Ruins of a Colonial Mansion on the outskirts of Sidi Bel AbbesJ’ignore si cette demeure (“Le Château de Daphné” comme l’appelaient mon frère et ma sœur de cœur Aziz et Samira) a survécu à la dernière décennie…

Située sur la route d’Oran en sortant de Sidi bel Abbès où j’ai été professeur invitée de 2003 à 2010, elle représente le début d’un long voyage entrepris dès les années 2000 en réponse à un boycott des universitaires Israéliens.

Entre cette photo prise aux alentours de 2004 et aujourd’hui, bien peu subsiste de celle que j’étais alors, un peu idéaliste, très sioniste, très attachée à mes origines et à ma famille.

Tout en ne reniant rien de mon passé donc je suis extrêmement fière, je mesure cependant le parcours accompli dans une quête d’authenticité, de vérité désabusée mais toujours la même fidélité à mes racines.

Envers Israël par contre je mesure l’énorme chemin parcouru entre un soutien aveugle et embrigadé et un regard plus ouvert sur une réalité hélas incontournable… Je regrette les nombreux amis donc je me suis défaite en raison de leurs attaques envers le gouvernement Israélien qu’on me dictait de soutenir aveuglément. J’ai d’ailleurs reconnu dans le discours du charmant ministre plénipotentiaire Attali (voir plus bas mon compte-rendu) des accents de ce qu’on me signalait comme la vérité absolue….

Je persiste tout de même à penser que c’est de l’intérieur que doit venir la réflexion et le changement, toutefois je demande pardon à ceux  que j’ai blessés ou simplement rayés de mon carnet d’adresses tant dans mon esprit attaquer Israël c’était m’attaquer moi, la juive qui avait retrouvé sa fierté avec l’existence de ce pays. Il est exact  que beaucoup d’antisémitisme se cache sous l’antisionisme, mais il est tout aussi exact, sinon plus, que le sionisme d’un gouvernement Israélien actuel se sert de cette antisémitisme pour  attiser la haine contre la population légitime de la moitié de son territoire.

copyright JCall.eu

 Je l’ai déjà écrit à maintes reprises, l’un des tournants pour ne pas dire virages de ce parcours a été la mort de mon oncle il y a 14 ans jour pour jour ou presque et l’horreur que j’ai ressentie envers un gouvernement Israélien qui n’avait pas su protéger l’un des
siens.

Pire, il l’a aidé à habiter dans une zone de non-droit. Sans JCALL, l’association dont j’ai déjà parlé plus d’une fois, je ne serai jamais retournée  en Israël.

Il est évident que c’est moi qui aurais perdu et pas Israël ! J’ai admiré la gentillesse et la simplicité avec laquelle mes amis Israéliens à qui j’ai indiqué mon refus de retourner dans ce pays ont accueilli cette décision.

J’ai été plus que touchée par l’accueil qu’ils ont bien voulu me réserver en 2013, une véritable fête ! Ils m’ont prise dans leurs bras en me disant qu’ils étaient vraiment heureux que j’aie reconsidéré ma position. J’ai pu rencontrer de nouveaux immigrants et des anciens citoyens de troisième génération et mesurer le fossé entre ces deux communautés au sein de la multiplicité du multiculturalisme Israéliens. Alors que les petits-enfants des pères fondateurs militent pour la solution à deux états, ce sont les nouveaux arrivants (séfarades Français et Russes) qui soutiennent les petits partis de droite qui, par le jeu électoral Israélien biaisé,  détiennent la majorité des voix.

J’ai aussi rencontré des palestiniens pragmatiques, désabusés, intelligents et constructifs avec lesquels une paix est non seulement envisageable mais déjà envisagée. Je sais qu’ils ne sont pas la majorité et que ce sont eux qui prennent le plus de risques et je les admire pour cela.

Je me suis donc à nouveau rendue dimanche 10 avril  à une conférence de JCALL au Théâtre Adyar le 10 avril 2016 à Paris.

 Hélas entre 2010 et maintenant, l’espoir s’est encore amenuisé du fait du fossé grandissant entre un certain monde Arabe, une majorité silencieuse et otage arabe également et un monde juif blessé en Europe. Sans oublier les attaques au couteau tous azimuts en Israel.

Voici donc, comme d’habitude, mes impressions et de mes notes de conférence qui concluent ce petit bilan que je souhaitais partager avec vous!
La vidéo du colloque  est disponible en ligne (suivre les liens)

Première partie : le chaos régional

Deuxième partie : Israël face à ses défis intérieurs

Bonne lecture !


  
Tout d’abord, je plaide coupable de ne pas avoir assisté aux trois premières présentations du matin. Tout étant filmé chez JCall, je vous renvoie donc à leur site JCall TV où les interventions remarquables et remarquées de Kendal Nezan, physicien nucléaire, président de l’institut kurde de Paris (j’ai toutefois mis les notes que j’ai attrapées en toute fin de son intervention), et Bernard Rougier, directeur du Centre d’Études et de Documentation Économiques, Juridiques et Sociales (CEDEJ), spécialiste du Moyen-Orient arabe, maître de conférences en sciences politique et enseignant à Sciences-Po Paris. En attendant, cliquez sur leur noms pour accéder à d’autres interventions et dossiers vous permettant de vous faire votre propre idée à leur propos.

 

Kendal Nezan aux côtés d’Hubert Vedrine

Nezan, Kendal (2016), ‘Les Kurdes et la géopolitique proche-orientale.’ paper given at Israel entre chaos régional et défis intérieurs, Théâtre Adyar, 10 avril 2016.

Depuis la fin du monde bipolaire, les choses commencent à bouger avec le Kurdistan irakien et le rôle des Kurdes dans la constitution fédérale irakienne notamment avec le soutien au rôle des femmes, a été reconnu par les opinions publiques en Europe. Courant de sympathie mondial en raison de leur implication contre ISIS.
Comment aller plus loin alors que le gouvernement chiite irakien ne reconnait même pas les sunnites?
Idem en Turquie puisque tous ceux qui s’opposent à Erdogan sont considérés comme traîtres à la nation.
Au niveau des opinions il y a un courant favorable au Kurdistan et on commence à voir un certain nombre d’Etats (surtout Scandinaves, début en France) qui s’en rapprochent.
Rapprochement Turquie Israel: depuis l’intervention russe en Syrie, la Turquie est très inquiète mais elle sait compartimenter ses contentieux avec l’Iran. Maintenant que Poutine est aussi têtu et monomaniaque qu’Erdogan, le rapprochement conjoncturel avec Israel n’est relatif qu’aux réserves gazières d’Israel
Les Kurdes sont historiquement divisés en raison de leur cloisonnement géographique dans des montagnes. 2 mouvements islamistes dont un proche des frères musulmans. Les Kurdes d’Irak, Iran et Turquie, s’ils s’associaient, provoqueraient une alliance de ces trois états contre eux.

Le peu que j’ai entendu de Kendal Nezan me laisse augurer de la grande qualité du reste de son intervention que je me réjouis de retrouver sur JCall TV rapidement.

En revanche, j’ai trouvé plutôt brouillonne et décousue l’intervention matinale de

Ilan Paz

Paz, Ilan (2016), ‘Perspectives of a Former Army Officer on the Middle-East situation’, paper given at Israel entre chaos régional et défis intérieurs, Théâtre Adyar, 10 avril 2016.

Il s’est cependant un peu rattrapé l’après-midi où son propos était plus clair. Voici mes notes. Savoir tout de même qu’il s’agit d’un général de réserve, ancien chef de l’administration civile des territoires occupés et ancien commandant de la brigade de Cisjordanie. Il a arrêté Bargouti, a quitté l’armée.

Important to hear from Israelis directly regarding their point of view on the conflict. I’m representing myself. I agree with most but not with all the Israeli Government’s activities. Some things, I believe we are doing are wrong.
Reality in Middle East is very complicated, unacceptable and can be detrimental to Israel and other countries involved. In hand with this situation, this reality creates opportunities to change the reality for Israel. The dissolution of Iraq, Syria (1st line) and Libya (2nd line) is good news and an option to change reality. It creates a step for a decrease in the volume of enemy countries. Nevertheless, the alternative for this decreasing of threat might also be replaced by an even greater danger. Replacement might be less rational, less responsible. Radical islamism reaction towards Israel however is potentially a major threat for Israel. We have to identify alliances of countries called by israel Coalition from Evil (Iran with hezbollah). For Israel: it could also create opportunities . We have to identify the interest of each super powers,
Penetration of radical islamism in the west bank that could turn the political national regional conflict with a religious one would mean the end of any further hope of peace agreement (“Israeli threat to Islam holy places”). Last risk for Israel and actually to the world is the risk of unconventional weapons (nuclear, chemical, biological) into the hands of irrational people like the leaders of radical religious movement.
In this reality, we have to identify what can Israel do in order to react.
2 main directions:
1) remaining passive and uninvolved. We aren’t a target for the moment for ISIS. They don’t deal with Israel, thus we simply surround ourselves with fences, letting the wave passe beyond us and hope that it ends soon.
2) find a way to identify common interest to ally with countries (Egypt, Jordan, Saudi Arabia and Gulf Countries, the regional “good guys” in the region) in order to defend themselves and ourselves.
Unfortunately, the Israel Government presently acts according to the first alternative (fences with Syrian, Jordan, Lebanon, missiles…). What we hear is the usual “old ghetto” theory…
We have to keep our army the strongest in the region. We have to look at who is planning to attack us and attack it before but at the same time, we need to seek for these alliances. Unfortunately it cannot be done until we have solved the conflict with the Palestinian. Any alliance is jeopardized until we show the world that we make an effort to reach a peace agreement and find a way to solve the problem with Gaza (although it’s hopeless as long Hamas leads it). The relationship with the rest of the Arab World won’t happen until this condition is filled.
What military help can you expect from the US? We have a prime minister who doesn’t talk with the president of the USA. All I can say, it’s that USA is for a two-states solution, but it’s not an issue on the table at the moment. Nobody does anything despite their proclamation in favour of such a solution. Under the table, there are several activities which, I’m afraid, will create a situation in the near future, when the 2-state solution no longer exists.
The time isn’t with us regarding this point. As long as we don’t reach an agreement, the point of non-return regarding the 2-States solution is getting closer.

Question from the floor: Comment l’administration civile se passe dans les territoires sans trop d’oppression?
Let me describe the reality of security briefly. A year and a half after the last opperation against Hamas. A cease-fire exists with a minimum number of events. both sides are preparing for the next crisis and operation between Israel and Hamas. Our mistake, in my opinion is that we should have participated in the world effort to rebuild the Gaza strip. Without some kind of agreement between Israel and Hamas, no conflict resolution. Hamas needs rebuilding. All the world agreed to participate to this effort but nothing has been done yet and the opinion in Gaza is to have their revenge.
Regarding the “knife terror”, “third intifada”…whatever you call it, is made by young people. Their incitement is made through the internet. I believe that this wave of terror has nothing to do with what Europe is undergoing with the radical islamists. It came out of a fear of a threat for the Muslim holy sights in Jerusalem. Now it’s a national issue. Netanyahu is confronting ourselves in front of ISIS whereas it’s absolutely not the case. Nowadays, hezbollah is dealing with Syria, trying to create a new area of terror in the Golan heights, although it’s a very delicate situation which is potentially very aggressive. We are fearing the next round of missiles from Hezbollah. Syrian army is in very bad condition and doesn’t play any game against Israel.
Iran is the only direct threat right now. But after the agreement, it’s not an immediate one. Israel believes that after the end of the agreement, it will take very little time for Iran to get the nuclear weapon but it’s 15 years down the road from now.
The real threat between Israel and Hezbollah could still indirectly come through Iran. The security issue isn’t the real problem righ tnow. Threats are: losing democracy, loss of opportunity to separate from Palestinians and keep Israel as a Jewish State.
IDF controls both civilian and military matters in the West Bank. It affects the violence of Israeli society, the way of dealing with Palestinian issues etc….

His morning intervention was followed by very brilliant one by

Hubert Védrine et Kendal Nezan

Vedrine, Hubert (2016), ‘La diplomatie française est-elle efficace au Moyen Orient.’ paper given at Israel entre chaos régional et défis intérieurs, Théatre Adyar, 10 avril 2016.

No matter what we think of his action as a former French Minister of Foreign Affairs, we have to admit he belongs to this rapidly vanishing generation of true statesmen we long for!

Remercie JCall, mouvement courageux, intelligent et utile.
Nous assistons la désagrégation du Moyen-Orient issu de la 1ère guerre mondiale lors de laquelle les “puissances chrétiennes” ont réussi à démantelé l’Empire Ottoman. Création d’un Kurdistan ensuite abandonné, création de la Syrie…Cette situation a duré un siècle et à présent se désagrège. Aucune puissance régionale n’est capable d’imposer son plan mais toutes ont une puissance de nuisance vis-à-vis de leur voisin d’à coté.
Même si Obama et Poutine travaillaient correctement ensemble (et ce n’est pas le cas), personne ne peut faire ce qui s’est passé il y a un siècle. Il n’y a pas de Communauté Internationale, comme je le dis de manière récurrente.
Aucune solution d’ensemble envisagée pour faire une sorte d’accord de Westphalie! Raison pour laquelle Kissinger fait tant d’éloge de Richelieu.
Israel n’est responsable de rien dans la situation actuelle. La situation avec les Palestiniens n’est pas concernée.
La première option évoquée par Paz de ne rien faire, reste la plus séduisante. A part l’Egypte, aucun accord n’est envisageable et l’Arabie Saoudite wahhabite n’est pas, et de loin un partenaire modéré.
Israël fait comme tous les pays: comment vais-je gérer mes affaires. Les Occidentaux se retrouvent dans Jurassic Park, à tenter d’identifier leurs intérêts vitaux!
L’entretien d’Obama à Atlantic Monthly est en l’occurence exactement dans cette ligne là. Sur le fond,d’ailleurs, il ne diffère pas de Trump. Je ne sais pas ce qu’il faut attendre des US à l’heure actuelle.
Chirac a eu mille fois raison de ne pas s’impliquer dans le conflit en Irak et depuis, la diplomatie française et européenne s’est démobilisée d’un point de vue global. Ils se contentent de faire des sermons sur les droits de l’homme et de gérer une diplomatie de voisinage. Reste France, Angleterre, un peu Allemagne, et Italie. Voir la réaction concernant le printemps arable où on pensait qu’il suffisait de renverser un despote pour arriver à la démocratie. Tout disjoncte en même temps.
Ni sous Sarkozy ni sous Laurent Fabius on ne s’est réellement entendu avec Obama.

A part la Tunisie, très faible, aucune révolution n’a conduit à une démocratie. Le Roi du Maroc a bien géré la situation. Sa gestion du début de printemps marocain est rapide et astucieuse. Islamisation sociale par le bas avec laquelle il est obligé de composer. Cela se passe plutôt bien au Maroc qui forme des Immams en Afrique. Cela va plutôt mieux qu’ailleurs.
Le nationalisme palestinien est-il soluble dans la religion? Non, cela devient juste plus insoluble. Plus c’est religieux, plus c’est insoluble surtout s’il s’agit de religion sans leader.
Depuis Pearl Harbour, les USA ont gardé les rennes mondiales. les nuances entre intervention ou pas ne sont que des nuances dans le fond.
Obama fonctionne plus comme un grand intellectuel que comme un président.
Trump peut dire tout et son contraire et si c’est Cruz c’est pas terrible non plus sur les sujets dont nous parlons
Il n’est pas exclu qu’on revoit une alliance entre l’Iran de demain ou après-demain et Israel.

Sasson, Talia (2016)paper given at Israel entre chaos régional et défis intérieurs, 10 avril 2016.

Tallia Sasson

Présidente du New Israel Fund, juriste, rédactrice du rapport Sasson sur la colonisation écrit à la demande d’Ariel Sharon. Son intervention n’était pas non plus très claire…pour moi!

S’occupe du New Israel Fund qui soutient les projets des ONG israéliennes sur les droits de l’homme, on lui propose d’expliquer les récentes lois limitant la liberté des ONG en Israël.

Political picture affecting NGO. 69 years of conflict. This situation is unique.
Our reaction to terror is building more and more colonies. Peace sounds unreachable. We don’t have a constituion in Israel. We are a state of immigrants who came from all over the world, a lot of them from countries which don’t know democracy, so it’s hard to educate such people.
Every democracy is based on equality. Without it, there’s no such thing as democracy. The main opposition isn’t being heard. So NGOs are the only way to defend democracy.
Right now, deligitimization of human rights in Israeli law. They force us to bear a tag mentioning the countries that support our organisations.
The behaviour of the homeland of the Jewish State, whether you like it or not, affects your identity as a jew in the world.
You all in fact have an interest to make sure to protect Israeli democratic values.

Impact of NGO: they have an impact despite their limited resources, that’s why the governement is trying to legislate them. NGOs aren’t a political party, they are philantropic. It’s difficult to collect money. Government puts their people in each institution to control the NGOs.
Some bills might change the regime: boycott law, forbidding israelis to call for a boycott on settlement. If you enfringe it, you have to pay a penalty. It’s anticonstitutional.
The NGO law and some other laws which impact isn’t so severe.
Aim to give the Knesset the right to kick out from parliament any member if a vote of 90 of 120 approves the expulsion. Minorities are going to watch out what they are saying….
Today, people are afraid to be identified with the left and criticize their country. A member of Supreme Court called for a bulldozer to erase the Supreme Court.

Barnavi, Elie (2016), ‘Situation et perspectives israélienne aujourd’hui’, paper given at Israel entre chaos régional et défis intérieurs, Théatre Adyar, 10 avril 2016.

Commentaires au panel du matin: toujours été un grand admirateur de l’Eglise catholique avec sa hiérarchie mais quand je vois l’establishment rabinique israélien, je préfère encore qu’on s’en dispense.
Sur la question kurde: s’il y avait un mouvement kurde unifié ce serait préférable à cet éparpillement. Le seul effet positif dans la région est la création d’un Kurdistan autonome en Irak.
Sur la diplomatie US entre phases d’interventionisme et isolationisme. Lorsque Obama donne une leçon dans l’Atlantic Monthly, la seule exception est Israel

Part de l’intitulé de la rencontre, Politique israélienne, choix et conséquences. D’après Finkielkraut on est très mal informés de ce qui se passe informé. C’est certainement vrai et c’est le sentiment que j’ai également vécu lorsque j’étais en Europe. Si on ne s’appuie que sur les écrits de la presse locale…, d’abord ils ont une perspective parfois biaisée et il s’y sent une certaine lassitude.
Quelles sont les évolutions lourdes de cette situation? Si on s’adresse à un défenseur de Netanyahu, il te dira que cela va très bien et d’un certain point de Touvue il n’a pas tort….Selon les paramètres de bonne santé d’un état: croissance de 2,5%, chomage de 5%, mesure du bonheur l’israélien a un taux de 86% etc….et l’aspect le plus spectaculaire, c’est que dans une région où tout s’écroule, Israel est là, “une villa dans la jungle” (Ehud Baraq). Netanyahu parle de mur à ériger pour protéger leur ilôt de tranquillité. L’intifada des couteaux est plus ou moins jugulée. On a tenu tête aux Américains, le mouvement BDS fait plus de bruit que de mal et sur le plan proprement stratégique, il n’y a plus de menace militaire classique, aucune coalition arabe. Le terrorisme subsiste, c’est embêtant mais cela ne met pas en danger Israël .
Les choix d’Israël procèdent de cette situation: “ne rien faire, moins on en fait, mieux on se porte”, immobilisme. Il n’y a pas avec qui ni de quoi parler, donc il faut capitaliser sur la situation. Un bonheur n’arrivant jamais seul, nous voici puissance gazière internationale.
Netanyahu n’a rien fait, certes, il a ennuyé le président des USA et le manque de réponse à sa grossierté est presque incompréhensible. A chaque jour son écueil dans cette coalition qui ne repose que sur une voix de majorité. Comme il n’y a pas de défi en face, cela ne pose pas de gros problème.
Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes cependant…Il y a des conséquences internes et externes. L’immobilisme n’est qu’une illusion. La jungle a une propension désagréable à ne pas s’arrêter aux murs de la villa qu’elle lêche désormais. Aux effets de cette non politique (croissance des colonies, erosion continue de la démocratie “illibérale” israélienne à la manière de la Hongrie et de la Pologne. Or la démocratie est ce qu’on a fait de mieux. Seul régime à conserver les structures démocratiques en dépit des attaques continuelles.
La volonté du peuple est là…la société civile résiste mais des tendances lourdes s’annoncent d’un mouvement brutal vers la droite non libérale de l’opinion publique. L’éducation, la presse et l’opinion publique sont sapées. La justice tient encore le coup, reste à voir pour combien de temps.
Aux USA dans l’opinion publique il se passe des choses très inquiétantes.
Conclusion: on a besoin que vous compreniez ce qui se passe, que vous échappiez au piège, les enjeux et nous aider à nous en sortir. Faire comprendre, surtout aux USA, à Israel, que le prix de l’aide des juifs américains implique le respect de toutes les obédiences du judaisme. Et faire savoir que les violations des droits de l’homme dans l’état juif sont inacceptable et enfin faire comprendre que le peuple juif dans ses tréfonds n’est pas prêt à un autre demi-siècle d’occupation d’un territoire qui ne lui appartient pas. Si vous me demandez si cela signifie qu’on a trouvé un partenaire pour faire la paix, je vous répondrai non mais j’invite à comprendre la différence entre faire la paix, illusoire, et cesser l’occupation.
La gauche israelienne est moribonde. Npus avons mis tous nos oeufs dans le panier de la paix sans réussir et cette incapacité s’est même doublée de violence. La définition des camps politiques idéologiques se fait presque uniquement sur la situation sécuritaire. Le camp que nous représentons ici manque de leader et il est en mort clinique. Cet état m’est un peu égal car notre camp n’a jamais réussi à rendre un seul territoire ni à démanteler une seule colonie, c’est la droite qui l’a fait. L’autre raison est que la solution ne viendra pas d’Israel. Ceux qui s’imaginent qu’on peut parvenir à un accord doivent savoir qu’il y a deux conditions: la renonciation du droit au retour des palestiniens et la souveraineté palestinienne sur le mont du temple. Voyez-vous les deux partis capables de trouver cet accord? La solution viendra de l’extérieur.
La communauté juive américaine bouge beaucoup et est très diversifiée. Courant dit libéral et courant conservateur. Leur immense majorité sont des libéraux, donc centre-gauche, qui vivent de plus en plus mal le monopole orthodoxe en Israel.
Standing ovation pour Donald Trump au dernier IPAC…..
Nous avons déjà perdu la bataille démographique à Jérusalem. La proportion de juifs a Jérusalem Est est la même. A l’intérieur du peuple juif israélien, ce n’est pas en accusant les religieux de faire trop d’enfants que nous résoudrons le problème.
David: JStreet a une assise de jeunes alors que JCall a une assise plus agée. Les jeunes américains se désintéressent d’Israel et votent Benny Sanders qui a passé trois mois dans un kibbutz.
Manière de punir les artistes et écrivains menacés de suppression de subvention. Ce n’est pas encore le McCarthysme mais on n’en est pas loin. Des gens comme nous sommes cheznous de moins en moins légitime. Influence insidieuse de l’extrême-droite dans la politique de nomination dans des postes sensibles fait que le pays est en train de changer de main.

Raz, Mossi (2016), ‘Le Meretz et le conflit proche-oriental’, paper given at Israel entre chaos régional et défis intérieurs, Théatre Adyar, 10 avril 2016.

Mossi Raz

J’ai été ravie d’écouter cet excellent orateur et son discours intelligent, constructif et dénué de langue de bois. Pour en savoir plus sur lui, cliquez ici. Mossi Raz, a dirigé Kol Hachalom, radio qui émet vers Israel et Palestine avec des programmes mixtes. Secrétaire général du Merez. A la question de savoir si son parti constitue une alternative politique à la coalition extrêmement fragile du gouvernement israelien, il répond:

This coalition is pretty stable, despite all odds. First we have to understand what it is. It’s the right wing coalition. I was surprised that Labour thought it had a chance. Why is Netanyhu even stronger than a year ago. For
1) security reason, despite the fact it’s not actually in danger. Israelis feel that Netanyahu gives them the security
2) economic boom: the capital of Israeli citizen is at the 11 rank.
Average israeli citizen is very happy. We played basketball but the game was football. We were dealing with economy when Netanyahu was dealing with life itself. It’s slogan was “Where’s the way to Jerusalem? Go left”, this explains why we keep losing. We have to understand that we might provide israeli the feeling that they are safe. Labor and Meretz become insignificant politcally, the former lost 50% of the little they had a year ago, Meretz gained one….
Vote for tax reduction in the settlement was only voted against by Meretz. What were the others doing, including Arab israelis.
When Israel is the ruling master of everything, who can sit at the negotiation, who will go to prison, who will be blocked at the border.
For many years, I thought that both Israelis and Palestinians didn’t know what really happens in the territories. We saw recently with the killing of a weakened terrorist that we need your help to open Israeli lives.
Who owns the gaz we discovered? economic issues regarding its export etc…

L’un des premiers et plus fidèles soutien du mouvement, Alain Finkielkraut, a donné sa vision de la situation actuelle. Vous me savez amatrice de sa rare et intelligente sensibilité qui reste intacte après son intervention ainsi que les réponses de ses interlocuteurs:

 Finkielkraut, Alain (2016), ‘Réaction aux interventions du Colloque’, paper given at Israel entre chaos régional et défis intérieurs, Théatre Adyar, 10 avril 2016.

J’ai beaucoup appris et aurais quelques questions à leur poser, mais avant cela je souhaiterais parler de la situation des juifs de France vis-à-vis d’Israel. L’inconditionnalité de ces derniers n’a plus tout à fait la même signification. Naguère, hier encore, nous disions “nous ne pouvons pas les critiquer car nous ne courons aucun des risques qu’encourent les israéliens eux-mêmes, c’est la moindre des choses qu’on leur doit”. Imre Kertesz a exprimé cela à Jérusalem, s’en prenant à tous les donneurs de leçon de la gauche israélienne: “Peut-être ont-ils raison sur certains points mais ils n’ont pas encore pris leur ticket de bus de Jerusalem à Haifa.” (en référence aux bus pris pour cibles par les terroristes d’alors).
La situation a changé car des juifs européens meurent aujourd’hui, et ils sont molestés ou agressés en tant que suppots d’Israel. Rony Braumann a assimilé la kippa en tant qu’allégeance à “Israël, état raciste“. Témoigner d’un certain souci d’Israël c’est s’exposer aux insultes et à la violence puisque la violence raciste n’est pas du même ordre que la violence antiraciste.
Nous devons faire face à une mouvance que d’autres et moi avons appelé l’islamo-gauchisme. Les juifs, et moi aussi, n’ont pas envie de hurler avec les loups islamogauchistes. C’est toujours au nom de la cause palestinienne que les juifs sont attaqués. Cela explique le peu d’engouement des juifs à critiquer Israël. Dès 1982 dans la réprobation d’Israël, j’ai tenté de mettre en garde.
Israël est un véritable crève-coeur.
Elie Barnavi a dit qu’il n’y a pas de partenaire. Pourquoi? Pourquoi les palestiniens ne disent pas qu’ils veulent un Etat? Pourquoi la colère des Palestiniens? Pourquoi leur refus de condamner les attaques au couteau? N’y a-t-il pas des passions plus fortes que les intérêts? Le paradoxe du statu quo se produit au moment où le messianisme israélien s’effondre. La situation actuelle est très dangereuse car c’est le sionisme, à savoir un état à majorité juive, qui est en cause. les Israéliens sont-ils échaudés par le Liban et Gaza?

Réponse de Barnavi: nous avons moins d’alliés chez les juifs à cause de cette peur panique de hurler avec les loups. C’est une peu bolchévique. Il faut lutter sur leus deux fonds, dire aux islamo-gauchistes qu’ils sont une bande d’abrutis et aux israéliens qu’ils sont sur la mauvaise voie. Il faut avoir moins peur des islamo-gauchistes et dire les choses. Ce n’est pas parceque je déteste la terrreur robespierriste que je dois balancer la déclaration des droits de l’homme par la fenêtre.
Nous nous trouvons devant une société du premier monde et une du troisième monde. Ils ont eu un premier ministre formidable, Salam Fayed, Abu Mazen l’a jeté dehors. J’adorerais avoir affaire à des Luxembourgeois mais c’est à des Palestiniens misérables et suicidaires que j’ai affaire. S’ils avaient été différents, ils auraient leur état depuis longtemps. Pourquoi le font-ils? Cette société corrompue, divisée et désossée est capable de produire. Arafat a mis en place un sous-état mafieux. Comment traiter avec ces gens-là. C’est le règne de la surenchère. On ne leur a fait cadeau de rien avec Gaza, c’était un piège mortel pour l’armée. Un gouvernement responsable aurait pu tirer partie de la situation. Et on ne peut pas parler avec le Hamas. Il faut être deux pour danser le tango, aucun de nous ne sait le danser. Cessons de parler de paix, parlons de la fin de l’occupation qui nous détruit nous-mêmes.

Réponse de Sasson:  Can they and do they want to change the situation? I doubt that they really think they can establish a state. There are many reasons for Israel becoming what it is today. How can they reach democracy with the state of corruption? When they look at Israel, they see a collapse of democracy.
the occupied teritorries come from a decision from Ben Gourion. It’s my interest for Israel to take care of my state and not jeopardize our democracy.
Ilan Paz: I can’t represent the Palestinians, they made, like us, all the mistakes they could do, but do we have a partner in the other side? My answer is yes, it’s Abu Mazen. It’s not a utopic ideal leader but he’s the best for us. Any successor will be a much greater problem. He is the Palestian President and he’s our partner. Now reverse the question, do the Palestinians have a partner on the other side? I don’t think so. I think we can find an agreement. I’m not sure he can then implement it, but time is running against us and not against palestinians. “Ok, if you don’t want the 2-State solution? Let’s wait!”.

Réponse de Mossi Raz: it creates a lot of problem when people say that everybody hates us. I met Abu Mazen many times. Maybe you can ask Hollande to approach the two leaders and see who is a partner and who isn’t , but even if he isn’t a partner, maybe we can try. Maybe Sadate didn’t initially have a partner when he first came to Israel, but a few months later, he did anWe d Israel disengaged from Sinai. We withdrew from Gaza because of the atrocities we watched. We want to have an agreement, not an unilateral move.

Avant dernier intervenant, presque désabusé, n’ayant même plus l’air d’y croire, le représentant du Gouvernement israélien et son ministre plénipotentaire à Paris:

Attali, Marc (2016), ‘Israël entre chaos régional et défis intérieurs’, paper given at Israel entre chaos régional et défis intérieurs, Théâtre Adyar, 10 avril 2016.

En tant que représentant de l’Etat d’Israël à Paris, je suis fier de représenter tous les citoyens israéliens juifs, musulmans, chrétiens. J’apprécie leur expertise, je respecte leurs idées. Les solutions ne sont pas faciles. C’est une représentation du pluralisme israélien. On est là tous pour avoir un Israël fort, une démocratie vivante. beaucoup de propos qui ont été soulevés sont à débattre tant au niveau juridique que public. On ne retrouve pas le même pluralisme et la même diversité chez nos adversaires.
Oui, c’est légitime de critiquer Israël, mais pas constamment. Il faut aussi respecter le choix de la démocratie israélienne. Tout se passe sur le fond d’un environnement régional chaotique, menace iranienne et Hezbollah, population déçue par leadership palestinien, crise de terrorisme….Serait-il possible que le débat d’aujourd’hui se tienne en Palestine? Comment expliquer le manque de volonté de Mahmoud Abbas de reprendre les négociations directes sans conditions préalables? L’occupation n’est pas un choix. Cela a été imposé à Israël. Il faut négocier. On a vu ce que cela a donné à Gaza. Mais même actuellement, des centaines de camions traversent la frontière pour transporter du ciment qui leur servira à reconstruire des tunnels pour nous agresser.
Israël veut négocier, oui, Israël veut arriver à la paix, Israël veut un interlocuteur palestinien.
Le terrorisme n’a pas d’idéologie si ce n’est la haine du juif. J’apprécie vos inquiétudes. Nous aussi sommes inquiets. C’est l’autre côté qui doit venir à la table. C’est uniquement à travers des négociations directes. Il y a dix minutes entre Israël et Palestine, pas besoin de passer par New York

Son intervention a passablement énervé l’ami David Chemla:

Chemla, David (2016), ‘Conclusion’, paper given at Israel entre chaos régional et défis intérieurs, Théatre Adyar, 10 avril 2016.

David Chemla and Alain Finkielkraut

 

Appel à la raison: analyser et comprendre la situation, chercher une alternative et comment contribuer à la faire aboutir.
Il s’agissait de comprendre que la base du conflit est “un droit contre un droit” comme le dit Amos Oz. Une majorité des populations reconnait aux deux peuples le droit à avoir un état. On n’est plus au temps de Golda Meir qui disait que les palestiniens n’existaient pas.
Certains, au gouvernement actuellement, pensent qu’il n’y a pas de solution. Et puis il y a ceux dont nous sommes qui pensent qu’il y a une solution. En 2003, la signature d’un accord virtuel de paix à Genève, dans lequel chacun renonçait à une partie de c’est droit, je me suis dit que cela pourrait aboutir.
Plus de 20 ans après Oslo, la majorité israélienne considère qu’il n’y a pas de partenaire. Ils sont confortés soit par conviction soit par opportunisme politique. Les dirigeants actuels confortent les israéliens dans leurs peurs. Ce n’est pas étonnant que de nombreux hauts gradés fassent partie de cette opposition israélienne. Notre plan de travail est tout tracé: au sein de la société civile, lutter contre le scepticisme ambiant et prouver qu’il y a un partenaire, au sein de l’armée pour prouver qu’il existe des solutions sécuritaires. JCall ne prétend jamais se substituer aux Israéliens mais lutte contre l’appel du BDS illégal en France et imbécile vu le nombre d’Etats à boycotter avec comme seul résultat la parano israélienne. Mais par contre un produit à Yehuda Ve Shomeron n’est pas en fait en Israel et donc nous sommes pour l’étiquetage. le blocage actuel peut être contourné par un tiers, pays européens et israéliens.En 2017, 50 ans qu’on attend un traité de paix. Campagne de SISO (Daniel Bar-Tal) Save Israël Stop The occupation

Son intervention tient probablement à sa fatigue d’entendre une telle mauvaise foi cent fois répétée nous responsabilisant, nous juifs critiques….alors pour l’énerver encore plus je lui propose et à vous la version “grand public” ahurissante entendue dans la désopilante émission satirique de France Inter “Si tu écoutes j’annule tout“, qui là, dans le reportage du toujours très drôle Guillaume Meurice, en dit long sur l’imbécillité des masses qui n’a rien à envier au salafistes (cliquez sur le lien).

AUTRES REFERENCES: since it’s been referred to several times, here’s the link about Obama’s interview: Goldberg, Jeffrey (2016), ‘The Obama Doctrine: The U.S. president talks through his hardest decisions about America’s role in the world.’ The Atlantic. Click here.

OBAMA

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