Lorsque l’orient nous fascinait…

Confinée à Genève et en attendant le résultat des très controversées élections Américaines, je me suis offert en toute sécurité une visite express à la superbe exposition L’Orient de Rembrandt au Kunstmuseum Basel (jusqu’au 14 février 2021). Les inspirations de ces tableaux magnifiques sont décrits dans le document du Musée dont je reproduis de larges extraits. Ce qui me fascine dans la peinture hollandaise est l’image du XVIIE siècle au moindre détail près …

Rembrandt et ses contemporains ont toujours représenté des objets provenant de pays lointains. Leurs œuvres d’art témoignent de la première mondialisation et montrent l’influence des cultures étrangères sur les Pays-Bas au XVIIe siècle. (..)L’exposition évoque la réaction des peintres de l’Âge d’or néerlandais à la découverte des régions du Proche, du Moyen-Orient et de l’Extrême-Orient, appréhendés grâce au commerce, aux voyages et aux publications. Rembrandt en est le point de départ. Sa fascination pour ‹ l’Orient › se reflète dans ses histoires bibliques avec des figures en vêtements orientalisants, dans les Tronies (têtes, litt. trognes) d’ ‹ Orientaux › et dans sa collection d’objets exotiques.

L’intérêt pour les pays lointains et la disponibilité d’objets exotiques s’explique par la circulation mondiale des marchandises que les Pays-Bas ont développée au XVIIe siècle. Les représentations picturales consacrées au thème du commerce n’étaient pour la plupart ni réalistes ni documentaires ; elles ne prétendaient pas rendre avec précision une scène quotidienne, ni présenter un événement historique de manière factuelle. Elles répondaient davantage à des préoccupations représentatives ou décoratives. Ceci s’appliquait même à la figuration des conflits armés en cours – la face cachée du commerce mondial.

(…)L’expansion du commerce sur tous les continents a entraîné un élargissement des connaissances et du savoir dans le monde. Une multitude de livres et de cartes décrivent et révèlent des terres lointaines. Amsterdam devient le centre de l’édition. Les portraits d’érudits figurés entourés de livres soulignent un idéal d’éducation, qui forme un contrepoint à la passion pour le négoce. Des objets tels que des coquillages exotiques deviennent des pièces de collection convoitées par la bourgeoisie pour ses cabinets de curiosités. Les natures mortes et les peintures d’intérieurs mettent en évidence l’exotisme et le luxe. La confrontation avec l’étranger est plurielle mais parfois superficielle et pas toujours caractérisée par une grande tolérance, notamment envers l’Islam.

(…)Dans les Pays-Bas au XVIIe siècle, on pouvait trouver des livres ethno- graphiques et des récits de pèlerins et de voyageurs qui s’étaient rendus au Proche-Orient ou en Extrême-Orient. Très peu de Néerlandais avaient vu ces régions eux-mêmes et avaient une idée des réalités locales. Pour eux, l’Orient était avant tout le théâtre d’événements bibliques.(…)l’imagination était au pouvoir, bien que les couleurs et les motifs, notamment des soieries, aient pu correspondre aux modèles réels des tissus orientaux du XVIIe siècle (…) Sous les sombres voûtes, Rembrandt déploie un magistral jeu de lumières avec des rayons réfléchis par des surfaces métalliques. Cet effet sert non seulement à définir l’espace à l’intérieur de la scène, mais aussi à souligner certains éléments de sa signification.

(…) La splendeur des vêtements et la préciosité des images orientalisantes contrastent avec l’austérité puritaine du calvinisme. Dans cet intérêt pour les mises en scène orientalisantes, l’attrait pour le merveilleux, l’extraordinaire, est alors manifeste. L’ ‹ Orient › est l’Autre, une idée abstraite de ce qu’il est possible de vivre, une surface de projection pour les besoins humains auxquels la vision rationaliste de l’Occident, particulièrement prégnante dans le protestantisme, n’offrait aucune place.

https://www.kunstmuseumbasel.ch/storage/kmb-cp-rembrandtsorient_6b262e22.pdf

Sur mon chemin de retour, Joe Biden était annoncé 46ème Président des États-Unis ! Cela valait bien un franchissement de la barrière du Rœsti !

Merci à Ingrid, ma pourvoyeuse d’excellentes illustrations!

1 reply

  1. merci à toi chère Daphné qui me manque, une fois de plus tu me fais voyager. Les commentaires sont précieux. bzz

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