Turning our emotions into commitments…Transformer nos émotions en engagements (Fundación Almayuda)

Les amis sont une partie incontournable de ma vie! Sans eux, je passerais devant ces pépites de vie qui en font tout le sel….C’est donc à la Fondation Almayuda, initiative de mes amis Marie-France et Pierre Lasry, que je dois de bien belles rencontres à travers le monde tant ce couple sait voir dans la découverte du voyage une opportunité de contribuer à la beauté et au bien-être de notre planète.

Ainsi de cette exquise Non-Maison de l’incomparable Michèle Cohen…micro-centre d’art contemporain et lieu de résidence unique en son genre permettant aux artistes de “poser leurs valises” sans obligation de produire…


mais où leurs traces, artistiques ou pas sont présentes, à l’image de ce livre improbable “oublié” par un artiste marocain!
Samedi 28 mai 2016 s’ouvrait une exposition “curatée” par Bernard Marcadé et Sacha Guedj-Cohen… Un coin du monde….tout un programme que ce titre qui ouvrait la maison à toutes les inspirations!

Visiter le coin du monde c’est habiter les pensées des hospitalières des autres, c’est avoir la possibilité de déambuler dans l’Ecole du Regard de la non-maison. C’est devenir de fait des « collectionneurs de regard» .(Michèle Cohen)

Avant même d’en franchir le porche qui prend vie sous le pinceau fleuri de Harel Luz dont les représentations florales de son kibboutz Ein Harod guident nos pas!

Du sous-sol étoilé de Davide Sgambaro Non-Maison

Pierre Lasry et Bernard Marcadé devant les marches et la fresque de Harel Luz qui s’identifie aux petites fleurs des marches car elles fleurissent à la saison où il a residé à la non-maison et qu’elles sont petites comme lui😉 (credit: Marie-France Lasry)


À la “petite cabane”

de “cinéma des coins du monde” d’Alain Bergala pour qui le cinéma c’est « se bricoler un coin de paradis, pour vivre une passion fulgurante, pour retrouver l’innocence des jeux de l’enfance, pour recommencer après une catastrophe(…) », en passant par le “petit coin” investi par les films d’Ivan Boccara qui allie au cinéma une perspective marocaine et autochtone…toute cette “Non-Maison” devient une “Noms Maison” peuplée de berceuses d’Anne-Clemence de Grolée

l’enfant trouvée dans le deuil de sa mère
ou de baiseuses de Camille Moravia à la recherche d’un mythe fondateur lesbien qui me semblait déjà incarné par Sapho entre autres.


On passe, de pièce en pièce, de l’émotion de Gilles Rozier qui trouve un écho à la mienne curieusement éprouvée en compagnie de Marie-France et Pierre mais sur laquelle j’ai surtout mis des images tant le choc me semblait alors indiscible.

A la célébration pleine d’humour du corps féminin par Paul-Armand Gette et la vaudoise Cécile Hug entre chambre, toilettes et salle de bain!


Pour la sociolinguiste, quelle merveille que cet hommage de Badr El Hamami à sa mère (c’est le jour de la fête des mères que j’ai visité l’exposition !) qui, alitée à la fin de sa vie


écoutait en boucle les cassettes, seul moyen de communication entre ses parents berbérophones illettrés et qui constituent un témoignage extraordinaire de la vie d’une famille entre le Rif et les foyers sonacotra puisqu’on enclenchait le magnéto et vaquait à ses occupations….

Je terminerai mon compte-rendu subjectif de cette extraordinaire invasion artistique d’une maison qui refuse le conformisme par un retour au sous-sol, aux sources de l’exil de la famille paternelle de mes propres enfants Clélia et Alexandre (qui ne s’appelle pas ainsi par hasard), en Alexandrie d’où Ilana Salama-Ortar est issue également et dont elle a littéralement encapsulé les vestiges de sa famille avec l’aide de femmes du troisième âge histoire de contrer un certain jeunisme ambiant. Elle a de plus collecté puis brûlé le sable du camp d’Arenas, en guise de catharsis

acte de naissance de l’artiste

mistral

Aix-en-Provence, que j’aurais pu rebaptiser “Aixpos pour l’occasionfut le parfait écrin de ce week-end mémorable qui me permit de goûter à une architecture grand siècle  et à son cosmopolitanisme de velours dans un gant de provençalisme félibrige (trois néologismes…vous êtes gâtés)! 

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Vue depuis les fort belles toilettes de l’Hôtel de Caumont

notamment au sublime Hôtel de Caumont, merveilleusement restauré et abritant un autre bijou, l’exposition centrée sur “Shade and Darkness, Light and Colour” dans l’œuvre du précurseur de l’impressionnisme qu’est William Turner!


Je ne peux pas terminer ce papier enchanté sans rappeler que l’un des auteurs marquants de ma jeunesse, Émile Zola, y vécut une partie de la sienne ni mentionner un autre vernissage tout à fait grandiose de Lee Ufan au Château La Coste tout à fait époustouflant en matière d’alliage précieux entre tradition viticole et art contemporain.

Encore merci Marie-France, discrète mais efficace magicienne😉

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