y eut 40 ans de paix
Ély le grand pontife jugea Israël pendant 40 ans, du temps du temple de Shilo
Le roi David régna 40 ans
Le prophète Elie, fuyant Jezabel, tomba épuisé dans le désert. À son réveil un ange lui procura un gâteau et un vase plein d’eau. Il se restaura et put marcher 40 jours jusqu’à la montagne de l’Eternel Horeb

Léon Masliah, petit rappel rédigé à ma demande aujourd’hui.

La raison de cette symbolique dans le judaïsme vous sera signifiée plus tard

Daphné

Aujourd’hui a eu lieu à 17:30 la commémoration du 75ème anniversaire de Yom HaShoah. Bonne journée en attendant.

« En raison du Covid-19, la commémoration prévue le 21 avril au Théâtre du Léman a dû être annulée. Mais notre devoir de mémoire envers les 6 millions de victimes du régime nazi demeure, d’autant plus que la pandémie n’a pas affaibli l’antisémitisme, le racisme et l’exclusion. Nous avons un devoir de continuer à transmettre le message universel de la Shoah.
Un effort spécial a été entrepris par des bénévoles pour préparer une commémoration virtuelle en respectant les directives sanitaires. Nous vous invitons donc à commémorer Yom HaShoah par internet le 21 avril dès 17h30 (environ 40 minutes) sur la page YouTube »
avec le mot de passe : Geneve Yom Hashoah

J’étais au rendez-vous. Introduite par les Chants d’enfants sur Unzer Stetele Belz, la cérémonie, très digne, sobre et puissante, s’est poursuivie par une courte allocution de Joel Herzog affirmant que “ le Covid-19 n’avait pas affaibli l’antisémitisme et le message universel de la Shoah. Au moment où l’humanité toute entière est frappée, 75 après cette tragédie, le racisme et l’antisémitisme ressurgissent.” Il a aussi cité l’ouvrageTerminus Auschwitz par Eddy de Wind, seul témoignage écrit à Auschwitz enfin traduit en Français et insisté sur l’antisémitisme comme fer de lance de la deuxième guerre mondiale qui a fait en tout 35 millions de morts, autant de “raisons de se rappeler et de combattre l’antisémitisme. 

La jeune Elina Zrihen a ensuite lu le bouleversant passage de Si c’est un Homme:
« Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis
Considérez si c’est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connait pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas:
Gravez ces mots dans votre coeur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s’écroule;
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous. »

Sandrine Salerno a ensuite eu des mots très fermes pour rappeler que ” Yom HaShoah n’est pas uniquement une commémoration. C’est un moment pour s’interroger sur le présent. Notre société sait-elle faire face au rejet de l’autre? (…) Il faut se montrer ferme envers les discours de négation de l’autre. L’antisémitisme n’est pas seulement l’affaire des juifs mais de chacun. Yom HaShoah est un rappel de la nécessité d’être solidaires et de faire front contre les propos qui rejettent l’autre. 
Nathalie Fontanet a ensuite fait un petit discours dans lequel elle était visiblement très émue et touchante. 
Comme à leur habitude, qui devient désormais de plus en plus difficile et encore plus en cette année de Covid, le comité a fait intervenir un rescapé des camps. Ce soir, ce fut Victor Perahia dans le documentaire de Sophie Nahum, Les Derniers. Né à St Nazaire, Victor qui avait 9 ans lors de son arrestation avec sa mère, a vu cette dernière se débattre devant le dilemme insoutenable de choisir entre la vie de son mari et celle de son fils. Elle passera toute sa vie ensuite à s’accuser d’avoir conduit son époux à Auschwitz. Victor restera longtemps à Drancy avec sa mère qui réussit à faire croire qu’elle était femme de prisonnier (et à ce titre ne pouvait être déportée). Le petit Victor peut voir la vie continuer depuis sa fenêtre du 4ème étage du camp, mais il trouvait normal d’être prisonnier : “je savais que j’étais juif et qu’on arrêtait les juifs”. Il finit par être déporté à Bergen Belsen avec sa mère qu’il ne quitta jamais. Il décrit un moment de brutalité dans le train qui les conduisit ensuite vers Auschwitz au moment de la débacle allemande: “on était dépourvu de tout sens moral” et fut libéré par les Russes dans ce même train.  Revenu de déportation, il connut la misère totale et la nécessité de se refaire une santé non seulement physique mais morale: “on n’était pas des êtres humains normaux”. Victor passera ensuite 40 ans à se taire sur son passé pour finalement offrir à son fils pour ses 40 ans son livre, Mon Enfance Volée, qui bouleversa durablement ce dernier. 

Après un très émouvant El Maleh RahamimEl Maleh Rahamim et un non moins bouleversantZog Nit Keynmol, la cérémonie a pris fin. 

Autre initiative de Yad Vashem  :
« Yom HaShoah commence ce soir…Partout dans le monde, on allumera une bougie qui brûlera pendant 24 h en mémoire des 6 millions de juifs victimes de l’Holocauste.
En cliquant sur le lien ci-après le nom d’un des 6 millions de deportés apparaîtra. Vous pourrez allumer une bougie virtuelle en cliquant sur le lien jaune. Et si vous le souhaitez les informations recueillies par Yad Vashem sur cette personne qui vous aura été confiée apparaîtront.

Puis de 19H15 à 20H30 : e-conférence :« Les enseignements de résilience d’Elie Wiesel” par Guila Clara Kessous (PhD, Harvard University)

Ayant obtenu son doctorat sous la direction d’Elie Wiesel, Guila partagera les enseignements des 6 années passées à ses côtés en particulier touchant à la résilience, notion qu’elle a approfondi avec Boris Cyrulnik dans le cadre de son action d’aide aux victimes. C’est sous l’angle artistique et plus particulièrement de l’art dramatique qu’elle oriente ses recherches partant de l’importance de la communication dans le récit des déportés. A la fin de sa vie, Elie Wiesel lui demande, en tant que comédienne, d’enregistrer son best seller “La Nuit” pour que “le jamais plus puisse résonner à haute et intelligible voix”. Guila soulignera l’importance de la commémoration et des enseignements d’espoir que lui a transmis le Prix Nobel de la Paix au travers de la discipline de la psychologie positive qu’elle étudie avec le “Professeur de bonheur” de l’Université de Harvard, Tal Ben Shahar, petit fils de déporté.

Plus d’informations sur le travail de la conférencière:
https://www.huffingtonpost.fr/guila-clara-kessous/mon-hommage-a-elie-wiesel_b_10852876.html

Entendre des extraits de “La Nuit” d’Elie Wiesel:
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Ecoutez-lire/La-Nuit

Ouvrages
https://www.amazon.com/theatre-sacre-dans-tradition-juive/dp/2130590160
https://www.amazon.fr/grand-livre-psychologie-positive-nous-m%C3%AAmes/dp/2212571488

Illuminatethepast.org Faites-le et faites passer le lien.

Je vous laisse tout de même pour clôturer cet article par un papier peu plus léger mais de circonstance si l’on veut en croire la presse. ….et les psychiatres!

Someone asked “Why do some British people not like Donald Trump?”Nate White, an articulate and witty writer from England, wrote this magnificent response

“A few things spring to mind.

Trump lacks certain qualities which the British traditionally esteem.

For instance, he has no class, no charm, no coolness, no credibility, no compassion, no wit, no warmth, no wisdom, no subtlety, no sensitivity, no self-awareness, no humility, no honour and no grace – all qualities, funnily enough, with which his predecessor Mr. Obama was generously blessed.

So for us, the stark contrast does rather throw Trump’s limitations into embarrassingly sharp relief.

Plus, we like a laugh. And while Trump may be laughable, he has never once said anything wry, witty or even faintly amusing – not once, ever.

I don’t say that rhetorically, I mean it quite literally: not once, not ever. And that fact is particularly disturbing to the British sensibility – for us, to lack humour is almost inhuman.

But with Trump, it’s a fact. He doesn’t even seem to understand what a joke is – his idea of a joke is a crass comment, an illiterate insult, a casual act of cruelty.

Trump is a troll. And like all trolls, he is never funny and he never laughs; he only crows or jeers.

And scarily, he doesn’t just talk in crude, witless insults – he actually thinks in them. His mind is a simple bot-like algorithm of petty prejudices and knee-jerk nastiness.

There is never any under-layer of irony, complexity, nuance or depth. It’s all surface.

Some Americans might see this as refreshingly upfront.

Well, we don’t. We see it as having no inner world, no soul.

And in Britain we traditionally side with David, not Goliath. All our heroes are plucky underdogs: Robin Hood, Dick Whittington, Oliver Twist.

Trump is neither plucky, nor an underdog. He is the exact opposite of that.

He’s not even a spoiled rich-boy, or a greedy fat-cat.

He’s more a fat white slug. A Jabba the Hutt of privilege.

And worse, he is that most unforgivable of all things to the British: a bully.

That is, except when he is among bullies; then he suddenly transforms into a snivelling sidekick instead.

There are unspoken rules to this stuff – the Queensberry rules of basic decency – and he breaks them all. He punches downwards – which a gentleman should, would, could never do – and every blow he aims is below the belt. He particularly likes to kick the vulnerable or voiceless – and he kicks them when they are down.

So the fact that a significant minority – perhaps a third – of Americans look at what he does, listen to what he says, and then think ‘Yeah, he seems like my kind of guy’ is a matter of some confusion and no little distress to British people, given that:

– Americans are supposed to be nicer than us, and mostly are.

– You don’t need a particularly keen eye for detail to spot a few flaws in the man.

This last point is what especially confuses and dismays British people, and many other people too; his faults seem pretty bloody hard to miss.

After all, it’s impossible to read a single tweet, or hear him speak a sentence or two, without staring deep into the abyss. He turns being artless into an art form; he is a Picasso of pettiness; a Shakespeare of shit. His faults are fractal: even his flaws have flaws, and so on ad infinitum.

God knows there have always been stupid people in the world, and plenty of nasty people too. But rarely has stupidity been so nasty, or nastiness so stupid.

He makes Nixon look trustworthy and George W look smart.

In fact, if Frankenstein decided to make a monster assembled entirely from human flaws – he would make a Trump.

And a remorseful Doctor Frankenstein would clutch out big clumpfuls of hair and scream in anguish:

‘My God… what… have… I… created?

If being a twat was a TV show, Trump would be the boxed set.”

FB Occupy Democrats 19 February 2019
QED

C’est tout pour ce soir, laissons la place au souvenir, à la mémoire, notamment à celle que j’ai allumée pour Lipa Koch, née en Pologne et victime de la barbarie nazie à l’age de 58 ans, ma presque jumelle à 75 ans de distance….

Bonne soirée les amis, portez-vous bien et ne désarmez pas devant la Bête !

4 replies

  1. Je serai en pensées avec vous lors de cette commémoration.
    Concernant le texte sur Trump… so British ! j’adore ! notamment “Picasso of pettiness; a Shakespeare of shit”

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    • Absolument : « He turns being artless into an art form (…) He makes Nixon look trustworthy and George W look smart.
      In fact, if Frankenstein decided to make a monster assembled entirely from human flaws – he would make a Trump. »
      Un chef-d’œuvre écrit il y a un an et demi, qui devient plus savoureux d’heure en heure….

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  2. et…. les chrétiens ont repris la référence au chiffre 40, sorte de prolongement. d’ailleurs en principe on ne devrait plus dire en tant que chrétien “Ancien Testament” mais “Premier Testament”. Question : pourquoi les anglophones continuent-ils à utiliser le terme d’Holocauste ? bzzz

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