Les maux et la chose

Au coup de colère d’un fondateur de groupe de réflexion sur FB après les résultats des élections européennes pour la France donnant un petit point d’avance, mais vingt points de trop, aux parties d’extrême droite française, j’ai répondu ceci:

Je ne partage pas ce coup de colère, car cela accentue un clivage extrêmement dangereux entre « eux » et « nous ». Eux, c’est nous, plus précaires, plus isolés, moins bien éduqués, déboussolés et se sentant trahis. Ils ne nous croient plus, leurs sources d’information sont nauséabondes et sciemment mensongères et ils se fient à de grands bourgeois (Farage, Le Pen…) qui savent trouver des mots et des images qui parlent à leurs tripes. C’est nauséabond, c’est sale, c’est honteux mais l’insulte et le clivage sont la pire des réponses.

Voici en substance son message :

Les français sont des cons, des sous-merdes, des pétainistes. Je déteste les français car la démocratie ce n’est pas un parti politique nazi.

Les Français sont des cons parce qu’ils ne votent pas pour l’Europe (sans guerre depuis sa création) mais contre un Président qu’ils détestent. Alors pourquoi ont ils voté pour lui mais n’ont ils pas voté pour la marine dès l’élection présidentielle ?

Je sais, je vais me faire des ennemis mais je les compisse tous ses nazillons. Qu’ils apprennent un peu l’Histoire.

Il existe en France une expression : « comme on fait son lit, on se couche ». Et bien, nous en faisons aujourd’hui 27 mai 2019 la douce-amère expérience.

Depuis des années, petit à petit, ce sont les Mitterrand, les Fabius, les Vals qui ont volé la main aux Rocard et Juppé, véritables descendants des Jaurès et Clémenceau dont l’idée de la politique était une conviction et une émotion plus qu’une veste réversible servant à conserver le pouvoir à tout prix.

Ceux qui me connaissent savent ma détestation politique d’un Mitterrand pour qui seul comptait le fait d’arriver au pouvoir. C’est lui, en tuant politiquement Michel Rocard, qui a tué une certaine idée de la politique.

Emmanuel Macron l’a compris, a su saisir une superbe occasion, mais a aussi voulu chausser les charentaises Mitterrandiennes. Erreur d’une jeunesse fougueuse avide de donner des leçons à celui qui lui avait mis le pied à l’étrier et qui lui a valu un soulèvement bien injuste au regard de son bilan.

Qu’importe. Il a compris, j’espère qu’il a appris!

La victoire à 1 % près du Rassemblement National sur la Chose ( l’acronyme R.E.M. est l’accusatif de “la chose” en latin), la liste de la République En Marche qui comprenait une tête un peu trop de technocrate et malhabile à l’heure des médias rois et une autre vert pâle car pas assez visible, n’est pas autant qu’elle en a l’air une défaite.

D’abord parce que le parti d’un président fait rarement mieux à des élections européennes qui, hélas, servent en France de déversoir aux rancœurs et mauvaises humeurs du moment.

Ensuite parce que ces deux partis là occultent le score remarquable d’un parti vert qui, à mes yeux, est inutile car les convictions qu’il préconise auraient dû trouver naturellement comme elle l’ont fait le 7 mai 2017 leur place au sein du gouvernement.

Au lieu de voir notre “vert” à moitié vide, levons notre verre bien haut, à moitié plein et veillons à remplir l’autre moitié par de l’eau pure, en comprenant et acceptant la nécessité impérative d’un changement total de notre mode de vie.

Il n’est plus acceptable de ne pas tout mettre “en marche” pour retrouver et redonner dignité, pérennité et santé à toutes les couches de la population.

Il est insupportable que les petits enfants d’immigrés en viennent à être les porte-paroles de mouvements xénophobes et racistes.

Il est intolérable que les gens oublient ou en viennent à mépriser leurs racines.

Il est inadmissible que certains se servent de leurs racines pour rejeter les autres.

Il est impératif de faire corps, à l’image de ces désespoirs, de Charlie à Notre-Dame, qui prouvent que notre sens de la nation et de la solidarité ne sont pas encore totalement anéantis.

Il est essentiel de ne pas mépriser ceux qui se sentent mieux compris par ceux qui, est en réalité les méprisent le plus et leur mentent sciemment.

Il est crucial de comprendre que les gilets jaunes qui sont descendus dans la rue sont pour la grande majorité des personnes isolées qui ont retrouvé une communauté.

Il est inexcusable de ne pas mieux enseigner l’Europe.

Il est urgent de donner à toutes les formes d’éducation et de solidarité la plus grande place pour faire face aux enjeux d’un XXIe siècle qui, dès sa première année, a montré son visage le plus ingrat. Mais l’âge ingrat n’a qu’un temps, notre siècle va atteindre sa 20e année est avec elle l’espoir d’un printemps des peuples et des émotions véritables .

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