Je reviens d’Angers où se tenait samedi 30 novembre 2013 une conférence s’inscrivant dans la série d’événements initiés par JCall Europe sur le thème Israël 2020….c’est à dire demain!

Les excellents conférenciers qui s’y trouvaient représentés étaient tous des universitaires, même si certains ont également eu ou continuent d’avoir des responsabilités tant dans les gouvernements, mouvements pacifistes ou ONG. Deux d’entre eux reviennent d’ailleurs d’Israël où ils ont accompagné le président français, François Hollande, ce qui en dit long sur le fait que JCall et ses partenaires ont su trouver leur place sur l’échiquier des interlocuteurs dont les voix se font entendre, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur d’Israël. Je vous renvoie à mes différents papiers sur ce thème, notamment lors de mon voyage en Israël où les députés de droite comme de gauche israéliens et le Premier Ministre de l’Autorité Palestinienne ainsi que bon nombre d’ONG sont venus nous exprimer la même idée: en fait, tout le monde souhaite deux Etats pour deux Peuples en Israël comme en Palestine.

Il y a quinze ans, un professeur de l’Université revenait d’Israël avec un témoignage alarmant sur la politique israélienne en matière de stockage et de déviation des eaux vers la Jordanie et les territoires palestiniens. A l’époque, je faisais partie de ces gens qui se bouchent les oreilles et refusent d’ajouter leur voix au chœur des vierges effarouchées par l’impérialisme israéliens. Je me suis donc tue au lieu d’interroger mon savant interlocuteur.

Entre temps, la situation semble avoir totalement évolué et non seulement Israël ne fait plus de rétention d’eau mais en revend à la Jordanie et alimente au mieux les réservoirs palestiniens. Certes, tout n’est pas parfait dans le meilleur des monde puisque certaines stations de pompage ne peuvent être mises en place sans que les populations palestiniennes ne partagent celles-ci avec leur voisins indésirables des implantations illégales au delà de la ligne verte…mais enfin tant bien que mal, tout le monde boit, se lave et recycle l’eau, à 90% en Israël, moins en Palestine qui doit également balayer devant sa porte car comme le constate notamment l’ancien ministre palestinien, le Professeur Mohammed Hmaidi, certains conflits claniques internes viennent encore compliquer la situation côté palestinien.

Voici l’ensemble de mes notes sur les communications de ce colloque, avec mes félicitations tant à JCall qu’à l’association 2Peuples 2Etats des Pays de Loire pour une journée enrichissante et conviviale.

Vous trouverez ci-après les contributions suivantes:

Benhayoun, Gilbert (2013), ‘La rareté de l’eau: source de conflit ou facteur de coopération: La guerre de l’eau n’aura pas lieu’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.
Cohen Almagor, Rafael (2013), ‘L’Eau, enjeu Majeur au Proche Orient: Le contexte Politique’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?
, Université d’Angers, 30 novembre 2013.
Cohen Almagor, Rafael, et al. (2013), ‘Quelles conséquences sur la construction de la paix?’ paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.
Hmaidi, Mohamed and Bar El, Raphael (2013), ‘La rareté de l’eau, source de conflit ou facteur de coopération: Question de souveraineté ou question politique.’ paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?
, Université d’Angers, 30 novembre 2013.
Limani, Anis and Neumann, Peter (2013), ‘Echanges: Eau rare, espace restreint’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?
, Université d’Angers, 30 novembre 2013.
Saint-André, Jean-Paul (2013), ‘Allocution du Président de l’Université d’Angers’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.
Streliski, Marie-Paul and Ouattara, Rachida (2013), ‘Conseillères municipales d’Angers, responsables du projet Angers-Israël-Palestine’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.

Séance d’ouvertures:

Streliski, Marie-Paul and Ouattara, Rachida (2013), ‘Conseillères municipales d’Angers, responsables du projet Angers-Israël-Palestine’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.

Représentent le maire d’Angers Frédéric Béatse
Elles se déclarent conscientes

que notre devoir de citoyens du monde est de travailler au rapprochement des peuples pour l’avenir de l’humanité. Partenariat entre Angers, une ville israélienne et une ville palestinienne depuis 2009. Aucune prétention quant au règlement de ce conflit, cependant, nous pouvons beaucoup faire de là où nous sommes pour abattre les barrières et les amalgames.
Il ne peut y avoir de paix quand il y a humiliation de l’autre. Démarche portée par 2P2E soutenue par Angers. Conférences et partenariats sectoriels et soutien à ce colloque. Angers est une ville citoyenne ouverte sur la paix. Eau, thème universelle et qui se raréfie. Cet or blanc indipsensable à la vie. Nous ramène à l’essentiel de notre humanité.

Saint-André, Jean-Paul (2013), ‘Allocution du Président de l’Université d’Angers’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013

qui se déclare pour sa part et dans la droite ligne de nos préoccupation à l’Académie Sans Frontières

honoré d’ouvrir cette journée d’étude. Bienvenue dans notre université. Parmi nos missions: participation à la construction de l’espace européen de l’enseignement et de la recherche et relations internationales. Vous soulignez le rôle sociétal de la recherche qui peut contribuer à une démarche de paix. La valorisation des résultats de la recherche sera difficile à retrouver le jour où la paix sera atteinte, mais ce qui est l’intérêt et la grandeur de la recherche publique est précisément d’être désintéressée et tournée vers le bien public.

Le matin, les sessions ont tourné autour du thème de l’Eau, Enjeu Majeur au Proche orient.

Le contexte politique a d’abord été  évoqué par

Cohen Almagor, Rafael (2013), ‘L’Eau, enjeu Majeur au Proche Orient: Le contexte Politique’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.

Professeur en Science Politique, Université de Tel Aviv et Université de Hull (UK)
Il commence par s’excuser de ne pas s’exprimer en français: “French is the most beautiful language in the world. I can say le petit chien et le ciel bleu but I don’t have a dog and live in England!” La sociolinguiste et prof de langue a apprécié!

He describes some of the political aspects of the conflict and gives a survey of possible solutions and then focuses on the two-state solution, the most possible and feasible solution. There’s nothing more important in my life apart from my family.

Rafael, second from the left
Rafael, second from the left next to Gilbert Bénayoun

Three proposals on the table:
1) to decide not to decide, which some people call the status quo which in fact isn’t one as everyday, settlements are being built and increased. Continuation of suffering on the Palestinian side and deterioration of democracy in Israël (which he compares to Mr Jekyll and Mr Hyde!)
2) The Iranian solution brought forward by Netanyaou. The bomb threat by Ahmadi Nejad would in fact wipe both Israelis and Palestinian as we are bound to live and die together.
3) The one-state solution proclaimed both by Palestinians (Time is working for us, we are going to overcome by numbers, so all we need is to wait patiently) and Israelis (post-zionists). Zionism is the believe thatJewish People deserve a home. Post-zionists don’t care about judaism and keeping the long legacy and only look at the humanitarian side, only people living together at the cost of the Zionist conception.
4) get rid of Palestine: Right winged israeli: the Palestinian State already exists, it’s a few miles away across the Jordan river, in Jordan. The only problem is that Jordan doesn’t agree with this.
It’s also not in accordance with the Hamas on Gaza side, so we are then looking at the three-state solution!

None of these arguments are valid and sustainable, so don’t try to go for any of such alternatives.

Positive solutions which are logical and productive, but I think that they should come later:
1) Confederation: to have sustained peace, given the size of future Palestine, there should be a confederation Gaza-Egypt, West Bank-Israel. This would be a new Middle-East with a new Benelux, economic cooperation with no borders. Beautiful proposal, but I’m not sure we are ready for this yet. Such a solution has been supported in the past by Shimon Perez and more recently by the Embassador of Palestine in England. This will come AFTER the two-state solution.

We are left only with one solution, the 2State solution. It’s fair as the Palestinians deserve a country of their own. No human being should ever live under occupation. That’s the just, right, jewish thing to do. It’s not easy. The problem with the Israeli-Palestinian conflict is that both people are bringing just causes forward. Problem is that we fighting over a small piece of land. We need to strive hard to make it happen. We need the support of good people like you who are not israeli or palestinians but have the ability to do the right thing, hopefully in my lifetime and your lifetime!

Son exposé politique a été suivi d’une présentation géographique par Mustapha El Hannani, Maître de conférence à la Faculté de Géographie d’Angers. Là…j’avoue avoir été plutôt déçue mais vous laisse avec quelques clichés qui vous parleront je l’espère plus qu’à moi.

El Hannani, Mustapha (2013), ‘L’Eau, un enjeu géographique’, paper given at JCall Conference, Angers.

L’eau, liquide avec une histoire.
Je travaille sur l’eau, mais pas au moyen-orient. Où s’arrête le Proche Orient, où commence le Lointain Orient. Aucune civiliation n’a établi de frontière sur la base de l’eau. Paysage méditerranéen, de transition entre aride et saharien.
Il évoque une topographie simple constituée de trois topographies, trois composantes essentielles, Méditerranée, Montagnes Levantines et Désert. IMG_6210IMG_6211IMG_6212IMG_6213

" en regardant les toits il y a une civilisation qui a intégré la rareté de l'eau et l'autre pas encore..." les toits de Tel Aviv et de Ramallah
” en regardant les toits il y a une civilisation qui a intégré la rareté de l’eau et l’autre pas encore…” les toits de Tel Aviv et de Ramallah

trois fonctionnements différents et complémentaires dans toutes les civilisations qui ont traversé ces territoire. On est frappé par la blancheur de la roche et et sur une heure et demie quand tout va bien on traverse ces trois types de paysages.
Milieu méditerranée, bande trés limititée et étroite délimitée par un accident majeur avec le jourdain, la grand faille (ROR? en arabe).
La topographie accentue ce paysage. Répartition et la valeur de chaque élément n’est pas la même.
Plaines, plateaux, mais au point de vue géologique, on change de matérieau dans la plateforme syro-irakienne.
Le plus intéressante, l’eau du ciel. Le massif enneigné du Mont Liban bloque les précipitation. On parle de croissant fertile qui correspond au relief.
N-S NE-SW
On tombe de 58 à 5 mm, mais il faut également compter avec les eaux de surface absente mais des eaux invisibles de sous-sol.
Eau de surface est pompée et utilisée. Pour le bonheur et le malheur de cette zone, les versants font vers l’Euphrate et le Tibre.
Le Jourdain est passé de 1300 MCM à une disparition pratiquement prévue dans un futur proche.
4 ou 5 nappes qui posent un problème de salinisation.
La politique est même dans le sous-sol.
Les ressources en eau sont rares, mais suffisantes pour satisfaire les besoin des différentes populations, mais il faut développer des techniques de mobilisations, des systèmes d’économie d’eau mais surtout de développer une culture de partage.
Il y a une logique à ce que les colons utilisent sur un plus petit espace le plus d’eau.

Perspectives d’ingénieurs, on peut transformer les eaux usées…mais avant tout en regardant les toits il y a une civilisation qui a intégré la rareté de l’eau et l’autre pas encore…

Le second thème de la matinée fut celui de la rareté de l’eau, source de confitls ou facteur de coopération?

Selon Gilbert Benhayoun, circulez, il n’y a rien à voir:

Benhayoun, Gilbert (2013), ‘La rareté de l’eau: source de conflit ou facteur de coopération: La guerre de l’eau n’aura pas lieu’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.

Question très sensible. Considérations politiques.
Almagor a évoqué la solution à un état rejetée d’ailleurs, mais les palestiniens ont une autre arme, un plan B que eux mêmes n’approuvent pas encore, la démission de l’Autorité Palestinienne qui obligerait Israel à gérer ces territoires comme entre entre 67 et 73…Poids financiers, politique, humain énorme. Plan C, probablement celui qu’ils adopteront. 29 novembre 1947, plan de partage des Nations Unies entre un Etat Juif et un Etat arabe. c’est également l’an dernier que la Palestine a été déclarée comme pays observateur des nations-unies, selon une suggestion de la France sous Sarkozy. Les Palestiniens ont cette arme de faire appel aux Cours internationales qui pourraient mettre Israël en difficulté.
Voyage présidentiel de Hollande en Israël et Palestine en Novembre 2013. Que peut faire la France? Certes, les USA sont l’acteur majeur, mais l’Europe a lancé une véritable bombe atomique sur Israel, les political guidelines: toute institution scientifique qui se trouverait sur un territoire occupé ne recevra plus de subventions européennes. Cette directive est essentielle car c’est une manière de définir les frontières. Et définir les frontières, c’est déjà s’engager dans une partie de la négociation. Israël qui comprend l’intérêt pour tous ses chercheurs, voit également la relation scientifique et la participation aux programmes scientifique majeurs menacée. Finalement, la solution, acceptée par l’Europe: conformation d’Israël qui financera sur ses fonds propres les autres programmes dans les colonies..mais tout en les signant, se réserve le droit d’y revenir!
Protocole de Paris: annexe économique des accord d’Oslo.
Décembre 2007 conférence des pays donateurs à la Palestine. 80 pays donateurs et sommes extrêmement versées. Programme par Salam Fayed réellement mis en place. Perte de temps car contrairement à Israel, rien n’avait été fait en amont.
Paris 2, 2ème conférence des pays donateurs était censée avoir lieu au printemps 2014. Or des négociations sont en cours qui ne seront pas finies au moment de cette conférence.
Il rappelle que l’économie est indispensable pour créer des relations de bon voisinage (Montesquieu, Esprit des Lois). Plus on a de moyens, moins on a envie de les perdre. cf. Liebermann (lorsque les Palestiniens auront atteint un niveau de vie de 10’000 dollars) et Netanyaou (security first, then peace economy and finally negotiation).
L’économie doit rester seconde à la politique, et je suis économiste!
La conférence de Casablanca préconisait que grâce aux capitaux arabes, appui européens et recherche israélienne, on allait construire un futur Singapour. Mais si l’éco n’est pas primordiale, elle n’est pas non plus secondaire. Il est nécessaire de créer une éco palestinienne viable. Pour ce faire, il est nécessaire de se séparer d’Israël. On est passé avec Oslo d’une union douanière de facto à une union douanière de juré. La solution est une zone de libre échange.
L’eau est seulement gérée par les palestiniens à hauteur de 18% et tout les reste est géré et intégré par le système de l’eau israélien (Mékorot).

Droit international en matière d’eau: Les libanais ont essayé de construire un barrage que les israéliens ont arrêté, idem du coté jourdanien avec les mêmes résultats. Convention de New York de 1997 articles 5 alinéa 1 et 7 alinéa 1 IMG_6217

Il rappelle qu’il y a le DROIT DE (se protèger) et le DROIT A (se revendique).
Les acquis de la société démocratique c’est passé du droit de au droit à. Dès qu’on passe du premier au second, on passe d’un droit individuel au droit collectif.
Il n’y a pas de base légale en droit international à la revendication d’un Etat qui prétendrait posséder seul les droits exclusifs sur l’eau dont la source se trouve sur son territoire.
Le droit international reconnait la légitimité des droits attachés à l’antériorité historique sur l’usage de l’eau, mais ces droits ne sont pas immuables et définitifs.
L’obligation de tenir à la fois d’un partage équitable ainsi que de satisfaire les besoins humains vitaux s’impose aussi bien à ceux qui se réclament de la géographie (pays en amont) qu’à ceux qui se réfèrent à l’histoire.

Israel s’est lancé dans un programme de dessalement d’eau et de retraitement des eaux usées (90%, suivi par l’Espagne avec 16%). Véolia, société française partenaire d’Israël.

Comment assurer la transition entre la subvention aux agriculteurs plutôt qu’à l’agriculture?
L’autorité palestinienne essaie d’avoir une gestion de plus en plus sérieuse, donc à Gaza l’eau a doublé de prix du fait des taxes imposées par le gouvernement.
Zone A de la cisjordanie (20%), l’AP a une double autorité sécuritaire et administrative, Zone B seulement administrative. Zone C Israel a la gestion administrative et militaire.
De Raouabi à Ramallah, la route passe par la zone C, or la permission est annuelle et renouvelable selon le bon vouloir des Israélien.

Quant à Hadéra où il existe une usine de dessalement. Faisons l’hypothèse qu’Israel accepte de renoncer aux aquifères, cela suffira-t-il aux Palestiniens? Aujourd’hui oui, mais pas à terme.

Il y a seulement deux solutions:

Pour gérer l’eau, il faut passer soit par l’offre (il n’y a pas assez d’eau naturelle, donc augmentons les eaux non conventionnelles, dessalée et traitée), soit par la demande (gérons mieux la demande en sensibilisant le public et l’utilisation de gérer efficacement l’eau). l’eau dessalée est moins bonne pour la santé car il y manque certains éléments.

Pour Hadéra, pourquoi les palestiniens devraient aller la prendre là-bas plutôt qu’à Gaza ou sous leur pieds?

La coopération est indispensable essentiellement pour les Palestiniens. Le dessalement rendrait les Palestiniens dépendants des Israéliens. Le canal mer Morte-Mer rouge n’est pas la bonne solution, mais Mer Méditerranée-lac de tibériade-mer morte…C’est un problème stratégique de grande coopération. Pour ne pas dépendre d’Israel, les Palestiniens devront gérer la demande. En Israël la productivité de l’eau a augmenté!

Son exposé est suivi de ceux de

Hmaidi Nasir, Mohamed and Bar El, Raphael (2013), ‘La rareté de l’eau, source de conflit ou facteur de coopération: Question de souveraineté ou question technique.’ paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.

Hmaidi, former Palestinian Minister of the Environment.
I’ll try to answer the title of this conference. One of the fonders of the peace process on the Palestinian side.
ME isn’t the only place on earth where different populations have to share common water resources.
Two hundered 61 watersheds cross the political boundaries of two or more countries. These international basis cover a portion of the earths surface cnearaly equl to half of the earths’s land.
We are all thirsty, the only ones who are not thirsty are the settlers. We need to come together to manage available resources.
Various experts claim thte ME has long entered a stage of water poverty, based on available per capita renewable water resources.
Who should we listen to? Academics, politicians, farmers, NGOs? Peace activists could bring a formula that would be agreeable to all the groups mentions.
Firece competition for fresh water may well become a source of conflic and war in the future (KA March 2001)
But the problmes of our world need not be only a cause of tension, they can also be a catayst for cooperation….If we work together, a secure and sustainable water future can be ours (KA 2002) An israeli officer said wyh to to war over water? For the price of one week’s fightingyou could build five dessalinaizaiton units.
Arab Human Development Report 2009.
Disputes over water will continue because demand is overtaking supply. We have seen deterioration of the aquifers resources. It’s not an issue of pumping more water.
There are also internal conflics, such as farmers in Jeniin. The Palestinian Authority will be in a shaky position if it doesn’t cope with this internal conflict!
Israel retains water. Oslo quantities allocated to Palestinians haven’t been met. Palestinians extract less water today than they did before Oslo.We are also wasting money in Hebron particularly.
The list of solution is long. 60% of water resources (6% of GDP) go to farming.
wE, THE PEOPLE OF pALESTINE, HEREBY OFFER THE iSRAELIS AN ALTERNATIVE PATH TO PEACE AND SECURITY: abandon multual fear and mistrust, approach aus as equals within a two-state solution, and let us work for the development and prosperity of our region based on mutual benefit and well-being (opening remark of thePalestinian delegate)
Cost of environmental degradation is huge!
We are both losing (I and P). I cannot improve the past but I can improve the future. Let’s put an end to the misery.
First recommendation: if a damage cost assessment can assist policy makers to formulate policies based on cooperation, then a regional comparative study between the two scenarios is reocommentde, cooperation-coordination or no cooperation).
Some experts even go as far as saying that due to desalinisaiton, we could even have a water surplus in Israel, but the I water authority has demanded companies to decrease their comsumption. It is not quality of life or humanitarian but only politics.
The formula is very clear: should the water be a source of conflict or of resolution ? Peace is not atteinable without resolving the water conflict. Water and evenronment are good reason to unite the people and communities.
Raphael bar-El complêtement d’accord avec son collègue palestinien.
Trois points importants:
Gestion
La guerre de l’eau n’aura pas lieu car l’eau n’est pas la terre. L’eau on ne peut pas la prendre, elle est quelque part dans le sous-sol. Elle est de plus en plus considérée comme un produit économique. Demande croissante (en raison de la croissance de la population et de l’éco). Insuffisance des quantités d’eau qui existe dans toute la région et même au-delà dans le monde.
Desalement, traitement des eaux usées. 90% d’eau retraitée contre 0% en Palestine. Importation de l’eau, notamment de Turquie.
3 usages: agriculture, industrie (5%) et eau domestique (37%).
Il y a deux eaux. Eau potable (prix de production en cas de raréfaction peut aller jusqu’à 1 euro par m3 par désalement) et eau traitée (prix de production encore plus bas) utilisée en agriculture. Pourquoi subventionner l’eau. Cette subvention permet à la population de s’approvisionner correctement, mais c’est une distortion de la réalité qui encourage le gaspillage.
Il faudrait songer à d’autres moyens de subventionner la population. Il faut soutenir l’agriculteur plutôt que l’agriculture
La politique de décision des prix de l’eau doit être reconsidérée pour atteindre une solution plus efficace.
Répartition entre Israël et la Palestine (mais aussi la Jordanie)
Un accord n’est pas seulmenet important, il est vital. Il est impossible d’imposer un partage qui ne soit pas acceptable par les deux côtés. Car sans accord de partage, on arrive à une situation de lose-lose par opposition à win-win! Si l’un des côtés n’accepte pas cette répartition, les deux côtés vont en pâtir. Idem pour le traitement des égouts des deux côtés.
Il n’y aura pas de guerre car la concurrence est impossible.
Certaines formules ont été élaborées sur le partage de l’eau, par exemple selon certains paramètres car certains prennent en compte la surface où l’eau est tombée ou dans le sous-sol! aUTRE facteur, solution économique et sociale. Ou encore les resources de déssalement disponibles. Une formule complète de partage est impossible. Un paramère qu’on utilise sans raison est celui du M3 par habitant, c’est celui qu’on a utilisé pour démontrer l’usage excessif des colons mais il n’est pas forcément adéquat.
Il n’y a pas d’autre solution que la solution politique! Joint Water Commitee solution à Oslo ne fonctionne plus pour des raisons politiques.

Gestion de l’Eau
Une bonne répartition ne peut être basée que sur une bonne gestion. Elements problématique dans cette gestion sont à prendre en compte: infrastructures du réseau et déperdition jusqu’à l’arrivée au consommateur (33% en Palestine dans les tuyaux…en réalité cela redescend dans les aquifères . 10% en Israel), traitement des eaux usées, politique des prix inefficace, recyclage pas assez important en proportion, dessalement pas encore suffisant en Israël et pas du tout en Palestine. Les Palestiniens ont refusé l’offre israélienne de désaliniser à Hadera.

Conclusion: meilleure politique des prix et collaboration sur le partage de l’eau et sa gestion.

A son université (Ben Gourion), coopération sur le traitement de l’eau entre universitaires qui est soutenu par la France!

Hmaidi: Indeed, in Palestine we suffer from ignorance, lack of resources, global sanitation, fresh water treatment and reuse. 67-93 only three plants were implemented and none of them was really functional. Issue of including settlements in the process is also deteriorating and preventing the solution to be found! Let us first come to an agreement and do not force us to serve the settlements first because we do not recognize and admit their presence. 2017 we are aiming at having our water supply but we still need to know how to save it. We are paying huge amounts of money (2 shekels per cubic meter beyond the green line). We are both treating and paying!

Après un lunch et une balade avec ma copine Anne Rabinovitch, romancière et excellente traductrice, notamment de James Salter, eut lieu un dialogue quelque peu déconnecté sauf à de rares moments, du conflit.

Pihet, Christian (2013), ‘Ce que nous enseigne ce conflit sur l’eau’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.

Professeur de Géographie à l’Université d’Angers et en tant que modérateur, il ne fait que replacer le débat sur la question de l’eau rare dans des espaces restreints

S’ensuit ensuite un savoureux dialogue un peu surréaliste par rapport au thème présenté:

Limani, Anis and Neumann, Peter (2013), ‘Echanges: Eau rare, espace restreint’, paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.

Dialogue entre les deux chercheurs

LIMAMI: We’ve been talking about peace process and IP…What are you doing here Peter as a specialist of agronomy?
PETER: You invited me! In fact plants provide food and need water to grow and they perspire 95% of this water which is evaporated!
if there’s a shortage of water availability, plants grow less thus produce less yied thus less food. So to summarize plants need water and that’s why I’m here.
LIMAMI: How can plant science, agronomy, increase this availability of water?
NEUMANN: My research won’t bring a reply but technology will: Israel is no longer a water shortage country but on the contrary we export to Jordan.
The amount of agricultural produce per cubic meter has increased by 5 times since 1948 (drip irregation and greenhouses), we recycle domestic waste water (80-90%) on non-edible vegetable plants.
The third leg to this chair is desalinisation: We need 1million cubic meters a year for plants. We need another million for the population. The rainfall if it falls is 1 million cubic meter. But technology can solve the problem.
LIMAMI: is this recycled water good for these plants? For plants to take up and evaporate it’s OK but it contains a lot of salt and it can lead to another problem as then it accumulates in the soils.
p: Since two years now, there has been a decree to use a tertiary treatment now for recycled water. An expensive but worth it treatment.
L: Can genetics help?
P: No major breakthrough in the past 20 years (although we’ve contributed to less leaves and roots), so in the greater picture nothing else than technology could contribute.
L: How do you, if you do, contributed and participated to joint research with Palestinians.
P: I’d like to distringuish between Palestinians who live in Israel and those that don’t. Arab israeli population is encouraged to apply to the Israeli industry. 4 postdocs from this background. None come from outside Israel. There’s a large desire of cooperation.
Dr. Ibrahim Zidane, working on saline water, headmaster of a high school in the Gallil and Nr. 2 in the town council.
Dr. Hassan Seisee, works on biophysical changes in the roots of plants, senior research fellow in the Gallil Institute for regional development
…at the individual level arab-israeli cooperation works fine.
L: How can you, as a scientist, be a peace activist?
P: That would require a definition of peace activist but science can offer useful solutions. For years a canal was talked about between the dead sea and the Mediterranean water costly and not necessarily effective. But a nuclear power plant…with the help of the French companies !
Pihet: You are at the technion, how high is the involvement of the state vs public investment in your projects?
p: 60% Gvt and 40 has to be raised through the Technion Society. 100million dollars from New York for a Cornell-Technion project. Another 100 million from Gandju University. The government tends to cut our program whenever they need to purchase a car for the ministers.
There is no denial of the access to water for the Palestinian population.

Un débat réunira ensuite Raphaël  Almagor, Muhammad Hmaidi Nasir, Raphael Bar El et Gilbert Bénayoun dans une table ronde et un échange avec la salle quelque peu déconcertée, comme moi, de découvrir que la problématique n’en était pas une…

Cohen Almagor, Rafael, et al. (2013), ‘Quelles conséquences sur la construction de la paix?’ paper given at Israël-Palestine 2020: La Guerre de l’Eau aura-t-elle lieu?, Université d’Angers, 30 novembre 2013.

HMAIDI: Regarding the peace process: We don’t have a lack of agreements (declaration of principle of 1993, article 40 of Oslo agreement), but these were only temporary for a few years which do not take into account the geography. There are 20 initiatives but their impact is still minimal. Those who are living in the midst of the conflict are suffering the most and are the least heard. Policy makers and negotiators never involved the communities, so it was a failure from day one: assymetry between those who have power and those who have nothing. Media on both sides have been misused on this issue. Are we willing to have additional water sources such as desalinisation, yes, but for this you need land. We control 18% and it’s all built up. We would need area B or C for which we need a permit from the Israeli authorities. And when we built it, it was conditional to sharing our resources with the settlers!80%
Should we expect more cooperation from scientists and universities. There are some cooperation on individual basis but not at the institutional level due to Palestinian regulation that forbid such cooperation.

BAR EL. There is no water surplus. Le lac de Tibériade a perdu plusieurs mètres en raison du manque d’eau. Il y a un accord entre Israël et la Jordanie qui expLique pourquoi lsrael distribue à la Jordanie. Une recherche par un universitaire suisse a prouvé que tous les accords sont mis en place et respectés. Il y a plutôt un problème de gestion de l’eau et de sécurité. Cette division entre régions A, B et C complique les choses mais il n’y a jamais eu de volonté israéliennes de fermer les robinets. Les médias en Israel ont une tendance à aller contre leur gouvernement mais ceux-ci n’évoquent pas le problème de l’eau. Ils ne se laissent pas dicter leur loi par le gouvernement.
L’accord sur la répartition de l’eau est une condition nécessaire et indispensable mais pas suffisante poru la paix. Il ne peut y avair absence d’accord sur la question de l’eau car cela conduirait à un blocage total. Ce qui manque c’est la bonne volonté entre Israéliens et Palestiniens.
Concours de projets conjoints israélo-palestiniens.

BENHAYOUN: Ecole polytechnique a signé un accord avec le technion lors du dernier voyage de Hollande en automne 2014.
Taux d ‘abstention de la population arabe israélienne considérable. S’ils votaient ils auraient 18 députés. Si les Palestiniens de Jérusalem avaient voté, on aurait aujourd’hui un maire palestinien à Jerusalem.
Beylin rappelle qu’avec les échanges de territoires Israel devra accepter le même nombre de palestiniens qu ‘il y aura de colons israéliens qui resteront sur les territoires.
Population et niveau de vie ont augmenté en Palestine qui essplique le nouveau besoin.
Une des revendications des Palestiniens est d’appliquer l’accord Johnston d’avoir accès aux eaux du bassin du Jourdain. Il y a deux sortes de pénuries: physique (résolue grace aux resources non conventionnelles) et politiques. Les israéliens sont à présent considérés comme les meilleurs spécialistes sur le management de l’eau. Mais les palestinions veulent d’abord règler le problème de la souveraineté. Or le droit international implique un accord de pays à pays. Les deux positions sont légitimes.
L’eau n’est pas le problème le plus important: réfugiés et statut de Jérusalem le sont!
La vraie question est donc ailleurs!
Quelles sont les lignes rouges pour les Palestiniens, c’est Jérusalem comme capitale. Celle des Israéliens, c’est le non retour des réfugiés palestiniens.

Démocratique et juif ou juif et démocratique?Dans un cas on s’adresse aux juifs (Plus jamais ça) ou à tous !

ALMAGOR: Oslo process was a peace act with a wink: we are going to write peace and you palestinians might continue to terrors. Likewise with the palestinians to the israeli keeping the settlements on palestinian territoiries. The most important value in Israel is no longer peace, it’s security. ISRAELIs are willing to live this way today. For the Palestinians, the issue is the settlements. Israel has to stop this settlement process while palestinians should cease terrorism which created an instable psyche in Israel.
This meeting is important, but at the end of the day, peace will be signed by two leaders of each people. 3 preconditions:
1) to have a leader on the israeli side committed to peace in his words, mind and action and willing to pay the price of peace which is a precious commodity.
2) to have a palestinian counterpart.
3) when both feel that time is ripe for peace.

two moments when I and P could establish peace: Oslo (weakening on both parts) and Camp David (Jerusalem and refugees).
Jerusalem could be declared an international city or split. Israel cannot decide for the palestinians what will be their capital.

regarding refugees (4-5 million), their majority are in Lebanon, Syria, Jordan in refugee camps. Let UNWRA do a simple poll: if there’s a resolution, where do you want to reside on your present camp, to the new palestine or to Israel or any other place in the world? Once we have the figures, then we can start the negotiations. The refugees are not going to return but just compensations can and have to be made.

Enfin, le colloque s’est achevé par une brève intervention de l’excellent et multi-tache David Chemla, cité à de nombreuses reprises dans ce blog et Secrétaire Général de JCall ainsi que Président de La Paix Maintenant (…depuis 30 ans! quel courage, moi cela fait trois ans que je m’y intéresse et je frôle le parfait désespoir…) France! Il a rappelé le contexte d’un colloque sur plusieurs pays par plusieurs associations de JCall qui s’interroge sur le futur proche d’un pays qu’ils ont à coeur de garder au coeur, et ce n’est parfois pas si facile…

Vous n’y voyez pas très clair? Voici quelques autres textes:

La Question de l’eau dans les relations israélo-palestiniennes: un conflit insoluble? Article publié le 22 octobre 2013 dans le site Les Clefs du Moyen-Orient par Mélodie Le HAY

La Géopolitique de l’eau au Moyen-Orient: Guerre improbable, Paix Impossible? 2010

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PS. Après avoir écrit ce qui précède, je prends connaissance d’un papier d’Hervé Amiot d’une autre tonalité dans les Clefs du Moyen Orient qui conclue ainsi:

L’Autorité palestinienne demande actuellement des droits sur 80% de l’aquifère des montagnes, ce qu’Israël ne peut pas concevoir. Ainsi, les négociations de paix restent bloquées en partie à cause du facteur hydrique.