À la Recherche des Kanaks (26): une introduction conclusive sur 50 nuances de bleu et de vert (Hanga Roa-Auckland-Nouméa)

Il est 17:05, nous sommes dimanche 4 mars et j’observe attendrie un magnifique crépuscule sur la baie des citrons à Nouméa…

Dire que j’ai visité l’immense Calédonie par sa beauté et sa culture serait lui faire injure…

J’aurais dû y passer 5 jours qui furent réduits à 3 par la grâce des décalages horaires et de ma myopie!

Dès mon arrivée, j’ai été sous le charme puissant de cette île magique!

La beauté de son paysage intérieur animé par les volcans et les nuages, sa couleur émeraude… et dès l’arrivée à Nouméa, que de bleu, mer, ciel, bleus à l’âme aussi d’un peuple qui quitte doucement un droit coutumier et des attachements tribaux, d’une population qui ne se comprend plus, de jeunes sans modèles ni repères …

Tout cela dans une chaleur écrasante et avec le sourire et la douceur des peuples désabusés!

Je reconnais volontiers que cette halte était involontaire car due à l’absence de place dans les vols pour me rendre au Chili mais le hasard, comme toujours, fait bien les choses!

Puisque Chili continental il n’y avait pas, j’ai remplacé Valparaiso par un autre paradis sans trop le savoir!

On m’avait mise en garde, à raison, contre une certaine violence juvénile.

Elle semble réelle d’après plusieurs témoignages mais fondée sur un profond désarroi d’une jeunesse qui méprise autant ses chefs tribaux que les gouvernants politiques

“Si les dirigeants politiques et des tribus donnaient le bon exemple, les jeunes respecteraient peut-être la société mais là ils petent les plombs”

Il est un peu grotesque de dire qu’on sait tout en un week-end à Nouméa mais curieusement les gens parlent beaucoup et facilement ici.

Tous les Mélanésiens que j’ai croisés m’ont non seulement saluée mais souvent dit un mot gentil alors que les “blancs” européens passaient tout droit sans me voir…

Quant aux descendants de bagnards, les caldoches et métis, je n’en ai croisé qu’une, partageant un atelier de cuisine kanak avec des mélanésiennes en totale symbiose!

Je n’ai pas vu la somptueuse île des Pins, mais tous ceux qui y sont allés l’ont décrite comme une île de beauté sans pareil.

Si j’en juge par ma merveilleuse expérience dans le lagon du phare Amédée hier, je n’ose pas imaginer le reste car j’ai pu nager dans un autre aquarium grandeur nature en compagnie de tortues marines et de poissons de toutes couleurs et tailles.

Mais c’est le bleu et la transparence marine qui m’ont emballée autant que ce phare troisième empire qui m’ont comblée!

sans oublier les fameux tricots rayés

Aujourd’hui j’avais décidé de visiter Nouméa et après le monument américain et le marché, pensais passer un peu de temps au Musée de Nouvelle Calédonie, sympathique et authentique mais un peu bricolo…

Cette petite halte a pris plus de temps car je suis tombée sur une journée portes ouvertes avec ateliers cuisine (anguilles aux feuilles de taro et mulet mariné accompagné de patates curry !) et teinture de textile.

Jamblon fruit

Les anguilles de grand-mère Hélène

  • Bananes vertes
  • Feuille de taro comestibles
  • Anguille ou autre poisson
  • Feuilles de taro des rivières
  • Bananes vertes
  • Lait de coco presse main
  • Oignons verts
  • Ail concassé
  • Persil

Recette mulet:

  • Poisson cru mariné

dessert:

Pomme liane: fruit de la passion

On ne peut pas dire que la foule se pressait au portillon mais j’ai fait la connaissance de gens adorables avec qui j’ai taillé une bavette: un jeune couple de vendéens, elle infirmière et lui dentiste sur le point après un tour du monde de plusieurs années et des affectations hétéroclites, à poser provisoirement leurs valises à La Rochelle, une dame caldoche qui accueille les personnes handicapées mentales, un couple, lui réunionnais de Marseille et elle Calédonienne issue de la “brousse” et dont le divorce avec un kanak dont elle a eu 7 enfants a visiblement été un parcours de la combattante… et l’animatrice, cuisinière en brousse elle aussi qui nous apprenait les recettes de sa grand-mère Hélène!

J’y ai aussi appris que la coutume, mot qui revient dans chaque conversation implique aussi une dot que la femme apporte dans sa nouvelle chefferie…

Dot: un sapin et cocotier représentant l’homme et la femme

Tout ceci se passait dans la cour du musée sous un chapiteau orangé qui explique la curieuse couleur de mes photos…

Et puis je me suis baladée dans une Nouméa quasi déserte ce dimanche après-midi, seulement animée par une messe à la cathédrale St Joseph et des danses américaines place des cocotiers!

Tout le monde était à la plage, logique… et j’ai fait comme eux, assistant à un spectaculaire coucher de soleil…

Il est 18:22 dans une île vraiment magnifique peuplée de sourires, de retraités, de fonctionnaires et de stagiaires futés ayant trouvé une planque loin de l’hiver! L’adorable polytechnicienne, la vétérinaire plongeuse sous-marine, la chercheuse sur le virus Zika… une armée de malins qui ont tout compris et se la coulent douce dans un pays qui tout de même frémit!

Je laisse le mot de la fin au sculpteur Kagu qui m’a parlé de son nom totémique, de sa langue, le Xârâcüü, et de la difficulté à vivre la coutume, même lorsqu’on habite en Brousse car

Cela devient trop difficile et contraignant

Post Scriptum: j’allais envoyer ce papier depuis l’aéroport lorsque je suis tombée sur un vrai personnage, Éric, un sicilien de Tunisie qui au premier coup d’œil m’a cataloguée Sepharade et m’a fait connaître les délices Méditerranéens à retrouver sur son île d’adoption.

Preuve que la vie est faite de hasards et de rencontres qui ne se produisent que si on sait sortir d’une certaine zone de confort et regarder les gens dans les yeux!

Références :

Marina Beach Hôtel

Restaurant Le Roof

Crêperie Ty Rocher (bonnes galettes, belle vue au coucher de soleil -voir photo de titre- et personnel sympa)

MW Lounge Bar sur la plage de la Baie des Citrons. La vraie planque et le repère des hédonistes de l’île

On trouve une épicerie orientale au quartier latin

Spécialités asiatiques dans Chinatown

L’assiette du cagou restaurant kanak traditional food Quartier Latin

Paula Boi et autres artistes kanaks contemporains

L’Anse Vata

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